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Toi, qui sembles si loin de tout (PV Bryn Trevelyan)

Anonymous
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Mer 8 Aoû - 13:15
Une main tendue

Quelque part dans les Marches Libres, début de matinée


Gontrand avait été clair dans ses indications. Ce jeune mage du nom de Bryn ne se trouve aucunement en Orlaïs et, est bel et bien seul. Anciens du Cercle de Tomlys, les deux protagonistes avaient plus ou moins tissé un lien d'entraide et d'amitié jusqu'à ce que Gontrand décide de s'installer en Orlaïs poursuivre ses rêves de pâtissier, avec un autre de ses comparses. Autant dire que Quellcrist n'a pas du tout apprécié cette partie du récit du mage. Certes, il a été sauvé de la folie de son compagnon possédé par un démon du désir, grâce au concours d'Iron Bull et de la jeune femme, mais de savoir qu'un adolescent a été laissé par cette même personne en territoire hostile ... Quell se serait bien donné la peine de l'enfermer à nouveau, si elle n'avait pas une once de pardon face à certains pans de la bêtise humaine.

À vrai dire, ce n'est que la version de Gontrand, ce Bryn a sûrement eu ses propres raisons, pour rester à l'écart de ses anciens compagnons. Et le mage pâtissier continuait de correspondre avec le jeune garçon. C'est donc bien au bout d'une semaine et demie , quelques échanges avec Iron Bull et une préparation adéquate pour le voyage que Quellcrist et Salomé ont traversé le Nevarra pour rejoindre les Marches Libres. Le chemin est fastidieux, mais pas non plus insurmontable. Le duo arrive sur leurs chevaux dans ce petit hameau, désigné dans l'une des lettres de Bryn à son ancien compagnon, au bout de deux semaines de trajet soutenu.
Le lieu est paisible, entretenu par de modestes fermiers et bûcherons tout à fait sains d'esprit. Une aubaine, pas de mage rendant fou, ou de pillards asservissant la population. Cependant, dès que les deux étrangers posent pied à terre, la populace ne peut s'empêcher de les observer avec une certaine curiosité. Il est rare de voir chez eux deux voyageurs. D'autant plus, des supposés natifs d''Orlaïs, au vu de leurs montures.
« Excusez-moi. »
Le bûcheron interpellé s'avance vers cette voix féminine.
« Bonjour. Je suis à la recherche d'un adolescent à la chevelure brune, voyageant souvent seul. L'on m'a dit qu'il passait souvent par chez vous en ce moment.  
- Ah. Vous parlez sans doute de Bryn. Un bon garçon. On a essayé de l'héberger, mais ... »
Le bûcheron lisse sa barbe, trouvant soudainement suspects ces deux individus. Sont-ils là pour éliminer le jeune mage ?
« Que lui voulez-vous d'ailleurs, ma bonne dame. »
Pour se montrer plus amicale, Quellcrist décide de se découvrir. Salomé en fait de même et montre au petit attroupement sa nature d'apaisé. Des cris d'étonnements se font entendre et quelques personnes se reculent, effrayées. Des mages.
« Je viens m'enquérir de son état. Je viens de la part de Gontrand Tancarville. »

Ce n'est qu'après d'intenses discussions avec les doyens du hameau, quelques lettres montrées ainsi que des heures de repos bien méritées, que nos deux compagnons partent à pied, vers le nord et ses pentes abruptes et glissantes. Par deux fois, Quellcrist a failli trébucher et ce, même en s'aidant de son bâton. Elle se demande d'ailleurs  comment ce dénommé Bryn a pu s'en sortir jusque là, sans finir au fond d'un ravin.
« Salomé. Tu vois quelque chose ? »
L'apaisé, semblant bien plus habitué à ce genre de paysages a quelque peu distancé la mage, et scrute l'horizon à la recherche d'un signe pouvant les mener jusqu'au lieu de repos de Bryn. Il secoue finalement la tête en poussant un soupir d'aise. Salomé est bercé par cette nature chatoyante, brute. Même ce lac perdu entre les montagnes a le don d'apaiser les tensions dues à cette éprouvante marche. La descente se poursuit jusqu'à l'immense point d'eau, pour au final établir un camp temporaire après leur marche de nuit.

« Ils s'en sortiront. »
La voix de Salomé sort Quellcrist de ses pensées.
« Nous avons appris à survivre. Penses seulement au garçon. »
Il a raison. Cela fait plusieurs mois qu'ils se sont installés aux Tombes, ont appris à faire face aux aléas et aux hostilités. Quellcrist lui donne pour toute réponse un de ses fameux sourire en coin. Elle ne peut pas être partout et s'inquiéter pour tous. Certes, elle est responsable, mais ce ne sont pas des enfants sans ressources. Qu'il est difficile de lâcher la bride. Les deux mages se servent une nouvelle fois du ragout, fait à parti du bélier qu'ils ont réussi à tuer avec envie car il s'agit là de leur premier vrai repas après un jour de marche. L'odeur est d'ailleurs délicieuse. On sent la chaleur de la viande cuite envelopper votre odorat graduellement, ainsi que les quelques herbes ayant fait leur affaire dans le bouillon de gras.
Alors qu'ils s'apprêtent à entamer leur deuxième ration, des bruissements et craquements se font entendre non loin de leur position. Immédiatement et par réflexe, Quellcrist se redresse et commence à générer une lame spirituelle, laissant son bol tanguer sur la pierre lui servant d'assise pendant ce repas.
« Qui est là. »
Lâche-t-elle sèchement. Mais Quell a beau tendre l'oreille, les bruits se sont tus. Pas de grognements pouvant provenir d'animaux, pas d'autre branche craquée. Elle est pourtant sûre que quelqu'un les épie.


