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A la recherche de bon goût [Kaldenis]

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Ven 11 Mai - 13:39

A la recherche de bon goût

"If Corypheus ever starts burning masterworks of literature,
I'm sure some rebellious heretic archivist will pop up." --D. Pavus


Cela m’avait manqué de traîner en plein cœur d’une ville ; une vraie ville, je disais, pas ces espèces de grosses bourgades en Férelden : une vétitable cité, grande, majestueuse, emplie de problèmes et de dentelle. Val Royeaux ferait parfaitement l’affaire, même si dans le fond, je n’étais pas tant venu en ces lieux pour bêtement admirer la vue. Je m’étais donné une mission très importante dès que nous arrivâmes à Fort-Céleste : cultiver ces pauvres gens avec la meilleure littérature de Thédas. J’eus décidé de commencer une bonne partie de mes recherches sur Val Royeaux, car je savais qu’il y avait là-bas de très bons choix : je me souvenais d’une librairie en ces lieux, où Félix piochait le meilleur à chaque fois, et tout ça seulement pour me les ramener. Il était vraiment adorable, haa ..

Val Royeaux me faisait toujours autant penser à lui, car la première chose que j’eus su de cet endroit fut qu’il y étudiait. Les universités de la capitale étaient les plus réputées, en tout cas pour les Soporatis. L’ambiance qui s’y trouvait était des plus hypocritement charmantes : en quelques sortes, cela me rappelait un peu Minrathie, sans pour autant l’égaler.

Dans ce débat magistral que j’avais lancé à travers la bibliothèque, j’eus capté l’attention d’une jeune elfe qui répondait au nom de Kaldenis : celle-ci décida de se joindre à cette bataille que je m’apprêtais à livrer ; ce n’était pas plus mal, un peu de compagnie me ferait le plus grand bien. Quand nous arrivâmes à notre destination, j’essayai de ne point tant perdre de temps en analyse architecturale pour retrouver la trace de cette librairie.

Il y avait un peu de musique sur la place ; mon cœur se serra un peu, avant de bêtement reprendre notre chemin. Il n’y avait pas à dire, Val Royeaux était un magique moyen de compenser Minrathie quand l’on ne s’y trouvait plus. Je trouvai en passant dans une autre rue ce que je cherchais : l’insigne en bois disait tout, c’était une bonne chose.

Bon .. prête à dévaliser cet endroit ?


J’avais pris une sacoche exprès pour les transporter ; j’avais dit ça de manière totalement ironique, car je me savais difficile : je repartirais d’ici avec seulement trois livres. Enfin, ce seraient trois très bons livres. J’adressai un sourire espiègle à Kaldenis avant de passer le pas de la porte.

Ce n’était pas autant impressionnant que le Hall des arcanistes, mais cette librairie avec un charme qui me captivait : les murs en bois, un parquet impeccable, le mobilier bien verni et richement décoré … Je saluai le libraire, qui me regardait fixement, partagé entre le sourire commercial et le scepticisme sans doute. « Oh non, encore un Tevintide dans mon établissement ! » Je n’avais pas besoin de parier sur ce à quoi il pensait.

Kaldenis, je te propose qu’on regarde chacun de notre côté et qu’on fasse une mise en commun plus tard, cela te convient-il ?


Je commençai alors mes recherches dans certaines étagères, je guettais les titres qui me tapaient directement à l’œil. Il était temps d’éveiller mes flairs en matière d’ouvrages, et j’avais intérêt à m’appliquer : l’avenir intellectuel de l’inquisition était en jeu, après tout.

Un livre dans les mains, je commençai à feuilleter tranquillement : J’avais déjà plus ou moins une idée des titres que je recherchais, mais en découvrir de nouveaux ne me ferait sans aucun doute pas le moindre mal du monde. Alors que je me perdais dans une description de ruines dalatienne, je sentis une présence s’approcher ; instinctivement, je relevai les yeux vers le libraire que j’avais salué un peu plus tôt. Il s’arrêta à quelques pas de moi, et m’adressa finalement un sourire léger sur son visage rond et ridé. Ses yeux sombres étaient emplis de malice, alors que ses courts cheveux blanchis partaient à peu près dans tous les sens ; sa tenue était modeste et sobre, ce qui m’étonnait quelque peu compte tenu d’où je me trouvais. Je connaissais Orlaïs pour ses couleurs et ses broderies baroques, pourtant.

Oserais-je vous poser une question, jeune homme ?

Eh bien, ma foi .. allez-y.

Vous venez de loin, n’est-ce pas ?


Je hochai de la tête en signe de réponse. Cela dit, je me devais de garder une certaine prudence sur ce que je dirais : ceux qui me demandaient d’abord si j’étais Tévintide étaient généralement les plus dangereux. Je me contentai alors de bêtement répondre ceci.

Je cherche de la bonne lecture pour des amis.

Je me souviens d’un jeune homme qui passait souvent en ces lieux. Il tenait le même discours.  


Mon regard s’agrandit légèrement, mes sourcils se redressèrent tandis que je refermai prudemment l’ouvrage. J’avais la sensation qu’il allait parler de Félix.

Curieux de se rappeler autant bien de ses clients, vous devez en voir tous les jours, pourtant ..

En effet, en effet .. mais ce jeune homme restait le plus longtemps en ces lieux. Il perdait des heures et des heures à ne choisir qu’un seul livre, car il savait son ami difficile. Ah, comment s’appelait-il ..


Je sentis mon souffle se raidir ; honnêtement, je préférerais éviter le sujet pour le moment. La plaie était encore ouverte, il ne manquait plus qu’elle ne tarde à cicatriser. Je hochai de la tête avant de rapidement tourner les talons.

