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[FINI] Les ravages de la politique [FT.Octave]

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Noble Nevarrane
- Civils -
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Lun 28 Mai - 22:43
Mes premiers jours à Val-Royeaux furent pour le moins… Éprouvant. J’avais déjà passée quelques jours dans cette cité dans ma jeunesse, accompagnant mon père pendant l’un de ses nombreux voyages diplomatiques, pour m’apprendre la vie aristocratique en quelque sorte. Mais je voyais la ville avec mes yeux d’adultes et ce n’était pas beau à voir. Derrière les couleurs bariolés des tentures et la vie grouillante, je voyais les machinations politiques et l’exploitation des plus démunis. J’allais devoir m’y plonger coeur et âme si je voulais espérer réussir mon objectif.

Je m’étais pris une chambre dans une auberge plutôt modeste, je ne savais pas combien de temps allait durer cette situation et je devais faire durer un maximum les quelques économies que j’avais emportées pour cette aventure. Dès le lendemain de mon arrivée, je naviguais déjà dans l’une des bibliothèques de la ville. Ce n’était pas la plus ancienne ni la plus prestigieuse mais je comptais tout de même trouver d’anciennes cartes ou documents, datant de la cinquième ère, celle où ma famille a été déchue. Il me fallut au finalement plusieurs semaines pour grappiller suffisamment d’informations pour savoir ce que posséder les Albyons d’Orlaïs. En effet, même si j’avais rapidement trouvé des noms mentionnant nos possessions, ces derniers avaient maintes fois changés au cour des dernières décennies. Mais en croisant les informations, j’avais enfin un lieu: Vertbois, tenu par les De Gautron. Je ne savais pas s’ils étaient à l’origine de notre départ à l’époque et ça n’a plus vraiment d’importance, il fallait que je trouve un moyen de les convaincre de nous rendre nos terres.

Pour ne pas partir désarmée dans ce qui allait être des négociations difficiles, je cherchais des informations sur les De Gautron et ce que j’y lisais ne m’enchantait guère. Une grand partie du domaine des De Gautron avait été récupéré par l’un de leur opposant, un certain comte Chantral, lors de la guerre civile qui oppose l’impératrice au Duc Gaspard.

Cela voulait dire que j’allais peut-être devoir négocier avec deux personnes en même temps… Ou alors que les De Gautron étaient bien trop faibles pour refuser une aide, même si c’est d’une arriviste comme moi. Après tout, mes talents martiales n’étaient plus à prouver et peut-être que c’est le genre de problème qui peut être réglé lors d’un duel… Ce serait terriblement trop simple.

J’avais continuée mes recherches pour retrouver les noms des différents protagonistes de la chute des Albyon d’Orlaïs mais je ne trouvais aucune trace au fil de mes recherches, ni la raison précise de leur exil. L’information est une arme et j’en manquais cruellement… De temps aussi, j’allais bientôt devoir trouver un moyen de payer ma chambre si je ne veux pas me retrouver à la rue. Malgré cet état de fait, je m’étais décidée à rejoindre le domaine des De Gautron pour pouvoir m’entretenir avec eux, je savais juste que c’était un certain Octave qui s’occupait des affaires familiales mais je ne savais rien de plus de lui, il aurait fallu que je fasse partie du grand jeu pour profiter des bottins et des rumeurs sur les nobles d’Orlaïs mais ce n’était pas le cas. Il ne savait pas non plus qui j’étais, nous discuterons à armes égales sur ce point alors.

Mon cheval arpentait les routes de terre du domaine de Vertbois. Je pouvais voire des vignes à perte de vue, l’odeur du raisin remontait tendrement à mes narines. Je regardais les ouvriers occupaient à diverses occupations, beaucoup étaient des elfes. Finalement, j’arrivais dans le lieu de vie des De Gautron. Malgré un certain luxe visible pour tout amateur d’architecture, il paraissait évident que l’endroit avait connu de meilleurs jours. Ça me faisait tristement penser à mon ancienne résidence, le château Rochenoire, qui avait subi un destin similaire, j’espérais qu’Ada s’en sortait sans moi…

Je m’étais annoncée en tant qu’Elysa, tout simplement. Je ne pouvais pas prétendre être une Albyon vu que j’avais renoncée à mes droits en Nevarra. L’un des serviteurs, un viel homme un visage fatigué, m’installa dans un salon. J’avais gardé mon armure et mes armes, habituée d’agir ainsi dans l’ambiance militaire de la cour de Nevarra mais je me disais maintenant que c’était peut-être une bêtise...