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Bryn Trevelyan
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Mer 8 Aoû - 22:00
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Quellcrist & Bryn

« The purpose of life is not to be happy. It is to be useful, to be honorable, to be compassionate, to have it make some difference that you have lived and lived well. »
Le garçon ne savait pas depuis combien de temps il n’avait pas mangé... ou dormi. Véritablement, du moins. Le temps de son lit chaud et moelleux à Ostwick lui semblait bien trop loin maintenant, et les souvenirs s’évanouissaient avec le temps. Il était bien jeune quand il quitta son nid pour le Cercle. Pas même une décade... Et depuis lors, tout lui avait semblé trop étranger. Sa vie de mage, et celle de maintenant... Les Cercles n’étaient plus, c’était une chose. Il aurait sans doute pu rentrer s’il l’avait voulu. Retrouver sa famille. Certains mages l’avaient fait, mais lui.. C’était bien plus délicat. Son père ne l’aurait jamais accepté, et le reste de sa famille, eh bien... Il se demandait bien ce qu’ils pourraient penser de lui à présent. Non, c’était une mauvaise idée, il ne pouvait pas revenir. Il fallait qu’il s’en aille, loin, quelque part où il n’y avait pas de conflits, où il ne risquait pas de blesser qui que ce soit à cause de sa magie. Il en avait vu, des mages qui contrôlaient bien mal leurs dons ! Il y avait toujours des exceptions, des gens doués, mais force était de constater que lui ne faisait pas partie de ceux-là. Non lui, il faisait partie des pauvres imbéciles qui auraient mieux fait d’être nés sans la magie. La vie aurait été bien plus simple pour lui : il aurait fait ses vœux comme sa sœur, il se serait engagé parmi les Templiers, il aurait rendu fier son père et sa mère... Tout recroquevillé dans sa cape sale, à défaut de dormir, il imaginait alors sa vie... Il se voyait partir au Cercle d’Ostwick comme Cordélia, ou bien il aurait été envoyé ailleurs, et il serait devenu quelqu’un de bien. Quelqu’un de fort. Quelqu’un dont sa mère pouvait se souvenir avec affection et fierté. C’était toujours mieux que la réalité.

Ce fut une étrange odeur qui vint l’ôter de ses pensées. Une odeur chaude, parfumée... Quelque chose de familier et en même temps... Est-ce que c’était de la viande ? Le visage du garçon se redressait, ne s’attendant pas à une telle odeur par ici. S’il se trouvait soudainement méfiant, ce n’était pas le cas de son estomac qui ne tarda pas à se manifester. La faim était bien plus facile à gérer quand rien autour n’était mangeable, et que rien ne venait le rappeler à nos sens.

« Silence, toi... ! » ordonna-t-il à son ventre en posant sa main dessus, comme si cette partie de son corps était apte à l’écouter.

S’il y avait nourriture, alors il devait y avoir des gens. Des Templiers ? Il en doutait : cet endroit était vraiment reculé, une patrouille n’irait pas s’y hasarder. Des mages en fuite ? Des chasseurs ? Simplement des villageois d’à côté ? Sa prudence lui hurlait de faire profil bas et de s’en aller rapidement, mais sa raison et sa curiosité n’étaient pas d’accord : il était bien trop épuisé pour reprendre la marche tout de suite, et bien trop affamé... sans compter qu’il se demandait quel genre de plat mijotait sur le feu.

Gardant la tête baissée, faisant attention au moindre de ses pas, le jeune homme se redressa et s’approcha de la source de cette odeur. Prudemment... Lentement... Peut-être que ces gens accepteraient de partager ? Ou bien de lui indiquer un chemin à suivre... ? Ce qu’il redoutait vraiment, c’était d’être obligé de se défendre, de se battre... À aucun moment il n’aurait l’avantage, il n’était pas de ceux qui pouvaient répliquer. Ses lèvres pincées, il entendit des crépitements. Et des voix. Deux personnes, un homme et une femme... Mais il était encore trop loin pour comprendre ce qu’ils racontaient. Il se rapprocha encore, enfoui dans les buissons et derrière les arbres. Ah, ça sentait si bon...

Une brindille craqua sous son pied. Un si petit bruit, mais pourtant, il crut l’entendre comme si on lui avait hurlé dans les oreilles ! Les deux personnes se turent, la femme se redressa comme un ressort, l’homme resta de marbre, et lui il n’avait rien trouvé de mieux que de se cacher d’un bon derrière l’arbre le plus proche. La main plaquée contre sa bouche, le garçon se retint même de respirer ! Mais son cœur se mit à battre si fort...

« Qui est là. »

Personne, personne... ! Il n’y avait personne ! Rien que le vent, des petits animaux, la forêt... Lui n’existait pas, il ne devait pas être là, il fallait l’oublier ! D’un imprudent regard, il osa se pencher pour la voir. Elle ne regardait pas en sa direction, mais n’était pas loin. Et par le Créateur, elle avait invoqué une arme ! Une mage ! Oh non, non, non, non... Rah Bryn, tu es stupide ! Un crétin fini ! Tu comptais vraiment demander à des mages de la nourriture ?! Ils étaient aussi fous que tous les autres, voire même pire.

La femme se rapprochait. Prudemment et lentement elle aussi, comme si elle craignait également d’être attaquée. Mais elle venait en sa direction... Elle allait le voir... ! La panique prit le pas sur le garçon.

« PAS UN PAS ! » lâcha-t-il, même si sa voix manquait cruellement de volonté. Il lui semblait même qu’elle tremblait. Fichue faim. Et fichue tête : c’était tout ce qu’elle avait trouvé comme idée ? Des menaces ? Contre des gens qui pourraient le tuer comme la maudite brindille qui l’avait fait découvert ? « Pas un pas... ! Je n’hésiterai pas à... à vous le faire regretter... »
(c) DΛNDELION

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Anonymous
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Jeu 9 Aoû - 10:55
Une main tendue


À peine bouge-t-elle vers ce qui semblait être la source du bruit, qu'un autre s'ensuite, et un autre ... Comme si finalement cette présence qu'elle pensait hostile ne l'est pas du tout. Étrange. Mais elle continue d'avancer, jusqu'à ce qu'une voix aiguë dans ses aspects et pleine de panique vienne la déstabiliser. La voix d'un jeune homme, sans doute pris au dépourvu à la vue de cette lame magique. Oh pourquoi. Pourquoi ça ne pouvait pas être qu'un simple animal apeuré. Un garçon en pleine forêt qui ... Oh. Bryn. Et maintenant voilà qu'il la menace en étant  dans cet état. Eh bien. Quand Gontrand disait qu'il avait peut-être eu peur de leurs aspirations, Quellcrist ne pensait pas que ce serait la pure vérité.
« Et je peux savoir comment vous comptez le faire ? En reculant, en agitant bras et bâton et en hurlant une sorte de formule qui ne va pas fonctionner ?
- Tu vas lui faire peur.
- C'est de l'humour Salomé.
- Non c'est du sarcasme. Et c'est intimidant.
- Tu. As raison. »
Décidément, le jour où elle arrivera à passer à l'étape humour est encore loin. Le sourire avait aussi été une étape quelque peu difficile à passer, donc ce n'est pas aujourd'hui ni demain qu'elle sortira le fou rire à l'assemblée. Encore moins quand celle-ci se résume en un apaisé. Quellcrist lâche du lest, ce qui se résume bien évidemment à faire disparaître comme elle est venue sa lame magique. Puis, elle remet ses gants dans un signe de paix, envers le bougre se voulant menaçant.
« Nous cherchons un garçon du nom de Bryn. Vu que tu as l'air de traîner dans le coin est-ce que tu le connaîtrais ? »
Salomé ne réagit pas par l'une de ses phrases rectificatives, se doutant bien où la mage voulait mener le jeune homme. Faire semblant de ne pas se douter de qui est la dite personne est le meilleur moyen de la confondre. Surtout en sachant à quel point ce jeune mage a peur de ses pairs.

