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Une sauvageonne, des sauvageons [PV Deirdre]

Anonymous
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Lun 2 Juil - 9:44
Le carrosse filait à vive allure dans les chemins enneigés, escorté fièrement par quatre cavaliers en armure. L'emblème de Vertbois, gris et vert, surmonté d'un cygne, s'élevait bien au dessus de leurs têtes fières. Il était temps de rentrer en Orlaïs pour y continuer le tissage méticuleux du Jeu, et de mettre de côté les mémorables journées passées à Fort-Célèste, bastion de l'Inquisition, ennemis entre tous. Confortablement installé sur son siège de soie verte et entouré d'une poignée de serviteurs, discrets et masqués, eux aussi, le jeune Baron se remémorait paisiblement cet épisode pour le graver au mieux dans sa mémoire, et avoir matière à en sortir l'essence sur le papier, plus tard. Oh, Capheus allait être ravi d'apprendre ne serait-ce que des brides de ce qu'il en avait retiré. Son seul regret allait à Josephine, mais il tâchait de ne pas trop y attacher de sombres pensées. Elle faisait ses choix après tout, comme il faisait les siens. Les conséquences viendraient, un jour peut-être, mais pas aujourd'hui.
Un craquement sonore annonça l'ébranlement de la voiture sur la gauche, et le crissement du bois sur la pierre. Octave sentit son cœur s'emballer, et s'agrippa tant bien que mal tandis qu'il basculait dans la pente, entraîné par le poids de la structure. La chute, ou le glissement -en fonction – dura une vingtaine de secondes, bien suffisantes pour que cela fasse écho à l'éternité. Le carrosse s'arrêta enfin, et les serviteurs s'empressèrent de sortir pour prendre connaissance de la situation. Au loin, écho puissant dans la montagne, il entendait les exclamations des gardes, qui devaient probablement tenter de les rejoindre au plus vite par les chemins escarpés. Le jeune baron sentit un filet de sueur froide lui couler dans le dos, pensant à toutes les possibilités, tout ce qui avait pu faire que la voiture dérape. Et, dans ces multiples possibles, le sabotage n'était pas la moindre des pistes.
« Monsieur ? » C'était Alain, le capitaine de ses gardes. Octave poussa un soupir de soulagement, et ouvrit la porte. Ses yeux se plissèrent un instant, résistant tant bien que mal à l'assaut de la lumière blanche qui les entourait, et au vent aussi, léger mais glacial, parsemé de flocons de neige. Son masque lui permit de ne rien y laisser paraître, et il prit une nouvelle inspiration pour retrouver l'autorité inhérente à sa fonction. « Alain, vous allez bien. Je veux un rapport de la situation. » Ses yeux se posèrent sur le garde, qui, mal-à-l'aise, frottait ses mains l'une contre l'autre en passant maladroitement d'un appui à l'autre. « On a perdu une roue. Javon et Iria sont partis la chercher, je viens d'envoyer Marc pour les escorter. La voiture semble avoir subit quelques dégâts, mais rien qui devrait nous empêcher de repartir une fois la roue retrouvée et mise en place, Monseigneur. » Il hocha sèchement de la tête, et poussa un soupir des plus joués, pour bien signifier son déplaisir. « S'agit-il d'une tentative de meurtre selon vous ? » Une fois encore, Alain hésita. Il n'était pas taillé pour le Jeu, ou quoi que ce soit de social, mais c'était un bon soldat loyal à sa famille. « Nous avons vérifié l'état des roues avant de partir, Monsieur, comme le protocole l'exige... » Un petit rire sec l'interrompit. « Et donc, vous n'avez rien vu ? Vous auriez du, Alain. Si elle était en mauvais état, ou sabotée, vous auriez du le voir. J'en suis chagriné. » Alain hocha la tête et se tut, la tête légèrement baissée.
L'agacement du Baron s'accrut encore quand ses deux serviteurs revinrent avec la roue, ou, pour être exact, les brisures de cette dernière. Elle semblait avoir éclaté contre un rocher. En temps normal, ce n'était pas un problème, mais en temps normal, en Orlaïs, il n'était pas difficile de trouver un charron. Ici, dans les montagnes de Givre, la chose était beaucoup plus compliquée, et donc dangereuse. Il réfléchit quelques minutes. Il pouvait rejoindre une ville en une journée de route, assez probablement, s'il partait en avance avec un cheval. Mais il ne comptait pas laisser cinq serviteurs seuls avec son carrosse dans ces contrées hostiles, il n'était pas homme à abandonner les siens. « Nous sommes du côté de Ferelden je pense, notre chute nous a fait partir par là. Il doit bien y avoir un village à la frontière, et c'est là que nous irons, quoi qu'il m'en coûte de demander de l'aide au peuple des chiens. Alain, vous allez chercher une roue avec Marc et Javon. Nous autres, nous allons monter un campement ici. » Le capitaine des gardes se redressa de toute sa hauteur, visiblement choqué. « Monsieur, vous n'y pensez pas ! Deux gardes ne seront pas assez pour vous protéger si des sauvages décident de s'en prendre à vous ! »
Octave sourit, et répondit avec légèreté. « Mon ami, sauf votre respect, quatre gardes ne seront pas assez pour nous protéger tous si le pire devait arriver. Sachez bien que je suis déterminé à survivre, et que pour cela, vous devez exécuter mes ordres. Tout de suite. » Le capitaine se renfrogna, et murmura des excuses, avant de se préparer pour le départ. Quelques minutes plus tard, ils étaient tout trois partis, suivis du regard par le groupe resté en arrière. « Qu'est ce que vous attendez donc ? Montez un campement ! Il est hors de question que je dorme dans la voiture ! » Le quatre serviteurs restants s’affairèrent aussitôt à la tâche, et le Baron attendit, assit sur la banquette de soie.  Il n'avait aucune envie de se salir en accomplissant de basses tâches dans la neige impropre.

