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[Flashback] Les voiles de la liberté [pv. Anders]

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Mage de soin
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Mer 12 Sep - 21:05

Les voiles de la liberté


La question prit Lynne de court alors qu’elle avait à peine mis un pied dans la pièce. Son visage, évoquant auparavant un certain calme, s’était soudainement troublé tandis qu’il se teintait légèrement de rose.
En soi, la question que l’homme qu’elle avait identifié comme étant le capitaine n’avait rien de particulier. La source de son trouble se situait davantage dans l’emploi d’un mot spécifique, lourd en implications si il s’agissait bien du sens auquel elle pensait. Aussi en venait-elle même jusqu’à se demander si elle avait bien compris ce qu’elle avait cru entendre, la rendant toute balbutiante malgré elle.

« Ah-euh--je-- … oui, j’ai bien dormi, m-merci … » répondit-elle à son hôte en trébuchant sur ses mots, incertaine de la manière d’accueillir les propos du capitaine.

Son regard passa avec hésitation sur cet ensemble de visages souriants à l’exception de celui d’Edwin, qui contemplait la scène sans une quelconque once d’amusement malgré le caractère cocasse de la situation. Elle se serait presque attendue à ce qu’il en ricane - du moins, c’est ce que l’ancien lui aurait fait.

Le couple ne semblait pas particulièrement alerté par la maladresse de sa réaction, l’attribuant sans doute à la fatigue ou à la timidité. En voyant Anders attablé, Lynne vint se joindre à lui sans plus attendre, essayant de regagner sa composition du mieux qu’elle pouvait alors que la femme qui semblait être l’épouse du capitaine poursuivait la discussion là où ils l’avaient arrêtée.  

« Will était en train de nous dire que vous étiez de passage tous les trois dans la région, c’est bien dommage que vous ne vous établissiez pas ici, les marins seraient sûrement ravis de garder le secret de votre magie. »

« Vous savez j’ai vécu dans plusieurs ports, à part les maladies vénériennes il n’y a pas grand-chose à soigner la plupart du temps. »

Le dénommé « Will » lui adressa un discret clin d’œil tandis que le couple s’amusait de ses paroles un brin provocatrices. La confusion qui l’enveloppait s’effaçait progressivement alors que la situation gagnait progressivement en cohérence. Il était aisé de deviner qu’Anders s’était attribué un faux prénom et qu’il avait chapoté une petite histoire autour de leur trio, sans doute dans le but de passer davantage inaperçu et de ne pas éveiller d’éventuels soupçons à son égard.  
Bien que l’action Anders fut compréhensible, l’idée de mentir à ces figures amicales qui avaient pris soin d’eux ne lui plaisait guère – en particulier sans en avoir été informée au préalable. Elle n’avait absolument aucune idée de ce que le quatuor avait pu discuter en son absence et de ce qu’il avait pu être dit d’Edwin et elle-même. Se sentir si peu en contrôle de la situation la rendait particulièrement nerveuse et mal à l’aise.

Peu d’options s’offraient à elle en pareilles circonstances, mais celle qui lui paru la moins risquée fut aussi la plus lâche : simplement rester discrète et polie tout en parlant le moins possible en espérant qu’on ne la solliciterait pas.

Un petit sourire amusé étira ses lèvres à la plaisanterie de son voisin, mais ne la commenta pas davantage de peur d’attirer l’attention sur elle.  

Seulement, voyant que Lynne n’avait toujours pas commencé à se servir en nourriture, la compagne du capitaine intervint.

« Ne soyez pas timide, n’hésitez pas à vous servir ! »

« Ah-oh- pardon … je veux dire, merci, c’est gentil. »

La guérisseuse s’empressa de s’exécuter, penaude. Elle était tellement préoccupée par ce qu’il fallait ne pas dire ou faire qu’elle oubliait d’agir normalement.
Sans doute dans une tentative de la mettre davantage à l’aise, la blonde poursuivit la discussion mais cette fois en se focalisant non pas sur Anders, mais sur sa malheureuse voisine qui n’aspirait qu’à un peu de tranquillité.

« Et où comptez-vous vous rendre, si ce n’est pas trop indiscret ?»

La jeune femme s’efforça à ne pas interrompre son geste, mais demeura hésitante. Elle n’attendit néanmoins pas pour répondre, craintive de paraître suspicieuse.

« Euhm … on n’y a pas encore trop réfléchis en fait … on se laisse un peu porter par le vent. » articula t’elle doucement. « Nous sommes encore jeunes et puis … et puis j’ai toujours voulu voir le monde. »

A ses yeux, ces paroles exprimaient une généralité. Mais il n’en est pas moins qu’il y avait une part de vérité dans ses derniers propos, ce qui rendit ses explications plus convaincantes et naturelles. La réponse semblait par ailleurs plaire à son interlocutrice, dont l’expression reflétait à la fois son attendrissement et son approbation.

« Comme c’est charmant ! C’est vrai que vous n’avez pas pu voir grand-chose, cloîtrés dans vos tours …»

« Ca me rappelle notre jeunesse … tu te rappelles, Rose ? » compléta son mari avec un sourire affectueux adressé à sa femme, qui rosie de plaisir.