Je vais continuer mes recherches, si cela ne vous dérange pas.

Oh oui, mille excuses, Messerah : faites donc. Si vous avez besoin d’aide, vous savez où me trouver.  


Le remerciant, je me remis à mes occupations, soudainement anxieux : j’avais un mauvais pressentiment, tout à coup. Comme si quelque chose allait m’arriver, ou alors nous arriver. Je tentai de trouver Kaldenis du regard, ce que je fis finalement sans trop de problèmes. Allez, nous étions dans une librairie en Orlaïs : quel mal pourrait-il bien nous arriver ?


Kaldenis Tehvenan
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Ven 11 Mai - 15:07
Quand Kaldenis n'était pas en mission elle passait le plus clair de son temps à écumer les bancs de la bibliothèque de Fort Celeste. Toute nouvellement restaurée, elle possédait un charme fou avec ses escaliers dissimulés et son allure circulaire. La tour de la bibliothèque se dressait vers les cieux en partant de l'atelier de l'apostat Solas et se terminait par la volière, le bureau de dame Rossignol. Il semblait presque symbolique d'avoir cet ordre d'étages, l'apostat, le savoir des livres et l’œil de l'espionne, tout semblait lié d'une certaine manière.

Il y régnait toujours un calme fébrile, c'était autant un lieu d'étude que de passage, aussi on y voyait souvent passer l'Inquisitrice et des agents travaillant pour Fiona ou Leliana, des messagers pressés ou des curieux en quête de poésie.
(Et, rarement, dame Montilyet passait par là pour consulter un livre de droit, mais en aucun cas Kaldenis n'aurait patienté volontairement plus de 3 heures dans l'espoir de l'apercevoir, non vraiment).
Enfin, la jeune elfe était installée dans l'une des alcôves du rayon dédié à l'histoire naine, elle venait de terminer un ouvrage sur les Façonneurs et méditait sur les implications politiques d'une telle profession quand un soufflement agacé lui fit relever la tète.
C'était ser Pavus, le mage du cercle privé de l'Inquisitrice, un grand habitué de la bibliothèque lui aussi, c'était à croire qu'il passait ses nuits là bas.
Il semblait particulièrement énervé.
Très rapidement la raison de cet agacement fut révelée dans un grand débat l'opposant aux responsables du lieu, les rayons étaient si pauvrement garnis que cela en devenait une véritable honte pour l'organisation.
Et Kaldenis ne put lui donner tort, car elle même s'était déjà fait la remarque, notamment concernant les écrits poétiques. Alors elle s'était jointe au mage et avait élégamment proposé son assistance afin de trouver de quoi redorer le blason de la bibliothèque de l'Inquisition.

Ainsi les deux jeunes gens s'étaient rendus sans tarder à Val Royeaux, revoir la ville de son adolescence fit quelque chose au cœur de notre jeune espionne, et quand elle aperçut les portes de son ancienne université, elle ne put que soupirer de regret intérieurement.
Que de souvenirs elle avait là! Dans cette ruelle elle avait batifolé maint fois avec d'agréables compagnies, ce café au coin lui avait toujours réservé une place pour réviser au calme, oh, et cette taverne fréquentée par la petite noblesse! Elle y avait démontré ses talents de ménestrel plus d'une fois.
C'était 9 ans auparavant, dans une autre vie, Kaldenis Valencianno avait fait tout cela, aujourd'hui Tehvenan venait acheter des livres.

Dorian les mena devant une somptueuse librairie, elle s'en souvenait, elle y avait acheté quelques ouvrages magnifiquement reliés un jour.

" Bon .. prête à dévaliser cet endroit ?" Lança Pavus avec malice

Elle hocha la tète simplement, pas besoin de répondre à son sourire joueur, il connaissait ses intentions.
L'intérieur était toujours aussi beau, les rayonnages semblaient exercer un pouvoir d'attraction sur Kaldenis, elle avait déjà commencé à se diriger vers l'un d'entre eux quand elle entendit le mage lui proposer de chercher chacun séparément.
Elle lui adressa un signe affirmatif de la main et s'empara d'un énorme livre de cartographie, c'était...magnifique, il n'y avait pas d'autre mots, et il semblait que l'ouvrage faisait aussi office de bestiaire. Définitivement sur la liste.

Cela dit, bien que son attention soit en partie absorbée par les livres, la jeune espionne n'en perdait pas ses bonnes habitudes, et elle remarqua bien vite le libraire et sa dégaine des plus suspectes. Déjà ses vêtements dénotaient curieusement, ensuite, son accent était tout à fait faux, il prétendait être orlésien, cela se voyait des kilomètres.
Son ton était étrange aussi, elle prêta une oreille discrète à la conversation qu'il entretenait avec Dorian, il avait le ton du chat jouant avec sa souris. En fronçant les sourcils elle songea sérieusement que quelque chose ne tournait pas rond chez le libraire.
Et puis, ce n'était pas lui qui tenait l'endroit quelques années plus tôt, un commerce à Val Royeaux était une affaire se transmettant de génération en génération.
Quelque chose se tramait.

La jeune elfe sélectionna encore quelques ouvrages, des traités de politiques internationales et quelques tomes sur l'histoire dalatienne dont la bibliothèque avait cruellement en défaut. Puis elle se raprocha de l'arrière boutique d'un air nonchalant, le libraire ne tarda pas à l'interpeller, très bien.

