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[FINI] Le Jugement Dernier (PV emery + Cordelia)

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Garde-Commandeur d'Orlaïs
- Gardes des ombres -
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Dim 3 Juin - 18:29

Le Jugement Dernier


La nouvelle du soldat blessé suite à mon intervention pour aider Eli n'était pas restée dans son coin. Malgré le fait d'avoir envoyé une missive au commandant Cullen pour le rassurer et me mettre à sa disposition s'il avait des questions, je ne fus pas interrogée par lui mais par d'autres personnes. Emery était revenue vers moi en me passant un savon en apprenant la nouvelle, mais je glissais le sujet et faisais exprès de ne pas m'expliquer trop longuement, voulant éviter autant que possible la leçon sur la diplomatie avec l'Inquisition. De toute manière avec son caractère et sa mentalité rigide, j'aurais beau m'expliquer elle n'écoutera rien et ne tentera pas de comprendre quoi que ce soit. La simple réponse à faire face à tant d'excitation et de remontrance, c'était d'hausser les épaules et dire que je gérais déjà avec l'Inquisition. Ce qui était mon but en ayant envoyé la missive à Cullen. J'espérais qu'il allait me répondre, voulant surtout être certaine que la semi-elfe n'allait pas au devant d'ennuis. Ce n'était pas de sa faute, et mon intervention ne devait pas lui porter de préjudices par rapport à ses supérieurs. Finalement, c'était la seule chose qui m'inquiétait vraiment. Mais je fus surprise de ne pas recevoir une missive du commandant comme je m'y attendais, mais de l'inquisitrice elle même. Ses mots étaient froids, et sa demande d'entretien un ordre. Elle était en colère, mais je n'arrivais pas à comprendre pourquoi. Sans doute un malentendu et les rumeurs qui avaient enflés à disproportions. J'avais entendu en effet le mot "ingérence" et "Gardes fous" dans les couloirs. Bon, pour la folie je plaidais coupable, mais pour le reste ils étaient à côté de la plaque. Je soupirais donc, répondant à l'Inquisitrice par une même missive acceptant de la rencontrer, sans pour autant avoir un ton aussi froid. Je voulais un tête à tête avec Cordélia, comme la fois où nous étions rencontrés. Ainsi, la franchise serait de mise, ce qui était ce que je souhaitais. Mais pas mégarde j'avais laissé la missive de l'inquisitrice sur mon bureau en lecture libre, et Emery la lu par hasard. Un autre sermon, suivis d'une malédiction sur les 7 prochaines générations si j'osais y aller sans elle. Bon, ce n'était pas exactement ce qu'elle avait dit, mais plutôt le message caché que l'on pouvait lire entre son ton froid, ses mots acerbes et son regard glacial. Je soupirais et acceptais de mauvaise grâce, me retenant de lever les yeux vers le ciel. Elle n'allait pas me faciliter la tâche, et sans aucun doute elle n'était pas dans mon camp. Bref, un vrai bonheur cet entretien... Le moment venu, nous allions ensemble vers Fort Céleste. Nous avions rendez-vous en début d'après-midi au bureau de commandement de l'Inquisition avec l'Inquisitrice. Rien que ça. Le lieu en lui même déclarait l'officialité de la rencontre. Un nouveau noeud d'impatience et d'énervement se nouait dans ma gorge, et j'avouais ne pas être de très bonne humeur. J'étais comme une proie que l'on s'apprêtait à abattre en place publique. Mais je n'étais pas du genre à me laisser faire. Aussi dans le couloir amenant à la fameuse salle, je faisais une dernère "mise en garde" à ma Sénéchale. Même si précédemment j'avais évité la discussion d'une manière débonnaire et presque désinvolte, je montrais à présent que j'étais quelque peu excédée dans le son de ma voix, et mon visage qui n'affichait aucune amicalité.

"Et pour rappel, je sais ce que j'ai fait et ce que je dis. Je suis là pour expliquer la situation, tout ira bien et je n'ai rien à me reprocher."

C'était presque un ordre, mes paroles étaient quelques peu sèches mais je devais également m'imposer. J'étais sans doute extravertie et assez désinvolte parfois, mais je savais être sérieuse et connaissais les enjeux. Me faire marcher sur les pieds par l'une ou par l'autre n'était pas dans mes intentions. Nous arrivions devant deux soldats qui gardaient les lourdes portes. D'un sourire et d'une voix amicale, je nous présentais pour qu'on nous laisse passer.

"La Garde-Commandeur d'Orlaïs et la Sénéchale des Gardes d'Orlaïs viennent à l'entrevue prévue avec l'Inquisitrice Trevelyan. Veuillez nous annoncer je vous prie... "

Les soldats inclinèrent de la tête légèrement, puis l'un d'entre eux entra dans la pièce. Il revint quelques secondes plus tard, nous faisant signe de rentrer. Nous nosu éxécutions, pour entrer dans la grande salle. Les portes se refermèrent derrière nous, pour nous laisser devant un spectacle digne de cette institution. La table était vraiment énorme, et je pouvais voir d eloin la grande carte de Thédas mise en place, avec quelques rapports et piosn mis de ça et de là. Mon instinct de Corbeau me disait de tout observer et d'enregistrer dans un coin de mon cerveau pour plus tard, mais je ne pouvais me distraire pour l'instant. Nous avions d'autres priorités. L'Inquisitrice était là, devant nous. Son regard froid et son expression peu amène en disait long sur son état d'esprit. Essayant d'ors et déjà de calmer le jeu, je gardais mon sourire et la saluais avec autant de respect que de chaleur, m'approchant tranquillement d'elle.