Puis, un bruit, assez prononcé d'un ventre se fait entendre alors que la mage semble encore s'avancer d'un pas vers le garçon. Cela la fige instantanément dans son action, pour finir par sentir qu'il valait mieux ne pas insister sur la pression oratoire mais plus sur celle du ventre. Néanmoins, Quell se montre assez embêtée par la nouvelle tentative de recul du mage. Comment ses anciens camarades ont réussi à le rendre aussi peureux, à faire de lui à la limite un ermite.
« Tu sais, si tu veux manger, le repas se trouve à l'opposé. »
Un long silence s'ensuit, où la mage se permet d'observer avec plus d'attention le jeune garçon, en alternant surprise et une certaine confusion. En plus de certains traits creusés, il semble plus blanc que la moyenne humaine. Sans doute la fatigue et le froid. Et il est vrai que la région montagneuse laisse quelque peu des frissons, même en étant bien couvert. Elle tourne néanmoins les talons, pour revenir près des braises, des flasques d'eau de source et de ce repas durement gagné en cette fraîche matinée.
« Je me demande si ce Gontrand de Tancarville nous a donné les bonnes informations, Salomé. Car je me vois mal revenir bredouille en Orlaïs.
- Nous trouverons une solution. Comme lorsqu'il a fallu attraper ce bélier de montagne. »
Dit comme cela, la phrase fait un peu sanguinaire. Chose qui n'échappe pas à Quellcrist qui alors plisse les yeux vers son compagnon un peu trop pragmatique.
« Ma réflexion se voulait simplement pratique. »

La mage aux cheveux noirs et à l'air froid tend un bol en direction de leur invité surprise, mais aussi objet de leur longue et fastidieuse quête.
« Tiens. »
Dit-elle en voyant que Bryn n'a pas beaucoup avancé depuis qu'elle lui a tourné le dos. Ça peut-être compréhensible si ses pairs l'ont bel et bien traumatisé.
« C'est du ragout de bélier. Tu vas rater quelque chose. La viande a légèrement fondue dans la sauce. Ça ne la rend que plus moelleuse en bouche. »
Il s'avance enfin quand Quell se décide à déposer le bol à dix pas de leur campement improvisé. Oui, ils ont vraiment fait quelque chose à cette pauvre âme. C'est inquiétant car déjà qu'elle a récupéré un Gontrand assez fou pour tester des épices et ses techniques sur des plats usuels (ce qui n'était pas le cas de feu l'ancien, mort au combat), mais si en plus elle se récupère un phobique des mages ... elle va bientôt croire que la communauté doit se reconvertir en une sorte de sanctuaire spécialisé dans le retour à la raison des mages.
« Nous voudrions vraiment savoir si tu connais ce jeune homme. Gontrand s'est montré très inquiet quand à son état. Les correspondances se montraient au fil du temps plus distantes et surtout entrecroisées d'éléments de peur. »
Elle tend une des lettres, en espérant avoir un peu gagné la confiance de Bryn par le ventre et, cette fois-ci ces mots réconfortants.


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Bryn Trevelyan
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Jeu 9 Aoû - 13:49
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Quellcrist & Bryn

« The purpose of life is not to be happy. It is to be useful, to be honorable, to be compassionate, to have it make some difference that you have lived and lived well. »
De prime abord, le garçon ne répondit pas. C’était déjà à peine s’il respirait, tant il avait envie de se faire disparaître. Ses menaces ne donnaient aucune suite, évidemment... Mais comment avait-elle deviné qu’il était mage ? Même s’il hurlait une sorte de formule, comme elle disait, il se doutait bien qu’il n’allait pas réussir. C’était une vraie épée qu’elle avait dans la main, faite avec un sort complexe qu’il ne pourrait même pas espérer ébranler. Il resta donc silencieux, aussi immobile que possible, ne saisissant aucunement l’humour dans ses mots. Son partenaire semblait aussi du même avis d’ailleurs...

« Nous cherchons un garçon du nom de Bryn. Vu que tu as l’air de traîner dans le coin, est-ce que tu le connaîtrais ? »

Ces gens connaissaient son nom ? Sa méfiance vint remonter d’un cran. Qu’est-ce que des mages lui voulaient, au juste ? Son épée avait disparu, mais ce serait si facile pour elle de la faire réapparaître. Se risquant un nouveau regard, il se pencha un peu plus pour mieux les voir. Mais il ne s’avança nullement, bien au contraire ! Ce que son ventre n’apprécia pas, apparemment... Il décida de se manifester une nouvelle fois, de manière bien plus marquée ! Ah, comme il maudissait ce bruit... Déjà que sa mère le trouvait disgracieux à l’époque, et maintenant, il révélait encore quelque chose qu’il voulait plutôt cacher. Il n’était pas un mendiant, il n’irait jamais quémander un bout de pain comme le feraient les miséreux !

Malgré tout, il se décida à sortir de sa cachette. Ils n’allaient pas l’attaquer maintenant, si ? Non, ça n’aurait pas de sens, ils auraient pu le faire plus tôt, si tel avait été leur objectif. La femme en noir semblait vraiment être celle qui dirigeait les opérations entre les deux. Elle était... belle. Pas vraiment le genre de femme qu’on pourrait trouver dans les villages alentours, elle ne venait pas d’ici. Et elle était une mage douée... avec un compagnon... sans la moindre expression. Par le Créateur, un apaisé ?! Un frisson le parcourut quand il s’en rendit compte ! Au Cercle, il en avait vu, mais il n’avait jamais réussi à les comprendre. Aujourd’hui, tout compte fait, cela devaient être les seules personnes qui, comme lui, étaient des étrangers à ce combat insensé. Et son ventre qui recommença à faire des siennes... Comme cela sentait bon... Un ragoût de bélier...

