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De Charybde en Scylla [SMJ- PV Siha] TERMINÉ

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Assassin fugitif
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Dim 7 Oct - 0:50

De Charybde en Scylla


Allongé sur la maigre paillasse, ses cheveux blonds éparpillés autour de son visage, Zevran attendait avidement que Siha prenne sa résolution. Il semblait hésiter, il avait l’air d’un funambule sur le fil de sa morale. Son désir le consumait visiblement mais quelque chose l’empêchait d’y céder. Gardant son sourire joueur, il décida de ne rien faire jusqu’à ce que Siha parvienne à se décider. Il avait besoin que le dalatien prenne cette décision sans pression, pour qu’il ne le regrette pas ensuite.

- « Tu peux considérer que je te cède… Tu peux me plier à ton désir » ronronna-t-il

Ce fut presque un murmure alors que ses doigts parcouraient lentement la courbe de ses flancs. La chaleur de se peau lui semblait presque trop haute, ses mains semblaient le brûler alors qu’il accompagnait le corps de l’archiviste sur son chemin pour le couvrir. Ainsi placés, il était impossible que Siha ne remarque pas son érection. Et le poids du dalatien contre son désir lui arracha un soupire de satisfaction. Rouler des hanches pour se frotter légèrement à lui fut presque instinctif. Son corps en feu réclamait la présence de Siha sur chaque centimètre de sa surface.

La proximité des lèvres de Siha était presque douloureuse mais il voulait l’entendre parler. Il aurait pu le faire taire d’un baiser, retrouver l’intensité de leur nuit sur les fourrures quelques semaines plus tôt. Mais il se laissa porter par cette voix, ce murmure….

- « Tu en doutes ? Prends moi ici, maintenant, vois si je m’échappe…. »

Sa voix enroué et lointaine sonna à ses propres oreilles comme une supplication. Il ne voulait pas presser l’archiviste mais chaque seconde qu’il passait à hésiter était une seconde de torture. Bon en étant tout à fait honnête Zevran n’avait aucun problème avec le fait d’être torturé, certainement pas quand son bourreau était aussi attirant. Mais cela n’empêchait pas que la situation devenait difficilement soutenable. Et ce fut le moment que choisit Siha pour réciter sa lettre. Ces mots, il en avait pensé chaque lettre. Il s ‘était réveillé un matin, ayant rêvé d’avoir fait l’amour à Siha à l’ombre des aravels, il s’était assouvi lui même en pensant à la façon dont il voulait honorer son corps. Les endroits qu’il avait voulu embrasser, les caresses qu’il aurait aimé lui prodiguer… Il s’était imaginé s’enfoncer en lui, imaginé sa voix s’érailler sous le plaisir et… Ses doigts rencontrèrent des bandages…. Siha l’avait-il soigné alors que lui même était blessé ??

Il fallut une petite seconde pour qu’il réalise que Siha bougeait, que Rasdir venait d’entrer dans la cabane et que la situation pouvait s’avérer gênante pour des personnes moins… dévergondées que lui. Il adressa un sourire amusé à Rasdir comme pour le défier de faire une remarque désobligeante, mais il se contenta d’évoquer le repas qui cuisait toujours derrière eux.

- «  Je suis certain que votre clan apprécie votre dévotion aux tâches quotidienne Rasdir, nous un peu moins. S’il ne pleuvait pas je vous aurais bien suggéré d’aller cuisiner dehors. » Dit-il, toujours allongé sur le dos, son pantalon tendu en évidence de ce qui se passait dans la cabane un instant plus tôt.

Il ne voyait pas l’intérêt de feindre un embarras qu’il ne ressentait pas. L’elfe n’était manifestement pas choqué par le fait de trouver son archiviste se rouler dans la paille avec un mercenaire quelconque. Soit Siha cachait bien son jeu et entretenait des liaisons régulières, soit Rasdir avait déjà deviné que quelque chose se passait la dernière fois. Il penchait pour la seconde solution, Siha était trop réactif au toucher pour être habitué à recevoir ce genre d’attentions trop souvent.