"Inquisitrice Trevelyan, ravie de vous revoir. Un point s'imposait, semble t'il ~.... "

Mon sourire restait là, mais mon regard perçant était plus inquiet. Qui sait ce qu'elle a bien put entendre sur cette affaire. Il était de mon devoir de mettre les choses au clair, de m'excuser de nouveau pour certaines choses, mais d'assumer ma position sur d'autres points. Le seul tord que j'avais eu était d'avoir un peu trop utilisé de force pour mater le soldat insolent. Pour le reste, je me considérais comme juste et n'avais rien à me reprocher. Enfin, c'était mon point de vue...




* ~ Fight to the Warden Rythm ~ *





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Lun 4 Juin - 15:33

Les choses à Fort-Céleste se compliquaient nettement pour la Garde des Ombres. Emery devait non seulement redresser au mieux la Garde d'Orlaïs et s'adapter à des fonctions de Sénéchal, seconde de la Commandeur Garde, mais aussi gérer avec les écarts de cette dernière, qui avaient, logiquement froissé l'Inquisition. Pourtant, il était clair aux yeux de l'Anders que les relations avec leurs protecteurs était à soigner plus que tout autre, car ils étaient grandement dépendant de leur bonne volonté. Hébergés aux portes de leur bastion, les Gardes d'Orlaïs dépendaient aussi de ces derniers pour ne pas être bannis d'Orlaïs, en conséquence des événements de l'Inébranlable. Emery avait reçu plusieurs missives : une note de Tullia d'abord, pour lui annoncer qu'elle avait dérapé sur un soldat de l'Inquisition, puis de l'Ambassadrice, beaucoup plus inquiétante. Et voilà que, quelques jours plus tard, la Commandeur-Garde de la Garde d'Orlaïs se retrouvait convoquée à la table de commandement pour discuter avec Cordélia Trevelyan. Les choses ne sentaient pas bon, et l'humeur d'Emery en subissait les conséquences. Elle donna son avis à plusieurs reprises à sa Commandeur, perdant son calme, mais cette dernière était une vraie tête de mule, convaincue au plus profond de sa personne d'avoir fait quelque chose de tout à fait normal. Elle put au moins la persécuter assez pour qu'elle la laisse l'accompagner, et assurer un soutien diplomatique.
« Et pour rappel, je sais ce que j'ai fait et ce que je dis. Je suis là pour expliquer la situation, tout ira bien et je n'ai rien à me reprocher. » Le ton de la Commandeur était sec, impérieux. Emery la dévisagea sans un mot, impassible. Elles allaient entrer d'une minute à l'autre pour affronter une tempête, et elle se permettait de la recadrer ? Rien à se reprocher ? Bien au contraire. Mais Tullia était sa supérieure, et l'Anders ne souhaitait pas sortir de ses fonctions de Sénéchal. Elle se devait d'être irréprochable plus que tout autre, comme mage, Sénéchal et maintenant représentante de la Garde d'Orlaïs, quasiment à la même hauteur que Tullia. Et puis, lancer de l'huile sur le feu avant même que cela commence n'était pas une bonne idée, et ne jouerait pas en leur faveur. Il fallait préserver son maigre sang-froid autant que possible, car elle en aurait bien besoin. Pour autant, elle ne répondit pas à l'affirmative et ne montra aucun signe de soumission autre que son silence. Elles continuèrent en silence le long du couloir, et Tullia les annonça aux deux soldats postés devant l'immense porte de bois. Quelques seconde plus tard, les deux Gardes entraient dans la salle, sanctuaire de l'Inquisitrice.
Dame Trevelyan se tenait là, fière et droite, derrière l'immense table de commandement dont la forme prenait celle de Thédas. Emery se tint en retrait, droite elle aussi et le visage impassible, tandis que la Commandeur-Garde s'approchait pour la saluer. Quand elle eut finit sa phrase, l'Anders s'inclina avec déférence, et prit sobrement la parole : « Sénéchal Emery Rana de la Garde d'Orlaïs, Inquisitrice. Je me suis permise d'accompagner ma supérieure pour remplir mon devoir diplomatique envers mon Ordre. Je suis consciente que le geste est peut-être déplacé... Souhaitez-vous que je vous laisse ? » Son ton était calme et posé, sa colère bien enchaînée dans son cœur bouillonnant, mais elle espérait sincèrement que l'Inquisitrice la laisser assister à cette réunion. Elle avait le sentiment que de nombreuses choses allaient s'y jouer.


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Inquisitrice de la Divine
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Jeu 14 Juin - 12:05


Le Jugement Dernier

ft. Tullia &
Emery




Cordélia était assise sur un fauteuil confortable derrière un large bureau en chêne, le regard rivé sur les boiseries et motifs complexes de la tapisserie en face d'elle, bras croisés sur la poitrine. Fait rare, elle était d'assez mauvaise humeur, une mauvaise humeur qui dépassait la simple contrariété – elle était agacée. Agacée d'apprendre que peu après une entrevue qui s'était bien passée, la Garde-Commandeur avait apparemment pris sa gentillesse pour un manque de crédibilité, ce qu'elle craignait par-dessus tout, en somme. Mais elle ne s'attendait pas à ce que ça vienne de ses alliés...

- Entrez !


Comme prévu, Tullia et la Sénéchale Emery entrèrent dans la pièce, faisant face à l'Inquisitrice. Sûrement ses principaux adversaires dans l'entreprise qu'elle s'était fixée pour aujourd'hui. Après les salutations qui étaient de mise, Emery prit la parole après sa supérieure, demandant si sa présence était inopportune.

- Non, bien sûr que non, vous pouvez rester. Comme Tullia l'a dit, il s'agit d'un rapide point.

Elle rendit son regard à Tullia, croisant les deux mains sur son bureau.

