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[Flashback 9:40] Le fil d'Ariane [PV Varric et Fenris]

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Varric Tethras
Beau parleur
- Inquisition -
Messages : 214
Sam 16 Fév - 17:03
Une fois que le silence reprit son trône de fer sur les marches solitaires et que les poils cessèrent de se dresser sur chaque centimètre carré de sa peau, Varric sut qu'Anders avait repris le dessus. Expirant toute la nervosité qu'il avait retenue -davantage à cause de la possession que du combat- il ne put néanmoins s'empêcher de marmonner dans sa barbe, à l'écart des oreilles alliées.

« Les émotions ne rentrent pas en ligne de compte, mais oui... et mon cul sur la commode, aussi. »

Cette créature était l'incarnation de valeurs et émotions humaines confuses et abstraites, dont l'incessant effet de balancier poussait son hôte à des actes extrêmes. Fuyant son étrange interlocuteur du regard, le nain évitait de laisser le ressentiment qu'il vouait à 'Justice' trop apparent. Anders n'avait pas besoin de cela maintenant, d'autant qu'il était effectivement aussi épuisé que l'avait clamé son alter ego.

« C'est terminé, ça va aller. » Dit-il doucement, endossant le rôle de Grincheux vu que sa... timidité l'en empêchait.

Laissant Anders se remettre de ses émotions en s'ancrant à une réalité rousse et ronronnante, le conteur retint un léger sourire et commença les fouilles. Ce n'était que le début d'une nouvelle lutte permanente contre l'obstination tévintide, et sûrement de la surveillance à venir aussi, mais il était infiniment soulagé de l'avoir enfin retrouvé. Vidant les poches de leurs adversaires tout en gardant un œil sur les enfants, Varric ne débordait pas franchement de conviction. Même la coquette somme de pièces trouvée par hasard sur un des templiers ne parvint pas à réellement le détourner son attention.

Néanmoins l'échange de paroles auquel il assista fut beaucoup moins amer ou violent qu'il ne l'avait craint. Certes ce n'était pas encore digne d'un de ces romans dégoulinants d'amour, mais cela viendrait un jour... Peut-être, sur un malentendu. Quand ils auraient fini de se faire la gueule pour des broutilles insignifiantes telles que la vision du monde et les droits des minorités.
Une fois le phylactère brisé et la liberté du gamin assurée, Varric sentit un poids invisible quitter ses épaules. Ravalant l'inquiétude grandissante de voir Fenris briser l'ambiance des retrouvailles pour jouer les durs à cuire, il saisit la gourde d'eau attachée à sa ceinture et la tendit tour à tour à ses compagnons, le mage en premier.

Et puis vint finalement la question aussi prévisible que redoutée, parce que bien sûr il fallait qu'il soit responsable du sort d'Anders comme si ce dernier n'était pas capable de décider lui-même ce qui était le plus judicieux pour son propre bien. Oh, wait... En fait ouais, à choisir il valait sans doute mieux que la tâche lui revienne, à moins de vouloir voir d'autres institutions exploser dans de gros effets pyrotechniques. Mais avant... ils pouvaient pas simplement profiter du temps ensemble et parler du bon vieux temps autour d'une blonde féreldienne ?

« On peut pas en discuter autour d'un repas chaud et d'une bière ? Tout cet exercice m'a ouvert l'appétit. »

Il haussa nonchalamment les épaules. Regardant Fenris, il désigna l'équilibre précaire d'Anders du menton pendant que ce dernier avait le dos tourné, trop occupé à gagatiser sur son chat. Avec un peu de chance il comprendrait le message sans faire d'histoires.

« Contrairement à certains je rentabilise mon temps à davantage que broyer du noir. Alors entre l'écriture de deux projets et la lecture de lettres de mes fidèles lecteurs, j'ai commencé à me renseigner sur les possibles alternatives. Vous savez pour... exorciser les mauvaises habitudes de Blondie. » Son estomac fit sentir le poids de son argument par un grognement d'ours moribond, lui arrachant un rire mutin. « Allez faites pas cette tête d'enterrement, j'ai même trouvé de quoi nous payer la tournée ! »

Faisant tourner la bourse de feu sire templier entre ses doigts agiles, il la lança soudainement en direction de l'elfe.

« J'ai entendu dire que le rouge du coin est vraiment pas mal. Ce serait bien dommage de pas tester avant de repartir, non ? »



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Anders
Ennemi public n°1
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Messages : 472
Lun 18 Fév - 22:19

Le fil d'Ariane


J’étais sur le point de calmer mon hilarité lorsque la voix de Fenris, proche de moi, traite les templiers d’hypocrites. Mon fou rire repart de plus belle et quelques larmes me viennent aux yeux que j’essuie dans la fourrure de Ser Pounce. Le chat se laissait faire avec sa bonhomie habituelle. C’était un mystère pour moi la façon dont Pounce a se montrer toujours aussi disponible pour me soutenir moralement. Il n’avait jamais fait le moindre geste pour s’échapper lorsque j’avais besoin de le prendre dans mes bras pour reprendre pieds, il ronronnait en se laissant manipuler et même parfois frottait sa petite tête contre moi pour me témoigner son soutien. Justice avait finit par admettre que sa présence améliorait notre stabilité émotionnelle et depuis, il ne pestait plus après ma petite boule de poil.

- «  Ce n’est pas faute de vous l’avoir dit et répété ! » dis je faiblement.

Soudainement, une main griffée de métal me prit le bras et d’une force étonnante me souleva de terre sans ménagement. Ma tête tourna à cause du changement de position trop rapide mais je maintins Pounce contre ma poitrine malgré tout. Fenris s’adresse à Varric et lui demande ce qu’il faut faire de moi. Je réalise à nouveau que Fenris n’était pas là pour m’aider, ou en tout cas ce n’était pas son but premier. Je savais qu’il n’allait pas trahir le confiance de Varric comme cela mais soudainement, le sentiment de sécurité que j’avais ressenti à les avoir à nouveau près de moi s’évapora.

Je saisis machinalement la gourde que Varric me tendait et but une longue gorgée. Je réajustai mon chat dans mes bras puis versai quelques gouttes sur le nez de Pounce qui les lécha paresseusement avant d’éternuer. Je passai ensuite la gourde à Fenris et reposai mon félin à terre. La queue en l’air, dont le bout s’arrondit comme un point d’interrogation, Pounce s’en alla chasser un insecte dans les feuilles mortes qui couvraient le sol de la forêt.