"Mmmh vous" Il était bien moins mielleux qu'avec Dorian, ah oui elle oubliait parfois qu'elle était une elfe.
"Oui serah?" Fit-elle d'un ton des plus innocents.
"L'arrière boutique est interdite".
"Oh mille excuses, en fait je recherche le Laid d'Ayen, l'édition relié de cuir d'agneau".
"Mh il faudra commander alors" Me répondit-il sans ciller.
"Très bien serah, je reviendrais vite alors".

Et elle pris congé de lui avec une humble révérence. Il était temps de passer à la caisse et de partir vite, cet homme n'était pas un libraire, le Laid d'Aven était un ouvrage perdu depuis des siècles et aucunement disponible, même en commandant.
Kaldenis se dirigea vers Dorian et lui murmura doucement:

"Nous ferions mieux d'écourter nos recherche Dorian, le libraire n'est pas ce qu'il prétend être, payons ce que nous avons et allons nous en".

Après tout, en tant qu'agent elle devait aussi veiller à la protection des hauts dignitaires de l'Inquisition, si Pavus mourrait sous sa garde elle serait sévèrement réprimée, et puis elle l'appréciait bien.

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Ven 11 Mai - 16:30

A la recherche de bon goût

"If Corypheus ever starts burning masterworks of literature,
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Quelque part, j’étais relativement rassuré d’être accompagné : je connaissais Kaldenis en tant qu’agente, en tant que fine oreille attentive et réactive en cas de danger. D’un côté, elle était un véritable atout en un lieu comme Orlaïs, mais aussi, j’avais envie de davantage faire sa connaissance : je l’apercevais de temps à autre dans la bibliothèque, cela m’intriguait.

Je l’avais aperçue en train de bouquiner tout comme moi, mais je savais qu’elle aussi écoutait. J’espérais cela dit me tromper de compte sur le libraire, mais ça sentait le sapin cette histoire, comme on disait dans le sud.

Mmmh vous. 

Oui serah ?  

L'arrière boutique est interdite.  

Oh mille excuses, en fait je recherche le Laid d'Ayen, l'édition relié de cuir d'agneau.

Mh il faudra commander alors.

Très bien serah, je reviendrais vite alors.


Venait-elle de mentionner le Laid d’Ayen ? J’en avais entendu parler .. très vaguement .. justement car on ne pouvait plus se le procurer. Cela voulait tout dire de la situation : un vrai libraire saurait au moins cela. Était-ce alors un signal que de me parler de Félix ? Peut-être cherchait-il à m’occuper .. suffisamment longtemps pour que …

Nous ferions mieux d'écourter nos recherche Dorian, le libraire n'est pas ce qu'il prétend être, payons ce que nous avons et allons nous en. 

Si tu veux mon avis, on nous attend à l’extérieur.


Cela sentait le piège à plein nez, mais une seule question persistait : comment avaient-ils su que nous serions ici ? Cela n’avait pas de sens .. Peut-être que des espions nous avaient suivi. Nous les aurions remarqués, sans doute sans mal. C’était drôlement curieux. Je n’avais rien lancé d’autre, car si nous restions là à murmurer pendant des heures, il le remarquerait. Kaldenis semblait avoir trouvé son bonheur : quant à moi, je restais avec un seul livre en main – et encore, je ne savais si le prendre serait un choix judicieux. Je finis par m’y résigner et le gardai avec moi.

Nous arrivâmes donc à la caisse. Le plus ou moins libraire regarda nos achats, puis m’adressa un grand sourire.

Je me souviens de son nom, à ce petit .. Il s’appelait Félix.

Ah bon. Charmant prénom.


Je tentai le bluff, comme à un jeu de Grâce Perfide ; s’il connaissait Félix, ce n’était pas le hasard, ni même un ami, d’ailleurs. Il observa à nouveau les livres, avant de lancer un regard à Kaldenis – pas très aimable avec les elfes, cela me rappelait curieusement chez moi – ; il finit par simplement les aligner, avant de poser à nouveau un regard amical sur mes épaules. Oh ; peut-être s’attendait-il à ce que je vinsse seul en ces lieux. Mince alors : je n’étais guère autant mal prévoyant.

Vous savez quoi ? Je vous les offre, prenez-les.


Mes sourcils se froncèrent bien trop pour qu’il ne le remarquât point. Il avait dit avant de ne pas aller en arrière-boutique … Mon regard dévia dans cette direction, et j’aperçus alors vaguement quelque chose qui fonçait droit sur nous : j’eus alors simplement le temps de l’esquiver en reculant d’un bon pas, ayant attrapé Kaldenis par le bras pour l’entraîner dans mon élan. De la magie. Cela ne sentait vraiment pas bon. Je m’emparai presqu’aussitôt de mon sceptre, que j’alimentai déjà en magie. Ah, se battre dans une librairie en étant mage du feu … Au passage, j’adressai un regard nonchalant au libraire présumé, avant de lui sourire et de me tourner complètement vers notre adversaire .. nos adversaires.

En effet, alors que je m’élançai vers le mage du fond, deux-trois autres Venatoris entrèrent par la porte – en voilà des bien éduqués. Mais bien sûr ! Il fallait que je sorte, et que des Venatoris nous suivent. Décidément. Bon, heureusement que j’étais talentueux et plein de ressources : le feu n’était point ma seule arme.

J’attrapai mon sceptre à deux mains pour le fracasser contre le sol, ce qui propagea ma magie ; le mage s’arrêta soudainement, me fixant avec effroi. Ouh, que j’adorais ce genre d’allure. ~

Je le frappai avec mon sceptre dans les côtes d’abord, puis au visage après l’avoir poussé avec le pied. Après m’être assuré que je l’avais bel et bien assommé, je me redressai et aperçus face à moi d’autres qui venaient, mages comme Soporatis.

Vishante kaffas ..  