- Je ne vais pas passer par quatre chemins, vous savez pourquoi nous sommes ici. Elle prit une légère inspiration. Qu'est-ce que c'est que cette histoire et pourquoi est-ce que j'ai eu à l'apprendre de la bouche de nos soldats et pas de la vôtre ?

L'atmosphère était glaciale, et ce n'était pas entièrement de la faute des Dorsales. Désormais, elle avait des doutes. Si elle avait eu l'air moins amicale, plus rigide, est-ce que la Garde-Commandeur se serait permise d'exercer sa propre justice sur ses hommes comme si elle était incapable de le faire elle-même ?

- Est-ce que vous nous pensez si incapables de gérer nos propres troupes que nous avons besoin d'un chaperon pour les punir à notre place ? Vous êtes l'alliée de nos soldats, mais vous n'êtes pas leur supérieure et pourtant vous avez agi comme telle. Je n'ai pas besoin de vous expliquer le message que ça envoie, non ?

Elle dévisagea Tullia puis sa Sénéchale, et se passa une main sur le front, déjà exaspérée par le fait qu'elle doive expliquer quelque chose d'aussi évident que ça.

- La prochaine fois que vous voyez un de nos soldats mal se comporter, prévenez-nous directement au lieu de faire votre justice vous-même... J'aimerais encore être capable de décider de la sentence que je veux appliquer sur mes propres hommes sans que quelqu'un décide de s'en charger à ma place. Je ne veux pas que ça se reproduise, c'est tout ce que je vous demande.






modest in temper, bold in deed


#ffcc99

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Garde-Commandeur d'Orlaïs
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Jeu 14 Juin - 15:24

Le Jugement Dernier


Emery fit sa demande pour rester avec nous, et Cordélia accepta. Quand l’Inquisitrice se mit à parler cependant, on pouvait sentir de suite le froid glacial et tranchant de sa colère. Il n’y avait pas de doute, elle n’était pas contente. Je l’écoutais, elle qui se disait ne pas avoir aimé apprendre l’affaire de ses soldats, et non pas par moi-même. Je la regardais avec surprise, ne comprenant pas vraiment. Pourquoi est ce que j’irais la déranger pour une affaire si bénigne ? J’étais flattée qu’elle considère que je devais la prendre comme principale interlocutrice, mais tout de même, elle et moi avons d’autres choses à faire. Et j’étais également surprise, pas très agréablement en fait, que l’information n’ait pas été traitée par Cullen. Pourquoi ne lui a-t-il rien dit ? Car vu ce qu’elle disait, c’est qu’elle a appris la chose par des rumeurs de couloir. Je me sentais quelque peu vexée d’être ainsi invectivée alors que j’avais tout fait pour justement suivre la hiérarchie et les bonnes manières d’une institution telle que l’Inquisition, et voilà que ça me revenait en pleine figure. La prochaine fois, j’irais donc directement harceler l’Inquisitrice à son heure de bain pour tout lui raconter, si on ne peut plus faire confiance à ses subordonnés. Restant calme et posant juste sur l’Inquisitrice un regard de plus en plus dur et froid, j’attendis sagement qu’elle eut fini de faire sa demande avant d’y répondre. Ce calme n’était qu’apparent, car je bouillonnais de l’intérieur, ayant envie d’étrangler ce Cullen mais également de nouveau ce peigne-cul qui m’avait mis dans une si fâcheuse situation. Mais j’avais ma fierté, et dans ce type d’occasion j’étais tout à fait capable de montrer pragmatisme et bon sens. Ce qui était surprenant quand on me voit être tous les jours, mais qui justifie pleinement mon ancien statut de Sénéchale et celui de Garde-Commandeur aujourd’hui. C’est juste que je ne manifeste cette facette de mon caractère que très rarement, et en cas d’urgence. Il manquerait plus qu’on me prenne pour une saine d’esprit… Je répondis donc à Cordélia, d’une voix posée mais aussi froide que la sienne, voir quelque peu amère.

"Je comprends votre inquiétude, et regrette simplement qu’il y ait eu une telle confusion pour une si regrettable conclusion. "

Se voir ainsi accusé d’ingérence et de remise en cause de leur autorité était tout simplement consternant. Comme si je n’avais que ça à faire ! Certes, j’avais fouiné et titillé quelque peu ses hommes jusqu’à ce que je rencontre enfin en personne l’Inquisitrice. Mais c’était pour de très bonnes raisons, et j’étais certaine que Léliana se doutait que je n’avais pas fait cela simplement pour m’amuser. Cependant, aller jusqu’à penser que je voulais sciemment saper leur autorité, c’était aller un peu loin. J’avais eu les réponses que je voulais, et avais largement cessé mes trop grandes expéditions au sein du fort. Mon passé de Corbeau avait ses raisons, mais je ne pouvais ouvertement les expliquer ni à Cordélia, ni à Emery. L’une parce que je doute qu’elle soit heureuse de savoir qu’une ancienne assassin ait passé au crible le fort pour déceler toutes les faiblesses de structure et d’organisation, l’autre parce que je ne lui faisais tout simplement pas confiance et qu’elle n’était pas en mesure à mes yeux d’apprécier mes compétences et mon expérience passée à sa juste valeur. Me justifier à l’une et à l’autre était fatiguant, mais je devais m’en contenter pour l’instant. Je commençais donc à proprement parler ma défense, pour ce qui semblait être mon procès. Mais je n’allais certainement pas sagement courber l’échine et accepter tous les motifs d’accusation, à commencer par cette stupide histoire d’information non directe. Mon ton était toujours aussi sérieux, et plus aucun sourire ne s’affichait sur mon visage.