L’hilarité précédente de l’homme s’était évanouie pour laisser place à un mélange de nostalgie et d’excitation. Il se tourna finalement à nouveau vers ses trois hôtes, reprenant alors pour se lancer dans davantage d’explications qui tournèrent, finalement, en une véritable histoire.
Le fait que le capitaine mobilise la parole ne dérangea en rien la jeune femme, plus que soulagée que le centre d’attention ait changé. Elle se contenta d’entamer son petit déjeuner tandis qu’elle écoutait attentivement avec le restant des convives, se prenant même à se détendre progressivement alors que le barbu ponctuait son récit de blagues plus ou moins fleuries qui faisaient parfois s’exclamer sa femme, le grondant alors faussement  – spectacle qui amusait particulièrement l’apostate. Un faux sourire parcourait de temps à autre les lèvres d’Edwin, simple acte de mimétisme qu’il avait acquis par expérience à force de côtoyer Lynne ces dernières semaines.
Quand le maître de maison acheva son histoire, le trio avait finit de se restaurer. Aussi, au bout de quelques échanges et après s’être assurée que le paiement ait été bien effectué, la jeune femme se dirigea avec ses compagnons vers la sortie de la maison, escortés par leurs hôtes.

« « C’est réellement dommage que vous ne restez pas … si vous changez d’avis, ou si vous repassez à Combrelande un jour, n’hésitez pas à venir nous rendre visite ! »

« Peut-être même que vous serez mariés entre temps, qui sait. »

« Arrold ! »

L’homme s’esclaffa dans un rire fort avant de donner une tape amicale sur le dos d’Anders pendant que Lynne s’empourprait une fois de plus malgré elle. Finalement, son compagnon et elle-même saluèrent une dernière fois le couple avant de s’éloigner de la maison en compagnie de leur guide.
Dès qu’elle fut assurée que les deux étaient revenus à l’intérieur de leur domicile, la jeune femme revint vers le mage.

« Mais qu’est-ce qui vous a pris de leur dire qu’on était ensemble ? Enfin – je sais que vous voulez brouiller les pistes éventuelles, mais c’est très perturbant de l’apprendre au fur et à mesure … »

Elle soupira doucement, avec un sourire mi-gêné mi-amusé. Maintenant que l’incident était derrière eux, elle ne lui en voulait pas spécialement – mais elle allait se souvenir de cette péripétie pendant un temps, elle en était sûre.

La jeune femme reprit finalement, se redirigeant vers l’essentiel tandis qu’elle ralentissait le pas.

« Bon … nous avons une chambre à l’auberge de la Mouette Noire. Nous pouvons discuter là-bas si vous voulez, à moins que vous ayez une autre idée en tête ? »



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Sam 15 Sep - 16:49

Les voiles de la liberté


Le trouble de Lynne était compréhensible et je me sentais un peu coupable de lui imposer cette mascarade. Ce n’était pas moi qui était à l’origine de ce malentendu mais je n’avais pas fait grand-chose pour les en détromper après tout. Je regardais donc ma « compagne » s’installer à côté de moi avec toute l’attitude d’une biche apeurée jusqu’ à ce qu’elle semble comprendre ce qui se passait autour d’elle, je croisai son regard et y décelait un peu de rancœur. Je me ferai pardonner plus tard.

Cependant la jeune femme sembla décider de jouer le jeu et je relâchai un souffle que je ne me souvenais pas avoir bloqué. D’autant que sa réponse était parfaite, suffisamment vague mais vraisemblable, et elle eut l’effet merveilleux de lancer nos hôtes dans le récit de leur jeunesse. Ayant terminé mon petit-déjeuner je me contentait de m’intéresser à l’histoire qui m’était contée en ponctuant certaines phrases des exclamations ou des rires qui convenaient. Ce n’était pas vraiment que leur histoire ne m’intéressait pas mais j’avais du mal à me concentrer complètement sur eux avec Justice qui me prenait la tête en arrière plan pour que nous arrêtions les simagrées sociales pour trouver notre bateau.

L’histoire finit par s’achever et après quelques échanges il fut temps de satisfaire la précipitation de Justice et de s’en aller.

- « C’est réellement dommage que vous ne restez pas … si vous changez d’avis, ou si vous repassez à Combrelande un jour, n’hésitez pas à venir nous rendre visite ! »

- « Peut-être même que vous serez mariés entre temps, qui sait. »

- « Arrold ! »

- « Qui sait ce que l’avenir nous réserve après tout » Je commentai en riant alors que Lynne s’empourprait. « Mais je pense que nous avons tous les deux une vie à mener avant d’en fonder une. Je pense que je peux parler pour nous deux en vous remerciant du fond du cœur pour votre hospitalité, nous vous souhaitons des traversées moins mouvementé que la dernière. »

Une fois un peu éloignés de la maison il se passa ce qui devait se passer, Lynne se tourna vers moi et me houspilla gentiment sur ce qui venait de se passer. Je lui répondis avec un petit rire gêné, ma main passant sur ma nuque par réflexe.