Alors, je m’accroupis pour poser ma main contre le parquet – pauvre parquet. Là, j’y déposai un sceau de feu, avant de me redresser et de voir si Kaldenis s’en sortait : si nous restions proches l’un de l’autre, nous pourrions nous entraider, ce qui ne serait pas si bête, dans le fond. Tenez, typiquement, un guerrier allait attaquer dans son dos : j’envoyai une boule de feu à son encontre – pile à la hauteur de la tête, pas mal ! – avant de m’élancer vers elle. Avec le sceau à même le sol, j’aurais le temps de riposter quand ils y plongeraient. Je fis donc un coup d’estoc avec mon sceptre en plein cœur de son dos pour le plaquer contre une étagère – pauvre étagère –, puis j’attrapai sa tête avec une main pour y enfouir ma magie violacée adorée, ce qui lui arracha un cri de terreur après seulement quelques secondes – il n’était pas bien courageux, le pauvre. Je le poussai de la main pour qu’il embrasse le sol joliment fait, m’assurant de rester non loin de la jeune elfe pour la couvrir au cas où : on me réprimerait sérieusement si on apprenait que j’avais mené une agente performante et douée dans un nid à Venatoris.

C’est bon, tu tiens le coup ?


J’avais le sens du goût et du spectacle. Surtout en combat. Je m’assurais toujours de faire très bonne impression quand je me battais : être efficace et avec une chorégraphie digne d’un théâtre tévintide. Je m’amusais grandement, il fallait dire, j’y prenais un malin plaisir. Pour l’heure, nous avions des Venatoris à corriger. J’espérais en sauver au moins un pour l’interroger sur l’emplacement de leur petite planque, au pire le libraire ferait l’affaire.


Kaldenis Tehvenan
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Lun 14 Mai - 20:06
Dorian était du mème avis qu'elle, tant mieux, elle était heureuse de ne pas être accompagnée d'un nobliau remettant en question son expertise à tout bout de champs.
Les deux comparses se dirigèrent avec précaution à la caisse du libraire, ce dernier montrait des signes d'impatiences que Kaldenis repéra aussitôt. Tremblements nerveux de la main, clignements des yeux plus rapides, un léger tapotement du pied, c'était évident, il attendait quelque chose.

"Je me souviens de son nom, à ce petit .. Il s’appelait Félix." Fit-il d'un air agacant de voyante.
"Ah bon. Charmant prénom."

Dorian ne se laissait pas avoir par l'apparente tentative de provocation, bien, un homme mesuré après tout.
Le libraire envoya un regard méprisant à la jeune elfe, elle garda son air affable, ce genre d’agression quotidienne ne l'atteignaient que peu à présent, elle avait appris à laisser passer et à convertir sa colère en une force bien plus utile.
Il leur aligna les livres sur le comptoir et fit d'un air bien trop assuré pour être sincère:

"Vous savez quoi ? Je vous les offre, prenez-les."

Respiration retenue, rapide coup d’œil en bas à gauche, bruit de course à l'arrière, cela allait commencer. Kaldenis avait déjà les mains sur ses dagues quand Dorian l'a tira en arrière, deux mages et trois guerriers étaient sur eux, des Venatoris à en juger leurs tenues.
Kaldenis pu observer Pavus s'en donner à cœur joie un instant avant de dégainer ses propres dagues et de faire face à deux guerriers, ah, épées et boucliers dans un endroit aussi restreint? "Mais à quoi pensaient-ils?" songea la jeune elfe en évitant sans mal leurs attaques. Leurs armes étaient lourdes, et même s'ils ne portaient que leurs plastrons ils étaient d'une lenteur affligeante, en tout cas pour elle. Un épée passa sur sa droite, elle l'évita en la frolant et plia le bras qui la tenait, un hurlement de douleur, oui le coude plié à l'envers était toujours très efficace. L'autre tenta de lui porter un coup à la tète, elle se baissa au dernier moment et fit une roulade sur le coté, lui fauchant les jambes au passage, il tomba avec grand fracas. Un coup de dague à la gorge et il commença à se vider comme un goret.
L'autre pleurait son bras brisé, Kaldenis soupira doucement et lui asséna un coup de manche derrière la nuque, ils auraient besoin de quelqu'un à interroger.

Elle entendit une explosion dans son dos et se mis en garde vivement, le troisième guerrier lui fonçait dessus et avait été frappé par une boule de feu de la part du mage. Ce dernier lui sauta ensuite dessus et lui appliqua une sorte de sortilège de terreur? Sans doute, car le Venatori se mit à hurler de panique.
Glacée par cette vision, Kaldenis le regarda avec des yeux plus ronds qu'à l'ordinaire.

"C’est bon, tu tiens le coup ?" Demanda Dorian fier de lui.

Alors l'espionne arma son arme derrière sa tète et envoya filer sa dague qui frôla les moustaches élégantes de Pavus, le deuxième mage Venatori s'écroula dans un gargouillis sanglant.

"Je n'ai pas à me plaindre"
Répondit-elle avec un clin d’œil.

La porte d'entrée s'ouvrit, laissant entrer deux autres mages, leurs bâtons étaient incrustés de multiples runes scintillant, comme prêtes à décharger leur magie à tout instant.
Kaldenis récupéra discrètement sa dague tandis que les quatre adversaires s'étudiaient avec attention, elle lança:

"J'imagine que vous ne cherchez pas le dernier Thetras mmh?"

Celui de droite lui répondit d'un éclair de glace qu'elle évita en se jetant à terre, l'autre attaqua Pavus avec de la foudre.