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Baron de Vertbois
- Adeptes de Corypheus -
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Mar 29 Mai - 9:50
Penché au dessus d'un de ses nombreux rouleaux de parchemin, le Baron de Vertbois s'usait une fois encore la vue à rédiger diverses missives pour entretenir ses relations, et de surcroît, sa position. Le Comte Chantral lui demandait encore des fonds pour ses « efforts de guerre », efforts destinés en réalité à entrer dans les bonnes grâces de l'Impératrice Célène. Or, le livre de compte de la Baronnie laissait à désirer, et les dépenses de ces derniers mois étaient bien supérieurs aux rentrées d'argent. Certes, l'automne était là, et le temps des vendanges devrait attendre. La dernière cuvée aurait encore à attendre un moment avant de pouvoir se commercialiser. Mais à continuer à ce rythme, le jeune De Gautron courait droit à la ruine pure et simple. Si seulement ses plans pouvaient aboutir...
On frappa trois coups à la porte, et un homme entra, la mine renfrognée. Le regard d'Octave se posa sur Oliver, un des plus fidèles valets de sa famille. Il avait servi son père avant lui, et l'avait éduqué lors de son enfance. Un allié de confiance, un des rares à être au courant de la véritable nature de ses projets, un des rares aussi à le soutenir. Ce dernier prit la parole devant le regard interrogatif de son seigneur. « Une femme demande à vous rencontrer, Monseigneur. Une certaine Elysa. » Octave haussa les sourcils, surpris. « Une roturière ? » « Je me suis dis que vous la connaissiez, Monseigneur. Vous connaissez beaucoup de monde. » Le Baron prit quelques secondes pour réfléchir. « Des Elysa, j'en connais quelques unes oui, mais je n'ai pas le souvenir de roturières. J'espère que ce n'est pas encore une harpie qui vient me présenter son enfant... Fais la attendre, je m'en charge. Merci beaucoup Oliver. » L'homme s'inclina poliment et tourna les talons en fermant la porte derrière lui. Octave étendit les pieds devant lui et poussa un profond soupir. Une roturière, bon sang.
Le jeune orlésien descendit de sa tour quelques minutes plus tard, ses pas résonnant avec élégance dans les couloirs. Il franchit la porte qui menait au salon Est, le plus petit, là on l'on faisait patienter les personnes de moindre importance. Il n'y avait que deux fauteuils en cuir autour d'une vieille cheminée, et une table ronde sur laquelle étaient posés quelques fruits et du pain dans une corbeille. Il tiqua en découvrant une jeune femme en armure complète assise dans l'un d'eux. Pour une roturière, c'est peu banal. Le décalage avec sa tenue élégante et son masque à effigie d'un cygne était frappante, encore plus peut-être que si elle avait été en guenilles. Du coin de l’œil, il nota l'absence de signe distinctif orlésien, et l'absence de plume. Pas une Chevalier, de fait. Bon à savoir. Son ton était enjoué quand il prit la parole, à mi chemin entre l'entrée et le fauteuil. « Elysa, c'est bien cela ? Octave De Gautron, Baron de Vertbois. J'ai ouï dire que vous m'aviez fait mander ? » Il s'installa dans le fauteuil en face de son invitée et croisa les jambes dans une posture détendue. « J'ai demandé à ce que l'on nous apporte quelques rafraîchissements. Que puis-je faire pour vous, Elysa ? » Autrement dit, ''pourquoi viens tu me déranger dans mon domaine armée jusqu'aux dents ?'' « Je n'ai pas l'impression de vous avoir déjà rencontrée. Est-ce le cas ? »


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Noble Nevarrane
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Mar 29 Mai - 10:34
Mon bouclier posé au pied du fauteuil et l’épée dans son fourreau sur mon épaule, c’était décidément pas une bonne idée de venir ainsi vu le costume sophistiqué que revêtait mon hôte. Je devais avoir l’air d’une simple mercenaire… Première boulette. Enfin ! Ce n’est pas ce qui allait m’arrêter ! Je me levais à son arrivée et fît comme il était de coutume par chez moi. Je baissais légèrement le torse et la tête, la jambe droite en avant et la main gauche dans le dos pour le saluer.