- « Je suis vraiment désolé je ne m’attendais pas à ce qu’ils pensent que nous étions mariés quand je suis descendu, j’ai un peu paniqué et au lieu de leur dire qu’on était pas ensemble j’ai dit que nous n’étions pas mariés… du coup ils se sont dit que c’était juste une question de temps et je n’ai pas voulu les contredire. »

Je soupirai et m’étirai un peu avant de continuer.

- « Je me suis souvent échappé de mon Cercle quand j’y étais encore enfermé et s’il y a une chose que j’ai appris c’est que les gens aiment avoir raison, plus vous leur dîtes qu’ils ont tord et plus ils vont poser de questions, du coup je n’ai pas poussé le déni plus loin. J’avais peur qu’ils me demandent qui j’étais et d’où je venais et de devoir mentir encore plus. Et…. Ce serait malhonnête de ma part de nier que ça m’arrangeait qu’ils racontent qu’un « couple de guérisseurs » les avaient aidé. On regardera moins cette direction en me cherchant. »

J’eus un sourire que je voulais penaud mais visiblement elle n’était pas trop en colère et je suivis le mouvement lorsqu’elle indiqua son auberge.

- « Ce serait plus discret en effet. Mais avant toute chose. »

Il prit la bourse donnée par le capitaine et divisa la somme en trois, il en donna deux parts à Lynne et garda la troisième dans une bourse qu’il gardait dans son paquetage.

- « Voilà c’est l’argent que nous a donné le Capitaine en paiement pour nos services. »

Il regarda autour de lui.

- « Si cela ne vous embête pas j’aimerais autant qu’on se rende rapidement à l’auberge, je sais bien que personne ici ne devrait connaître ma tête mais ça ne m’empêche pas de craindre qu’on me reconnaisse… Donc je vous suis. »




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Jeu 27 Sep - 20:59

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Alors que le trio s’éloignait doucement dans une rue prise au hasard, la discussion allait plutôt de bon train avec le commentaire qu’avait fait Lynne préalablement au sujet de la situation qu’Anders avait généré – du moins, selon la vision de la jeune femme qui n’avait absolument aucune idée de la manière dont s’était déroulé la discussion entre son allié et le couple qui les avait si gentiment accueillis. A sa question qui se rapportait au mensonge qui avait donné occurrence à une situation aussi amusante que gênante, Anders exprimait un certain embarras aussi bien par sa gestuelle que par son ton – ce qui eut pour effet de faire sourire doucement la jeune femme, qui écoutait avec attention ses explications.
D’une certaine façon, ces dernières ressemblaient davantage à des justifications au regard de la logique que le blond y mettait. Bien que Lynne la comprît aisément, elle ne pouvait s’y résoudre à y adhérer complètement, du moins en ce qui concernait la façon dont Anders envisageait les conséquences d’un déni. Elle ne l’interrompit cependant pas, ne désirant pas perdre de temps avec de tels détails et appréciant tout de même l’honnêteté dont il faisait aussi preuve.

« Bon. C’est oublié, ce n’est pas grave … Ce qui compte est que nous nous en soyons sortis. »

Au moins, le couple ne saurait pas qu’ils avaient cotoyé un terroriste, ce qui aurait pu s’avérer gênant aussi bien que pour lui que pour les deux compagnons qui ne cherchaient qu’à gagner Ferelden. Être associé à un criminel serait véritablement pénalisant, alors autant se faire aussi discret que possible.

Le partage de l’argent fut un moment des plus bienvenue, eux qui en manquaient particulièrement. Mais au-delà de cela, la guérisseuse fut plus qu’aise de constater qu’Anders avait déduit une part pour Edwin lui-même. Beaucoup de mages ne considéraient plus les Apaisés comme des personnes après le rituel qu’ils subissaient ; il n’aurait été guère étonnant qu’il se contente de simplement partager leurs bénéfices en deux.
Tous deux le remercièrent, l’un par pur politesse conventionnelle, l’autre davantage animée par la reconnaissance et l’appréciation. Un tel geste signifiait beaucoup pour elle.

« Si cela ne vous embête pas j’aimerais autant qu’on se rende rapidement à l’auberge, je sais bien que personne ici ne devrait connaître ma tête mais ça ne m’empêche pas de craindre qu’on me reconnaisse… Donc je vous suis. »

« Il n’y a pas de soucis. Suivez-nous, ça ne devrait pas être très loin. »

Aussitôt ces paroles prononcées, le petit groupe se mit en route avec Edwin à sa tête. Derrière, les deux mages fermaient la marche tandis que le trio progressait dans les rues paisibles de Combrelande qui, petit à petit, s’agrandissaient et gagnaient en passants alors qu’ils se rapprochaient du centre de la ville.