"Très bien pas de rimes pour vous" Fit-elle entre ses dents avant de courir en zigzagant vers le mage. Elle avait toujours voulu essayer ce tour, c'était Wulf qui le lui avait enseigné. Alors que le mage tentait de lui geler les jambes elle sauta directement sur l'étagère, pris appui sur l'un des rebords et s'éleva au dessus du vilain. Elle lui décocha un coup de pied derrière l'oreille, l'envoyant, lui et son équilibre, rouler bouler au sol.
S'il ne vomissait pas elle donnerait une couronne au prochain mendiant.

"Besoin d'aide Dorian?" Demanda t-elle à la dérobée.

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Mer 16 Mai - 18:27

A la recherche de bon goût

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Kaldenis se battait bien, ses gestes étaient précis. Cela restait d’une part rassurant ; je suis un mage puissant, mais seul contre tout cela n’aurait guère vraiment été .. Pas que j’étais humble, non. Quand je sentis sa lame me frôler au plus près, je réalisai la chance que j’avais qu’elle fut avec moi.

Le mouvement tourna mon regard vers les deux mages qui étaient encore là, et qui se dirigeaient vers nous. La porte s’ouvrit à nouveau, de l’autre côté ; je ne pris pas en considération ; la situation devenait atrocement tendue. Nous étions deux contre quatre, enfin .. En inspirant un bon coup tout en priant pour sauver les livres à proximité, je déclenchai mon sceau, ce qui en balaya déjà deux. Le plancher allait en tout cas en pâtir .. Se battre dans un tel lieu saint pour quelqu’un comme moi était pire que de se battre sous une violente pluie. Je soupirai, alors que je réalisai qu’une attaque de foudre fonçait droit sur moi : je m’élançai en avant pour effectuer un saut roulé, pour me pousser ensuite sur le côté. Je me relevai rapidement, avant qu’un autre sort ne tente de m’atteindre. Je reculai fortement en arrière, grimaçant sévèrement. Le salaud. Monsieur semblait chaud bouillant, mais désormais il n’était plus le seul.

Je parai certaines de ces attaques avec une petite barrière pas franchement solide, mais qui faisait largement l’affaire ; de toute façon, la défensive n’avait jamais été mon fort, encore moins quand j’étais en colère. D’un coup d’un seul, j’attrapai mon sceptre à deux mains pour le faire tourner, canalisant pas mal de magie dedans. Enfin, je le fracassai contre le plancher, ce qui libéra une série de boules de feu qui foncèrent droit sur lui. C’était loin d’être mon attaque la plus redoutable, mais j’étais dans une librairie absolument magnifique. Je n’avais même pas entendu la question de Kaldenis, complètement focalisé sur ce que je faisais. Je détestais que l’on érafle mes vêtements avec des étincelles.

Je soufflai du nez avant de m’approcher de la caisse pour m’y accouder. Je fixai froidement désormais le libraire, qui me souriait encore.

Nous y voilà donc, Pavus.

Oui, en effet.


C’était fou, j’étais pris d’une grande hésitation entre renverser le bureau, lui coller une droite, ou simplement le tuer avec mon regard seulement ; pour le moment, la dernière option me paraissait la seule valable. Je ne savais pourquoi. Enfin .. je me connaissais, quand je débordais ainsi d’émotions : ma magie devenait incontrôlable, et dans une librairie, cela serait vraiment navrant.

Mais il avait parlé de Félix, et je sentis dans ses yeux qu’il avait encore quelque chose à dire sur le sujet. Une dernière carte à jouer avant de devenir un pion inutile, je supposai. Ce qui me tapait le plus sur les nerfs devait sans doute être son agaçant sourire niais qu’il continuait de m’adresser. Cela dit, il ne bougeait pas, ne tentait rien, comme s’il attendait vraiment quelque chose : cela devenait vraiment louche. Nous pourrions tenter de l’interroger pour en savoir plus .. après, difficile de dire s’il ment ou pas : il pourrait affirmer n’importe quelle ânerie rien que pour me faire enrager.

Que faisaient des Venatoris dans une librairie ?

Vous posez encore cette question, messerah ? 


Il rit poliment, ce qui irrita davantage mes nerfs : je serrai le poing, qui s’enveloppa de magie sans prévenir, et le fracassai contre le bureau. Cela le fractura sévèrement, sans parler de cette trace noirâtre que j’y avais laissé.

C’EST MOI QUI POSE LES QUESTIONS ICI !

Je ne crois pas, petit.


Je jurai en tévène avant de l’attraper par le col et de le tirer vers moi, plongeant un regard de braise dans le sien qui commençait à peine à ciller.

D’où le connaissez-vous ?!

Qui ça .. oh ! Félix ?


Agacé, je tirai sèchement sur son col pour qu’il se fasse mal contre le bureau. Tant de violence, .. mais je n’étais pas d’humeur, donc je n’en avais rien à faire.

Répondez.

Oh mince, je ne sais plus .. .. !! Golefalois ! Le petit était à Golefalois !! 


Ah, il eut un peu plus peur quand il s’aperçut que sa gorge commençait à avoir très chaud. Finalement, le type inconscient par terre ne servirait pas à grand-chose, peut-être. L’imposteur allait enfin se mettre à table, ce qui eut déjà un peu le don de me calmer.

J’étais à Golefalois, auprès du maître que vous aviez délaissé.

Alexius était devenu borné !!


Aïe, sujet sensible, je n’allais pas tenir en place. Dans ma réponse, je l’avais lâché en arrière, si fort qu’il se cogna contre l’étagère derrière lui et tomba à même le sol. Je le regardai froidement, gardant cette distance que j’avais à nouveau avec lui – je n’avais pas envie de cramer les lieux accidentellement et de nous attirer des ennuis, le « nous » étant autant valable pour notre petit groupe que pour l’Inquisition entière. Finalement, d’une voix presque monocorde et très froide, je me permis de demander l’avis de ma chère accompagnante.