Il s’installa directement dans le fauteuil en me saluant puis me demandant qu’elle était la raison de ma venue à l’improviste. Il est vrai que j’aurais pu annoncer la raison de mon intrusion mais j’avais dans l’espoir que mon arrivée surprise pouvait suffisamment le décontenancer pour prendre l’avantage sur la discussion à venir. Je m'asseyais à nouveau, posant cette fois ci mon épée sur le fauteuil puis hochais la tête à l’annonce de la collation. Cela faisait des semaines que je mangeais un gruau infâme, ce n’était pas de refus. Je commençais donc à prendre la parole:

-Non effectivement nous nous sommes jamais rencontrés mais nous avons néanmoins beaucoup en commun et je pense que cette discussion annonce un arrangement qui devrait beaucoup vous plaire, Baron de Vertbois. Voyez vous, mes ancêtres, les Albyons, possédaient ces terres il y a 3 ères de cela jusqu’à qu’une terrible machination propre au grand jeu Orlésien leur fasse tout perdre et promulgue leur exil. Je pense que vous me voyez venir, je souhaite récupérer ce qui appartiens aux Albyons d’Orlaïs, ce qui vous appartient présentement. Je ne suis néanmoins pas folle pour penser que vous allez généreusement me les céder par pur charité. J’ai ouïe dire qu’une récente… Déconvenue vous avez privée d’une grande partie de votre domaine, à cause d’un certain comte Chantral. Il me paraît clair, au vu de l’état de vos propriétés, que vous vous trouvez dans une passe difficile. Ce que je vous propose comme accord: Je vous aide à récupérer vos terres voir celles du comte Chantral si c’est possible dans la manoeuvre et en échange, vous me redonnez la moitié de votre domaine et m’aidez à réintégrer la famille Albyon dans la politique Orlésienne. Je pense que vous essayez déjà de contrecarrer les plans du compte et je pense que je pourrais vous être d’une aide non négligeable, je suis aussi doué avec les arts de la guerre que ceux de la politique, même s’il me faudrait un petit temps pour m’habituer aux usages de la cour d’Orlaïs…

J’avais décidée de jouer cartes sur table. Je savais que c’était très peu habituel d’agir ainsi en politique en Orlaïs où l’on discute à demi mot, prévoyant mille trahisons et solutions de secours. Je pensais néanmoins qu’une approche directe pouvait le convaincre qu’aucune malice ne pouvait venir de ma part et le mettre en confiance, contrairement aux autres membres de la noblesse Orlésienne. Je vis alors un serviteur déposer un plat sur la table devant moi. Je pris une coupe remplis du vin local et, après l’avoir discrètement reniflé pour vérifier que ce n’était pas empoisonné ou autre. Je le buvais à petite gorgée, en faisant très attention au gout… C’était un très bon vin ! J’espère qu’il portera bientôt le nom de “Cuvée d’Albyon”, s’il venait des récoltes locales.