« Dites … vous disiez avant que vous vous êtes échappé plusieurs fois de votre Cercle … mais comment avez-vous vous fait pour ne pas vous faire Apaiser ? A Kirkwall, on nous administrait le rituel pour moins que ça. »

La question, prononcée avec prudence et discretion, avait naturellement franchi les lèvres de la mage de soin qui, si elle était auparavant si craintive et timide, ne pouvait s’empêcher de demeurer curieuse à l’égard de cet homme presque mythifié dont elle avait tant entendu parler de la bouche d’Edwin. Elle parvenait à peine à croire de tels propos, eux qui avaient tellement subis à leur propre Cercle. Difficile pour elle d'envisager une telle tolérance de la part des Templiers face à ces actes de rebellion.

Elle poursuivit son questionnement sur un autre sujet, cette fois moins grave, tenant davantage de l’anecdote mais qui titillait l’Apostate.

« … J’y pense, mais pourquoi vous êtes vous fait appeler Will spécifiquement ? Une raison particulière ?»

Bientôt, l’enseigne de l’auberge se présenta à leur vue.

La Mouette Noire était une auberge des plus modeste, fréquentée essentiellement par les roturiers, les marins et quelques-uns moins chanceux. Quand ils pénétrèrent à l’intérieur, ils furent accueillis par la vision d’une salle grouillant de monde – chose guère étonnante puisque l’heure était au déjeuner et à quelques bonnes chopes de bière avant la reprise d’un dur labeur.
Jouant des coudes pour se frayer un chemin vers l’escalier donnant sur les chambres à l’étage, le petit groupe finit par trouver place au sein du refuge dans lequel les deux compères s’étaient établis.

L’endroit n’était guère spacieux, comment on pouvait s’y attendre de la part d’un tel établissement. Il y avait juste de quoi faire tenir deux personnes – deux lits, un petit bureau et une chaise. A vue d’œil, les possessions de l’Apostate de l’Apaisé étaient pour ainsi dire inexistantes. Seulement quelques rares habits qui étaient pliés à la hâte sur un des lits et le bâton de frêne de la mage posé contre le mur. Un objet des plus insolite qui les trahirai aisément si le peuple en connaissait la véritable nature ; mais fort heureusement, son apparence se méprenait davantage à un bâton de pèlerin bien taillé qu’à un outil magique.

Edwin referma la porte derrière eux tandis que Lynne invitait Anders à prendre place d’un geste de la main.

« Je suis désolée, c’est un peu exigu mais … au moins, personne ne viendra nous déranger. Asseyez-vous où vous voulez …»

La brune se posa non loin de leur invité, son regard rencontrant le sien. Sa mine se fit légèrement hésitante – elle n’avait pas l’habitude d’en demander autant à quelqu’un, et se sentait presque coupable de le faire. Mais peut-être qu’Anders serait la clé de leur salut à tous les deux.

« … Donc … concernant votre plan ? »




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Ven 28 Sep - 22:25

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Je laissai se dessiner sur mon visage un sourire reconnaissant et je me mis en marche avec elle. Je ne savais pas vraiment où nous allions donc je me contentai de suivre. Après quelques rues, la question que me posa Lynne m’arracha un petit rire nerveux. Avant d’arriver à Kirkwall je ne savais pas à quel point j’avais été chanceux d’avoir été placé à Kinloch, Meredith m’aurait certainement fait apaiser avant ma première évasion…

- « J’étais dans le cercle de Kinloch, à Ferelden. Je ne sais pas si vous en avez entendu parler mais c’est une tour sur le lac Calenhad. A Ferelden les templiers ne détiennent pas le droit d’Apaisement, c’est le premier enchanteur qui l’a. Le Comandant peut vous battre, vous fouetter ou vous enfermer en cellule d’isolement autant qu’il veut mais si le Grand Enchanteur décide que l’Apaisement n’est pas nécessaire, alors le Commandant Templier ne peut rien faire. Heureusement pour moi Ivring m’aimait bien et comme je n’avais jamais blessé personne ni dans la tour ni en dehors pendant mes escapades, il a refusé les six fois où ils m’ont rattrapé. La septième fois j’ai été conscrit par la garde des ombres donc les templiers sont repartis bredouilles. »

Je ne pouvais cacher la jouissance que j’éprouvais à l’évocation de ce récit. Me rappeler des évasions plus saugrenues les unes que les autres, au nez et à la barbe des templiers…. Et la tête de Robard à chaque fois qu’Ivring lui disait qu’il refusait de m’apaiser…. Ahah c’était proprement glorieux. Puis je repris mon sérieux, pour continuer sur une note plus grave.