Quelques heures avaient passé. Le froid et l'humidité étaient pénibles, et le jeune noble d'Orlaïs ne manquait pas de le faire savoir à ses serviteurs, qui faisaient de leur possible pour le satisfaire au mieux. Il s'était renfermé dans ses loges de circonstance depuis un moment quand on frappa à la porte. « Monsieur... Je crois qu'on a un problème. » Octave ouvrit aussitôt la porte. Il avait senti l'angoisse percer dans la voix d'Alphonse, qui pourtant n'était pas un couard. Ce dernier se tenait devant la porte, et tenait son arc à la main. « Une femme est en train de monter vers nous. » Le baron sortit la tête pour regarder au dessus du toit, et vit à son tour une frêle silhouette gravir la pente en leur direction. Il éclata de rire. « Mon bon Alphonse, auriez-vous peur d'une femme ? Pour de nombreuses choses, je peux vous comprendre, mais il est plus qu'évident qu'elle ne peut pas être un danger conséquent. » « Et si c'était une éclaireuse des Alvars, Monsieur ? » Le jeune homme hocha la tête, un sourire toujours dessiné sur les lèvres. « Si c'était le cas, elle ne se présenterait pas à nous, et nous aurions des soucis bien plus immédiats. »
Un feu crépitait doucement dans le campement de fortune. Une marmite, posée dessus, était le signe encourageant d'un repas chaud à venir. « Laissez la venir, Alphonse. Je pense qu'un peu de distraction ne sera pas un mal. » Octave referma la porte et attendit. Quelques minutes plus tard, il entendit des échanges de voix, juste à côté. La femme était là. Il avait hâte d'en savoir plus. Le Baron toqua à la porte, et un serviteur vint lui ouvrir. Il descendit avec grâce dans la neige – première fois depuis leur accident – et agita sa cape verte dans le vent frais, le visage fier. « Une visiteuse ! Quelle bonne surprise ! » Son ton était narquois et théâtral. Ses yeux se posèrent sur le visage de l’intruse. Une femme, relativement frêle, et très jeune. Le visage maculé de crasse. Un énorme chien de combat, plein de bave, à côté. De Ferelden, donc. « Je suis le Baron Octave de Gautron, du très majestueux Empire d'Orlaïs. » Oui, rien que ça. « Et vous êtes ? » Il n'était pas dans son habitude de se tenir à plusieurs pas d'une jeune femme qui se donnait ainsi la peine de venir le voir, mais la crasse et le chien le dégouttaient bien assez. Et la neige, sous ses bottes toutes neuves, cela ne le mettait pas particulièrement dans de bonnes dispositions. « Venez donc partager un repas avec nous. Je suis certain que vous avez de grandes histoires à nous conter. »

Deirdre d'Autrerive
Guerrière errante
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Mer 4 Juil - 12:17
Le vent emportait ses secrets, les déposant dans la neige et les sommets, non sans tendresse. Il y avait des larmes, des sourires éteints que Deirdre se forçait à avoir malgré tout, il y avait des souvenirs parfois douloureux, parfois non, la solitude aussi. Autant de perles que le vent lui prenait des yeux et du coeur, pour les cacher ailleurs.
Devant elle, le chien marchait, ne la regardait pas et la sauvageonne hésita à poser une main sur l'encolure puissante afin d'y chercher la moindre chaleur, celle d'un être pour un autre notamment. Le chien, tout ce qui lui restait, et comment expliquer que chaque pas que Deirdre faisait l'arrachait un peu plus à son pays?
Que resterait-il d'elle alors dans l'exil, un nom, quelques mèches de cheveux? Je serai un fantôme, songea la jeune fille, je serai un fantôme ce soir, soit parce que le vent et la neige me tueront après avoir tout emporté de moi, soit parce que Deirdre d'Autrerive, la rive d'une petite rivière en Ferelden, aura traversé jusqu'à des rivières qui ne sont plus rien pour elle.
Je laisse derrière moi non pas un pays, non pas un foyer, mais la petite tombe misérable de la seule noble personne ayant pu compter, conclut-elle alors. De nouveau les larmes, et le vent n'en était pas responsable, pas toujours, puisque la tristesse venait du coeur.
Quel dieu fallait-il prier quand ne restait que le désespoir, quand le néant approchait et que le chaos suivait votre ombre?
Quel dieu fallait-il prier quand on était simplement une fille, une sauvageonne sans valeur aucune?
Elle voulait en changer : le Créateur n'avait créé pour elle plus de malheur que ses rêves pourtant grands n'en pouvaient porter.
Une dernière chance, murmura-t-elle pour elle-même, je te donne une dernière chance alors envoie moi un signe, n'importe lequel pour me montrer que les choses s'arrangeront. Je compte sur toi, sinon entre toi et moi, c'est fini pour de vrai.
Non pas que le sentiment religieux de la jeune fille ait été quelque chose de développé un jour, mais passons....