Heureusement qu’elle accepta d’éloigner le bol d’eux, il mourrait d’envie de manger. Mais en même temps, il n’avait clairement pas assez confiance pour se mêler à leur petit groupe. Surtout qu’il ne savait rien d’eux : pourquoi ils étaient venus jusqu’ici pour le trouver lui ? D’où ils connaissaient Gontrand ? Pourquoi n’étaient-ils que deux ? Pourquoi une mage et un apaisé ? Tant de questions qui ne parvenaient pas à passer le seuil de ses lèvres, alors qu’il ne pouvait pas quitter son regard d’eux. Il fit un premier pas, difficile. Puis un deuxième. Et enfin le nombre de pas nécessaire pour pouvoir s’asseoir et saisir le bol. Il mangeait sans aucune distinction, ni politesse, comme s’il n’avait rien eu dans le ventre ces quelques derniers jours. Ce qui n’était pas tout à fait faux ! Par le Souffle du Créateur, comme c’était bon... ! Il n’avait rien mangé de tel depuis... depuis... très longtemps.

« Nous voudrions vraiment savoir si tu connais ce jeune homme. » Il cessa alors de bouger, remettant  sa cuillère dans le bol. Son regard brun se releva lentement, s’essuyant la bouche de sa manche, regardant la mage, puis l’apaisé, et encore la mage. Mais encore une fois, aucun mot ne sortit. « Gontrand s’est montré très inquiet quant à son état. Les correspondances se montraient au fil du temps plus distantes et surtout plus entrecroisées d’éléments de peur. »

Elle lui tendit une lettre, qu’il reconnut immédiatement. Évidemment, parce que c’était lui qui l’avait écrite. Comment l’avait-elle eue ? Gontrand avait dû la lui donner... Dire qu’il avait bien dit à son ancien camarade qu’il préférait être seul, voilà qu’il guidait des inconnus jusqu’à lui. Et tout ça pour quoi ? En relisant ces mots, il se souvint très bien de ce moment, des mois auparavant, et son regard s’adoucit quelques peu.

« Il... est arrivé quelque chose à Gontrand ? » demanda-t-il alors, craignant soudainement pour celui qui avait été un ami il n’y avait pas si longtemps. « Il est vivant ? »

Il retendit la lettre à sa nouvelle propriétaire, n’ayant maintenant plus le cœur de manger s’il était arrivé malheur à Gontrand. D’où il était, il n’avait jamais de nouvelles de personnes, et il était bien possible que tous ceux qu’il ait connu avaient déjà connu un sort funeste.

« Qui êtes-vous... ? Qui vous a demandé de chercher ce... ce Bryn... ? » Il se tut un instant, puis trouva tout de même le courage de compléter sa question. « Qu’est-ce que vous lui voulez au juste ? »
(c) DΛNDELION

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Anonymous
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Dim 12 Aoû - 14:22
Une main tendue


Salomé et Quellcrist échangent un bref regard, s'entendant silencieusement sur le fait qu'il s'agisse bien du jeune homme qu'il cherche. À vrai dire, Bryn leur a été décrit par Gontrand comme un jeune garçon brun, à l'apparence quelque peu angélique et à la mâchoire visible. La mage ne peut s'empêcher de rire quand celui-ci s'enquiert de l'état de Gontrand, leur nouveau venu dans la communauté.
« Nous avons réussi pour le moment à calmer ses ardeurs quand à agrémenter les plats de magie. En tout cas, il se révèle être un excellent cuisinier. Et ses connaissances dans les herbes et champignons nous sont utiles lors de nos recherches de provisions. »
La mage se rappelle soudainement des événements qui lui ont permis de rencontrer ce mage farfelu. Elle revoit Iron Bull et ses mercenaires, les facéties qu'ils ont dû mettre en place pour sortir ce pauvre village orlésien du joug d'un démon du désir et de son possédé. Et, un léger pincement au coeur lui vient quand elle pense à l'allure athlétique et au plaisant sourire du qunari. Ses pensées se centrent à nouveau sur Gontrand ainsi que les questions posées par l'adolescent, toujours aussi entêté à ne pas donner son identité.
« Gontrand nous a expliqué que Bryn était seul. Et, quelque peu effrayé par ses semblables. Deux choses m'inquiètent à son sujet. Gontrand ne m'a pas dit si Bryn avait passé sa confrontation, et je n'ai pas envie de voir un si jeune garçon perdre le contrôle de ses pouvoirs. Nous savons tous à quel point être seul peut se révéler stressant ...  »

Quellcrist soupire, se morfondant dans ce passé qui ne cesse de la tourmenter, de lui rappeler que quelque part, cet homme sans foi et ignoble est toujours vivant. Que la soeur ayant refusé de l'aider gère maintenant une Chantrie. Un goût amer vient flotter dans sa bouche.
« Je ne peux guère apporter une quelconque contribution sentimentale sur les dires de ma compagne, mais les cellules d'isolement avaient quelque chose de sombre, puissant, à Ghislain.
- Oui. Quelque chose que nous voulons éviter à tout mage. Surtout  aux jeunes. Ils ne méritent pas un tel traitement. »
La jeune femme se redresse, et part contempler le lac pour calmer son esprit perturbé. Les Marches Libres. Ce nom sonne faux, et pourtant ces paysages donnent tant à espérer sur une possible liberté. Personne pour juger, personne pour venir s'imposer à vous, le silence. Loin, loin des villes et de leur brouhaha intempestif, qui ne vous offrent que dans de rares moments des nécessités peu utiles, mais belles et odorantes pour vos sens.
« Nous habitons dans les Tombes Émeraudes, la forêt se trouve non loin de la frontière avec Férelden. Et j'espère sincèrement que malgré notre absence ...  
- Ils vont s'en sortir.
- Je sais Salomé ... mais ... »
Sa tête se baisse. Elle semble abattue, et inquiète. Inquiète concernant cet avenir incertain et troublé par ces venatori fanatiques, à la botte d'un soi disant Dieu. Salomé de son côté abandonne et se remet à manger, semblant habitué à voir sa comparse jouer les mamans poule avec toute la communauté. Malgré son apparence froide et distante.