- « Aucun mage ne devrait être enfermé dans une tour, par la sainte culotte d’Andraste aucun être pensant ne devrait être enfermé dans une tour… Nous n’avions pas la menace de l’apaisement à moins d’être réellement dangereux pour nous même et pour les autres, nous avions quelques apaisés mais rien de comparable à Kirkwall. Ca n’a pas empêché les choses de dégénérer…. Robard…. Robard était un sadique. Les coups de cannes et de fouets étaient presque gratuits selon la tête du client, les abus sexuels, le harcèlement, la suspicion de magie du sang…. Je me suis échappé juste avant qu’Uldred pète un cable et remplisse la tour de démons apparemment, c’est pour ça que les templiers ne m’ont pas recherché pendant près d’un an. Et puis ils ont décidé que j’étais indispensable à leurs petits jeux de torture psychologique, donc ils m’ont retrouvé et on devait faire une halte à Fort Bastel avant de retourner à la tour… Sauf que nous avons été submergés par les engeances et quand d’autres templiers sont arrivés, le Héro de Ferelden m’a conscrit. Voilà, c’était l’histoire d’Anders échappant à l’apaisement, version très très raccourcie. »

Mon sourire était un peu moins enthousiaste à présent, il était toujours accroché à mes lèvres mais je savais qu’il ne devait pas atteindre mes yeux. Mais je n’eus pas vraiment le temps de m’enfoncer dans mes pensées noires, une autre question, tout aussi surprenante. Je réalisai qu’elle serait probablement la seule personne vivante à connaître mon vrai prénom.

- « Ah… Et bien je m’appelle Wilhelm… donc Will…. c’est juste un diminutif. Enfin, je m’appelle…. C’est le prénom que m’a donné ma mère en tout cas. »

L’auberge était modeste mais j’avais connu largement pire sur la route… et dans ma vie en général. Je suivis Lynne et Edwin à l’étage dans une petite chambre. Je notais le bâton avec un sourire en coin, il serait temps que je m’en trouve un nouveau, j’avais laissé le mien à Kirkwall pour ne pas être repéré sur la route.

- « Ne vous excusez pas, j’ai vécu à Darktown, une auberge de pécheur ressemble à un château de mon point de vue. » Je m’assis sur la chaise. «  Je me suis échappé avec l’aide de certains de mes amis, notamment Varric Tethras, vous devez sûrement le connaître au moins de nom. Il m’a arrangé le passage vers Ferelden sur un navire pirate. Visiblement le capitaine a des dettes envers Varric et il a utilisé cette faveur pour moi. Il ne pourra probablement pas vous faire passer gratuitement mais il peut certainement vous arranger le passage. Vous n’avez que ma parole pour vous assurer son honnêteté mais c’est un homme bien, si vous ne pouvez pas payer en argent il vous demandera certainement une faveur quelconque. Si cela vous convient je peux lui écrire aujourd’hui et avoir sa réponse avant le départ du bateau dans trois jours. C’est vous qui voyez. »

Je m’arrêtai là, il n’y avait rien d’autre à dire, je pouvais toujours leur parler de Varric mais de toute façon ce ne serait toujours que des mots.




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Lun 1 Oct - 19:23

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Entre le Cercle de Kinloch et celui de Kirkwall, les différences semblaient minimes en apparence. Difficile d’échapper aux mauvais traitements si l’on ne faisait pas preuve de docilité tout comme elle l’avait fait durant toutes ces années. Mais savoir que la pratique du rituel relevait de l’exceptionnel tout en demeurant une sentence qui ne pouvait être décidée que par le Grand Enchanteur la questionnait sur ses convictions tout en l’interrogeant davantage sur les différences entre son Cercle et ceux du reste du monde. Mais il était tout de même clair que dans le cas de Kirkwall comme celui de Kinloch, les Templiers n’étaient en rien leurs protecteurs, ou même l’instrument d’une quelconque justice.
Lynne ne savait dire si Anders mentait lorsqu’il avoua que « Will » n’était autre que le diminutif de son véritable prénom. En revanche, elle l’accepta aisément comme un fait alors que d’autre part, cette simple appellation faisait ressurgir les souvenirs d’une autre époque. Les échos de sa vie avant le Cercle ressurgirent un bref instant en elle alors que la pensée de son frère ainé l’envahit de nostalgie.

Mais elle n’eut guère le loisir de s’en préoccuper davantage, car en un rien de temps, le groupe avait finit par rejoindre leur modeste chambre.
Anders pris place sur la chaise tandis que Lynne vint s’asseoir sur le lit le plus proche. Edwin, quant à lui, resta appuyé contre le mur non loin du bureau alors qu’il écoutait avec attention les explications d’Anders à la manière de sa compagne.

Cette dernière fut saisie d’inquiétude quand l’apostat brossait les détails de son plan. Il était évident que peu de personnes accepteraient de faire passer des individus sans trop poser de questions, mais difficile de savoir si les pirates seraient dignes de confiance ou non. Pourtant, au fond d’elle, même si l’idée la rebutait, elle était parfaitement consciente qu’elle n’était en aucun cas en position de faire la fine bouche. Quant aux termes pour les faire monter à bord …
Lynne repensait à l’argent qu’ils avaient accumulés, en plus de la somme qu’ils étaient parvenus à réunir ce matin. Difficile d’estimer si cela conviendrait à l’équipage en question, mais même si cela était le cas, il leur faudrait être capable de survivre une fois arrivés à bon port. Et pour cela, il leur fallait partir sur de bonnes bases.