Pendant de longues minutes hors du temps, il n'y eut que la neige, ses propres frissons. Errol continuait de marcher devant, traçant un chemin pour elle sans pour autant s'arrêter ou ralentir. Les chiens étaient des créatures sans pitié...
Et puis soudain, à la faveur d'un détour, Deirdre le vit.
Le signe.
Comme vomit par la montagne, le carrosse s'offrait à son regard. Il y avait un campement aussi, des soldats et un feu.
Les feux, ça faisait bien fondre tout ce qui était gelé, non? Deirdre avait tellement à y jeter alors, membres engourdis comme sentiments...
Elle poursuivit sa marche, les joues un peu plus roses, le sang circulait de nouveau en elle, de même que l'espoir, mais l'espoir de quoi?
Que le signe la guide, le signe du Créateur.
Un homme sortit alors de la voiture, à présent que la jeune fille s'était rapprochée assez. Il portait la plus belle cape que Deirdre eut jamais vu et parlais comme un chevalier.
Du genre avec de la noblesse dans les mots, quoi, et il lui offrait de manger. Une offre qu'on ne pouvait pas décemment refuser....

Avec simplicité, non sans grâce car malgré ses allures, Deirdre en possédait, la jeune fille esquissa une révérence simple mais maîtrisée. Sa seule manière à elle d'apporter noblesse et poésie en réponse aux mots du baron à la si jolie cape....

”Je vous remercie de votre hospitalité, Messire, et l'accepte avec grand plaisir. On me nomme Deirdre.”Deirdre comment, Deirdre d'où? Un instant la jeune fille parut minuscule et perdue. Elle secoua la tête:”Deirdre tout court, j'en ai bien peur, je ne suis ni comtesse, ni baron, je suis...je suis chevalier errant. “
On ne pouvait pas posséder une aussi belle cape et rire de cela, du moins Deirdre l'espérait.

”Auriez-vous de l'eau, quelque chose pour me débarbouiller? Je suis un peu sale pour faire un convive acceptable. Et quelles histoires voulez vous entendre? J'en ai bien peu, à vrai dire je ne connais que celle du trépas d'un homme beaucoup trop noble pour ce monde....”

Qui méritait qu'on lui rende hommage une dernière fois avant que Deirdre ne quitte le pays de sa tombe. Orlaïs, le signe divin qu'était le baron ne lui indiquait-il pas d'aller en Orlaïs?