« Ce que je vais dire est présomptueux. Le paysage est incroyable ici, et semble offrir maintes possibilités. Mais Bryn ne pourra pas survivre seul. Il se condamne. »
La voilà retournée de moitié vers le jeune homme, bras croisés et sourire mutin éclairant un peu plus ses traits tirés par la fatigue d'une si longue épopée.
« Et je suppose que parler à soi-même est difficile, n'est-ce pas ? »
Ce petit sarcasme pouvait donner une piste évidente au jeune garçon sur le fait que les deux étrangers ne sont pas dupes. Ils savent qui il est. Mais ont tout de même accepté de jouer dans son petit mensonge, le tout en le sustentant gratuitement. Un petit rire vient faiblement faire vibrer sa gorge tandis que Salomé se décide à nettoyer les bols et donc à approcher Bryn pour récupérer le sien. Il est à un pas de lui et semble calme, comme tout Apaisé l'est.
« Nous voulons simplement t'aider et t'offrir un moyen de t'épanouir. Peut-être même à découvrir ce que tu veux vraiment être au fond de toi. »
Soupir et dérision.
« Je crois que Ninon aurait eu plus matière à te persuader que moi. »
En effet, la rousse a des facilités déconcertantes avec les enfants et les adolescents. Elle serait même capable de "toucher" ce garçon tant son discours se montre optimiste et plein de rêves, quand à l'opposé nombre de gens orateurs ou supposés se lever contre la menace se montrent pessimistes et sombres.


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Bryn Trevelyan
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Mar 14 Aoû - 21:42
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Quellcrist & Bryn

« The purpose of life is not to be happy. It is to be useful, to be honorable, to be compassionate, to have it make some difference that you have lived and lived well. »
Bryn n’avait pas eu connaissance de ce qui s’était passé, concernant la cuisine et la magie. Cela dit, Gontrand était un bon cuisinier, c’était certain. Au Cercle, il était de ceux qui aimaient faire des petits plats, qui s’amusaient réellement dans les cuisines. Sans doute voulait-il continuer dans cette voie maintenant… Si un mince sourire avait commencé à se dessiner sur son visage, il fut rapidement effacé en continuant d’écouter la mage devant lui. Elle avait raison : lui était seul, et craignait la compagnie des autres mages. Ils étaient fous, violents, ou du moins certains d’entre eux. Il se mit alors à manger plus lentement, en silence. Il ne savait pas encore s’il devait s’annoncer ou non, avouer qu’il était effectivement le Bryn qu’ils recherchaient… Non, il préférait observer encore un peu. Il ne savait pas encore qui étaient ces gens : et s’ils lui voulaient du mal ? Ils l’auraient sans doute déjà fait, et ils n’auraient pas gâché de la nourriture pour lui…

« Et je suppose que parler à soi-même est difficile, n’est-ce pas ? »

Le jeune garçon se raidit, déglutissant nerveusement avant de relever le regard vers cette femme. Elle savait. L’apaisé s’approchait. Il n’en fallut pas plus pour que Bryn se redressa d’un coup et recule de plusieurs pas. Son bol retomba contre l’herbe, et les quelques restes dans le fond s’éparpillèrent sur le sol. Il avait bougé par réflexe, sans même réfléchir. La peur avait été sa compagne pendant trop longtemps, ce n’était pas comme s’il pouvait s’en défaire aisément. Ils savent, ils savent !

Il les fixa, l’un après l’autre, sa respiration bloquée dans sa gorge. Ce moment semblait durer une éternité à ses yeux.

« Qui êtes-vous ? » répéta-t-il finalement, d’une voix cependant plus faible qu’il ne l’aurait souhaité. « Vous êtes avec ce qui reste de la Chantrie ? Vous voulez… que je vous rejoigne, c’est ça ? J-Je… Je n’ai aucune envie de me battre… »

De toute façon, il en serait bien incapable. Il n’arrivait pas à maîtriser les sorts de base, alors s’il devait s’en servir dans une situation réelle… Non, non, il ne préférait pas y penser ! C’était bien pour cela qu’il comptait partir loin, là où il n’y avait personne, où il ne pourrait blesser personne. Mais… il se condamnait…

Il ne survivrait pas dans ces montagnes. Il y mourra.

Cette pensée le terrifiait. Et ce qui le pétrifiait encore plus, c’était qu’il s’en était douté. Mais il avait tout simplement rangé cette réalité dans un coin de son esprit et l’oublier.

« Qu’est-ce que vous voulez, au juste… ? Est-ce que… c’est ma famille qui… Non, non, ce n’est pas ça… »
(c) DΛNDELION

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Anonymous
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Jeu 16 Aoû - 21:10
Une main tendue


Bryn se confond. Fond. Son mensonge le rend vulnérable, un peu trop peut-être. Cela inquiète Quellcrist qui se tient prête à le maintenir en cas de besoin, bien que l'idée de maîtriser le jeune garçon ne l'enchante guère. Mais il ne fait que reculer, bien plus apeuré qu'assez idiot pour tenter de contrer ses éventuels adversaires. Mais quel démon a bien pu le piquer de la sorte ? Croit-il vraiment que tous les mages sont des êtres sans scrupules et capables de tuer père, fils pour des questions d'honneur ou autre crédo n'ayant pourtant de foi que dans les esprits les plus dérangés ? La mage soupire et commence à s'avancer dans la direction de Bryn, s'accroupissant de sorte qu'il se pense plus à même de prendre l'avantage sur elle.
« Regarde moi. Est-ce que j'ai l'allure d'une combattante de la Chantrie. 
- Un peu.
- Salomé ...
- Tu as failli être chevalier enchanteur. Ne te mets pas à mentir comme ce jeune garçon pour de bêtes envies de survie. »
Le regard de Quellcrist se fait assassin, quand bien même Salomé a évoqué des raisons valables. Oui, elle a failli donner sa vie, son âme à la Chantrie. Mais ces temps sont révolus, happés dans un gouffre de terreur et de solitude. Une porte scellée, dans son jardin secret. Elle se tourne de nouveau vers Bryn, dure de visage et de voix, malgré son discours optimiste et rassurant.
« Gontrand Tancarville nous a parlé de toi, Bryn. Nous ne te connaissons pas autrement. »
Soupir cela allait se révéler difficile pour elle. Ninon, si radieuse, un peu étourdie, un peu traitée d'idiote mais aimée des enfants et des adolescents, aurait su dire les bons mots, de quoi attirer son attention et prouver qu'ils n'avaient rien de monstres.
« La seule chose qui m'importe, qui nous importe, c'est de t'emmener dans les Tombes Émeraudes. Pour que tu sois de nouveau au contact de mages, sans que tu ne sois bridé et que tu puisses ... que tu puisses vivre simplement. »
Salomé continue de ranger et étouffe les dernières braises encore vives avec la cendre et la terre venant des abords du lac. L'ambiance semble se refroidir, avec ce feu maintenant éteint à jamais. Pourtant, en Quellcrist en règne un autre, un feu d'espoir et de passion.
« Tu le sais. Aucun être humain et encore moins un mage comme toi ne peut vivre sans devenir fou ou pire. Un démon. Nous ne savons rien de ta famille. Cela ne nous intéresse pas. Ce qui m'intéresse c'est de savoir que tu seras avec des gens qui t'aideront, te comprendront, comme nous tentons de le faire là bas, en Orlaïs.  »
Elle tente un pas en avant. Mais Salomé tousse bruyamment pour l'empêcher de faire plus. Ses mains  viennent frapper son propre buste dans le but de se désigner, faire partie de cette volonté de.
« Nous méritons tous le respect et la décence, mages ou non mages. Femmes ou hommes. C'est notre droit le plus basique.  »