« Vous disiez que votre ami était Varric Tethras ? L’auteur ? »

Le nom lui était familier, elle qui avait lu bon nombre des ouvrages de la bibliothèque de son ancien Cercle ; aussi, quelques uns des livres de ce fameux nain lui étaient passées entre les mains. Bien que beaucoup lui plaisaient, certaines de ses histoires n’étaient pas nécessairement à son goût ; mais elle admettait volontiers qu’il maniait joliment la plume.
L’évocation de ce nom fit naître de la surprise en elle ; mais après tous, les auteurs vivaient rarement de leurs seuls écrits. Mais savoir qu’une personne telle que lui avait des liens avec des pirates lui semblait aussi improbable qu’étrange. Et qu’Anders le connaissait personnellement l’était encore davantage …

« De quel genre de faveurs parle-t-on ? Je ne connais pas bien le personnage, j’aimerai savoir dans quoi je m’engage …» le questionna t’elle, hésitant légèrement avant de finalement se justifier :  « Pardonnez ma méfiance, votre offre m'intéresse - mais comprenez que j’aimerai éviter au possible d’entrer dans les domaines frauduleux et … enfin ... voilà. »




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Mer 3 Oct - 21:07

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Je fus assez surpris de ne pas recevoir plus de questions quand à mon nom. Peu de gens savaient qu’Anders n’était pas mon nom, je l’avais mentionné à Hawke et à Wulf, je pense que c’était à peu près tout. Il y avait peut-être eu des gens pour entendre ces jours là mais avaient-ils vraiment pr^été attention ? J’en doutais. À la question de mon prénom de baptême j’avais cependant toujours répondu que cela n’avait pas d’importance, car le nom que je portais aujourd’hui ne m’appartenait plus. Ce qui était faux lorsque je l’avais dit à Wulf, et vrai lorsque je l’avais dit à Hawke. Quelque part, Anders était le fruit des années dans un cercle, il était ce qui avait mené à la fusion avec Justice. Wilhelm c’était ce petit garçon de l’est de Ferelden qui avait grandi dans une ferme avec des parents aimants, qui avait couru librement dans les bois et qui avait vécu son premier baiser dans une grange près d’une portée de chatons.

Quand j’avais donné son nom de baptême pendant ses trois semaines de voyage, cela avait sonné tellement faux que je m’était senti nauséeux. J’avais lutté longtemps pour garder cette identité malgré l’obstination des gens à m’appeler « Anders », finalement j’avais cessé de lutter et Wilhelm était juste devenu un nom comme les autres. C’était mon nom, mais l’utiliser sonnait comme un mensonge dans ma propre tête… Je soupirai intérieurement… ce n’était vraiment pas le moment de faire une crise existentielle.

Une fois installés dans la petite chambre, mon plan exposé aussi clairement que possible, je sentais la prudence de Lynne tourner à plein régime. Je comprenais parfaitement, après tout, elle ne connaissait pas Varric comme je le connaissais. J’émis un petit rire.

- « Oui, l’auteur. En fait au départ il était ami avec Hawke, ils voulaient passer par les tréfonds pour atteindre un ancien Thaig nain. Et ils avaient entendu parler de moi et de ma clinique. La rumeur courrait que j’avais été garde des ombres donc ils sont venus me poser des questions sur les tréfonds. J’ai fini par les accompagner. La suite est plutôt simple, je suis devenu ami avec Hawke, et à force de la suivre partout, on on est tous plus ou moins devenu amis….. Varric ne supporte pas de voir ses amis en difficulté… il est tellement loyal qu’il m’aide à m’enfuir après tout ce qui c’est passé à Kirkwall… C’est quelqu’un de formidable. »

Je marquai une pause en réfléchissant aux genre de faveurs que Varric pourraient lui demander mais je séchais un peu.

- « Honnêtement je ne sais pas trop, ce ne sera pas nécessairement légal, mais il ne demandera jamais rien de déshonorant ou de vil. Il ne vous demandera jamais de tuer quelqu’un ou de détruire quelque chose de sacré par exemple. Mais clairement par exemple si Hawke est blessé gravement et qu’il sait que vous êtes dans le secteur il vous demandera probablement d’aller l’aider et il considérera que ce sera le paiement de votre dette. Ou il se peut qu’il vous demande de mettre la main sur un artefact ou sur un livre, ou de lui fabriquer et de lui faire parvenir des potions difficiles à obtenir.... Il se peut qu’il vous demande de jouer les baby-sitter pour moi peut-être. »

J’émis un petit rire. J’espérai bien que ce ne serait pas le cas, et je ne pensais pas que Varric les mettrait en danger en les exposant plus longtemps que nécessaire à ma présence mais c’était une plaisanterie comme une autre pour détendre un peu l’atmosphère de la conversation.

- « Je n’espère pas cela dit, je suis un as de l’évasion et sans phylactère vous ne me retrouverez jamais. »

J’agitais mes sourcils pour l’effet comique. Puis revenant au sujet principal de la conversation je la regardai avec un peu plus de sérieux.