J’avais à nouveau les idées à peu près claire mais je ne retirai pas mon bras de la poigne de Fenris pour autant, ce n’était pas plus mal qu’il m’aide à tenir debout pour le moment. Evidemment il fallait que Varric réussisse à dédramatiser la situation d’une seule phrase, il savait toujours comment faire ça. L’idée de manger quelque chose lui parut formidable, par contre, ce qui suivit l’inquiéta. Que voulait-il dire par « exorciser les mauvaises habitudes de Blondie » ?

- « Varric, je n’ai pas l’intention de faire exploser quoi que ce soit d’autre. Il n’y a rien à exorciser… »

Puis soudain une idée me vint… Il ne parlait tout de même pas d’exorciser Justice ? Si ? Je me dégageai de la main de Fenris et reculai d’un pas en fixant le nain, les sourcils froncés, l’expression fermé.

- « C’est pour ça que vous avez fait tout ce chemin ? Pour me séparer de Justice ? Vous aussi ? C’est très gentil à vous de prendre des décisions à ma place, mais je n’ai pas besoin de vous pour décider de ce que Justice et moi allons faire de notre vie. Je fais ce que je peux pour aider les mages libre et cela suffit ! Ce que nous avons fait était horrible mais ça a changé le destin de tous les mages de Thédas ! Bon retour à Kirkwall… ou peu importe d’où vous venez. »

Je me détournai d’eux pour me diriger vers la caverne. Je vis que la barrière était tombée et je soupirais lentement pour chasser ma frustration. La colère m’avait redonné de l’énergie et j’entrais dans la cavité rocheuse, parcourant son couloir pour retrouver Mat, sa mère et son frère. Je leurs adressai un sourire aussi rassurant qu’il m’était possible dans ma condition.

- « C’est terminé. Les templiers son mort, le phylactère est détruit, vous êtes libres. »

La femme se jeta presque dans mes bras en me remerciant. Elle me serra contre elle un instant et je la dissuadai de trouver un moyen de me remercier, je préférai nettement qu’elle et ses enfants se dépêchent de se réfugier à Redclifffe. Elle m’accompagna avec Mat et son cadet jusqu’à l’entrée de la grotte et je pris le petit mage dans les bras. Ils s’en allèrent tous les trois après avoir remercié mes deux compagnons.

Restait à gérer le cas de Varric et de Fenris s’ils songeaient à me trainer de force où que ce soit. Mais qu’on soit bien clair, je tomberai avant qu’ils puissent faire quoi que ce soit. Justice et moi n’étions qu’un, et cela resterait ainsi jusqu’à ce que nous mourrions, ou que je devienne une véritable abomination que que quelqu’un nous détruise.
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Fenris
Elfe en colère
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Mar 26 Fév - 21:51
Le fil d'Ariane


Le mage tenait véritablement par miracle se dit Fenris. Pour que celui-ci accepte que le guerrier le tienne sans délicatesse, c'est qu'il n'était vraiment pas dans une bonne forme. Même Varric l'avait rapidement compris. Pas qu'il écouterait le nain pour prendre soin du mage, mais disons que considérant qu'il sentait que bien peu de gras et de muscles sur les os du mage, il desserra sa poigne légèrement. Pas nécessaire non plus de lui casser un bras. En vérité, maintenant qu'il avait littéralement sous la main, il ne savait plus trop quoi en faire. Pendant tous ses mois, il avait été motivé par la seule idée de retrouver Anders et lui faire payer son crime. Mais maintenant qu'il l'avait retrouvé, c'était plus difficile  qu'il pensait de s'en débarrasser et le donner au templiers. La preuve, il venait d'en tuer un détachement sans remords pour protéger une famille, certes, mais aussi Anders. S'il l'avait aussi haït qu'au début de leur rencontre à Kirkwall, il n'aurait probablement pas hésiter, tant pis pour les beaux yeux de biches de Varric. Mais avec les années... Ce n'était plus vraiment cette émotion qui primait. En fait, Fenris était surtout en colère pour l'action qu'avait posé le mage. La cause, tout les compagnons de Hawke le savaient, ce n'était pas  véritablement Anders, mais l'esprit perverti qui partageait son corps.

Comme toujours, se fut le nain qui dédramatisa la situation entre les deux compères. Effectivement, de l'alcool et de la nourriture, il en avait bien besoin. Mais Varric avait aussi autre chose en tête, quelque chose qu'il annonçait autant à lui qu'à Anders en primeur. Quelques chose pour sortir Justice d'Anders ? Fenris n'avait jamais entendu quelque chose comme cela. Varric pouvait inventer bien des choses, mais de là à mentir sur une solution pareil, l'elfe ne croyait pas si manipulateur. Bien que cela ne réglait pas le problème de l'explosion de la chanterie et la guerre entre mages et templiers, cela pourrait au moins envoyer ailleurs l'esprit corrompu qui empoisonnait Anders de plus en plus. C'était probablement plus complexe que d'attendre que le mage devienne abomination et de le tuer, mais c'était déjà mieux. Parce que Fenris ne cherchait pas à tout prix à tuer Anders. Sinon, il y aurait des années qu'il aurait pu le faire. C'était surtout comme un parent embêtant qui reste toujours dans les parages avec ses discours extrémistes, mais qui fini quand même pas être... Attachant, d'une certaine façon. Et dont il fallait s'occuper. Il avait fait partie de sa famille dans un passée pas si lointain. Même avec tous ses défauts.

Anders, par contre, n'était pas du tout d'accord. Fenris ne comprenant pas. Il était attaché à ce point à ce démon ? Il croyait vraiment qu'il avait réussi quelque chose de bien avec l'explosion de la Chantrie ? Il voulu répondre, serrant les points de colère, mais le mage s'était déjà aventuré dans la grotte pour en ressortir avec la famille saine et sauve. C'était au moins ça de gagné. Fenris réfréna donc sa colère le temps des remerciements - heureusement, cette fois-ci, personne ne le toucha - Mais lorsqu'ils se retrouvèrent de nouveau seul, Fenris explosa. Varric ne serait pas surpris. Il était bien rare que l'elfe n'est rien à répondre à ce sujet au mage.