Salomé remet le sac sur ses épaules et s'avance vers sa comparse. Celle-ci tourne la tête, pour le voir secouer la sienne, dans un signe de négation avéré. Ils ne peuvent pas le forcer. Mais peut-être que, peut-être que si il essayait... au moins une fois, et après elle l'enverrait à Fort Céleste voir Fiona et ... et Quellcrist repousse la main de son compagnon, avant de jeter un regard attristé au jeune homme. Elle se résigne peu à peu à l'évidence. Sans doute est-elle trop chevalier enchanteur pour atteindre des mages ne rêvant que de liberté.
« Tu sais, les gens n'ont pas à te donner quoi que ce soit Bryn, alors apprécie quand les gens te donnent. Même si ce n'est qu'un ragout qui t'aidera à tenir une soirée de plus dans le froid. Et ne laisse pas ce statut te monter à la tête, quoiqu'ils te donnent. Ils te le donnent parce qu'ils sont humains.
- Quellcrist il vaut mieux que l'on retourne au hameau. Récupère ton bâton.
- Oui. Tu ... tu as raison. L'air se fait de plus en plus frais.  »
Aurait-elle dû aller à son contact, le prendre dans ses bras malgré le danger, même si ils ne sont pas proches.  Faire comme Ninon. Être plus ... ouverte. Ces questionnements ont le don de lui donner mal à la tête, et de l'agacer. Car elle aussi, elle réagirait de la même manière que Bryn face à un templier. Face à une soeur de la Chantrie. Comment peut-on faire confiance à ce qui nous fait le plus peur, après tout. Elle part aux côtés de Salomé, le regard dans le vague, parfois fixant les reflets de l'eau ou bien les arbres.
« Je voudrai vraiment que tu nous donnes une chance, Bryn. Je suis restée assez longtemps auprès de ces gens, vécu tant de choses avec eux pour savoir qui je suis réellement et qu'est-ce que je peux apporter à ce monde. Ils me connaissent bien au delà de mon statut de mage. Ils me connaissent pour être une femme de parole. »
Elle hausse les épaules, puis remet son attache portant son bâton sur les épaules. Salomé s'apprête à partir, par là où ils sont venus.
« Et si jamais, tu penses que j'ai biaisé ta confiance, tu pourras partir, trouver d'autres mages, qui eux, ont rallié l'Inquisition. Mais ne reste pas seul. »
Salomé se met en marche, pensant que Quellcrist le suit, mais il se fige immédiatement car ...
« Alors. On part chercher tes affaires, ou tu préfères moisir et devenir comme ces ermites braillards, capables de lécher et sucer la fiente en pensant qu'il s'agisse de chocolat ? ! »
L'apaisé baisse la tête et ferme les yeux. Si il le pouvait, il serait agacé par l'attitude pugnace de sa partenaire. Mais dans un sens, elle n'a pas tord d'insister. Ce serait mal de laisser un tel individu seul. Et, au vu de la fragilité qu'il a pu observer chez Bryn, ils condamneraient un enfant. Le laissant sans doute tomber entre des mains peu scrupuleuses, comme celles des venatori.


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Bryn Trevelyan
Jeune recrue
- Mages Libertaires -
Messages : 85
Jeu 16 Aoû - 23:00
Une main tendue
Quellcrist & Bryn

« The purpose of life is not to be happy. It is to be useful, to be honorable, to be compassionate, to have it make some difference that you have lived and lived well. »
Les Tombes Émeraudes... Bryn n’était jamais allé aussi loin et surtout, ce n’était certainement pas sa destination. Justement parce qu’il avait entendu dire que des mages se trouvaient là-bas, et qu’il voulait éviter de rencontrer qui que ce soit. Mais... ses jambes faiblissaient. Comme sa volonté, d’une certaine manière. Il restait là, immobile et muet face à cette femme qui semblait perdre patience devant lui. Elle insistait, encore et encore, comme si c’était réellement important pour elle. Comme si son sort lui importait.

Son intervention n’avait rien à voir avec sa famille... Pour être honnête, Bryn s’en doutait un peu. Même s’il aurait aimé imaginer son père ou son frère envoyer des gens pour le sauver, l’aider. Le faire revenir. Le garçon se pinça les lèvres, baissant la tête. Quelles émotions pouvait-il bien ressentir ? Un peu de tristesse, de soulagement ? De peur ? De l’espoir aussi ? Il ne saurait dire, peut-être bien un mélange de tout ça.

« J-Je... » sa voix restait bloquée dans sa gorge, sans même avoir la moindre idée de ce qu’il pouvait répondre.

Rester seul le terrifiait, mais il avait passé tant de temps à se convaincre que c’était la meilleure solution que maintenant, il se mettait à hésiter devant chaque main offerte. Chaque geste bienveillant, surtout venant de ceux qui savaient ce qu’il était. Il était mage, et par définition, un être maudit par le Créateur, destiné à passer sa vie à essayer de se repentir. « Nous méritons tous le respect et la décence, mages ou non mages. Femmes ou hommes. C’est notre droit le plus basique. » Il était sans voix, ne faisant que la fixer alors que son ami apaisé s’approcha d’eux. Ils se parlaient sans mots, et Bryn entendait encore la voix de cette femme résonner dans sa tête.