Kaldenis, que fait-on de lui ?



Kaldenis Tehvenan
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Mer 16 Mai - 19:36
Il ne l'entendit pas, Dorian était bien trop concentré sur son adversaire pour lui prêter attention. Kaldenis se demanda si elle devait lui porter assistance, mais jaugeant la situation de là où elle était, elle comprit rapidement que Pavus n'avait aucunement besoin de son aide. C'était un excellent praticien, et un combattant de talent, pas mal pour un noble.
Elle entendit son propre mage gémir en tentant de se relever, elle tourna délicatement son visage vers lui et lui entailla la gorge de sa dague en un éclair. Son sang dégoulinant entre ses doigts tentant vainement de panser sa plaie forma rapidement une marre écarlate.

Elle s'en désintéressa bien vite et reporta son attention sur Dorian, il était vraiment impressionnant, Kaldenis ne faisait pas parti de ceux qui craignaient la magie, et pourtant en cet instant elle ne put s’empêcher de frissonner à la vue de la puissance destructrice de son compagnon. C'était mieux de l'avoir de son coté qu'en tant qu'adversaire.
Ah, il s'était débarrassé du mage de foudre, et à présent il se tournait vers le faux libraire.
Ce dernier mit du temps à se départir de son assurance, mais quand Dorian perdit sa patience il prit peur et reconsidéra sa position:

"Répondez"
"Oh mince, je ne sais plus .. .. !! Golefalois ! Le petit était à Golefalois !! "

"Je me demande bien qui est ce Felix" Songea Kaldenis en essuyant méticuleusement ses lames, "Sans doute un ancien amant pour déchaîner une telle passion".

"J’étais à Golefalois, auprès du maître que vous aviez délaissé"

Tehvenan haussa un sourcil et stoppa son ménage, le maître?
Soudain le mage de feu lâcha avec force le libraire, l'envoyant valser dans son étagère et vociféra sans aucune retenu:

"Alexius était devenu borné !!"

Le libraire était à terre, le maître s'appelait Alexius, et Kaldenis connaissait ce nom, mais impossible de se rappeler exactement d'où...
Avec un calme criant de contraste avec ses précédents éclats de fureur, et une froideur à en glacer un démon, Dorian s'adressa à elle:

"Kaldenis, que fait-on de lui ?"

Elle observa la carcasse tremblante recroquevillée contre les livres éparpillés au sol, le sang qui avait taché le parquet de chêne centenaire et songea un instant. Sylvia lui aurait recommandé d’exécuter les assassins, mais dans le fond, était-ce vraiment la bonne méthode? Mais après, c'était un être ignoble, Andraste seule savait les horreurs qu'il avait commises, et vu son attitude envers Kaldenis, probablement bon nombre d'elfes avaient dû en subir les frais.
Mais il avait probablement encore quelques secrets utiles le vilain, et il fallait en prendre compte. C'est ce que dame Leliana ferait.

"Ligotons le et allons quérir Maryden à la taverne du coin, c'est une barde qui travaille pour l'Inquisition"
Fit-elle en soupirant de mauvaise grâce.
"Elle saura où le retenir le temps qu'il soit exfiltré par nos agents, dame Leliana aura des questions pour lui".

Puis elle fouilla un instant la boutique pour trouver de quoi attacher le libraire amorphe, les Venatoris portaient de larges capes rouge, elle en déchira de larges bandelettes et saucissonna le vilain.
Tout en travaillant elle jeta un bref coup d’œil à Dorian et lui lança:

"Comment te sens-tu?"

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Jeu 17 Mai - 20:03

A la recherche de bon goût

"If Corypheus ever starts burning masterworks of literature,
I'm sure some rebellious heretic archivist will pop up." --D. Pavus


Dans le fond, en y repensant, la posture de cet homme me glaça les veines. Il était à terre, effrayé – je soupçonnais l’appui de magie, peut-être avais-je mélangé à cette flamme un peu de nécromancie. Cette image que je donnais de moi-même me fit serrer des dents : perdu, je me contentai alors de le fixer sans rien dire, sans rien faire. Je pouvais être brutal, oui, je pouvais être violent, oui ; mais je détestais toujours plus ces instants où l’on commençait à se remettre en question. Peut-être aurais-je dû réagir autrement.

Ligotons le et allons quérir Maryden à la taverne du coin, c'est une barde qui travaille pour l'Inquisition. Elle saura où le retenir le temps qu'il soit exfiltré par nos agents, dame Leliana aura des questions pour lui.


Je soupirai en hochant de la tête, me pinçant temporairement l’arête du nez ; je m’appuyai lourdement contre le bureau des mains, fixant la trace noirâtre de mon poing sur ce bureau. Félix .. Il fallut qu’il parle de Félix. Mais de le voir trembler, recroquevillé sur lui-même et sans défense me tiraillait encore les nerfs. Avait-ce été la meilleure chose à faire ? Il ne s’était même pas défendu .. Je le soupçonnai de n’être qu’un simple Soporati, qui voyait alors sa vie s’arrêter aujourd’hui.

Il sera utile à l’Inquisition, particulièrement s’il était à Golefalois ..

Comment te sens-tu ?


Je relevai les yeux et croisai son regard. J’étais complètement chamboulé, partiellement empli de remords vis-à-vis de la situation, et avec une histoire que j’avais encore aujourd’hui du mal à accepter : évidemment qu’elle remarqua que quelque chose n’allait pas. C’était le fardeau cruel des personnes à fleur de peau, celui de ne pas pouvoir complètement cacher tout tourment. Particulièrement celui-ci. Mon regard se perdit sur le côté, tandis que je hochai lentement de la tête pour lui signifier un oui plutôt complexe et embrouillé.