- «  Je comprends votre prudence, mais j’ai peur que vous n’ayez pas beaucoup de temps pour vous décider. Si le message ne part pas avant ce soir nous n’aurons jamais une réponse à temps… Je sais que vous n’avez que mes mots en guise de garantie et ce n’est pas grand-chose mais c’est à la fois le moyen le plus sûr et le plus rapide de se rendre à Ferelden… cela comporte des risques mais, si vous restez ici vous n’aurez peut-etre pas l’argent nécessaire à la traversée avant que les templiers ne se reprennent et ne commence à chercher les mages échappés. Quand à aller à pieds il y a plusieurs mois de voyages sur les routes et tout ce que cela peut impliquer comme dangers. Je ne dis pas cela pour vous effrayer, quoi qu’il arrive il y a des risques de toute façon. Et si vous avez peur des pirates on peut toujours prétendre qu’on est en couple, vous attirerez peut-être un peu moins l’attention des matelots. »

Décidément je n’étais pas très rassurant comme gars… Je devrais prendre des cours de « comment mettre les dames à l’aise » …. et non Isabella et Hawke ne comptaient pas comme des dames… elles étaient des machines de destructions cachées sous des attributs féminins, c’était tout.




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Mage de soin
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Ven 12 Oct - 19:10

Les voiles de la liberté



Le duo ne soufflait aucun mot alors qu’Anders répondait point par point aux questions soulevées par Lynne. Seule la voix du mage rebelle venait emplir l’espace calme de la chambre, uniquement ponctué du bruit lointain des conversations qui remontaient de l’auberge.

A ses yeux Varric Tethras était, avant d’être une personne, un nom qui lui était connu. Un ensemble de lettres qui signaient certains ouvrages de la bibliothèque du Cercle de Kirkwall, au regret de certains et au bonheur d’autres. De l’individu qui se cachait derrière ces milliers de pages d’encre et de papier, Lynne n’y connaissait malheureusement rien. Son seul moyen de le situer était les paroles d’un allié qu’elle avait des difficultés à cerner avec certitude, ne l’autorisant pas à lui accorder une entière confiance. Il n’avait, après tout, eut aucun mal à mentir au couple – et c’était sans compter les crimes qui lui étaient associés.
Elle l’écouta attentivement cependant, prenant note des diverses qualités qu’Anders lui attribuait. Quelqu’un de bien, de loyal, avec des principes. Lynne le devinait un brin chaotique au regard de son lien avec les pirates, mais finalement, il ne s’agissait que de son propre point de vue. Toujours est-il que la manière dont l’Apostat brossait le portrait de cette figure à la fois familière et inconnue la rassurait, la détendant inconsciemment petit à petit.

La mage de soin ne put retenir son sourire à la blague qui ponctua la fin de son propos. Mais quand Anders commença à agiter bizarrement ses sourcils, elle ne put s’empêcher d’éclater d’un rire à la fois franc et amusé, prise de court par l’attitude enjouée du guérisseur.

Il se reprit cependant, l’incitant ainsi au sérieux alors que le sujet dérivait vers des rivages plus graves qui rappelèrent à la jeune femme les raisons pour lesquelles elle se sentait si crispée. Elle était obligée de faire confiance à quelqu’un qu’elle connaissait à peine, ayant pour seules références les souvenirs d’Edwin à son sujet et les récents actes qui lui étaient attribués, avec tout ce que cela impliquait. L’urgence de la situation la forçait à prendre une décision rapide, elle qui préférait prendre le temps de peser le pour et le contre en toutes circonstances. Rien ne garantissait que ce choix serait le bon, tout comme ses autres options qui lui paraissaient tout aussi incertaines.
Et surtout, il y avait leur future compagnie. En partant du principe que tout se déroulerait selon les assomptions d’Anders, il n’en était pas moins que comme il le soulevait, les pirates ne seraient sans doute pas indifférents à une présence féminine à leur bord. Quant à la particularité d’Edwin … il fallait espérer qu’ils n’en tiendraient pas trop rigueur.

La suggestion de se faire passer à nouveau pour un couple fit légèrement ricaner la brune, qui sourit légèrement.

« C’est gentil de proposer, mais je ne pense pas que les pirates s’embarrassent de ce genre de détails …»

Lynne prit une légère pause, baissant un instant ses yeux alors qu’elle semblait pensive. Edwin ne disait mot, fixant sa compagne de ses yeux clairs sans venir altérer son  jugement. Lui qui était habitué à recevoir des ordres, il attendait simplement de suivre une direction qu’elle lui aura pointé au préalable.

« Je … suppose que nous n’avons pas trop le choix. » articula t’elle doucement, relevant ses prunelles sombres vers son interlocuteur. « Comme vous l’avez soulevé avant, nous n’avons pas réellement le luxe du temps – en plus, nos alternatives sont limitées et … hasardeuses. »

Elle posa son regard sur son compagnon aux cheveux d’un brun presque noir, ce visage sans émotions et attentif qui lui rappelaient tout ce qui était en jeu dans cette ultime décision. Il ne s’agissait pas que d’elle, mais d’eux. Il lui faudrait dépasser ses doutes pour pouvoir survivre – car dans tous les cas, il lui faudrait se jeter dans la gueule du loup et prendre des risques. Elle n’aimait pas cela, mais avait-elle réellement le choix ?
Sa voix se fit alors plus déterminée alors qu’elle revint une fois de plus à Anders.