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Baron de Vertbois
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Mar 29 Mai - 11:17
Confortablement installé dans son large fauteuil en cuir, Octave écoutait, impassible derrière son masque, la dénommée Elysa lui expliquer les raisons de sa venue. C'était pour le moins déconcertant. Pour commencer, il ignorait qu'une branche d'une ancienne famille noble, en possession des terres, avait survécu. Ensuite, cette jeune femme n'avait de toute évidence jamais été formée au Noble Jeu, et ses manières de faire trahissaient un amateurisme certain, un bon point. Il avait les cartes en main. Enfin, elle faisait partie de la noblesse du Nevarra. Une noblesse désargentée visiblement, mais tout de même. C'était intéressant. Il se saisit d'un verre de vin rouge, et en but quelques gorgées, avant de le poser avec précaution sur la table devant lui. Enfin, il se redressa légèrement, et prit finalement la parole, gardant son ton enjoué et léger.
« Eh bien, que d'informations en si peu de mots ! C'est inhabituel. Déconcertant aussi. Vous n'avez pas peur. Et pas froid aux yeux. Donc, si je comprends bien, vous venez chez moi, me demander si je compte trahir mon seigneur et maître, ami de longue date ? Et en me proposant votre aide, de surcroît ? Je pourrais vous faire arrêter séant pour trahison, chère amie. » Il rit doucement derrière son masque et reprit une gorgée de vin, de fort bonne humeur. « Ce qui est arrivé à votre famille est tragique. Seulement, il me semble que s'ils ont été dépossédés de leurs terres, c'est pour une raison, non ? Quels droits avez vous par la suite pour les réclamer ? Elles n'ont pas été volées. Elles n'ont pas été prises par la force. Il ne vous reste qu'un vague nom ancien et un statut éventuellement, mais j'en suis navré, point de terres. A moins que vous ne soyez habile en négociation, ma Dame. » D'un geste théâtral de la main, Octave demanda à ce que l'on sorte et ferme les porte, et les quelques serviteurs présents s’exécutèrent. Le Baron s'éclaircit la gorge, et continua.
« Il se pourrait que j'ai intérêt à vous aider en effet, mais je souhaite poser mes conditions. Pour commencer, vous me proposez de reprendre deux tiers de mes terres et de vous en rendre la moitié, tout en faisant jouer mes relations pour que vous retrouviez un nom et un titre. C'est beaucoup trop pour que cela soit un accord honnête. Suis-je vraiment prêt à prendre de tels risques pour récupérer quelques ares de terre viticole au mieux ? Risquer la déchéance et la mort, la fin de ma lignée ? Pour une personne que je ne connais pas en plus ? Désolé de vous décevoir, mais ce n'est pas le cas. En revanche, si vous revoyez vos exigences à la baisse, il se pourrait que nous ayons une bonne base d'accord. Mettons par exemple que vous récupériez un tiers des terres, la moitié de ce qui a été confisqué. Comme je suis un gentilhomme, je vous propose celles de la vallée d'argent, de bonnes terres, bien ensoleillées, qui donnent un bon vin sans avoir besoin de grandes connaissances en la matière. Ce serait suffisant pour vous lancer dans un premier temps. Vous aurez besoin de fonds pour construire un domaine digne de ce nom, mais si nous parvenons à mener ces plans à bien,vous aurez de quoi le financer. Pour ce qui est de ces gains monétaires, bassement vénaux, je suis prêt à vous en laisser la moitié. » Il marqua une pause, pensif. « Voilà qui me semble un accord correct. J'ai une dernière condition à poser, mais j'attendrai de voir si vous souhaitez marcher avec moi, ou retourner sagement à votre errance, ma Dame. »


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Noble Nevarrane
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Mar 29 Mai - 11:46
J’écoutais très attentivement ce qu’il avait à me répondre en souriant très légèrement, les intrigues politiques ne m’avaient décidément pas manqués, j’étais plus à l’aise à manier l’épée plutôt que ma langue. Je terminais finalement mon verre de vin, réfléchissant au nouvel accord qu’il me proposait. Je voulais bien évidemment retrouver la totalité des terres de mes ancêtres, pas seulement une moitié ou un tier… Il semblait bien avide de pouvoir ce jeune nobliau ceci dit pour essayer de grappiller des terres qui devrait m’appartenir et qu’il a perdu par sa bêtise. Je répondais enfin en souriant:

-Comment pourrais-je trahir qui que ce soit alors que je n’ai aucune allégeance enfin ? Pour ce qui est la raison de la déchéance d’Albyon, les mémoires ont oubliées et les documents ont disparus pour connaître la raison précise de notre départ précipité mais ma famille à contribuer à l’essor d’Orlaïs et à la richesse de Val-Royeaux à ses débuts. Il me paraît légitime de nous en restituer au moins une partie, par honneur a minima. Votre nouvel accord semble à première vue honnête mais c’est sans compter que je vous offre une couverture rêvée pour vos opérations. Je peux conduire vos manoeuvres politiques sous couvert de ma tentative de retour en grâce, sans qu’aucun lien ne soit fait avec vous, si vos serviteurs savent tenir leur langue. Personne ne sait que je suis venu ici et si nous agissons ainsi, vous pourrez agir sans craindre de répercussions. Et vous pourriez toujours tenter de récupérer vos terres si j’échoue, sans que cela n’est d’incidences, vous n’avez pas vraiment à perdre dans l’histoire alors que moi, si. Allons mon cher baron ! Votre propriété tombe en morceau, vous avez largement pas assez de main d’oeuvre pour entretenir vos propres terres, je l’ai vu en arrivant, vous avez expressément besoin d’aide et moi d’un nouveau statut. De plus, certes vous aurez moins de terrains qu’aux débuts de vos… Mésaventures mais si nous faisons tomber le comte et que vous arrivez à prendre sa place par un habile mouvement diplomatique, dont je suis sûr, vous êtes capable, vous gagnerez une nouvelle position bien plus avantageuse et un territoire bien plus grand. Sans compter la place de choix au côté de l’impératrice lors des évènements mondains.

Je venais tapoter mes doigts contre la garde de mon épée, pensif. Il était vraiment que ne pas connaître les raisons de notre exil d’Orlaïs est un soucis de taille pour négocier. Il était fait vaguement mention d’un scandale d’une tentative d’empoissonnement à l’époque mais difficile de démêler le vrai du faux. Je soupirais légèrement avant de reporter mon attention sur le baron, détachant mon regard d’un point imaginaire sur le mur derrière lui:

-Je vous propose que vous me cédiez un tier de vos terres si nous ne parvenons pas à faire totalement tomber le duc de sa position et la moitié si vous parvenez à prendre sa place suite à nos actions, qu’en pensez vous ? Et qu’elle est cette dernière condition ?

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Baron de Vertbois
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Mar 29 Mai - 15:27
Elysa de nulle part faisait bonne figure, et elle lui adressa un sourire entendu avant de lui répondre par une longue tirade. Attentif à ses propos, le jeune homme commença à pianoter régulièrement le rebord de son siège. Ses arguments se tenaient bien entendu, elle avait du les préparer, mais il ne savait pas s'il pouvait lui faire confiance. Une personne capable de prendre autant de risques et de casser les codes sociaux était bien en mesure de faire un coup bas, et il savait qu'en travaillant avec elle, elle pouvait trouver des moyens de dévoiler son implication. Le déni était monnaie courante dans le Noble Jeu, mais des doutes ainsi semés ne s'effaçaient pas si aisément. Du reste, son plan marchait à merveille : il avait volontairement placé la barre haute dans les négociations, et elle revoyait les propositions à l'exacte valeur de ce qu'il avait imaginé. S'ils parvenaient à mettre à bien leur plan, ils seraient effectivement tous les deux gagnants. Une petite victoire, ne pas faire tomber Chantral, signifiait un gain mineur à ses yeux, mais il ne pouvait se résoudre à viser si bas.
« Eh bien, vous êtes dure en affaires, ma Dame. A ce rythme-là, vous allez me saigner vif ! Mais nous savons tous deux que je ne peux pas décemment refuser votre seconde offre, bien qu'il me coûte de le reconnaître. Si vous êtes aussi douée avec les armes que vous le laissez entendre, alors nous aurons un accord. Nous ferons ce qui est prévu, vous aurez un tiers ou la moitié du domaine et la moitié des gains financiers, et je vous aiderai à retrouver vos titres perdus. N'allez cependant pas vous imaginer que les De Gautron sont illégitimes : nous avons, par le passé, fait de grandes choses pour Orlaïs. Avant d'aborder les détails techniques avec vous, il me reste donc une dernière condition à mettre dans la balance, et j'ose espérer que vous l'accepterez, sans quoi, j'ai peur qu'il me soit difficile de mettre en place la totalité de cet arrangement, j'entends par là votre légitimation à venir. Je connais beaucoup de personnes à la Cour qui ne seraient pas enchantées de revoir naître une famille déchue, j'en ai bien peur... » Il resservit les verres de vin, et s'empara d'une pomme sur la table, qu'il commença à manger, avec élégance et mesure, bien entendu. « Finalement, nous ne faisons ici qu'on échange de services entre gens de bonne moralité, n'est ce pas ? Vous vous joignez à moi pour retrouver ce qui me revient de droit, et vous retrouvez une partie de vos terres perdues. C'est équitable. Je fais jouer mes contacts et accélérer le processus pour vous éviter de vous confronter aux méandres de l'administration impériale, et je ne demande en contrepartie qu'une promesse. Une parole. Je suis bien conscient que vous ne la tiendrez peut-être pas, mais la confiance est la base de la société, n'est-ce pas ? Il se peut, qu'un jour, j'ai besoin d'un service, et que j'ai besoin de vous pour cela. Un seul service. » Il mastiqua un gros morceau en silence, et conclut « Ce n'est pas un gros effort. J'ai juste besoin de votre parole, les yeux dans les yeux, et de vous croire. Ensuite, nous aurons vu tout ce qui est trivial, et nous pourrons entrer dans le vif du sujet. »