- Parce que tu crois que tu as réussi avec l'explosion de la Chantrie ? C'est ça que tu voulais ? Les mages et les templiers s'entretuent et font le plus de victimes collatérales possibles en chemin. Encore plus de mages qui utilisent de la magie du sang. Et encore plus de mages qui fuit. Bravo, vraiment, tu as merveilleusement réussi ton coup.


Fenris marmonna quelque chose en Tévène que seul lui compris véritablement. Anders devait s'être voilé la face pendant des mois pour ne pas voir ce que son geste politique avait déclenché. Fenris se tourna vers le nain, puis vers Anders à nouveau.

- Tu ne peux pas me contredire Varric. Tu as vu aussi bien que moi de quoi ressemblait Kirkwall après l'explosion et comment, tout le long de notre parcours, nous avons vu ce qu'à fait cette rébellion de mages ''libres'' ont réussi à faire. Ton démon te voile la face, mage, ou tu es trop occupé à fuir.


Du point de vue de Fenris, Anders avait raté son coup et avait surtout mis Ferelden en déroute.


 

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Varric Tethras
Beau parleur
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Mer 13 Mar - 13:43
Dédidément entre les retrouvailles et le brusque passage entre le fou rire et la colère, Anders leur faisait un magnifique arc-en-ciel émotionnel, la palette complète de toutes les nuances comprises. Et bien sûr il fallait aussi qu'il s'attarde sur les teintes les plus criardes et agressives, parce que ce ne serait pas drôle autrement. Retenant son septième soupir d'exaspération devant le discours outré et les malentendus qui ne tarderaient pas à découler des habituelles conclusions précipitées, Varric observa la scène, les mains sur les hanches.

Parce que bien sûr la mention de ses recherches avait fait sauter le mage au plafond avant de lui laisser l'occasion d'expliquer quoi que ce soit. Anders lui faisait l'impression d'un chat depuis trop longtemps laissé à ses errances, assez pour confondre une main tendue et un poing serré. C'était aussi prévisible que triste, et l'ombre dans son regard lui fit mal au cœur.
Le nain détourna les yeux un instant pour se donner le courage, s'interrogeant sur la meilleure façon de naviguer en ces eaux troubles sans que Fenris se prenne pour caprice de tout foutre en l'air. Comme si faire entendre raison à Blondie n'était pas suffisamment difficile en l'état...

« Tu vas vraiment me comparer à un de ces tortionnaires,... Comme ça, sans vergogne, sans remords ? Je pensais que tu me connaissais mieux que ça. De plus si je te voulais du mal, cela fait longtemps que tu serais au courant. Alors plutôt que de t'emporter sans même écouter ma proposition, il mit une certaine emphase sur le dernier mot, haussant un sourcil d'un air anormalement sérieux. Il y avait des choses dont il ne souhaitait pas discuter devant Grincheux, pour des raisons on ne peut plus évidentes. Ce qui est fait est fait et on ne peut pas revenir en arrière, là n'est pas la question. »

Les laissant boire à leur soif, le conteur suivit les pas du chat pour repasser auprès des cadavres et récupérer des carreaux intacts. Satisfaisant ainsi le besoin de s'occuper les mains, il sentait venir le fatidique et inévitable moment où il serait pris entre deux feux alliés : entre la solitude imposée de l'un et l'acharnement éthique de l'autre. Et tout compte fait... ces deux traits s'appliquaient autant à l'un qu'à l'autre.

« Stop. » Dit-il finalement pour endiguer le débat stérile dans lequel ils allaient se lancer tous les deux, dans une des rares habitudes du bon vieux temps desquelles il se serait volontiers passé.

Hélas l'épuisement moral et physique d'Anders le rendait pour l'heure imperméable à la logique et l'objectivité. Ainsi lorsque ce dernier s'écarta vers la grotte, Varric se contenta de le laisser faire sans mot dire, lui laissant l'espace dont il semblait avoir besoin. Ser Greffier était dehors, alors il n'irait pas bien loin de toute façon.
La journée allait être terriblement longue, et le combat ne faisait que commencer. Maintenant c'est l'elfe qui allait lui exploser à la figure comme une mauvaise grenade maison. Et merde. Laissant le mage se soustraire à son regard, le nain soupira de frustration. Et de huit.

Néanmoins dans le fiel qu'il avait craché comme s'il l'avait contenu depuis des années, il fallait admettre que Fenris avait pointé un fait sensé. Anders fuyait, encore et toujours. Non pas la responsabilité de ses actes passés car il ne faisait pas de doute dans son esprit que cela le rongeait plus que quiconque. Par ailleurs la fuite était son mode de survie depuis qu'il avait quitté Kirkwall, et ce serait très difficile de manœuvrer autour des hautes barrières derrière lesquelles il se cachait pour se protéger.
Son humeur semblait compromise de minute en minute, et son instinct lui criait que ce n'était que le début de l'épreuve de sa patience. À croire que lui aussi avait perdu son endurance et la capacité de gérer ce genre de constants incidents diplomatiques. Par le Créateur, que c'était épuisant !

« Je suis bien renseigné sur ce qui s'est passé et ce qui en a découlé, nul besoin de rappel. » Murmura-t-il un peu sèchement à l'encontre de son protégé, s'épongeant le front après avoir récupéré un carreau singulièrement difficile à déloger d'une cage thoracique. « Mais on n'est pas là pour ça. J'ai mené des recherches sur les possessions et appris qu'il y aurait un moyen de séparer Blondie de son envahissant colocataire. Alors si tu permets, pour une fois j'aimerais qu'on fasse preuve de bon sens avant que tu ne dégaines ton couteau de cuisine... »

Trottinant vers l'elfe, Varric se rapprocha pour discuter sans être entendu, et surtout pour lui faire comprendre à quel point tout ceci lui tenait à cœur. S'il y avait ne fusse qu'une seule chance que cela fonctionne et fasse tomber les chaînes que s'imposait Anders, il fallait essayer. L'opportunité risquait de ne pas se présenter à nouveau, surtout au rythme où l'intéressé attirait l'attention des templiers.

« C'est important. Je comprends que tu lui en veuilles et je ne peux pas dire que j'ai oublié non plus, mais personne ne mérite ça. »

'Ça'. Une bien étrange façon de résumer la complexité des faits en un seul mot. Le poids de l'euphémisme le fit grimacer, d'autant que pour un écrivain sa légendaire oraison venait d'en prendre un coup. À croire que ce bourbier faisait perdre son latin même aux plus grands...
Haussant les épaules d'une mine faussement nonchalante, Varric s'appuya contre un arbre non loin de l'entrée de la grotte, attendant sagement que commence le round deux. Fenris partirait peut-être une fois qu'il comprendrait ses desseins, mais lui ne comptait pas bouger d'un pouce. Il n'avait pas remué ciel et terre à travers Thedas pour échouer maintenant qu'il avait enfin retrouvé son ami.