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Anonymous
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Jeu 9 Aoû - 15:09
Un sourire se dessina sur les lèvres du noble quand il vit la jeune femme, fébrile, s'incliner devant lui. Ils n'étaient pas dans un cadre officiel, encore moins à un bal. La neige boueuse les environnait, et dans ce contexte, même s'il était Baron avant tout, le geste de l'inconnue le surprenait et le perturbait. La vie avait encore bien des choses à lui apprendre, en fin de compte. L'étrangère se présenta, visiblement peu à l'aise avec les principes d'éloquence. Octave nota chez elle un accent typique de Ferelden. « Je vous remercie de votre hospitalité, Messire, et l'accepte avec grand plaisir. On me nomme Deirdre ». Deirdre ? Un joli nom. Un peu rugueux, un peu sauvage, à l'instar des terres d'où elle venait probablement. « Deirdre tout court, j'en ai bien peur, je ne suis ni comtesse, ni baron, je suis...je suis chevalier errant. »
Le Baron haussa les sourcils et ravala un sourire hautain. Il la détailla un instant en silence, perplexe. Les chevaliers de Ferelden étaient souvent des nobles, et ils étaient souvent équipés d'armures. Elle n'était pas noble, de toute évidence, et ne portait à sa taille qu'une lame, un attirail bien maigre compte tenu de son statut. Bien, il éclaircirait cela plus tard. Il n'avait aucune envie d'inviter une mercenaire ou une coupe-jarrets à sa table, mais ses gardes étaient là pour la contenir en cas de faux pas. Aussi lui proposa-t-elle une place vers le feu, et un repas, en échange, il l'espérait, de quelques histoires distrayantes. « Auriez-vous de l'eau, quelque chose pour me débarbouiller? Je suis un peu sale pour faire un convive acceptable. Et quelles histoires voulez vous entendre? J'en ai bien peu, à vrai dire je ne connais que celle du trépas d'un homme beaucoup trop noble pour ce monde.... »
A ces paroles, ce ne fut pas du mépris camouflé mais un élan de pitié qui s'empara de lui, un sentiment avec le quel il était assez peu coutumier. Il se tourna vers le serviteur le plus proche. « Vous avez entendu Dame Deirdre : allez chercher une bassine d'eau. » L'homme masqué inclina la tête et s'en alla chercher le nécessaire au fond de la voiture endommagée. « Vous êtes la bienvenue ce soir, Dame Deirdre de Nulle-part. Je vous prie de croire que mes serviteurs vous traiteront avec respect. Il ne serait pas raisonnable de vous laisser repartir dans ces étendues désolées et hostiles dans votre état. » Les orlésiens n'aimaient pas les fereldiens, et l'inverse était aussi vrai. Cette rencontre n'allait probablement pas changer certains à priori, mais Octave avait un certain honneur, et s'il pouvait se moquer gentiment et être distrait par cette inconnue, la moindre des choses était de ne pas la laisser mourir dans le froid. Le serviteur arriva avec une bassine métallique à demie remplie d'eau, et une serviette propre, qu'il tendit à la jeune femme. Le Baron inclina la tête et se détourna pour s'installer près du feu, le moins qu'il pouvait faire en terme de pudeur. Il attendit en silence, les mains proches des flammes timides, jusqu'à ce qu'elle s'assoit enfin à ses côtés. « Vous mangerez bien avec moi, ma Dame ? Ce n'est pas grand chose, j'en ai peur, et un peu rustre de surcroît, mais je suis malheureusement immobilisé ici le temps que l'on vienne réparer mon carrosse. Les serviteurs et mes gardes mangeront après nous, ne vous inquiétez pas. »
Il fit un geste pour demander à ce qu'on leur serve deux écuelles de ce qui ressemblait à un ragoût, et qu'on leur donne une tranche de pain encore frais. Il cala son bol chaud entre ses jambes, et prit une bouchée de pain. Le froid était vif, mais le campement devait leur permettre de passer la nuit sans trop de difficultés. « Il ne serait pas très courtois que je vous demande de me raconter des histoires sans que je ne réponde non plus à vos questions. Je vous propose donc de faire un échange de bons procédés. Je répondrai à vos questions, si vous en avez, plus tard. Mais pour commencer, je serais curieux de savoir d'où vous venez et des raisons qui vous poussent ici, seulement accompagnée d'un... Mabari. » Regard discret vers le chien imposant, dégoulinant le bave, mais au regard vif. Il se disait que les Mabari étaient capables de comprendre les hommes, mais il n'en croyait pas un mot. « Pourquoi une Dame – c'est le titre qui convient pour les femmes Chevaliers dans votre pays, non ? - irait-elle seule en Orlaïs ? Comment êtes vous devenue Chevalier ? » Il prit une cuillère de ragoût et fronça les sourcils. « Je suis très curieux, vous l'aurez compris, Deirdre. »

Deirdre d'Autrerive
Guerrière errante
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Ven 10 Aoû - 18:13
C'était plutôt sympathique d'avoir en face de soi une bassine d'eau qu'on ne vous jetait pas au visage, Deirdre appréciait ce genre de comportement courtois et civilisé. La jeune fille se saisit du bout de tissu un peu rêche qu'on lui tendait, commença à se débarbouiller le visage. Elle frottait fort, pour sûr, et si ça enlevait la crasse, c'était pas le cas de son air effronté.
Dans tous les cas, Deirdre avait l'occasion d'être bien plus propre qu'elle ne l'avait été depuis quelques jours. Des nages rapides dans des cours d'eau à l'abri des regards avec le chien pour lui garder ses affaires et l'épée non loin en guise de rencontres imprévues, c'était pas vraiment ce qu'on appelait des bains relaxants.
La seule coquetterie que la jeune fille se permettait, c'était ses cheveux: toujours propres, toujours plus ou moins attachés aussi. On pouvait pardonner un visage sale si d'autres détails montraient que vous étiez assez avancé intellectuellement pour prendre soin de vous en général, une des premières leçons du chevalier.
Faut dire que dans son village d'origine, les bains des gamins se faisaient dans la boue des cochons histoire de les fortifier un peu. Toute une éducation à refaire, comme on dit, quoiqu'avec Deirdre, ça n'avait pas été des plus compliqué. La boue, ça avait jamais été son truc....

Présentable à nouveau, elle revint à Octave. Devait-elle se réjouir que les serviteurs ne mangent pas en même temps qu'eux? Devait-elle simplement avoir une réaction? La jeune fille ne savait pas trop. Ces codes là n'étaient pas les siens et vivre seul tendait à vous faire oublier une certaine logique.
Finalement, elle s'assit face à l'homme à la cape, acceptant le bol de ragoût. Là encore, Deirdre n'avait pas eu de repas consistant de ce genre depuis des jours. Et puis le pain, du vrai pain, pas un rogaton noir et rassis comme ceux qu'elle choppait parfois et que même Errol ne parvenait à casser de ses crocs...