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Noble Nevarrane
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Mar 29 Mai - 21:30
Octave était à l’image de ce que je détestais chez les aristocrates: une langue de vipère qui semble toujours tourner autour du pot sans jamais révéler quoi que ce soit. Il voulait que j’accepte sa demande, que je donne ma parole pour un service que je devrais rendre… Il était vrai que rien ne m’obligerait à tenir ma promesse mais il ne faisait pas bon ménage de se mettre à dos un conspirateur qui allait en savoir bien trop sur mes exactions à Orlaïs. Si je ne respecte pas mal parole, il sera aisé pour lui de prouver que je suis la cause de la chute du comte Chantral, ce qui pourrait être problématique s’il venait à être assassiné par exemple… Je faisais résonner le métal de la garde de mon épée en réfléchissant. Néanmoins… J’étais bien tenté d’accepter, juste pour le sport, le goût de l’inconnu. C’était sûrement une grave erreur mais bon, il suffira de couvrir mes arrières dans le cas où ce service me porte préjudice. J’hochais finalement la tête:

-Très bien, je vous donne ma parole de vous rendre ce service, qu’elle qu’il soit. Et soyez serein, je pense que vous connaissez très bien les traditions militaires de Nevarra et j’en suis un témoin édifiant. J’ai participé avec brio à des escarmouches contre des séparatistes Orlésiens, au niveau de la frontière. Sans parler de mes exploits au grand tournois des marches libres où, même si je n’ai pas gagnée le premier prix, j’ai su me démarquer sur le podium. Maintenant que nous avons un accord, qu’elle sera la marche à suivre ?

Je ne savais vraiment pas dans quoi je m’engageais en disant une telle chose. Je ne savais pas si le baron de Vertbois avait en tête un assassinat, un scandale ou un complot pour mettre à bas le comte Chantral. Il était assez clair que je m’en sortirais pas indemne de cette histoire mais c’est un risque à prendre. Ma petite soeur compte sur moi pour renflouer les comptes de la famille. Je prenais un petit gâteau précautionneusement et écouter Octave avec grand intérêt.