« Et sinon tu veux manger quoi ? Je suis bien tenté par un ragoût aux châtaignes... Tu verras la cuisine Féreldienne est à tomber. Un peu lourde peut-être... mais avec le froid il faut bien que ça tienne au corps. »

Les bras croisés contre son torse, il attendait, un faux sourire perché aux lèvres.



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Anders
Ennemi public n°1
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Ven 15 Mar - 17:44

Le fil d'Ariane


À peine la famille partie, Fenris me sautait à la gorge, du moins verbalement. Une bouffée de colère me monta, me redonnant l’énergie qui me manquait quelques instants plus tôt, pas assez pour combattre, mais suffisamment pour arrêter de chanceler. Je me tenais à nouveau debout, solidement sur les jambes, et ma voix n’avait plus la faiblesse qu’elle avait pu refléter précédemment.

- « L’explosion de la Chantrie était un acte violent et regrettable mais nécessaire, oui cela a démarré une guerre civile, mais si les templiers ne nous chassaient pas comme des animaux nous n’en serions pas là. Les mages ont voté la dissolution des Cercles, les Templiers auraient pu respecter cela mais non, ils n’ont pas voulu perdre leur petit pouvoir sur la vie d’autrui alors ils nous poursuivent. Enfants, hommes, femmes, enfants ! Ils ne font aucune différence ! C’est une période troublée mais au moins l’enchaînement des mages est terminé ! Nous avons enfin l’occasion de forger notre propre futur, car nous en avons un ! Et c’est toi qui te voile la face, Fenris si tu continue à penser que les mages ont tous les tords dans cette histoire. »

La reflexion de Varric m’arrêta un instant… Le comparer à mes tortionnaires ? Mais de quoi parlait-il ? Quand l’avais-je…. Je repassai notre conversation dans ma tête.

- « Varric, je ne t’ai jamais comparé aux templiers, tu sais bien que je ne…. Oh… Tu n’es pas au courant ? Il ne t’a rien dit ! » Je soupirai de frustration. « Je ne sais pas pourquoi je suis étonné, en même temps…. Il est parti à l’aventure sans prévenir personne… Typique ! » Je secouai la tête. « Je parlais de Hawke, Varric. Hawke m’a retrouvé il y a presque trois mois de cela, un peu par hasard apparemment, il a vu un poster de moi en ville qui offrait une récompense pour ma capture et il m’a retrouvé. Il a lui aussi en tête de trouver un moyen de me ‘’libérer’’ de Justice…. Je pensais que peut-être il vous avait envoyé me chercher... »

Le conteur mit fin à notre dispute d’un seul mot. Je me tus un instant, le temps d’écouter ce qu’il avait à dire… Mais la situation était finalement bien celle que j’avais comprise. D’abord Hawke, maintenant Varric… Ils avaient tous décidé de ce qui était bon pour moi et apparemment il fallait me séparer de Justice. Peu importait ce que je voulais apparemment, peu importait que je ne veuille pas de cette séparation, qu’elle me terrifie, qu’elle cause la mort du seul être qui avait été à mes côtés à chaque seconde de ces neuf années de vie. Peu importait que je puisse moi aussi ne pas survivre à la séparation. La décision était visiblement prise pour nous. Justice, au fond de moi, grondait lui aussi de mécontentement, notre colère commune résonnant dans ma tête avec trop de force pour être naturelle.

- « Blondie est là, et son envahissant colocataire aussi, et il me semble qu’ils ont leur mot à dire dans cette histoire. Vous arrivez ici, vous avez visiblement déjà pris la décision pour moi, et je devrais faire quoi ? Vous suivre sans discuter parce qu’une fois dépossédé je vais me rendre compte que c’était pour le mieux ? »

Je regardai Varric s’appuyer contre un arbre et insister pour qu’on aille se nourrir…. À dire vrai je n’allais pas tenir très longtemps si je ne me dépêchai pas de manger quelque chose et de trouver un endroit pour dormir. Justice se rebella contre cette idée mais je le renvoyai fermement dans le fond de mon esprit. Nous allions finir par mourir de faim et de fatigue à ce rythme, plus il prenait le contrôle de mon corps et plus nous nous rapprochions de l’abomination qu’on nous accusait d’être. Il fallait que je reprenne des forces. Alors je relevai le visage vers Varric et je lui dis dans un soupir que je voulais amusé mais qui sonnait surtout épuisé.

- « Tu te rends bien compte que je suis Fereldien, la cuisine d’ici je la connais… Mais oui … un ragoût de n’importe quoi ne serait pas de refus… Par contre ce n’est pas une bonne idée d’aller au village qui se trouve au nord, il y a pas mal de templiers. Il y a un hameau plus au sud d’ici qui abrite des mages en fuite…. On y sera plus en sécurité. »

Je fis signe à Varric de le suivre, si Fenris n’était pas content il n’avait qu’à aller au nord, pour ce que ça pouvait me faire. Le petit village d’à peine quelques douzaines d’habitant était mené par un maire dont la fille était mage et qui avait convaincu son père de laisser ceux qui cherchaient refuge loger dans la grange. Il y avait un genre de taverne presque improvisé, les places n’étaient pas nombreuses, mais la cuisinière était généreuse et sa cuisine réchauffait l’âme. C’était toujours ça de pris.

Nous marchâmes une vingtaine de minutes, si on me parla, Je ne répondis pas. Je n’avais ni l’énergie de se disputer avec Fenris ni de marchander avec Varric. Je les guidai jusqu’au village, puis jusque dans la taverne… Et là je m’installai à une table dans le fond de la pièce. Il me sembla alors miraculeux d’avoir tenu debout. Mes jambes tremblaient sous la table et la chaleur de la pièce me fit me rendre compte à quel point j’avais froid.