"L’affaire relevant d’un incident mineur concernant les soldats de votre fort, il m’a semblé plus pertinent d’en référer directement à la personne en charge, à savoir le commandant Cullen Rutherford. Vous déranger pour une telle chose est tout à fait… étrange, et je me doute que vous avez autre chose à faire."

Ce qui était un fait, et rien ne m’avait non plus été dicté que je devais directement lui référer de tous mes moindres faits et gestes. Au contraire, on m’avait plutôt dit que c’était à l’Ambassadrice que je devais me référer. Et vu la portée plutôt opérationnelle et militaire de la chose, m’en référer au Commandant Cullen était (pour une fois) la chose la plus logique et sensé. Et puis, j’étais étonnée qu’elle veuille ainsi se préoccuper d’une affaire qui ne concerne qu’un élément infime de son armée. Etait-ce juste parce que j’étais Garde, et Garde-Commandeur ? Sans doute, mais cette logique m’était perdue et je n’arrivais pas à comprendre cette importance mise sur les actions d’une seule personne qui, au final, n’est responsable que d’une poigné de Gardes représentant un ordre mourant. Par Andrastée, si Emery m’entendait penser ces choses, nul doute qu’elle me couperait sur le champ la tête pour avoir l’audace de proférer de tels mots sur une institution si « révérée » que celle des Gardes. Bref, je justifiais mon silence à son égard, ainsi que la raison pour laquelle je n’avais donné suite.

"J’ai envoyé une missive pour lui dire que j’étais à disposition pour m’expliquer et éclaircir cette affaire. Mais il n’est jamais revenu vers moi et ne m’a pas répondu. Entre temps, j’ai oublié cette histoire qui s’est plutôt bien terminée. "

C’était plus que vrai. Car au final, j’avais découvert un diamant brut, cette semi-elfe du nom d’Eliwendë qui avait du potentiel et que j’aurais bien aimé intégrer à la Garde. L’ayant plus ou moins prise sous mon aile, j’avais même commencé à l’entrainer de temps en temps au corps à corps, profitant de son agréable compagnie d’elfe et de son loup adorable. Mais ça l’inquisitrice ne le savait sans doute pas. J’haussais donc simplement des épaules, répliquant avec une légère lassitude et des mots trop fatiguant et ennuyeux pour ma personnalité.

"L’affaire est assez simple et ne relève aucunement d’une quelconque intention d’ingérence de ma part, en tant que Garde-Commandeur d’Orlaïs. Cette interprétation hâtive sans avoir entendu une première fois ma version me blesse quelque peu. "

Je posais sur l’Inquisitrice mon regard quelques instants, me retenant de sourire avec malice. J’esquissais un simple rictus du coin des lèvres, n’ayant pu m’empêcher de piquer avec un peu d’ironie Cordélia. J’allais sans doute le regretter plus tard, mais je ne pouvais pas me renier éternellement. Cependant, je ne voulais pas être interrompue avant d’avoir pu expliquer plus en détail ce qu’il s’était passé. Ma version des faits avait quand même de l’importance, et si c’était de ma bouche qu’elle voulait le récit, alors elle l’aura. Pour Emery également, car vu ses attaques excédées répétées je n’avais tout simplement pas eu l’envie de lui expliquer le pourquoi du comment. Mon côté butée et à fleur de peau, sans doute… Je commençais à marcher tranquillement dans la salle, pour narrer les faits de la façon la plus sobre possible. Ce qui n’était pas simple vu ma nature. Fronçant légèrement des sourcils pour me concentrer, je parlais avec lenteur et pesant mes mots, agrémentant le récit par des gestes expressifs des mains, comme toute bonne Antivane que j’étais.

"J’étais tout simplement de passage à Fort Céleste pour l’observation des méthodes d’entrainement, qui pouvaient s’avérer intéressantes pour mes propres Gardes. J’ai assisté par hasard à une prise à parti d’une dalatienne par un groupe de jeunes soldats, et personne n’a bougé ni osé la défendre quand ils ont brisés son arc dalatien. Pas même elle, qui s’est laissé faire alors qu’elle n’avait commis aucun acte sous mes yeux justifiant une telle barbarie. "

Mon regard s’était assombrit, et ma voix s’était faite plus dure, presque dans un grondement. Rien que d’y penser, mon sang bouillonnait à nouveau. Je ne supportais pas que l’on s’en prenne ainsi aux elfes. Surtout que là, c’était tout simplement un excès de jalousie de la part de ses agresseurs, juste parce qu’elle était douée et qu’ils s’en rongeaient les sangs. Une bande d’amateur qu’il faudrait mettre en première ligne pour se faire mettre en pièce, ou bien à égorger sur le champ selon moi. La semi-elfe était également en faute pour ne pas avoir réagi d’une façon ou d’une autre, mais de ce que j’avais vu de ses capacités après l’avoir entrainé, le choc de voir son arc brisé lui avait sapé tout moyen de riposter. C’était une tare à corriger, mais seule l’expérience pouvait y remédier. Posant de nouveau mes yeux sur mes deux interlocutrices, je justifiais mon comportement, et notamment le fait d’avoir mentionné le mort « barbarie ». C’était un mot un peu fort ou l’acte assez simple de briser un arc, mais pas quand on considère l’attachement que les dalatiens ont pour ces armes.

"Je suis personnellement proche des elfes, et de quelques dalatiens. Briser un arc dalatien a une portée symbolique terrible, c’est une insulte et une perte pour l’archer. Mon sang n’a fait qu’un tour, et voyant qu’elle ne réagissait pas et que personne d’autres ne faisait rien, j’ai instinctivement bondit pour remettre ces culs-terreux à leur place, et laver l’honneur de la dalatienne. "

Ça, pour être de l’instinct c’était de l’instinct. Je n’avais pas réfléchis, et j’avais simplement agis. Telle un bête n’obéissant à rien d’autre qu’à sa propre nature. J’haussais des épaules, ne pouvant pas vraiment expliquer plus loin mon acte.