Quand il immergea, elle s’était écartée, et préparait ses affaires pour partir, et son cœur eut un sursaut. Pas si vite... pas si tôt...

« Attendez... Je vous en prie, attendez... ! » Il fit un premier pas vers eux, malgré sa mâchoire tremblante.

Vous êtes vraiment venus pour moi...?
« Alors... vous êtes vraiment venus pour moi ? » Pour être honnête, Bryn ne pensait même pas prononcer ces mots à voix haute. Il aurait peut-être dû en avoir honte, après tout il avait seize ans, ce qui voulait dire qu’il devrait être un homme, être fort, ne pas trembler comme la feuille fragile qu’il était. Cependant, il commençait à comprendre. À réaliser. Ces gens, cette Quellcrist et ce Salomé, ils ne venaient pas pour le tromper, le voler ou le malmener. Ils n’avaient cessé de le répéter, mais il ne leur avait pas fait confiance.

« Alors. On part chercher tes affaires, ou tu préfères moisir et devenir comme ces ermites braillards, capables de lécher et sucer la fiente en pensant qu'il s'agisse de chocolat ? !  » Évidemment, Bryn sursauta devant ce langage, mais... c’était là une invitation, n’est-ce pas ? Il regarda l’apaisé dépité, cherchant une sorte de confirmation.

Il fit un nouveau pas dans leur direction, tenant entre ses mains les pans de sa cape usée. Il n’avait pas grand-chose d’autre, maintenant qu’il y repensait. Il avait fini la nourriture qu’on avait eu la gentillesse de lui offrir et du reste... Non, il ne possédait rien d’autre. Quelle ironie quand on savait qu’il était le fils d’une des familles les plus riches et puissantes des Marches Libres.

« Je n’ai rien d’autre avec moi... »
(c) DΛNDELION

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Anonymous
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Invité
Ven 17 Aoû - 23:36
Une main tendue


Alors qu'elle se sentait en quelque sorte ragaillardie de se montrer aussi prompt et directe avec le jeune Bryn, celui-ci la désarçonne une nouvelle fois par son attitude. La mâchoire tremblante, les larmes aux yeux et le regard empli d'espoir et de confiance, mettent à mal le coeur de Quellcrist. Un mal, pour un bien en soi. Car la mage se sent démunie, presque prise dans un tourment incessant de tristesse et de tendresse qui ne lui conviennent pas, ou plus. Tout frappe, comme une lourde évidence. Prendre Bryn au visage, l'enlacer, lui donne de la chaleur humaine qui lui a été depuis si longtemps refusée. Mais elle se retient, le coeur au bord des lèvres et s'avance simplement vers lui, touchée qu'il leur fasse finalement confiance.
« On trouvera de quoi te fabriquer un bâton. Un bâton qui soit à ton image. Ce ... ce sera la première étape vers ... vers ce tournant que tu t'apprêtes à prendre. »
Le prendre dans ses bras. Elle hésite, encore et encore, alors que sa main s'approche de l'épaule du jeune homme. Le coeur battant à tout rompre, Quellcrist se sent étrangement touchée comme ... comme si une sorte d'instinct la poussait à protéger l'adolescent. Mais seule la main vient enserrer, cette épaule, dans un signe d'approbation et de chaleur, avec grande retenue.
« Que tu choisisses ou non de rester avec nous Bryn, sache que ... sache que je ferai toujours en sorte que tu aies une place chez nous. Allons-y, maintenant. »
Quellcrist n'arrive pas à contrôler le flot d'émotions qui lui vient, s'obligeant à détourner le regard vers ce ciel bleu, pour garder quelque contenance. Cette scène lui rappelle ce qu'elle a été, et ce qu'elle aurait voulu avoir à une époque. Puis, elle se met à marche devant cette fois-ci, laissant Salomé et Bryn à l'arrière. C'était son seul moyen de fuir l'évidence même que d'un regard un jeune mage venait de faire trembler son château de glace.
« Au vu de ses réactions, je me dois de statuer, cher Bryn, les faits suivants. Vous avez un grand avenir dans le domaine de la persuasion. »

Les trois protagonistes se dirigent donc vers le hameau pour récupérer le plus gros de leurs affaires, se payer un repas plus élaboré qu'un ragout et sommes toutes dormir sur des meubles plus confortables que de la caillasse ou de l'herbe. Lorsqu'ils arrivent en fin d'après midi dans la petite communauté de bûcherons et paysans, certains sont aux portes pour accueillir le jeune adolescent et s'enquérir de son état. Dont, le bûcheron leur ayant donné sa zone habituelle de villégiature.
« T'as perdu du poids, p'tit Bryn. Tu devrais venir plus souvent. »
Il continue de palper les joues creuses, de vérifier la maigreur des épaules, comme si il s'agissait de son fils. Quellcrist est perturbée. Rassurée de voir Bryn recevoir de l'amour et de l'attention, mais perturbée car elle ne serait jamais capable de se montrer aussi ... aussi tactile avec qui que ce soit. Peut-être qu'elle devrait changer cela un jour ? Mais comment faire, quand on a déjà peur de se faire toucher. La mage secoue la tête, et part vers l'aubergiste, pour payer les chambres et s'enquérir des montures.
« Les deux juments ne vous ont pas trop posé de problèmes, j'espère.
- Des hennissements après votre départ, mais elles ont pas chanté très longtemps. Le foin et le brossage les ont calmées.
- Deux chambres ce sera possible.
- Bien sûr que ouais, ma ptite dame. Y'a pas grand monde en cette période qui passe par chez nous donc deux chambres c'est bon. Ce soir, ce sera haricots à la graisse et légumes cuits. »
Quellcrist hoche la tête, et sort les quelques sous restants pour payer ce qui était convenu, avant qu'ils ne se mettent à la recherche de Bryn. Elle se tourne une dernière fois vers cette nouvelle recrue ayant eu le don de secouer ses prises de distance, et Salomé, qu'elle rêverait de voir un jour libéré de cet apaisement. Son coeur s'enveloppe doucement d'un halo réconfortant et chaleureux, la rendant plus radieuse qu'à l'accoutumée. Même Salomé semble le remarquer, au vu de la façon dont il fixe la libertaire.
« Les garçons. Haricots à la graisse et légumes cuits, ça vous va ? Si ce n'est pas le cas, je suis au regret de vous annoncer que vous n'avez pas le choix. »