- « Je sais que tu penses bien faire Varric, mais je ne veux pas être séparé de Justice... » soufflai-je à l’intention du nain…
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Fenris
Elfe en colère
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Mer 10 Avr - 2:30
Le fil d'Ariane


L'elfe grogna alors qu'Anders lui répondait. Encore une de ses tirades sur les mages libres et leur libération. Les oreilles de Fenris frissonnèrent légèrement alors qu'il écoutait plus ou moins le discourt de l'apostat. Il ne parlait pas à la première personne, mais bien à la deuxième. Anders ne voulait pas se séparer de Justice parce que Justice n'était plus vraiment un être singulier. Il était de plus en plus une seule et même personne. Bientôt une abomination. Bien sûr que le guerrier était habitué à entendre le mage réciter ses ferventes défenses sur les siens et ce n'était pas la première fois qu'il remarquait la façon de parler d'Anders. Dans les derniers jours avant l'explosion de la Chantrie, il avait remarquer la même chose lorsque les deux compagnons de Hawke parlaient de la libération des mages. C'était probablement pire maintenant. Les discours d'Anders sur les mages ne mettait plus en colère l'elfe comme autrefois. Anders avait réussi, mais Fenris ne ressentait que de la lassitude face à ce qu'il se passait. Tous les compagnons d'Anders devaient se dire la même chose à différent degré. Anders n'était pas seulement le doux et gentil guérisseur. Il était l'abomination aussi. Même Fenris s'était laissé berné. La preuve : Anders était toujours vivant.

Probablement que Varric n'avait pas fait de cas de la façon de parler d'Anders, puisqu'il était en train de ramasser ses carreaux sans trop s'occuper de ses deux compagnons. Il avait l'habitude, Fenris le savait bien. Le nain semblait avoir moins de patience sur leur engueulades de retrouvailles puisqu'il s'interposa rapidement entre l'elfe et l'humain. Fenris soupira, s'éloignant de l'abomination pour nettoyer son épée à proximité du nain. Anders était particulièrement énervé de penser une seule seconde se séparer de Justice, ou plutôt de Vengeance. Fenris avait de la difficulté à comprendre pourquoi. Il n'avait plus besoin de l'aide du démon, il avait réussi à mettre en place la liberté des mages comme il le voulait - avec des résultats pas vraiment concluants de l'avis de l'elfe. S'il y avait bien une chance qu'il ne devienne pas une abomination - esprit ou démon, c'est ce que allait arriver dans un futur pas si lointain - il devrait le saisir. Fenris ne fut pas véritablement surpris que Hawke est aussi trouvé le mage. Ils étaient partis chacun de leur côté quelques mois plus tôt, après avoir réussi à gérer hécatombe de Kirkwall. Le barbu manquait un peu à l'elfe, il fallait le dire. Il était même un peu jaloux que Anders ait eu la chance de le revoir. Il avait donc eu la même idée que Varric... Probablement que l'un des deux s'étaient dit qu'il ne ferait qu'une pierre deux coups en se séparant pour trouver le mage, et en même temps, gérer la colère de Fenris. Le principal intéressé soupira. Il aurait du le savoir qu'il ne pourrait probablement pas mettre son plan à exécution. Autant ce qu'Anders avait fait était difficilement pardonnable, autant Varric et Hawke ne pouvait se résoudre à voir leur ami mage mourir.

Fenris était pris entre deux feux. Entre s'occuper de Anders lui-même et se mettre à dos les seuls personnes qui pensaient pouvoir considérer comme ses amis, ou bien suivre leur idée, il n'avait pas trop le choix. Est-ce que Fenris souhaitait réellement la mort d'Anders maintenant qu'il y avait une autre solution. Fenris soupira. Il ne le savait pas vraiment. Déjà, Varric semblait essayer de calmer le jeu et d'amadouer le mage. Il avait toujours réussi à les rallier à son opinion par des moyens détournés, comme présentement. L'elfe n'était pas sans vouloir une coupe de vin pour méditer sur le fait qu'il s'était fait avoir par le nain. De toute façon, l'idée de se retrouver seul lui était inconfortable. La solitude était peut-être une vieille amie qui l'avait suivie depuis plusieurs années, mais la retrouver n'était pas quelque chose qu'il recherchait. La présence de personnes autour de lui, que se soit pour discuter ou se hurler dessus était quelque chose qu'il n'était pas encore prêt à se défaire. Il souleva donc sa lourde épée à deux mains sans difficulté et la remis, maintenant propre, dans son dos pour suivre le nain et l'humain vers le sud.

La taverne clairement improvisé n'était pas si mal. Mieux que l'auberge du Pendu en fait. Cette auberge à Kirkwall était un vrai trou. Et pourtant, le nombre de nuit qu'ils avaient passés là, tel le repère de la bande qu'elle était devenu... Ici, les gens se retournèrent à leur passage. Les regards inquiets s'adoucissait lorsqu'ils reconnaissait Anders. Ce n'était probablement pas la première fois qu'il trouvait refuge ici. Une fois assis sur une chaise devant une table, l'elfe jeta un coup d'oeil circulaire autour de lui. Personne prêt à les attaquer, mais les marques de Fenris ne cessaient de vibrer faiblement. Il y avait plusieurs mages autour de lui. Cela était assez pour mettre Fenris sur ses gardes.

Se retourna vers la conversation entre l'elfe et le nain. Tant qu'il n'aurait pas une bouteille de vin devant lui, impossible de ne pas faire de commentaires au mage.

- Entre devenir une abomination et se faire tuer et se débarrasser de ton démon, le choix est plutôt simple, mage. Considérant que j'étais venu te proposer la seule que tu avais avant que Hawke et Varric ne te trouvent, tu as quand même une chance unique.

Fenris n'aurait pas tué Anders de sang froid comme il l'aurait probablement fait plusieurs années avant. Mais pour l'elfe, la mort qu'il aurait pu lui offrir aurait probablement été la plus rapide.



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Varric Tethras
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Messages : 214
Mar 16 Avr - 19:58
Impossible de dire ce qui était le plus frustrant entre ce débat houleux reproduit pour la millième fois, ou l'impression de s'être fait coiffer au poteau, après avoir été emprisonné puis avoir passé des mois à faire des recherches régulières. Les lèvres de Varric se pincèrent en une grimace agacée, sachant que ce manque de communication trouvait probablement sa cause dans un événement complètement aléatoire et idiot. Une rumeur de chasse au dragon au Névarra, ou bien l'annonce d'un banquet à volonté composé de sandwichs et de fromage féreldien ? Allez savoir, avec Hawke on n'était jamais sûrs de rien.