Ça peut aller.


Je tournai finalement les talons pour me diriger vers une étagère, mais surtout pour ne plus avoir cette image devant moi. J’avais déjà assez avec celle de Félix sur la rétine, dans ce futur alternatif .. Elle ne me quittait plus vraiment, même maintenant. Moi qui pensais avoir déjà fait son deuil depuis quatre ans déjà ..

Il y avait beaucoup d’ouvrages ici. Je me perdis un instant sur un recueil de poèmes traduits provenant d’Antiva. Cela parlait essentiellement de la mer, des longs voyages, parfois sans retour. Je soufflai sèchement par le nez avant de refermer brutalement le livre et de le remettre dans l’étagère. Non .. Je m’arrêtai dans mon geste, le regard perdu sur le livre. J’avais déjà assez de portraits dans ma tête pour aujourd’hui, vishante kaffas .. Malgré tout, je finis par revenir en arrière dans mon geste, et le repris complètement en main. J’allais le regretter, mais je comptais le ramener aussi.

Bon, maintenant que nous avons un peu de calme, on peut se permettre un second regard dans les étagères, non ?


Il fallait noter aussi que n’ayant plus de libraire, nous pourrions librement nous servir, ce qui nous ferait pas mal d’économie. Sans parler que je soupçonnais fortement que le libraire actuel était égorgé au fin fond d’un lieu obscur. Il fallait bien, pour pouvoir prendre sa place sans se faire embêter. Et je repartis donc pour un nouveau petit tour. Il y avait un livre dont la couverture avait attiré mon attention, avant. Je les mis dans ma sacoche, avant de revenir vers la caisse pour prendre le premier ouvrage que j’avais initialement, qui rejoignit les autres. J’adressai un dernier coup d’œil à la jeune elfe, avant de pointer vaguement la porte du doigt.

Je t’attends dehors, j’ai .. besoin de prendre l’air ..


Sans trop traîner, je pris la poignée en main et franchis le pas de la sortie. Je n’avais pas envie d’y penser, ni même d’en parler pour le moment. C’était une histoire qui me tenait beaucoup trop à cœur, et je savais qu’elle continuerait de me poursuivre, que j’en parle ou non.

Je m’étais assis sur un banc en face de la librairie, le livre antivan dans mes mains ; j'étais confus, mais surtout pensif. J’en fixais la couverture ; on disait souvent que si l’on pensait à quelqu’un sans vraie raison, c’était que cette personne pensait à soi. C’était improbable ; impossible, même. Depuis le temps, il avait sans doute dû refaire sa vie, s’être marié. Et puis si je le retrouvais, ce serait pour lui arracher les yeux.

Il faisait beau, c’était dommage : j’avais soudainement l’envie qu’il pleuve des cordes et des cordes.


Kaldenis Tehvenan
Agent
- Inquisition -
Messages : 135
Emploi/loisirs : Lecture, écriture, commérages.
Ven 18 Mai - 15:59
"Ça peut aller."

Autrement dit, cela n'allait pas mais il faisait aller. Kaldenis se sentit désolée pour lui, elle ne pouvait qu'imaginer son état moral.

"Bon, maintenant que nous avons un peu de calme, on peut se permettre un second regard dans les étagères, non ?"
"Bonne idée" Répondit la jeune elfe en assommant d'un coup de manche le libraire.

Elle se leva à la suite de Dorian et repéra quelques titres intéressants, notamment une intégrale des œuvres du poète Carolus Bauredaire, l'un de ses favoris. Dorian ne resta pas longtemps, il lui indiqua qu'il allait prendre l'air. "Pauvre sir" songea Tehvenan en le regardant franchir la porte, traînant la patte avec mollesse, son état contrastait grandement avec son attitude habituelle. Cela lui rappelait ses propres heures sombres...
Kaldenis le rejoignit bien vite et lui tapota l'épaule avec précaution, cela faisait des années qu'elle évitait ce genre de marques d'affection, mais il semblait en avoir besoin.

"Dorian, peux tu garder un instant l'entrée s'il te plait? Je m'en vais chercher Maryden, elle est à 5 minutes de marche".

Et elle y alla d'un pas rapide, elle ne souhaitait vraiment pas laisser le mage seul mais elle n'avait pas le choix, et elle serait plus rapide si elle s'occupait de la transmission à la barde.
Cette dernière exerçait tranquillement dans un coin de l'une des plus huppées tavernes de Val Royeaux, une sacrée veinarde, seuls les meilleurs travaillaient ici.
Elle fit mine de lui déposer une pièce d'or dans son écuelle déjà bien remplie, et lui chuchota "L'édition que tu recherche est à la librairie de la rue Saint-Pierre, mais fais vite d'autres le veulent". Un code innocent, mais qui passait le message aisément, la barde hocha la tète avec un grand sourire et reprit sa chanson, comme si elle l'eut complimentée, la mission était complétée.
L'espionne revint vite vers Dorian et lui fit signe de la suivre, elle le mena le long des ruelles les plus tortueuses de la ville lumière et s’arrêta devant un boui-boui tout à fait louche. Des jeunes gens en tenue légère ne laissant aucun doute sur leur profession leurs firent signe.

"Mon cher Pavus, j'espère que ce genre d'établissement ne te rebute pas car c'est le seul où nous puissions boire à l'abri".

Puis elle ajouta avec une certaine douceur, si elle en était encore capable:

"J'ai...l'impression que tu as besoin d'un verre, ou cinq".