"Et il n’y a rien d’autre que cela. Une réaction spontanée pour prendre la défense d’autrui. Si cela avait été un humain, je n’aurais rien fait car cela ne me concerne pas. Mais les elfes sont autre chose pour moi, c’est plus… personnel et instinctif. "

Les elfes avaient toujours été là pour moi, depuis mon enfance. Etrangement, ils avaient plus volontiers accepté ma nature un peu étrange mais franche que les humains, ceux de ma propre espèce. La plupart de mes amis ont été des elfes, citadins pour la grande majorité et en quelques rares occasions des dalatiens. Je m’intéressais à leur culture et les respectais, tout comme ils respectaient ma nature. J’avais du respect pour eux, et comme toute chose que je respecte (comme le commandeur Cousland) j’ai tendance à les protéger et à les mettre sous mon aile instinctivement. C’était ce qui s’était passé pour cette semi-elfe. Si elle avait été une humaine, et si l’arc avait été un simple arc, je n’aurais pas bondit comme je l’avais fait. C’était de la pure chance, ou plutôt malchance en ce qui concerne le soldat blessé.

"Cet acte était donc l’effet du hasard, non prémédité et sans aucune arrière pensé concernant les compétences de votre hiérarchie. Un accident, si l’on peut dire, qui n’a d’autre source que mon instinct de préservation des elfes et ma notion de Justice. Si elle s’était défendue, ou que quelqu’un d’autre serait venu à son secours, je ne serais pas intervenue. "

J’arrêtais de marcher, leur faisant face. Je poussais un léger soupire, ma passant une main sur le cou pour me masser et ralentir ce qui allait sans doute devenir une migraine.

"Voilà toute l’histoire… Beaucoup de foin pour pas grand-chose, et le gamin a eu de la chance. Car s’il avait été parmi mes Gardes, vous pouvez être certaine qu’il aurait subi plus qu’un simple bras cassé. Un tel comportement est inacceptable chez les Gardes, et ils le savent."

Une réflexion sarcastique, mais qui avait un fond de vérité. En arrivant à Fort Céleste, et ce avant qu’Emery nous rejoigne, j’avais fait un point avec les Gardes restant. Pour comprendre leurs besoins, leurs anciennes règles et en instaurer de nouvelles. J’avais mis un point d’honneur sur la tolérance envers les autres races, et qu’il n’y aurait aucune pitié pour ceux qui osent s’en prendre aux autres pour ce seul motif. La camaraderie était de mise en ces temps durs, et j’avais été bien claire que si je surprenais l’un d’eux à agir de façon aussi inexcusable envers quelqu’un d’autre, Garde ou non Garde, il pouvait être certain qu’il n’allait pas s’en sortir vivant et sans douleur. Ce soldat de l’Inquisition n’avait eu qu’un bras cassé, mais s’il avait été un de mes Gardes, ses os seraient déjà en train de blanchir au soleil sur un flanc de montagne. Pas de ça chez moi. Je n’avais pas jugé nécessaire de faire ce même sermon à Emery, car elle ne semblait pas de cet acabit et j’avais également d’autres chats à fouetter. Ceci dit, je devais conclure mon long récit et attendre les foudres (ou non) de mes juges ici présents. D’une voix assurée et un peu plus animée, je résumais ce que j’avais à en tirer de cette affaire, faisant une légère courbette de la tête pour souligner les points sur lesquels je m’excusais.

"- Donc… pardon pour toute la confusion de cette histoire et que vous ayez pu penser que je remettais en cause votre autorité et celle de l’Inquisition. Mais je ne suis certainement pas désolée d’être intervenue et d’avoir fait ce qui me semblait juste. "

Une réponse qui pourrait avoir de quoi choquer, mais que je disais sans ciller ni aucune honte. Je me sentais tout à fait légitime à prendre cette position, et n’en démordrais pas aussi facilement. A voir si Emery et Cordélia allaient toutes deux m’en vouloir pour cela.