« Et cette petite enflure ne m'a rien dit... »

En tout cas la séance de chaleureuses et émouvantes retrouvailles se tarit enfin, peut-être parce que les deux concernés avaient perçu son inhabituel changement d'humeur. Loué soit le Créateur, il n'était plus certain de savoir comment gérer leurs chamailleries constantes après tout ce temps.
Sans un mot il prit ses affaires et échangea un regard avec Fenris, comme pour l'encourager à venir plutôt que de râler. Le chemin jusqu'au village se fit au même rythme d'antan, pointillé de quelques blagues et autres anecdotes, parce que franchement le silence pesant qui régnait entre ses deux compagnons le rendait physiquement aussi indisposé qu'une femme enceinte.

« C'est pour cette raison que les découvertes gastronomiques et autres sugestions de tourisme sont plutôt adressées à Grincheux. 'Serait temps qu'il mette un peu de chair sur ces os. Chaque fois que je lui mets une tape dans le dos j'ai peur de lui casser quelque chose. Pff. Vous faites vraiment la paire tu m'diras. »

Suivant le mouvement sans faire de chichis, le surfacien entra à la suite d'Anders dans la taverne improvisée, et se permit même de saluer les tenanciers comme s'il les connaissait depuis toujours. Pourtant les nains, ils ne devaient pas en voir tous les jours dans ce recoin de campagne profonde et reculée...
En tout cas il ne tarda pas à papoter joyeusement avec l'homme moustachu au comptoir, puis à lui glisser quelques pièces en avance afin de régler leur repas ainsi qu'une première tournée de consommations. Comme au bon vieux temps, une pacificatrice bouteille de rouge pour l'elfe, une bonne blonde pour lui... et un thé pour le grand-père gâteux qui ne savait pas s'amuser. Revenant avec les deux premières boissons dans les mains, il prit place à côté de ce dernier et lui murmura avec naturel, épiant Fenris en face de lui.

« Ton thé est en route. »

Combien de minutes -ou plutôt de secondes- tiendraient-ils tous les deux sans reprendre les hostilités mises en pause pendant le temps de séparation ? Varric soupira. C'était presque aussi dégoulinant d'affection que s'ils s'étaient mis à se rouler une galoche en se penchant sur la table. Prenant une longue gorgée de sa bière pour se donner du courage, il roula des yeux lorsque les piques reprirent de plus belle, de la façon la plus prévisible qui soit. Qu'Andrasté lui donne la patience... parce que si elle lui donnait la force, il les assommerait tous les deux pour les faire taire.

« Tu te punis bien assez au quotidien, pas besoin de l'assumer comme un fardeau et un rappel constant des erreurs passées. » Varric le regarda en coin d'entre les mèches blondes qui s'étaient échappées de sa queue de cheval. Il y avait beaucoup de choses qu'il brûlait de lui dire, mais la présence de Fenris à leurs côtés rendait toute discussion on ne peut plus délicate à naviguer. Le regard qu'il adressa à ce dernier visait d'ailleurs à lui intimer de se contrôler, et clarifier ses réelles intentions au passage. « Ceci dit je suis venu pour te proposer des nouvelles options, t'ouvrir des portes dont tu ignores l'existence. Pas pour les enfoncer à coup de pied et t'y balancer comme un sac à patate. »

Remarque cette idée n'était pas totalement exclue à terme, s'il continuait de jouer les enfants entêtés,... Après tout le mage n'était pas le seul à nourrir d'intenses regrets pendant tout ce temps. Varric aussi s'était interrogé jour et nuit depuis l'explosion de la Chantrie, se demandant si les choses auraient pu être différentes s'il avait réussi à le raisonner à temps, ou bien simplement l'empêcher de commettre l'irréparable. Déglutissant avec peine, il percha néanmoins un typique sourire sur ses lèvres.



Dialogue en #336633

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Anders
Ennemi public n°1
- Mages Libertaires -
Messages : 472
Jeu 18 Avr - 23:47

Le fil d'Ariane


Tandis que Varric allait commander au tenancier, je me retrouvai seul avec Fenris qui évidemment ne pouvait pas s’empêcher d’ouvrir sa grand bouche pour dire des âneries… Une chance unique ? Et mon cul sur la commode ? Que savait-il de la chance que j’avais ou non ?

- « Ah non, tu oublies l’option Garde des ombres, je peux aussi devenir une engeance avant de devenir une abomination, ça dépend de quel fléau me tue le plus vite. » crachai-je presque, avec l’énergie qui me restait. « Et si tu crois que j’ai besoin de toi pour m’offrir quoi que ce soit tu te mets le doigt dans l’œil. Tu viens ici en grand seigneur m’offrir une fin que tu juges digne ou juste, je ne sais pas et je m’en fous…. Va te faire foutre Fenris. »

Varric revint et je prévoyais de me murer dans le silence lorsqu’il apporta les boissons et m’indiqua que mon thé était en route… quelque chose en moi se détendit légèrement, je hochai la tête et le remerciai. Malgré les années, Varric n’avait rien oublié de mes habitudes. La familiarité de la situation me réchauffa mieux que le feu qui ronflait dans la cheminée non loin.

Plus disposé à écouter Varric que je ne l’étais à écouter quelque réponse dont me gratifiait probablement Fenris – ce n’était probablement pas bien difficile, je n’étais jamais disposé à écouter Fenris – je tournai la tête vers le nain avec attention… Me punir moi même hein ? Il y avait durement de ça. Bien que Justice ressente les choses différemment et assourdisse mes propres sentiments, je savais que la culpabilité était là. Elle ne me rendait pas fou, mais elle me rongeait petit à petit, diminuant mon appétit, étirant mes insomnies.

Pounce grimpa sur mes genoux et la jeune femme qui aidait le tenancier apporta mon thé avec un verre de lait. Je pris le verre et le mit sous le nez du chat qui lapa joyeusement son contenu. Je tirai alors une chaise vide pour poser le verre dessus et laisser Pounce se débrouiller tout seul avec son diner pendant que je prenais la tasse chaude entre mes doigts avec gratitude.

