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La Traversée [ Libre ]

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Contrebandière
- Civils -
Messages : 17
Sam 11 Aoû - 23:46
« Il ne s’agit pas d’engager une lutte inégale pour y périr.
Il faut engager une vie secrète où survivre. »

~Pascal Quignard.



En soi, quitter le Rivain n’était pas une mince affaire.
La tâche s’avérait même bien plus ardue que ce qu’elle pensait. La perspective de voyager, de rejoindre les Doubles Faces et surtout, de travailler pour Rainerio, lui semblait bien plus enviable que n’importe quelle autre situation. Quitter les siens, sa famille et la ferme lui avaient à peine effleuré l’esprit et à présent qu’elle s’approchait de Kirkwall, leur manque lui faisait l’effet d’une brûlure que rien n’apaise. A dire vrai, elle n’avait pas réalisée que ce périple s’effectuerai dans la solitude la plus brutale.
Elle s’était réveillée un matin brumeux dans la couche froide de Rainerio, et c’est à ce moment-là que la réalité l’avait rattrapé.
Elle serait seule.

Elle s’était imaginé qu’elle resterait aux côté du chef des Doubles Faces, maintenant qu’elle s’était décidée à quitter sa famille pour les rejoindre Pour le rejoindre.
Le mot qu’il lui avait laissé quelques semaine après son arrivé avait brisé tous ses rêves et ses illusions dans lesquelles elle aimait à se perdre… Bien sûre, elle savait pertinemment qu’elle ne fondrait par un heureux foyer sous le joug d’un tel groupe criminel. Clairement, il y’avait de meilleurs cadres pour élever des bambins. Simplement, elle ne s’imaginait pas…

Voilà qu’une larme roulait à nouveau sur sa joue.
Cela faisait environ trois semaines qu’elle avait quitté le Rivain, mais depuis sept jours elle commençait à avoir des accès de pleurs incontrôlés et de plus en plus fréquent. Elle mettait cela sur le compte de sa solitude subie. D’un autre côté, de quoi aurait-il pu s’agir d’autre ?
A mesure que ses pas la menaient vers Kirkwall, la grande ville portuaire des marches libres, elle sentait son corps s’alléger, son esprit s’envoler. Ca y est, elle recommençait à rêvasser… Même s’il s’agissait probablement de la meilleure méthode à sa disposition pour s’échapper de sa morne existence, ce n’était pas le moment le plus propice.
La silhouette de la ville se dessinait mollement dans la pénombre naissante. Une bonne nouvelle au moins, elle ne dormirait pas dehors ce soir.

Lorsqu’elle pénétra dans l’enceinte de la cité, un sac de cuir attaché à son dos, les gardes ne montrèrent aucune réticence. Son allure de voyageuse lui ouvrait bien des portes, d’autant plus que les Doubles Faces ne constituaient pas encore une menace à l’extérieur du Rivain.
Seules ses oreilles pointues lui valurent de temps à autre un regard en biais, une moue dédaigneuse voire carrément des messes basses. Mais comme cela ne lui portait pas directement préjudice, elle ne s’en souciait pas. Pour autant, elle ne s’y accoutumait pas réellement. L’enclave de paix et de tolérance dont elle était originaire ne l’avait pas habituée à être traité avec aussi peu d’égards en encore moins avec autant de haine. Cependant, elle courbait l’échine comme une bonne elfe des cités le faisait. La méfiance des badauds sur son passage ne l’empêchait de toute façon pas de penser à son objectif : traverser la mer et rejoindre Férelden.  
Avant cela, une bonne nuit de sommeil s’imposait.
Elle n’avait plus qu’à trouver un lieu où dormir et malgré l’heure tardive, la ville portuaire bouillait toujours d’une effervescence caractéristique des citées humaine. Trouver une auberge, ou même une simple paillasse dans une écurie ne devrait pas être si compliqué.


La liberté, c'est savoir danser avec ses chaînes
Nietzsche

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Catastrophe ambulante
- Civils -
Messages : 6
Dim 2 Sep - 21:25
La TraverséeOu comment une sans race fixe a embarqué une sans domicile fixe dans Kirkwall
Kirkwall, 9:40, après midi brumeuse


Normalement, tout aurait dû être calme au port de Kirkwall. De bonnes marchandises n'attendaient que d'être débarquées aux yeux et la barbe de ses faméliques citoyens, en majorité réfugiés féreldiens. En tout cas, c'est ce que le capitaine du bateau a dit à Allegra, qui n'a cessé de poser mille et une questions concernant les gens allant ça et là sur le port, ou bien l'histoire de la ville, tout en faisant la pitre sur les rambardes en bois. Cette gamine est impossible, elle pose des questions, chante des paroles n'ayant des fois ni queue ni tête, ne tient pas en place sur le bateau. Si il ne devait pas une dette liant la vie à Jezabel, il l'aurait jetée depuis longtemps à la mer. Mais, depuis leur arrivée dans le port de cette ville des Marches Libres, il la voit sous un autre oeil. L'elfe est toujours aussi agaçante. Cependant, elle semble touchée par les conditions de vie infligées aux réfugiés. Ses pitreries cessent, et c'est avec grande mélancolie qu'elle reste là à observer ces gens traîner des pieds, pour survivre un jour de plus. Peut-être que ...