”Je suis devenue chevalier parce que je le désirais, Messire, tout en payant un prix beaucoup trop fort pour cela. “ Le bol était chaud entre ses mains, un instant il sembla à Deirdre que l'ombre de son maître s'avançait alors pour s'asseoir à leur côté et écouter lui aussi le récit de la jeune fille. Comme un conte, une histoire... Etait-ce ce qu'elle devait raconter?

”J'étais écuyer, j'ai appris à me servir d'une arme, à m'occuper du cheval de mon maître, des mabaris de sa meute, à tirer l'épée aussi, à avoir un jeu de jambes assez convenable pour survivre et ensuite assez convenable pour pouvoir être amélioré. Chaque chose en son temps, comme il convient à un apprentissage réussi... “

Elle ne pu empêcher un sourire, malgré le souvenir de corrections infligées puisque cela aussi faisait partie de l'éducation reçue. Elle en avait reçu, des bastonnades, dans son village d'origine, mais avec le chevalier elles avaient toujours un but qu'il s'efforçait de lui faire comprendre. Se faire tanner le cuir, ça apprenait à être fort, à supporter plus, ça apprenait aussi qu'il existait des points de non retour à ne pas dépasser. Parce que Deirdre resterait pas une enfant toute sa vie, que si elle ne faisait pas gaffe, les gens se contenteraient pas de quelques coups mais l'égorgeraient ou la pendraient haut et court selon la coutume de la région. Au choix....

”J'ai dû apprendre aussi à reconnaître les choses que je portais en moi, ces notions d'idéal et de courage, et à ne pas les confondre avec d'autres choses comme l'idiotie ou la témérité. Que la noblesse était une chose changeante également qu'il fallait manier avec subtilité... J'aurai dû apprendre la politique, au moins commencer, mais mon maître fut assassiné avant. La faute à des querelles politiques et des complots je suppose, mais vous devez connaître ce genre de trucs beaucoup mieux que moi.”

Et déjà, Deirdre craignait d'en avoir trop dit. Elle portait l'épée d'un homme mort, dès lors il était facile de l'imaginer l'avoir tué pour cela. Des histoires tragiques, ça arrivait, des traîtrises aussi. Deirdre n'avait pas trahi son maître, pas plus qu'elle n'avait su le protéger.

”Rien m'attend en Orlaïs, mais c'est une destination comme une autre pour fuir les hommes et les raccourcis faciles. Je possède rien à part ma vie, du coup je peux plus perdre grand chose... Ah mon tour, j'ai droit à une question vous l'avez-dit : où est-ce que vous avez eu votre cape? Vous accepteriez de me la donner?”



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Anonymous
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Lun 20 Aoû - 19:32
Octave écouta en silence l'histoire de la sauvageonne, ou plutôt la succession de bribes, morceaux mis bout-à-bout, cassures. De toute évidence, la jeune femme n'était à l'aise dans de grands discours, mais la présence d'un noble pouvait être intimidante. Il était à l'aise avec les mots après tout, connaissait et maîtrisait leurs sens, savait discerner un sous-entendu, s'ouvrir au sens caché. Elle venait de nulle part, et à défaut de pouvoir lui prouver ses capacités martiales, démontrait un certain courage, une force de caractère. Il aurait pu l'écouter encore un moment, mangeant silencieusement son ragoût tiède aux abord d'un feu, mais elle se ferma subitement à l'évocation de politique et de complots. Il haussa un sourcil et l'observa avec intensité un instant avant de détourner les yeux. Naïve aussi. La politique dictait le monde, et ceux qui vivaient de leurs lames en faisaient forcément les frais. Mais une leçon encore, appris, ou en début d'apprentissage à tout le moins. « Si vous voulez vivre longtemps, tenez vous éloignée des personnes qui vivent des mots, Deirdre. Nous ne sommes pas des gens recommandables, en ce que nous impliquons souvent des gens, bon gré mal gré. »
Il s'était préparé mentalement à une ou deux questions délicates, sur les raisons exactes de sa présence par exemple, mais certainement pas à ce qu'on l'interroge sur... sa cape. Le jeune homme se dérida aussitôt, emporté par un rire léger. Mais elle était sérieuse, et il avait promis une réponse : il se devait de tenir parole. « Cette cape vient de Val Royeaux, la capitale de notre Empire. Elle a été faite par un couturier, selon les emblèmes de ma famille. Du vert pour le renouveau, l'espoir porté dans les générations à venir et la gratitude des dons de la nature, car nous vivons par elle, du gris pour la nuance, l'équilibre en toute chose, la tempérance. Les cygnes sont des animaux qu'on trouve sur le lac Célestine, le plus grand lac d'Orlaïs, dont les reflets d'argent le rendent célèbre dans tout Thédas, et ne sont surpassés en beauté que par le sourire d'une jolie femme. » Il marqua une courte pause, réfléchissant à la réponse à la seconde question. « Si vous portiez cette cape dans mon pays, on vous poserait des questions embêtantes et on vous prendrait probablement pour quelqu'un de ma famille. Je ne pense pas que cela soit souhaitable pour vous : nous ne sommes plus aussi bien vus qu'avant. En revanche, il se peut que j'ai du travail à donner à un chevalier, fut-elle originaire de Ferelden. Vous auriez une chambre, un toit, des repas chauds tous les jours, et un salaire. Je ne demande que la loyauté et de bons services en retour. Si vous voulez, nous pourrions même voir s'il serait possible de vous faire faire une cape sur mesure, avec les couleurs et symboles qui vous sont propres ! » La proposition était amusante, mais il doutait qu'elle accepte de travailler pour un inconnu, fut-il muni d'une cape. En même temps, ce n'était pas un mal, car il ne pensait pas que ses capacités martiales soient remarquables. C'était une façon polie de tendre une main après avoir retiré l'autre, de rester dans de la neutralité et des rapports cordiaux.
Octave posa son écuelle dans la neige, tapis de lumière en ces heures nocturnes, et sourit aimablement à la sauvageonne. Il allait lui proposer de lui installer un coin pour qu'elle puisse se reposer, avec son Mabari, quand un cri résonna un peu plus haut. Une silhouette s'affaissa dans la neige, et il distingua, stupéfait, des dizaines d'autres se diriger vers eux, rapidement. Des Alvars, très probablement. Autour d'eux, les serviteurs commençaient à courir, fuyant leur Seigneur dans l'espoir d'avoir la vie sauve, même si ce faisant, ils se condamnaient probablement à une mort plus lente dans la glace de ces terres hostiles. Octave se leva rapidement, paniqué lui aussi, sa dague luisant sous la Lune, en dehors de son fourreau. « Deirdre, cachez moi ! »