Il se redressa un peu et vient passer le dos de sa main sur le visage de Siha en murmurant à son attention :

- « Souhaites-tu que nous continuions en privé quelque part d’autre ? Où est ce que tu veux que nous restions ici pour profiter du repas avec ton clan ? »

Zevran n’avait vraiment pas la tête à manger mais il pouvait comprendre si Siha était refroidi par la situation. Si l’Antiva pouvait faire feu de tout bois, ce n’était pas le cas de tout le monde. L’idée d’avoir été surpris pouvait avoir déstabilisé l’archiviste.




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Archiviste
- Felassan -
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Dim 7 Oct - 13:14
La main logée dans la nuque de Zevran descendit en suivant la courbe de sa mâchoire avant de se poser lentement sur sa joue, qu'elle prit en coupe. Si aucun mot me franchit ses lèvres closes suite à cette permission presque suppliante, son regard avait quant à lui cessé de fuir. Ces mots étaient tentants et chauds, soufflés comme un murmure, une de ces fameuses promesses que l'antivan se targuait de ne pas prononcer. Siha lui sourit pensivement, réalisant bien vite que malgré la synchronie de leurs corps et l'attraction indéniable ils ne se comprenaient pas. De fait c'est comme s'ils parlaient un idiome différent, et que leurs efforts ne pouvaient combler les murs invisibles qui les séparaient.

Pourtant seule Mythal savait à quel point il était difficile de passer outre l'envie de saisir la chance qu'il lui offrait, l'opportunité de les combler tous les deux par un désir partagé. Leurs langues pouvaient taire leurs fautes et cacher leurs secrets, leurs idéologies pouvaient être incompatibles, mais leurs mains ne mentaient pas. Sentir ce corps dont il avait longtemps imaginé les contours le submergea d'une sensation qu'il ne saurait expliquer, à mi-chemin entre soif et ivresse. Pourtant l'invitation explicite et langoureuse, quand bien même huile sur le feu de son excitation, éveilla un tas d'autres questions qu'il n'avait pas envie de se poser maintenant.

Zevran ne pensait pas plus loin que le moment présent, il ne pensait pas à davantage qu'à saisir le plaisir là où il le voyait, fuyant toute possible complication comme la peste. Il n'y avait pas matière à être déçu ou lui en vouloir, après tout cela n'avait rien de bizarre ou d'inattendu. Pourquoi en serait-il autrement, après ses premiers discours tout à fait limpides ? Siha cligna plusieurs fois des yeux pour s'abstraire de cette conversation de sourds, ses mains parcourant les hanches de l'assassin comme si elles étaient dotées d'une vie propre, étrangère à toute pensée rationnelle.
Heureusement -ou plutôt malheureusement- l'arrivée d'un tiers allait le ramener à la réalité de force, lui faisant soudainement réaliser qu'il avait failli céder à ses pulsions au sein d'un campement de fortune où il risquait à tout moment d'être vu. Et quoique cette prise de risque soit un facteur grisant, cela ne faisait pas partie des folies qu'il était prêt à commettre sans cas de conscience. Déjà parce que le sermon de Sehariel n'en finirait jamais, d'autant que son compagnon était un étranger... et ensuite parce que ce la bâtisse commune ce n'était pas franchement pas l'endroit le plus discret.

Le cœur battant Siha se redressa en position assise, les mains sur son giron, l’œil alerte et le cœur battant. Ses cheveux humides de pluie cascadaient toujours sur le côté de sa gorge exposée, son visage retrouvant instantanément l'expression hermétique qui le rendait si difficile à cerner. Il était évident qu'il faisait de son mieux pour reprendre contenance avec autant de dignité que possible, mais son aspect physique ternissait l'illusion autrement parfaite. Le seul point positif dans tout ça, outre l'assurance libertine et l'humour séduisamment insupportable de l'assassin, c'est que Rasdir était sans doute le plus discret de tous les membres actuellement présents dans l'aravel.

« Je suis certain que la vue de telles réjouissances est très intéressante, Zevran... mais ici c'est une pièce à vivre. Si vous ne vouliez ne pas être dérangés vous auriez tout aussi bien pu trouver meilleur refuge. » Dit-il sur le même ton, le sourire en coin et son haussement de sourcil montrant à quel point tout ceci l'amusait.