« J’accepte votre proposition. » conclut-elle finalement, le regardant avec un peu plus d’assurance qu’auparavant. « Au point où nous en sommes, je préfère les pirates aux Templiers. Je n'ai pas spécialement envie de revenir au Cercle, même après la mort de Meredith ... »



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Lun 15 Oct - 19:45

Les voiles de la liberté


J’étais tout de même content de réussir à la faire rire, toute cette situation devait être affreusement stressante pour elle et c’était déjà ça qu’elle n’avait pas peur de moi. Je ne l’aurais pas blâmé si cela avait été le cas, trois semaines après la destruction de la Chantrie je n’espérais pas vraiment rencontrer des gens prêts à écouter ou au moins à être neutre. Même le Mage Underground qui s’était rassemblé toutes ces années en secret n’auraient pas soutenu un tel désastre. Alors ceux qui n’étaient pas impliqués dans notre cause ?

Et pourtant… Pourtant Hawke m’avait laissé la vie sauve malgré les menaces de Sebastian, Varric m’avait aidé à m’échapper et maintenant cette jeune femme qui riait devant moi. Je m’étais tellement résolu à l’idée que personne ne me pardonnerait jamais, je pensais tellement que je mourrais ce jour là qu’il ne m’était pas venu à l’idée que les gens continueraient de me voir comme une personne, de m’accorder leur sympathie et leur confiance. Même dans des situations comme celle-ci, où Lynne n’avait pas exactement de meilleure option, il restait surpris qu’elle ne décide pas de faire son chemin de son côté.

- « Vous avez toujours le choix, on l’a toujours tant qu’on est vivant. » Il ne put s’empêcher de regarder Edwin. Il ne le considérait pas comme mort bien entendu mais était-on encore en vie lorsqu’on a plus aucun libre arbitre ? « Mais les autres options seront des défis plus difficiles à relever. »

Il la laissa réfléchir en silence, et lorsque la voix de la mage s’éleva à nouveau c’était pour accepter son aide. Le visage d’Anders s’illumina d’un sourire. Il se permit même un petit rire à l’évocation des templiers.

- « Oui, les pirates essaieront sûrement de nous faire les poches mais au moins ils n’essaieront pas de faire sortir la magie hors de nous à coups de cannes et c’est déjà un progrès. »


Il se leva de la chaise en bois sur laquelle il s’était installé plus tôt, laissant son maigre bardas à côté.

- « Je vais au bureau de poste de la ville, quand je reviendrai je prendrai une chambre ici s’il en reste. Je vous laisse mes affaires le temps de faire cette commission. Je reviens, le plus vite ce corbeau sera partis le plus vite nous auront une réponse. »

Je quittai la pièce et fermai la porte derrière moi. Il allait falloir que je trouve également de quoi me déguiser un peu mieux que ça. J’étais déjà recherché dans les marches libres, je risquai de l’être bientôt au Nevarra également. La Chantrie a ce don de faire circuler les nouvelles aussi vite que les templiers distribuent leurs abus. Par chance le bureau de poste était juste en bas de la rue, j’envoyai une missive à Varric pour lui demander de l’aide et payai le prix d’une course express pour Kirkwall. Le Corbeau partit avant même que je quitte la boutique.

Sur le chemin du retour je croisais un stand qui vendait des terres et des teintures pour les vêtements. Je m’arrêtai avec curiosité et discutai avec le marchand. Il m’indiqua qu’il était tout à fait possible de faire tenir un pigment sur des cheveux. Je repartis avec un sac de pigments noirs et un agent fixant. Une fois de nouveau à l’auberge je payai une chambre pour les trois jours à venir, demandais une bassine d’eau et l’installai sur la commode. Après avoir informé Lynne que j’avais envoyé la missive et récupéré mes affaires, je m’installai au dessus du bac d’eau pour commencer à maquiller mes cheveux. Ce serait déjà ça de fait si on cherchait un mage blond dans les rues de Combrelande ces prochains jours. Avec assez de chance, il lui en resterait assez pour passer inaperçu à Amaranthine également.

Il espérait que Varric réponde rapidement, mais il savait qu’il y avait peu de chance qu’il refuse de l’aider, il serait probablement rassuré qu’il ne voyage pas seul jusqu’à Ferelden et Lynne n’avait rien d’une mage de sang et elle fuyait les templiers. Il n’y avait aucune raison de se méfier d’elle, selon lui en tout cas. Justice vint brosser le bord de son esprit avec de la méfiance.

- «  Je sais, mais on ne peut pas non plus se méfier de tout le monde, on ne s’en sortira pas tous seuls... »


Une douce chaleur se répandit en lui, rassurante, enveloppante.

- « Merci… on va s’en sortir Justice… Juste… C’est peut-être mieux si tu restes en arrière pour le moment. »

Plus rien… il espérait que l’esprit était simplement d’accord avec lui.




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