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Baron de Vertbois
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Dim 3 Juin - 12:57
Octave observa Elysa pendant les quelques minutes de silence qui suivirent sa proposition. Cette dernière semblait plongée dans ses pensées, et il la comprenait pour cela, ce n'était pas une chose facile que de donner sa parole dans de telles conditions. D'autant que l'orlésien aurait été bien en peine de donner plus d'indications : il n'en savait rien. Il savait simplement qu'une telle promesse pouvait être bénéfique pour lui ou ses alliés à un moment où un autre. Le spectacle était amusant, de derrière son masque. La Nevarrane finit par accepter, et en profita pour confirmer ses talents militaires. Le noble haussa les épaules. Il verrait bien. Si elle se faisait tuer, c'est qu'elle n'était pas si douée au final.
« Eh bien, nous avons bien un accord. Comment allons-nous nous y prendre ? Eh bien, j'imagine que l'objectif est de faire désavouer notre cher Comte. » Il réfléchit un instant. « Pour cela, l'idéal serait de le faire apparaître en disgrâce aux yeux de l'Impératrice. C'est ma foi assez simple,avec un peu de bonne volonté et le talent que vous me vantez. Nous pouvons le faire passer pour un soutien de Gaspard, las des refus répétés de Célène quant à ses efforts de séduction. Ce serait de la trahison pure et simple, et Velun n'étant pas si loin de Val Royeaux, nous pourrions espérer avec du soutien de l'Impératrice pour reprendre la ville. Ce bon Chantral envoie une partie de ses dons par le lac Célestine, jusqu'au Sud de la capitale, car ses eaux sont plus sures. Des vêtements, armes et victuailles pour soutenir les troupes. Il suffirait de détourner le prochain chargement vers l'Est pour commencer, et les faire parvenir aux hommes de Gaspard, en gage de sa nouvelle loyauté. Cela me semble une bonne première étape, à supposer que nous nous en sortions avec brio. Le prochain chargement a lieu dans deux jours, à la tombée de la nuit. J'enverrai une cargaison avec quelques hommes, comme d'habitude. Nous prendrons ces navires, et nous les détournerons. Je dois rédiger une fausse missive de la part de Chantral, aussi. »
Il marqua une nouvelle pause, et se leva d'un geste théâtral. « Mais j'en oublie mes bonnes manières, ma Dame ! Avez-vous des biens avec vous autre que ce que vous portez en ce moment ? J'ose espérer. J'enverrai des serviteurs les mander à votre auberge, à compter que vous en ayez pris une, et je réglerai vos dépenses. Suivez moi, je vous prie, vous êtes mon hôte. Faites comme chez vous, après tout. » Il ouvrit la porte et invita Elysa à le suivre. Vertbois avait toujours une chambre de prête pour les invités, et il était hors de question qu'il la laisse faire des allers retours entre Velun et Vertbois pendant des jours. De plus, il serait beaucoup plus simple de comploter en étant sous le même toit, fut-il l'ombre de sa gloire passée.


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Noble Nevarrane
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Messages : 21
Mar 5 Juin - 21:54
J’écoutais le plan de ce cher baron avec attention, il fut finalement assez aisé de lui faire avouer ses ambitions à ses prochaines tactiques… Il pourrait s’agir d’un moyen de me piéger, mais je voyais mal quel intérêt il aurait à faire une telle chose à une personne telle que moi, sans aucun pouvoir dans ce pays ou j’étais une étrangère. Ceci dit, je me promis de tout de même rester sur mes gardes, il semble adepte de la trahison et seul un idiot croirait une telle personne sur parole.

Je souriais grandement à sa proposition de loger chez lui le temps de notre opération de détournement. Il était vrai que le lit que j’occupais me coûtait plutôt cher au vu de mes moyens, sans compter l’entretien de mon cheval qui attendait dans la cour. Je me levais pour le suivre à travers son domaine, ne disant pas non à un petit peu de repos :

-J’ai des vêtements civils dans la chambre d’auberge que j’ai louée à Val Royeaux, mais aussi à la selle de mon cheval. Merci de m’héberger, vous m’enlevez une certaine épine du pied. J’aimerais, si c’est possible, avoir accès à la bibliothèque de votre domaine ? J’imagine que vous conservez de vieux ouvrages datant de l’époque où ma famille dominait ces lieux.


J’espérais trouver peut-être de vieilles recettes pour faire notre vin de l’époque, des témoignages, n’importe quoi qui pourrait me permettre d’en apprendre plus sur ce qu’il s’est passé lors de l’exil de ma famille. Je rentrais dans une petite chambre d’invité, un lit qui semblait plus que confortable et de quoi faire une toilette sommaire, ce qui n’était pas de refus après mon voyage jusqu’ici. Je me tournais vers le baron de Vertbois:

-Merci énormément à vous de me permettre de retrouver mes origines et de reprendre ma place à la cour d’Orlaïs… Je tâcherais de vous aider au mieux tant que vous me resterez fidèle.

Je commençais à retirer mes pièces d’équipement et les pliant soigneusement sur un coffre, me préparant pour le repas du soir.

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