Deirdre d'Autrerive
Guerrière errante
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Jeu 23 Aoû - 12:52
Un souffle de chagrin, quelque chose. Est-ce qu'une cape pouvait essuyer les larmes? Deirdre ne savait pas... Parler de son Maître lui avait fendu le coeur un peu, c'était dommage. Dommage parce que bon, les sentiments, ils venaient pas là pour ça, et Octave devait bien se gausser d'elle, non? De sa jeunesse, de sa naïveté.
Il ria, oui, mais pour le vêtement, les questions dessus. Deirdre se protégeait avec des questions comme ça, des questions d'enfants. Quand elle les posait, elle faisait bien plus fillette que femme, parfois elle pouvait faire sombre abrutie aussi. Les idiotes n'intéressaient personne, ne faisaient pas envie. C'était important de pas faire envie, ça protégeait quand on était une femme, épée ou non....
Une famille en disgrâce, une belle cape mais plus vraiment une belle réputation de ce qu'elle comprenait et....un travail?
Impassible, Deirdre posa ses yeux noirs sur l'homme. Un gite, un couvert, un salaire, des tâches à accomplir aussi.
Des tâches pour une famille qui avait fait quelque chose puisque ce n'était plus aussi bien d'en faire partie.
Il y avait tout cela à prendre en compte dans la réponse d'Octave. Et puis d'autres choses aussi, plus subtiles, plus cachées, que Deirdre ne pouvait encore comprendre ou ne comprendrait jamais.
La promesse d'un vêtement à elle lui arracha un sourire cependant. Une cape avec dessus chacune des couleurs des valeurs que l'on voulait transmettre, n'était-ce pas un beau rêve? Facilement réalisable qui plus est, chose avantageuse quand l'on avait de fortes chances de mourir jeune.

En parlant de mourir... Une flèche siffla, dans la nuit. Elle ne portait pas son nom, aussi Deirdre survécut. La jeune fille se releva, les mots d'Octave dans les oreilles, absurdes, illogiques. Le cacher? Ne faisait-il pas trois fois sa taille?
Un instant, une demie seconde, Deirdre essaya de comprendre toutes les possibilités: le défendre, dans son coeur à elle, cela pouvait être comme accepter le marché. Travailler pour lui...
Mais le défendre, ça pouvait aussi vouloir dire se faire capturer par leurs assaillants. Ou tué, ce qui semblait plus que probable....
Elle était agile, Deirdre, elle pouvait s'enfuir là, maintenant, tout de suite, l'ombre du mabari sur ses talons mais où était le courage alors, où était l'honneur?
Ses rêves de chevalerie la condamnaient, et par le Créateur elle devait-être assez idiote, non, vu qu'elle le savait?

A ses côtés, le chien hulula soudain son aboiement sourd et rauque tout à la fois, un son dont elle avait l'habitude, qui appelait mort et combat aussi.

”Chante, Errol, chante...” murmura-t-elle alors, l'épée dégainée. La neige freinait ses pas, pour survivre Deirdre devrait économiser sa force et ses mouvements, car il fallait bouger deux fois plus ici pour avoir la même mobilité que sur un sol meuble.
Une autre flèche siffla, vint se planter devant elle sans que la jeune fille ne sache si le tir était réussi alors ou raté. Voulait-on l'effrayer?