* ~ Fight to the Warden Rythm ~ *





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Jeu 14 Juin - 18:51

L'Inquisitrice se tenait au fond de la salle, imposante derrière la table de Commandement, ce malgré sa taille. En la détaillant du regard, pour la première fois d'aussi près, Emery commença à comprendre les raisons qui poussaient tant de gens à rejoindre l'Inquisition. Bien entendu, la plupart avaient leurs raisons, mais il fallait une figure capable de rassembler. Et elle en avait une devant elle. Leur accueil dut plutôt glacial, mais elle autorisa la Sénéchal à rester. L'anders inclina poliment la tête et resta en retrait, à une distance raisonnable de Tullia et de l'Inquisitrice, les bras croisés dans son dos. Elle ne bougea pas et ne dit pas un mot quand Dame Trevelyan leur demanda des explications sur l'incident survenu avec les soldats de l'Inquisition, et ne cilla pas plus pendant le long – très long, trop peut-être – monologue de la Commandeur- Garde d'Orlaïs. Figée telle une statue de glace, le visage impassible, Emery faisait ce qu'elle savait faire de mieux : observer. Elle lutait également pour calmer les élans tumultueux de son cœur qui bondissait, et faire venir le calme en elle, car elle ne souhaitait pas perdre ses moyens devant une telle figure, par peur d’aggraver la situation déjà tendue entre les deux mouvements. Tullia apporta quelques bons arguments, qui laissaient penser à une vraie demande de pardon, de vraies excuses, mais ses dernières paroles résonnèrent dans la salle sombre comme un glas. Elle.. ne pouvait pas dire ça. Elle ne devait pas se comporter comme cela. Et en réalisant cela, Emery sentit son sang-froid disparaître, remplacé par une colère dévorante.
« Inquisitrice Trevelyan, vous permettez ? » Elle s'était avancée de deux pas, le visage toujours fermé, les yeux durs. Ses mains s'étaient crispées sur ses bras, et elle se tourna vers Tullia, sa Commandeur, sa supérieure, la femme envers qui elle devait le respect le plus absolu. Sa voix vibrait de colère sourde quand elle s'adressa à elle. « Commandeur, avec tout le respect que je vous dois, vous savez que je dois vous parler avec franchise. Dans de telles circonstances, je ne peux pas me taire. Nous avons déjà parlé de l'incident ensemble, et je pensais vous avoir fait comprendre mon point de vue. Celui de l'Inquisitrice aussi, et de ses conseillers. Mais vous n'avez pas compris. Permettez moi donc de vous le dire, plus clairement. L'homme que vous avez blessé était un soldat de l'Inquisition, nous sommes d'accord ? DONC, il est sous la RESPONSABILITE de l'Inquisition, et ce n'est clairement pas à VOUS de faire justice vous même ! Protéger une elfe oui, mais aucun homme sain d'esprit ne vous aurait attaqué si vous vous étiez interposée calmement. A la place, vous vous comportez comme une brute ! Vous entachez la réputation de la Garde des Ombres, et de surcroît, vous niez à l'Inquisitrice le droit de faire justice elle-même sur ses hommes ! Où est ce que vous vous êtes crue, Tullia ? CE N'EST PAS UN JEU ! Vous n'êtes pas au dessus des lois ! Et en plus, vous avez l'audace de venir affirmer que, si c'était à refaire, vous le referiez, parce que c'était juste ? » Emery marqua une courte pause, le visage décomposé. Il n'y avait plus rien dans la salle pour elle que Tullia, et elle devait refréner ses envies de lui sauter à la gorge, littéralement. Le calme avait fait place à la tempête, et sa voix se transformait peu à peu en cri. « En agissant de la sorte, vous êtes une sale gosse Tullia, plus mon Commandeur. En agissant de la sorte, vous ne méritez pas mon respect. Je ne suis pas la nounou d'une gamine capricieuse, le Premier Garde ne m'a pas envoyé ici pour ça. Nous avons besoin de Gardes avec un cerveau, pas que des muscles et des pulsions ! Parce que oui, vos actes ne s'arrêtent pas là ! Je sais de source sûre, proche de l'Inquisitrice, que vous oubliez votre place en allant taquiner des hauts gradés de l'Inquisition, à vous comporter comme s'il s'agissait de potes de beuverie. CE N'EST PAS VOTRE PLACE TULLIA ! PAR MALHEUR, LE CREATEUR A VOULU QUE VOUS SOYEZ LA COMMANDEUR-GARDE D'ORLAIS, AUSSI COMPORTEZ VOUS EN TANT QUE TELLE ! NOUS NE SOMMES PAS UNE BANDE DE PITRES ! NOUS SERIONS EXILES SANS LE BON VOULOIR DE L'INQUISITION ! ALORS, RESPECTEZ CELA, RESPECTEZ L'INQUISITION, RESPECTEZ VOUS ET RESPECTEZ NOUS ! »
Emery tourna les talons, hors d'elle, et se dirigea vers la porte à grands pas. Elle s'arrêta net devant la sortie, le corps tremblant, et se força à faire volte face et à ne pas partir préparer ses affaires. Le souffle court, la voix cassée, elle marmonna : « Excusez-moi Inquisitrice. Je n'étais pas à ma place, vous n'avez pas à subir cela. »


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Ven 15 Juin - 18:04


Le Jugement Dernier

ft. Tullia &
Emery


Cordélia eut un sourire, plus ironique qu'autre chose. « Plutôt bien terminé ? Vous avez mis hors d'état de combattre un de nos hommes, devant je ne sais pas combien d'autres soldats de l'Inquisition, qui doivent maintenant avoir eu un bel aperçu de la Garde des Ombres... bon ou mauvais, je ne saurais pas dire, mais ce n'était pas ce que j'avais en tête quand je parlais de cohabitation entre nos deux Ordres.

Elle jeta un coup d'oeil nerveux par la serrure de la porte, car elle avait soudainement la nette suspicion que Joséphine était derrière à écouter. Enfin, ce n'était pas vraiment le moment de s'inquiéter de ça, elle avait une situation plus problématique à régler.

- Je vous remercie pour m'avoir donné des éléments de compréhension, mais... Où est le rapport ? Je suis contente d'apprendre que vous êtes en paix avec vous-même, mais c'est l'acte qui compte, pas votre psychologie personnelle. Les soldats ne vont pas retenir ça, mais le fait que vous pouvez attaquer et punir l'un d'entre eux sans aucune répercussion... c'est ça qui me pose problème. Si je laisse passer ça, alors quoi ensuite ? Je ne suis pas en train de dire que ce soldat n'aurait pas dû être puni, je suis en train de dire qu'il y avait un millier d'autres façons d'intervenir. Nous sommes toutes les deux à la tête d'une organisation, et je pense que vous me comprenez quand je vous dis qu'il faut un minimum de règles tacites à respecter quand on cohabite avec autrui, surtout à des proportions aussi... énormes.

Elle tenta de cacher la lueur d'agacement qui passa dans ses yeux à la remarque sur les Gardes, ses mains toujours jointes sur le bureau. Si elle voulait faire des sous-entendus ou se vanter insidieusement sur ses propres méthodes de discipline, ce n'était vraiment pas le moment.