« J'PARS EN VILLE ! »

Le capitaine n'a pas le temps de réagir que l'elfe bondit, pour atteindre le plancher des vaches sans casse, sur ses deux pieds. Et il fulmine, ravalant ses tendres pensées envers l'adolescente pour ne montrer que colère et agacement.

« Tamriel ! T'as intérêt à revenir avant la soirée ! J'ai pas envie que Jezabel me tanne le fion parce que t'es incapable d'être civilisée !
- Oui m'sieur ! Vous avez raison m'sieur ! À l'Auberge du Perdu !
- PENDU ! NOM DU CRÉATEUR ! C'est toi qu'on va perdre ouais ! PENDU !!! Avant le soir !!!
- Oui m'sieur ! Pendu ! Promis juré craché ! R'gardez ! »

Et elle crache par terre, secoue les mains pour le saluer avant de partir, et laissant ainsi le capitaine du bateau impuissant face à la situation. Cette gosse aura définitivement sa peau. Tamriel la bien nommée par son ancien camp dalatien file donc comme le vent jusqu'aux grands escaliers qui semblent séparer le port du reste de la ville. Certains passants ne remarquent pas sa présence ou, quand elle passe, sentent un vent venir chatouiller leur entrecuisses. Certains encore, ceux aux atours évoquant des richesses bien plus conséquentes que la moyenne de la populace, se sentent soudainement plus légers pour ... remarquer en suivant la disparition inopinée de leur bourse. Leurs cris sont vains car l'ingénue auteur de ce crime est déjà loin. Déjà postée dans des hauteurs qui lui sont présentées comme la basseville lorsqu'elle demande son chemin.

L'on lui jette des regards en coin, par moments mauvais mais, dès qu'elle sort les pièces volées, les gens sont soudainement plus accueillants et enclins à lui expliquer où elle se trouve. Son attitude malheureusement ne manque pas d'attirer l'attention d'hommes aux airs patibulaires. L'un d'eux s'avance vers la petite elfe en zieutant avec intérêt la bourse qu'elle traîne.

« Dis donc p'tite. Tu traînes beaucoup d'argent pour une elfe.
- Peuh ! C'est si étonnant d'voir une elfe avoir beaucoup argent ?
- Ouais ma p'tite. En plus tu le gâches c'est dommage. Tu devrais le partager avec des gens qui en ont besoin.
- AH MAIS OUI VOUS AVEZ RAISON ! »

La petite hurle sur l'homme accroupi qui lui, tombe sur le postérieur, surpris par ce soudain hurlement. Il ne comprend que trop tard ce que fait la petite cachée sous sa cape. Idiote ou pas, elle vient de lancer la bourse vers le ciel, bourse qui effectue plusieurs rotations en déversant son contenu ça et là de cette rue un peu bondée, devenant à mesure de l'envolée des pièces bien plus bondée.

« Ah zavez vu ! C'est bien hein ! ils ont l'air contents. »

Lâche-t-elle avec un grand sourire, en voyant les gens se jeter sur cet or tendu si gracieusement. Sourire qui n'est pas partagé et alerte immédiatement Tamriel du danger. L'homme tend les bras et tente de la serrer aussi rapidement que possible mais trop tard. C'est un vieux clochard au froc bien sali par on ne sait quels soulagements qui se révèle être sa prise. La petite a disparu. Ses collègues viennent l'aider en lui gueulant qu'il a fait le con et en lui disant de récupérer les pièces.

Tamriel, elle, est en train de rire sur le toit d'une maison et observe cette scène pittoresque digne de l'humain charognard. Elle les prend certes en pitié, mais quand ils se montrent vindicatifs et peu enclins à utiliser leurs propres ressources physiques, elle les trouve abominablement cons. Comme l'a si bien dit ce gars en bas. Cons. Elle va garder l'insulte. Il est finalement temps de sauter dans une autre rue, de voler une pomme puis ... de buter contre les côtes d'une inconnue. En effet, alors qu'elle dégustait tranquillement son met durement gagné, la petite elfe s'est pris de plein fouet quelque chose de rigide comme un os contre son nez. L'elfe prend son nez entre ses mains et laisse tomber sa pomme, avant de croiser le regard de la jeune femme. Elle était belle. Enfin les elfes sont rarement moches, mais sa peau mâte lui donne plus de délicatesse et de chaleur dans le trait. Elle reste pendant plusieurs secondes à la regarder, bouche grande ouverte et morceaux de pomme collés entre les dents.

©️ 2981 12289 0



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