- « Je comprends que tu essaies de m’aider Varric, mais crois moi, ce n’est pas que nous séparer, Justice et moi, soit impossible… c’est simplement que nous ne souhaitons pas le faire. Hawke m’a retrouvé il y a plusieurs semaines maintenant et c’est moi qui lui ai parlé du rituel de dépossession des Alvars. Il s’est mis en tête de les convaincre de m’aider, malgré que je lui répète que je n’irai pas là bas…. »

Le patron arriva avec des assiettes pleines d’une nourriture fade mais chaude et nourrissante. Un ragoût à … peu importait à quoi en fait, il ne se souvenait même plus de quand datait son dernier vrai repas. Et de toute façon la cuisine Fereldienne avait cet étrange pouvoir de tout réduire à une bouillie sans saveur alors…

- « Varric… Je ne peux pas vivre sans Justice… Je ne peux pas vivre seul… » Je jetai un coup d’oeil à Fenris puis décidait que je me fichais que l’elfe soit là. « Je t’ai déjà raconté ce qui s’est passé après ma sixième évasion, l’année à l’isolement, dans un cachot noir, dénué de magie avec comme seule compagnie mes hallucinations et l’esprit d’espoir qui me prête ses pouvoir de guérison… Depuis que j’ai fusionné avec Justice, je ne suis plus jamais seul… et tu n’imagines pas l’importance que ça a … tous les jours… De savoir que quoi qu’il arrive, que je suis au fond d’une grotte, perdu au milieu d’une foret, encerclé par les templiers… De savoir que plus jamais on ne parviendra à m’isoler comme ils l’ont fait à Kinloch…. »

Je passai une main sur mon visage et je me rendis compte que des larmes avaient roulé sur mes joues sans que je les sente me venir aux yeux.

- « Je me fous de devenir une abomination, je me fous d’être tué par des templiers un jour ou l’autre, merde je me fous même de devenir une engeance et d’aller crever dans les tréfonds…. Je veux simplement ne plus jamais être seul… »

je posai ma cuillère sur la table, ma main étant trop instable pour la tenir pour le moment. Mes yeux étaient restés rivés sur la table tout le long de ma tirade. L’avoir dit à Hawke n’avait pas rendu la chose moins douloureuse la seconde fois et je savais que cela n’allait pas arrêter le projet de mes compagnons… Mais je voulais que cela soit clair, ce n’était pas le pouvoir de Justice qui me faisait m’accrocher à lui, ce n’était pas la magie, la culpabilité ou même l’amitié qui me liait à lui… c’était la peur. La peur viscérale de retourner là bas… même un instant, même dans ma tête…. Je refusais qu’on m’enlève le droit de vivre hors de cet enfer qu’était la solitude.

[Flashback 9:40] Le fil d'Ariane [PV Varric et Fenris] - Page 3 Latest?cb=20150523145513


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Justice s'exprime en #ccffff
Vengeance s'exprime en #9999ff

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Fenris
Elfe en colère
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Messages : 48
Mar 23 Avr - 1:25
Le fil d'Ariane


Varric était parti que quelques minutes, une ou deux, tout au plus. Et pourtant, l'elfe et l'humain en venaient déjà aux insultes. Mais contrairement à leur habitude, Anders n'essaya même pas de gagner l'échange... Et Fenris décida de ne pas pousser plus loin ses commentaires. Le mage était complètement épuisé et puis, le nain revenait déjà avec les boissons. Fenris décida de s'y concentrer plutôt que de coincer l'abomination davantage. L'explosion de la chanterie semblait tellement loin maintenant que l'elfe y pensait. Avant l'incident, le guerrier avait réussi à construire une certaine relation avec Anders. Bon, pas des plus cordiales, mais ils s'insultaient et débataient de leur éternel débat des templiers et de la liberté des mages en sachant que si l'un des deux avaient besoin d'être soigner ou protéger quelques jours plus tard, chacun aurait assez de respect pour le faire. Maintenant... Entre la colère qu'il portait depuis des années envers Anders pour avoir causé beaucoup de morts, mais surtout pas seulement des mages convertis à la magie du sang et des templiers corrompus, et ce qu'ils avaient vécu durant toutes ses années... Le mage n'était peut-être pas d'accord avec ce qu'il lui proposait, mais il ne réalisait pas que Fenris n'était pas le plus extrémiste de ses anciens compagnons lorsqu'il fallait parler de son avenir. C'était étonnant, considérant à quel point Fenris avait détesté le mage durant les premières années à Kirkwall. Mais Anders l'avait aidé à plusieurs reprises, alors qu'il aurait été bien dans son droit de ne pas le faire. Il avait appris à connaître le mage mieux que certains des autres compagnons de Hawke. Bien que certaines décisions du mage restait un mystère pour l'elfe, il en comprenait bien certaines, c'était reconnu dans ce qu'avait vécu Anders. Ce dernier pouvait bien dire qu'il ne lui donnait pas beaucoup d'options alléchantes, mais pour Fenris, c'était une forme de respect de lui proposer une mort rapide comparativement à tout se que les autres pouvait lui faire subir.

Fenris soupira, tournant son attention vers la bouteille de vin devant lui. Une coupe lui avait aussi été servi. Il s'en servi une coupe tout en essayant d'ignorer la conversation entre le nain et l'humain. Alors que Varric essayait de faire comprendre à Anders qu'il devait arrêter de s'auto-flageller tout le temps, il pris une gorgée du vin rouge. Il grimaça sur le goût fortement amer. Ce n'était pas de la qualité des vin de la cave de Danarius dont il avait eu si longtemps l'habitude, mais c'était mieux que rien. Après deux ou trois coupes, de toute façon, le vin coutait toujours la même chose.

Fenris s'était promis de ne plus rien dire à Anders puisqu'il serait probablement le moins bien placé pour lui faire entendre raison. Autant que Varric lui fasse miroiter l'idée de se débarrasser de Justice plutôt que continuer à nier que ce dernier le tuait à petit feu. Mais lorsque Anders s'énerva, parlant de la peur d'être seul après son année d'isolement dans la tour des mages, Fenris leva la tête de sa coupe de vin et fut plus attentif. Fenris avait bien vu ce que l'absence de Justice et un endroit sombre pouvait faire au mage. Il ne pouvait dire que le mage mentait. Cette expédition qui avait mal tourné dans les montagnes de Kirkwall il y avait presque cinq ans lui avait montré tout ce que l'isolement pouvait faire à un homme, mais surtout, à quel point Anders avait été un esprit fort pour ne pas complètement devenir fou et le rester. Même les magisters les plus cruels, Danarius compris, ne laissait pas plus d'une semaine leur esclaves les plus récalcitrants en isolement, de peur de les voir perdre toute valeur. Alors un an... Fenris n'était jamais rester plus de quelques jours. Il ne pouvait pas vraiment comprendre, mais il connaissait assez la solitude pour en avoir un léger aperçu.