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Bryn Trevelyan
Jeune recrue
- Mages Libertaires -
Messages : 85
Sam 18 Aoû - 17:18
Une main tendue
Quellcrist & Bryn

« The purpose of life is not to be happy. It is to be useful, to be honorable, to be compassionate, to have it make some difference that you have lived and lived well. »
C’était peut-être parce qu’il était lui-même dans un état émotionnel très instable, mais il ne se rendait pas compte de ce qu’il provoquait chez cette femme qui était venue pour lui. Il resta immobile, acquiesçant d’un faible mouvement de tête. Un bâton… Oui bien sûr, il lui fallait un bâton. C’était bien un outil propre aux mages, mais lui n’en avait jamais fait. Jamais eu entre les mains. Alors forcément, il ne savait pas trop à quoi ressemblait un bâton qui soit à son image. Sinon une brindille. Une allumette. Elle s’approcha de lui, sa main se leva, et lui ne bougea pas. Se demandant simplement ce qu’elle comptait faire, jusqu’à ce qu’elle vienne la poser sur son épaule. Malgré lui, le garçon ne pouvait pas s’empêcher un léger sursaut : cela faisait trop longtemps qu’on avait pas levé la main sur lui pour un geste si affectueux et tendre.

« Que tu choisisses ou non de rester avec nous Bryn, sache que… sache que je ferai toujours en sorte que tu aies une place chez nous. Allons-y, maintenant. »

Était-ce une promesse ? Pourquoi ferait-elle une telle chose ? Ils ne se connaissaient même pas, ou trop peu pour s’engager. Avant qu’il n’ait eu le temps de réagir, ou de dire quoi que ce soit, même bouger un tant soit peu ses lèvres, elle était déjà devant. Bryn jeta un regard à Salomé en entendant sa remarque, assez mal à l’aise il faut dire. Lui, un grand avenir dans la persuasion ? Oh il en doutait fortement. Tout ce qu’il avait fait jusqu’ici, c’était d’être faible. On avait vu mieux…

Le jeune mage suivait les deux adultes dans le silence. Il reconnaissait les routes par lesquelles ils passaient et pour l’instant, il n’était pas trop dépaysé… enfin, même s’il avait cherché justement à quitter ce genre de village, un petit peu trop peuplé pour lui. Imaginez qu’il perde le contrôle de ce qu’il avait à l’intérieur de lui, et qu’il mette cet endroit à feu et à sang ! C’était possible, il avait vu des mages le faire. Alors il essayait de faire profil bas, quelques villageois le reconnaissaient, dont le bûcheron. Un homme très bourru mais si adorable… Lui s’approcha tout de suite, le regarda sous toutes les coutures… Oh oui il avait maigri, comparé à la dernière fois qu’il était venu ici. Bien qu’embarrassé, il tenta vainement de masquer sa maigreur comme il le pouvait, en baissant la tête, en remettant sa cape sur ses épaules, en marmonnant des petits « Je vais bien… Ne vous inquiétez pas ainsi… » même s’il n’était guère écouté. Il fallait dire que ses paroles creuses ne trompaient personne : il mangeait trop peu, dormait trop peu, il ne pouvait pas espérer que ça ne se remarquait pas. Toutefois, le bûcheron sembla assez rassuré de le savoir entre de bonnes mains, à présent. Cette mage et cet apaisé ne lui avaient fait aucun mal, finalement.

Il réussit tout de même à s’échapper de toute cette attention, pendant que Quellcrist s’entretenait avec l’aubergiste. Salomé était de son côté, calme. Qui pouvait savoir quelles pensées traversaient son esprit, maintenant qu’il était apaisé. Bryn se surprit à se demander quel genre de personne il était, avant… S’il était aussi calme qu’il ne l’était aujourd’hui. Il aurait pu s’approcher, venir lui parler, mais le garçon préférait rester seul un moment. Tirer de sa poche ces feuilles de papier abîmées et rongées sur les bords, dans lesquelles il inscrivit quelques mots. Son journal, son carnet. Cet objet avait bien mauvaise mine à présent, mais il lui avait empêché d’être totalement seul… Il fallait qu’il écrive. Ne serait-ce les noms des gens qu’il venait de rencontrer. Quellcrist et Salomé.

Ôté de ses pensées par l’appel de la mage, Bryn se tourna vers elle. Elle semblait… plus rayonnante que ses vêtements sombres. Avait-elle reçu une bonne nouvelle entre temps ? Les lèvres à moitié entre ouverte, il s’approcha, de même que Salomé. Le plat était chaud, bon, riche… peut-être trop riche : il ne réussit pas à finir son plat. Sûrement la graisse, ou le nombre de légumes. Son estomac était devenu bien plus petit que devrait l’être un jeune homme de seize ans. Cependant, il était bien plus rassasié maintenant qu’il ne le fut ces dernières semaines ou ces derniers mois. Son sommeil n’en fut que plus lourd, au chaud et au sec dans une couverture propre. C’était assez rare pour être noté d’ailleurs, lui qui ne parvenait normalement pas à dormir sur ses deux oreilles. Ce fut Salomé qui dû le réveiller le lendemain matin, pour commencer à marcher. Une longue route les attendait après tout, vers les Tombes Émeraude.

Comme on pouvait s’y attendre, Bryn fut très silencieux. Il n’était pas un grand bavard de nature, et maintenant, il était devenu bien trop timide pour commencer une conversation. Mais il écoutait… Il apprenait un petit peu mieux à connaître ses nouveaux compagnons en les entendant discuter entre eux, prévoir de nouvelles trajectoires en fonction de la route et des évènements. Il devait bien l’avouer : avoir de la compagnie rendait le voyage bien plus agréable qu’il l’aurait songé. Et l’adolescent se surprit à apprécier ça. Il n’était jamais allé aussi loin, et il n’avait jamais eu d’objectif concret de destination non plus. Plus les jours de marche passaient, plus il se demandait à quoi ressemblaient ces Tombes… sans oser le demander de vive voix.

Cela viendra en son temps.



Suite dans les Tombes Émeraudes

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