”Allez venez, bande de lâches ! Vous êtes quoi, dix, vingt? Faut au bien ça contre une gamine, hein? J'vous parie incapable d'oser un combat singulier contre-moi. Un combat à mort, si je gagne vous nous laissez aller...... “

Avait-elle plus de chance ici si par miracle ils acceptaient? Non, pas vraiment, mais que pouvait-elle faire de plus?

”Profitez du duel pour vous enfuir, est-ce que vous tenez vos promesses Si c'est le cas, promettez de revenir et d'enterrer mes restes dans une belle cape...”

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Anonymous
Invité
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Dim 11 Nov - 11:01
Des images fugaces défilaient devant ses yeux, à cette heure où la mort est proche. Il se revoyait face à Bernard, le maître d'armes, et sentait l'épée à sa main, trop lourde pour être soulevée, et les coups qu'il paraît avec peine, et la douleur qui engourdissait ses muscles. La déception dans les yeux de son père aussi. Octave était le cadet, il était prédisposé à une noble tâche, une vie de chevalier, mais la violence lui faisait horreur. On avait bien essayé de le faire manier un arc ou une arbalète, mais il n'était pas doué pour viser non plus. On s'était résigné alors, et le gamin rebelle avait pris une autre voie, un chemin plus facile, plus évident, dans lequel il avait du talent. Jamais, il n'aurait pensé regretter cela.
Les premières flèches sifflaient autour d'eux, dans les cris paniqués des serviteurs et les suppliques de leur seigneur. Deux gardes, fussent-ils fidèles, ne seraient jamais assez pour faire face à une bande de sauvages des montagnes, il le savait. Aussi absurde que cela puisse paraître, il se vouait donc à la frêle gamine, une simple gueuse errante, accompagnée, certes, d'un chien de combat fereldien. Serait-ce lui son espoir ? Sa survie dépendait-elle d'un chien ? Le jeune baron sauta derrière un rocher assez massif pour lui servir de bouclier quelques secondes, le temps de reprendre ses esprits. Trouver un plan. Il entendit les hurlements du chien, et la voix perçante de Deirdre, proposant une sorte de marché aux assaillants. Un duel, vraiment ? Comment pouvait elle seulement espérer faire le poids face à un de ces imposants guerriers. Puis, ces mots à ses oreilles. Elle savait qu'elle n'avait aucune chance, mais il pouvait gagner du temps. Dévaler la pente, rejoindre le premier village, trouver de l'aide. Et revenir plus tard, le poids d'une vie innocente dans le cœur. La mort d'une gamine dans l'âme. Un bien lourd sacrifice.
Le souffle court, les veines en feu, Octave savait qu'il n'y avait plus de choix possible. Il n'y avait qu'un seul choix valable, les autres n'étant que des ombres inacceptables auxquelles il ne pouvait se résoudre de s'abandonner. Il sortit donc du rocher, les mains tendues au dessus de sa tête comme s'il voulait les plonger dans les astres et se tirer peut-être vers un ailleurs plus lumineux, loin de la glace qui l'engourdissait et du feu qui le rongeait. « Woooh, vous n'allez quand même pas combattre une gamine, hein ? » Les silhouettes étaient proches à présent, il pouvait presque distinguer des visages. Du coin de l’œil, il nota l'absence totale de ses serviteurs ou même de ses gardes. Ils avaient tous fui. « Vous avez pas grand chose à gagner en nous tuant, hein ? Vous pouvez vous servir, et nous on va continuer notre chemin dans notre coin sans poser de problèmes. » Errol poussa un lourd grognement, comme s'il voulait contredire ses paroles en signifiant qu'il n'hésiterait pas à arracher le premier membre à s'approcher de lui ou de Deirdre. Par chance, pensa Octave, cette dernière n'avait pas grand chose qui puisse les intéresser. Il avait un carrosse lui, des vivres, des richesses.
Un homme s'approcha de lui, le pointant de sa lame, et le Baron ne put se résoudre à bouger, ou même esquisser le moindre son. Il se mettait à leur merci, délibérément, il lâchait prise. L'homme le fouilla, le délestant de sa bourse et de sa dague. Puis recula de quelques pas, pour faire signe à sa bande qu'ils pouvaient faire de même avec Deirdre et le carrosse. Les mains toujours en l'air, Octave sentit la silhouette de la féreldienne se crisper, la main sur son épée. Il comprit. « Deirdre, s'il vous plaît, soyez prudente... Je peux vous faire faire une épée quand nous serons sortis de là, en plus d'une cape, je le promets. Le sang n'est pas utile ici. »

Deirdre d'Autrerive
Guerrière errante
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Messages : 22
Mar 13 Nov - 17:23
Son coeur exalté aurait pu vivre cent siècles de morts et de tourments, cela lui importait peu. A vrai dire, il y avait une certaine joie de dessinée sur le visage de la jeune fille, quelque chose de sauvage et de puissant, un incendie qu'il lui était impossible de craindre. Sa poitrine se soulevait en de longues inspirations, à ses côtés, le poitrail puissant du chien faisait de même. La femme et l'animal connaissaient les règles des combats, les blessures, la survie et la mort, cela était clair, défini, et ni l'un ni l'autre n'en craignait quelque chose.
Aussi s'apprêtait-elle à manier l'épée, Deirdre, le coeur gonflé et des oiseaux de proie dans les veines. Parce que c'était ainsi que se battaient les chevaliers....
Elle n'avait pas peur, non elle n'avait pas peur....