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Mar 29 Mai - 21:29

A la recherche de bon goût

"If Corypheus ever starts burning masterworks of literature,
I'm sure some rebellious heretic archivist will pop up." --D. Pavus


Je sentis sa main gentiment tapoter mon épaule ; je remontai le regard vers elle. J’eus alors l’impression qu’elle se forçait dans ses mouvements, ils étaient bien trop timides, bien trop gênés.

Dorian, peux tu garder un instant l'entrée s'il te plait? Je m'en vais chercher Maryden, elle est à 5 minutes de marche.

Ne t’en fais pas, je ne bouge pas d’ici ..


Essayant de soupirer le moins possible, je lui adressai un semblant de sourire pour la rassurer sur mon état – c’était un peu tard pour cela .. Et puis, je la regardai partir à la recherche de cette Maryden. Kaldenis ne ferait pas long ; au pire, je ne m’en faisais pas trop. Ce recueil encore dans les mains, je soupirai avant de l’ouvrir. Je comptais le lire, finalement.

Le premier poème parlait d’un jeune homme qui prenait la mer pour la première fois ; plusieurs pages d’excitation et d’adrénaline, un enthousiasme qui me rendit étrangement nostalgique. Ah, Wulf .. tu adorais tant la mer. A croire qu’elle avait plus d’importance à tes yeux que moi. … Je me souvenais encore de ce que tu contais toujours à propos de ta tendre maison. Elle te manquait toujours, dans le fond ; désormais, j’en étais plus que certain.

Lorsque j’aperçus Kaldenis qui revenait, je refermai le livre, avant de le mettre auprès des autres dans la sacoche. Elle me fit signe de la suivre ; je me levai et lui emboitai le pas.

Nous traversâmes plusieurs petites ruelles, me demandant où elle nous emmenait. Quand j’aperçus l’entrée, je me figeai mentalement. J’avais la cruelle impression qu’il était bien loin de quitter mes pensées, celui-là. Nous étions devant un bordel, après tout.

Mon cher Pavus, j'espère que ce genre d'établissement ne te rebute pas car c'est le seul où nous puissions boire à l'abri.

Quoi, nous y allons seulement pour boire ?


Dans le fond, cela me convenait parfaitement : je n’étais plus d’humeur à batifoler. Mon ton ne manquait cependant de charme et d’ironie, alors que je répondis à celle qui nous saluait un clin d’œil et un rictus léger aux pointes d’arrogance. Boire. C’était vraiment une très bonne idée.

J'ai...l'impression que tu as besoin d'un verre, ou cinq.

Merveilleux, je prendrai les six.


Je pris les avants et entrai le premier dans le bordel. C’était plus étroit que celui d’Ingridd, plus sombre aussi. Cela dit, c’était tout de même chou de sa part de s’inquiéter comme ça, surtout que l’on se connaissait à peine. Mais elle avait raison : j’avais bien besoin d’un verre ou de cinq.

Les cris fusaient de partout, les railleries entre vieux croûtons étaient les pires. Je fis alors attention à mes affaires ; la dernière chose que je voudrais serait de me faire voler quoi que ce fût. Enfin, je m’assis au comptoir et appelai le tenancier pour commander un bon verre de cognac ; puis je me tournai vers la rouquine, histoire de lui demander ce qu’elle voulait boire.

Et toi, que prends-tu ? Je paie la première tournée.


A défaut d’avoir payé les livres, nous avions pas mal d’argent sur nous pour boire. Ça, c’était une chouette nouvelle. J’attrapai mon verre qui glissa sur le bar et remerciai le tenancier d’un hochement de tête, puis attendis l’arrivée du verre de Kaldenis pour trinquer. J’avalai une bonne gorgée de mon breuvage, savourant avec quelle délicatesse elle me défonçait le gosier ; ça, c’était de la bonne.

C’est qu’on soit ici, un peu de détente ne fait de mal à personne ..


J’avalai encore un peu avant de reposer le verre sur le comptoir, déjà diminué d’un bon tiers.

Désolé pour avant, j’ai .. du mal à gérer quand les sujets deviennent sensibles.



Kaldenis Tehvenan
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Emploi/loisirs : Lecture, écriture, commérages.
Jeu 31 Mai - 11:02
Ah l'endroit était fier dans sa vétusté et son ton salace général, Kaldenis y avait quelques souvenirs peu reluisants qui dataient d'une époque révolue, en tout cas pour elle.
Comme elle l'avait soupçonné, Dorian n'y voyait aucun inconvénient, et son sourire taquin peinait fortement à cacher le sombre désespoir qui semblait l'avoir assaillit à la mention de "Felix".
A sa proposition elle répondit avec élégance:

"La situation requiert quelque chose de fort, cognac ce sera pour moi".

Lorsque sa commande arriva, servie dans le mauvais type de verre il allait de soi, les deux trinquèrent solennellement.
L'alcool d'ambre foncé vint lui picoter la gorge avec délice, il s'avérait que devant leurs atours le tenancier avait décidé de bien les servir en ouvrant une bonne bouteille.

"Désolé pour avant, j’ai .. du mal à gérer quand les sujets deviennent sensibles"
Finit par dire Dorian.

L'expression de Kaldenis ne changea pas, elle gardait toujours son masque de calme tranquille, mais son ton trahissait une certaine empathie, elle connaissait la situation dans laquelle se trouvait Pavus, et elle savait à quel point elle faisait...mal.

"Ce n'est rien"
Fit elle en haussant les épaules avant d'hasarder "Alors...Felix, c'est un beau prénom. Un vieil ami?"


J'écris en #006666


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