- Quand à vos Gardes, je veux bien vous croire sur parole, puisque je ne me rends pas sur place pour les observer, punir ceux que j'estime être indisciplinés ou les illuminer de mon expertise.  Elle ponctua sa phrase d'un sourire, qui n'atteint pas ses yeux. Mais je devrais peut-être le faire, ainsi vous comprendrez peut-être pourquoi nous réagissons de la sorte.

Assez agacée au demeurant, elle aurait aimé écourter la conversation qui semblait se diriger droit dans le mur. L'atmosphère pouvait difficilement être plus tendue, mais contre toute attente la Sénéchale releva le défi.
Emery venait de vocaliser à haute voix ce que Cordélia se gardait bien de dire afin de ne pas créer d'incident diplomatique. Elle resta stupéfaite un instant, ne s'imaginant absolument pas ce retournement de situation. Ni l'attitude d'Emery, à vrai dire, elle ne l'avait pas vue décrocher un mot depuis le début et maintenant... ça ? Elle eut soudainement envie de disparaître dans son siège, avec l'impression qu'elle assistait à une scène qu'elle n'était pas censée voir.

- Ce... Euh... Ce n'est... pas grave, mais je ne pense pas que vous devriez avoir cette conversation ici... Elle se prit la tête entre les mains, un très bref instant. Elle soupira, puis releva les yeux, une lueur d'acier dans le regard. Je n'ai rien à ajouter. Cassez ce que vous voulez à vos hommes, mais ne touchez pas à nos soldats. C'est tout ce que je demande.





modest in temper, bold in deed


#ffcc99

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Garde-Commandeur d'Orlaïs
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Dim 17 Juin - 19:53

Le Jugement Dernier


La suit de l'entretien ne se passa pas vraiment comme prévu. Je ne m'attendais pas à une compréhension et à de la compassion, mais... je ne m'attendais pas à ne PAS comprendre où l'Inquisitrice voulait en venir. Pourquoi se mettre dans de tels état pour un simple bras cassé ? Personne n'était mort, c'est positif non ? Avec mon passé, c'est déjà une note positive sur laquelle je pouvais être fière. Et si les soldats de l'Inquisition ont peur des Gardes... et bien tant mieux ! Ils viendront moins près de nos tentes à fouiner et à nous observer comme des animaux rares. Maintenant, ils se rendent compte qu'on est toujours dangereux, même après l'Inébranlable. Je n'avais pas honte de cette violence et de ce que cela pouvait "perturber" les petits soldats de l'Inquisition.

Cordélia était excédée, nerveuse... La situation la mettait dans tous ses états, et de nouveau je n'arrivais pas à comprendre pourquoi. Et là, encore une fois, je ne comprenais pas ses mots. Enfin, le sens de ses paroles. Je fronçais légèrement des sourcils, essayant d'y voir quelque chose auquel je puisse me raccrocher. Je lui avais déjà tout expliqué, n'était ce pas suffisant ? Tout était en rapport non ? Je n'avais pas agit au nom des Gardes, ce n'était pas prémédité... Que voulait elle de plus, que je rampe à ses pieds en demandant pardon ? Pour quelque chose dont je ne me sentais même pas coupable ? Et je n'avais jamais dit que je voulais éviter toute répercussion et ne pas prendre en compte les conséquences. D'un coup, je sentis une certaine colère me prendre. J'étais déçue... Déçue que l'Inquisitrice ait ce genre de conclusion. Mon regard s'était posé sur elle avec une nouvelle froideur, et une distance qui montrait d'un coup la baisse d'estime que j'avais pour elle. C'était sans doute réciproque, vu l'état de l'Inquisitrice. Mais le spectacle et les retournements de situation ne se finissaient pas là. D'un coup, Emery s'était tournée vers moi, demandant poliment la permission à l'Inquisitrice une appartée... publique. Et là, sans crier gare, c'est un ouragan à la saucer Garde qui déboula sur moi. Emery, furieuse et déchainée comme je ne l'avais jamais vue, s'était mise à me hurler dessus. Je la regardais avec une grande surprise, ne disant rien et la fixant avec mes yeux écarquillés. elle m'insultait, n'y allait pas de main morte, et vidait son sac sans modération. Un vrai spectacle. Quand elle eut fini, elle tourna les talons vers la porte, avant de s'arrêter et de s'excuser devant l'inquisitrice d'une voix confuse. J'étais toujours interdite, faisant le tri dans mes émotions. J'étais impressionnée, toujours surprise, et en même temps amusée. L'Inquisitrice ne savait plus où se mettre, et accepta les excuses d'Emery. Pour ma part, j'étais au bord de la crise de rire. Un vrai rire nerveux, car la réaction d'emery avait été à l'opposé de ce qu'on attendait d'elle. Je me mis soudain à pouffer de rire, mettant une main devant ma bouche et essayant de me retenir. Mais j

"...Pff.... Pffhahahahaa ! Pardon... Pff... C'est nerveux... Je m'y attendais vraiment pas Emery.. Pff.... "

Je me tournais un peu, mon corps tremblant alors que j'essayais de ne pas exploser de rire. Emery, en voilà une bien bonne ! Ca, pour sûr que je lui rebalancerais à chaque fois qu'elle osera me dire que je m'emporte et que je fais une scène devant tout le monde. Elle, elle venait de le faire devant l'Inquisitrice en personne. C'était risible venant d'elle ! Et je saurais m'en souvenir... Mais j'étais étrangement contente. Mes yeux se posèrent sur ma Sénéchale avec une lueur malicieuse et amusée, légèrement brillant par les larmes que j'avais retenues. Je m'adressais à elle avec une voix enjouée, comme si elle avait rompu la tension qui s'était installée dans la salle depuis le début.