Sauf qu'Octave s'avança, les bras levés. Il ne sauvait pas sa vie, il ne sauvait même pas sa cape. Il sauvait juste....rien du tout. Pour Deirdre, le geste était incompréhensible : trop jeune, trop furieuse, il y avait la soif de sang, il y avait l'envie de grandeur sauf que le noble balayait tout ça. Ne restait que le vide....
Elle voulu parler, l'homme la coupa avant et sa voix était de celles destinées à se faire obéir, alors Deirdre se tu.
Accepter de perdre pour rester en vie, une manoeuvre politique plus que militaire, quelque chose par trop éloigné de l'esprit de Deirdre. La jeune fille comprit alors qu'aucune lame, aucune flèche ne viendrait trouer sa peau à elle. Qu'elle pouvait mourir de beaucoup de choses mais qu'elle ne mourrait pas aujourd'hui. Est-ce que cela avait demandé du courage à Octave, de l'honneur? Le froid avait figé le temps, chacun de leur souffle formait un nuage glacé au sortir de leurs lèvres, pourtant ils ne bougeaient pas.
Ou plutôt si, ils bougeaient, eux tous, elle aussi, mais Deirdre devenait soudain comme incapable de le comprendre et de le ressentir.
La peur la frappa alors, bien que la jeune fille soit incapable de comprendre pourquoi. Elle perdait la logique des choses, comprenait peut-être que le monde n'en avait jamais eu. Et qu'est-ce que cela signifiait, hein? Sa respiration s'accéléra, un éclair de panique lui transperça les yeux.
Devant elle, les hommes commencèrent à fouiller Octave, lui prenant sa bourse. C'était pas juste, un vrai chevalier aurait empêché ça, l'homme se faisait voler et en plus, était obligé de lui sauver la vie à elle...
De nouveau, les mots s'étranglèrent dans sa gorge, de nouveau, la terreur fut comme les anneaux d'un serpent entouré à son corps défendant.
Ils se désintéressèrent d'Octave pour s'approcher de Deirdre. La jeune fille comprit alors qu'elle était sur le point de se faire arracher le coeur et l'âme, car il n'y avait qu'un seul endroit assez sûr où elle osait les cacher : son épée.
Ils voulaient son épée, son épée qui n'était même pas à elle mais il ne restait plus qu'elle pour la défendre et la brandir alors....
Alors quoi?
Un gémissement de bête sauvage lui déchira le corps, le début d'un chagrin trop grand dont elle ne saurait jamais se remettre alors même que le noble lui promettait une autre épée.

”C'est la sienne, murmura-t-elle. Monsieur s'ils me la prennent ce serait l'abandonner et le laisser mourir une seconde fois, mon maître....”
Elle n'avait même pas l'énergie pour crier et hurler, elle n'était qu'une petite fille, une petite fille ayant perdu son protecteur et son ami. Le froid gelait les larmes à ses joues, les hommes lui arrachèrent le fourreau des mains, la faisant vaciller, tomber au sol à genou.
Dans le froid et la neige, il sembla à Deirdre voir une silhouette sombre comme un fantôme. Cela n'était que le vent et son coeur à elle, qui battait pour la dernière fois à sa façon. Parce qu'aucun fantôme n'était là, qu'aucun fantôme ne venait la rassurer, la protéger. Lui dire que tout allait bien, que ce n'était pas de sa faute.

Ses rêves s'en allaient avec l'épée. Ils lui avaient permit de tenir jusqu'alors, de supporter le deuil et la porte, l'idée d'une mort prochaine aussi pour peu que cela soit en combattant. Parce que c'était là choses de chevalier, hors sans épée, Deirdre n'était plus rien.
Une paysanne, juste une paysanne. Une gueuse même pas assez bonne pour garder les vaches, et dont personne ne voulait. Elle n'était pas née une arme à la main, elle ne possédait aucune autre éducation que celle arrachée à un chevalier errant, n'avait de Destiné encore moins.
Des gens comme elle mouraient tous les jours, sans gloire, sans honneur, et on oublierait son nom puisque ce n'était rien d'autre qu'un nom du peuple.
Et soudain, il fut aisée de comprendre que Deirdre était jeune, bien plus jeune que ce que disaient sa conduite et ses mots. Derrière eux, sous les grognements d'Errol, les barbares terminaient de fouiller le carrosse à présent. Ils semblèrent hésiter à les tuer malgré tout, mais ils avaient les bras chargés d leur butin, préférant rentrer.
Dans la neige et la glace, ne resta qu'Octave, Deirdre et le chien.

”On fait des épées aux chevaliers, pas aux paysans, Messire. Je suis désolée pour vos biens....”

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Une sauvageonne, des sauvageons [PV Deirdre]
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