Par contre, Fenris ne comprenait pas pourquoi Anders avait si peur d'être seul. De toutes les années où ils avaient été compagnons, Anders ne l'avait jamais été. S'il n'était pas avec eux sur la route, il avait été entouré des gens de Darktown ou bien même de ses assistants. Il était plutôt de bonne compagnie - de l'avis de tous le monde sauf de l'elfe, on s'entend - et on voulait toujours être avec lui dans les discussions. Même après son départ, il trouvait encore un moyen de s'entourer de gens. Comme cette famille ou bien, les gens de cette auberge improvisée. Si Anders avait pris quelques minutes pour y penser, il aurait bien vu qu'il n'avait jamais été seul, mais toujours entouré.

- Tu n'as jamais été seul depuis, mage. Si ce n'était pas nos compagnons, c'est maintenant tout ceux qui ont se sont soulevés. Pourquoi craindre quelque chose qui ne t'arrivera plus ?






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Varric Tethras
Beau parleur
- Inquisition -
Messages : 214
Mar 30 Avr - 14:46
À peine s'était-il rassis qu'il comprit que les deux mômes avaient encore profité de son absence pour échanger une autre paire d'absurdités et autres insultes. Preuve en était la moue boudeuse de Fenris et l'expression encore plus renfrognée d'Anders, qui semblait émotionnellement à bout de forces. L'annonce du thé sembla un peu adoucir son humeur, mais malgré tout le nain ne se faisait pas d'illusions. Plus que jamais il marchait sur des œufs, et le moindre faux pas risquait de compromettre toute tentative de lui faire écouter ce qu'il avait à dire.

Bien des répliques lui vinrent à l'esprit, en une ribambelle de dialogues possibles dans divers de ses romans. Néanmoins la réalité était souvent plus simple et moins intriquée que le fil des intrigues qu'il mêlait et démêlait à sa guise. Ici il s'agissait de vraies personnes et de vrais sentiments, et leur fragilité éphémère était plus déroutante que tout ce qu'il pourrait jamais écrire. Aucun discours ne lui semblait approprié, les mots sonnaient creux et manichéens peu importe l'approche. Varric soupira de lassitude.
Forcer Blondie à faire quelque chose contre sa volonté n'était pas du tout un plan enchanteur, mais d'un autre côté comment pouvait-il le pousser à se projeter vers autre chose que la compagnie permanente de cette malédiction ? Car si jadis il avait été prêt à accepter Justice comme une partie de lui, aujourd'hui il savait que cette entité souillée par le voyage dans le monde Matériel était prête à effacer son hôte si l'occasion se présentait à nouveau. À vrai dire c'était à se demander par quel miracle les deux continuaient de cohabiter sans se bouffer, ce qui n'était tristement pas rassurant.

« Peux-tu affirmer avec certitude que cet 'ami' que tu chéris tant n'éclipsera pas une nouvelle fois ta volonté de force... pour s'imposer dans la violence, ou pire,... tuer tes proches, ceux qui t'ont défendu contres vents et marées ? »

Sa voix était basse, presque mélancolique, comme s'il s'interrogeait à voix haute. Pour une fois il levait le voile sur ce qu'il ressentait et retenait pour préserver autrui. Il était temps que quelqu'un lui ouvre les yeux.

« Son amitié vaut-elle donc plus que toutes les autres, ceux des gens qui ont saigné et ri avec toi pendant toutes ces années ? »

Cela le peinait de voir le mage souffrir de la sorte, mais il fallait bien que quelqu'un le mette en face des conséquences de ses actes. Il ne s'agissait pas seulement de se racheter pour ce qui s'était passé à Kirkwall ; il était question de prendre en compte l'affection et l'amitié que lui portaient ses autres amis, ceux faits de chair et d'os. Ses doigts s'enroulèrent nerveusement autour de sa chope.

« De plus sa place est dans l'Immatériel, pas ici. Le partage d'un corps n'est pas un processus naturel, ni pour lui ni pour toi. De plus votre lien est si fort que même si tu regagnes le contrôle total du corps qui t'appartient, cela ne couperait pas entièrement le contact. »

Trouver les mots était au moins aussi difficile que de faire preuve de patience après des mois de recherches et de route, tout ça pour se heurter à un mur d'obstination et de phobie. Les nœuds de ses doigts blanchirent en serrant la chope. Bien entendu il ne pouvait pas prétendre comprendre ce que vivait un mage car il n'en était pas un ; néanmoins rester les bras croisés sans intervenir avant qu'il ne soit trop tard -une deuxième fois- n'était pas une option acceptable. Et à choisir Varric préférerait qu'un Anders vivant le déteste toute sa longue vie, plutôt que de copiner avec une bombe à retardement.

S'arrêtant soudainement il se tut, pesant ses mots et l'impact qu'ils avaient eu. Était-il allé trop loin ? Une vague de remords lui prenait la gorge alors que les sanglots étaient audibles dans la voix de l'apostat. Étonnamment ce fut Fenris qui prit le relais cette fois, pour prononcer des mots bien plus civilisés qu'il n'aurait jamais cru possible. Par les roubignoles du Créateur, il allait bientôt neiger en Antiva ! Acquiesçant en direction de l'elfe pour approuver, il souffla de soulagement.
Sautant sur l'ouverture et sentant son cœur se ramollir devant le chagrin de son ami, le conteur posa une main prudente sur son coude qu'il frotta gentiment. Puis une fois qu'il sentit que le contact était toléré, il passa plus franchement un bras autour de ses épaules. Sans le retenir, mais plutôt pour l'entourer comme une couverture aux odeurs familières de pluie et de vieux livres.

« Justement maintenant qu'on t'a retrouvé, ce n'est plus un problème. Tu n'as plus à devoir traîner tout seul au milieu d'une forêt ou au fond d'une grotte. » Il tapota gentiment son omoplate pour le conforter. « Nous sommes là, Anders. »

Alors que ce dernier se remettait de ses émotions, Varric échangea un regard complice avec Fenris, afin de silencieusement lui demander de ne pas gâcher le progrès qu'ils avaient fait si difficilement. Oui l'elfe était inclus dans ce murmure aux tons de promesse, qu'il le veuille ou non. Parce qu'il était franchement temps de donner un coup d'accélérateur à ce plot d'escargot...



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