"Emery, si vous voulez bien attendre un instant dehors. Je n'en ai pas pour longtemps, nous pourrons discuter de cet incident ensuite."

C'était clairement un ordre, même si je souriais et que je la regardais avec un éclat chaleureux. On avait des choses à se raconter après, c'était certain. Que nous n'arrivions pas à nous comprendre était un réel problème. Et bien que cela soit pour moi une plaie que de devoir lui expliquer les raisons d'être un ex-assassin et voleur dans une telle époque, je devais le faire. Je ne sais pas si c'est le fait qu'elle vienne des Anderfels, où les Gardes sont clairement salués et respectés, ni le fait que je venais d'une zone où il fallait encore lutter pour qu'on oublie Ostagar et que les gardes soient à nouveau respectés... Mais nos deux écoles ne nous permettaient de nous comprendre, et je devais remédier à cela. Sinon, elle devra clairement partir. Ceci fait, et Emery sortie de la salle, je me tournais vers Cordélia. J'étais un peu calmée, mais mon attitude était devenue plus naturelle et décontractée. Grâce à l'intervention de ma Sénéchale. Je répondais à l'Inquisitrice sur ses derniers points.

"Inquisitrice... Pour répondre à votre demande, je ne souhaite pas non plus que cela se reproduise, cela reste un accident. Et je n'ai jamais dis que je ne prenais pas en compte les conséquences. J'ai conscience des répercussions et je suis prête à répondre de mes actes selon votre jugement, car cela reste vos hommes."

La proximité était un problème. Enfin, MA proximité était un problème pour EUX. De mon côté, tout m'allait bien. Mais je savais bien qu'il y avait trop de tension, et que mes Gardse avaient également envie de partir. L'Inébranlable était encore dans tous les esprits, et personne n'était à l'aise à l'idée de côtoyer ses anciens ennemis. Mes actions étaient une chose, mais il y avait également une autre raison plus profonde. Il nous fallait trouver un autre endroit où s'installer, mais ce n'était pas une chose aisée. Avec les Vénatoris et ce qu'ils pouvaient nous faire, il nous fallait redoubler de prudence et de secret. Hors de question de crier sur tous les toits où nous voulions nous rendre. Mais peut être que la chance était avec nous. J4avais reçu il y a peu une missive d'un certain noble Orlésien qui nous proposait des terres, près de la mer. L'occasion était trop belle, et j'étais plus que méfiante. Je n'en avais pas encore parlé à Emery, attendant de faire un point avec Léliana à ce propos. Rien ne sert d'alarmer la Sénéchale s'il se trouvait que c'était un piège. Et je ne lui faisais pas assez confiance pour lui donner une information si importante qui demandait un silence absolu, même à nos troupes. La crise d'expression d'Emery remettait cependant cette notion en question, et il était temps que je mette les choses à plat avec elle. Sinon elle serait capable sans le savoir de faire capoter mes plans et mes efforts pour obtenir les différentes informations. Je devrais également en informer l'inquisitrice, mais pas avant d'en avoir la certitude. Je le mentionnais vaguement, et ne pouvais en dire plus de toute manière.

"Mais... les choses pourront aller dans un bonne direction, bientôt. Autant pour le confort de l'Inquisition que celui des Gardes. Mais... Je dois encore confirmer certaines choses avec votre maitre espionne, pour être sure... Je vous le confirmerai au plus tôt."

Je souriais, faisant ensuite un petit salut de la tête, pour prendre congé. Nous n'avions plus rien à nous dire, et il était clair que Cordélia n'était pas d'humeur à parler chiffon. Et moi, j'avais une Sénéchale possédée par un démon de la Colère à gérer.

"Autre chose, Inquisitrice Trevelyan ? Si ce n'est pas le cas, je vais retourner à mon campement avec la Sénéchale Emery pour attendre votre jugement officiel."

l'Inquisitrice me laissa repartir, sans doute imaptiente de pouvoir traiter la migraine que nous venions de lui donner? Je repartais vers la porte, sortant de la salle pour trouver à deux pas de là Emery. J'arrivais vers elle, souriante et plus détendue.

"Bon.... ça s'est pas si mal passé que ça ! Et bravo Emery pour cette tirade, c'était grandiose ! J'étais loin d'imaginer que vous aviez cela dans les tripes, ha ha ha ! Mémorable, c'est certain..."

J'en riais un peu, mais en un sens il valait mieux en rire qu'en pleurer. Vu la scène qu'elle avait faite, j'aurais eu tous les droits de l'incendier sur place, de la punir sévèrement ou même de la renvoyer. Mais j'étais contente qu'elle ait vidée son sac, et qu'elle me montre qu'elle en avait sous le capot. Non pas que je trouve que ce qu'elle venait de faire était bien, mais pour moi les enjeux n'étaient pas ceux de plaire à l'Inquisitrice. J'avais plus important à gérer en interne avec Emery. Je la regardais, soupirant légèrement. Maintenant, il fallait se lancer dedans. Je n'avais vraiment pas envie, mais je devais le faire.

"Mais il est clair que nous avons à parler. Et sérieusement. Nous devrions faire un tour et discuter, loin du campement des Gardes et des patrouilles de l'Inquisition."

Ce que j'avais à dire était d'importance, et assez secret. Nous ne pouvions nous permettre de laisser des oreilles indiscrètes nous écouter. Enfin, si elle ne voulait pas foutre le camps de suite en tout cas.

[RP CLOS]




* ~ Fight to the Warden Rythm ~ *





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[FINI] Le Jugement Dernier (PV emery + Cordelia)
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