L'archiviste lui, resta en retrait sans piper mot, trop secoué pour savoir immédiatement quoi faire et craignant dire une grosse bêtise si jamais il ouvrait la bouche. Ses méninges avaient toutes les peines du monde à se mettre en route et il n'était pas certain de la meilleure marche à suivre. Il avait bien envie de prolonger le moment d'évasion et profiter le plus possible, mais réalistement la magie avait déjà été rompue à plusieurs niveaux. Poursuivre ce qu'ils avaient commencé dans son actuel état d'esprit ne lui paraissait pas le plus judicieux, après tout si quelque chose devait se passer ce ne serait pas pendant qu'il avait la tête à moitié ailleurs. Posant une main sur celle de son compagnon il accompagna son geste sans se soucier de Rasdir. De toute façon pour maintenant il ne pouvait pas tirer de conclusions plus fausses qu'elles ne l'étaient déjà...

« Nous devrions manger maintenant, les autres ne tarderont pas à revenir aussi. » Souffla-t-il finalement, à regret. La décision ne l'enchantait pas mais c'était sans doute pour le mieux. Du moins il fallait s'en convaincre. D'une façon ou d'une autre. Un jour peut-être, sur un malentendu. « D'autres occasions se présenteront tôt ou tard... si tu ne changes pas d'avis entre-temps. »

Son regard migra vers le chaudron sur le feu avec la furie de la frustration. Si le pauvre contenu avait été vivant, nul doute qu'il venait de l'anéantir mille fois en pensée. Le mage soupira faiblement d'un sourire contrit, prenant cela comme une vraie possibilité. Combien de temps restait-il avant que le charme ne soit rompu en faveur d'une plus appétissante nouveauté ? Repliant les genoux contre son ventre il y appuya négligemment un bras.

« Je vais manger dans mon coin, si tu veux me tenir compagnie tu es le bienvenu. De toute façon nous sommes trop nombreux pour tous nous installer tous ici. »


Ce n'était pas la raison première pour laquelle il allait se retirer, mais ses motivations importaient peu. De plus il ne pouvait forcer l'ancien Corbeau à fréquenter des gens qu'il ne connaissait pas, entre autres un Sehariel qui ne manquerait pas de l'assommer de toutes sortes de questions dès qu'ils se croiseraient. Non, en vérité gérer la paranoïa de son jumeau lui donnait une horrible migraine à l'avance. Et puis il n'avait pas envie de sentir tous les regards curieux scruter le moindre de ses gestes alors qu'il était déjà tendu comme un arc.

« Comme ça je pourrai te raconter ce qu'on a trouvé en menant l'enquête. Maintenant que les informations ont été confirmées je sais que te faire venir ne te fera pas perdre ton temps pour rien. »

L'étudiant du coin de l’œil, Siha accepta les deux grands bols de soupe qui lui étaient gracieusement offerts et en tendit un à Zevran en attendant qu'il se décide. Resserrant le col de sa tunique autour de son cou, il s'assura que les bandages qui recouvraient ses cicatrices n'étaient plus visibles.



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Assassin fugitif
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Lun 8 Oct - 1:10

De Charybde en Scylla


Zevran échappa un rire franc à l’adresse de Rasdir, cet homme lui plaisait de plus en plus. En tout bien tout honneur bien sûr, il n’était pas homme à chasser deux lièvre à la fois dans le même terrier. Il prit une expression faussement étonnée et une voix tellement pourvue d’innocence que sa crédibilité en était complètement annulée.

- « Oh ? Est ce une coutume courante de mettre son lit dans la pièce à vivre chez les Dalatiens ? Est ce qu’il y a des tours de rôle pour décider quand c’est une chambe ou quand c’est un salon ? J’espère que je n’ai pas manqué de respect à vos coutumes en séduisant éhontément votre Archiviste sur les heures « cuisine/petit salon » ! »

Pour faire bonne mesure il se redressa un peu et porta une main théâtrale sur sa poitrine, prétendant l’inquiétude…. Avant de rire à nouveau et de tourner la tête vers un Siha bien silencieux. Il lui adressa un sourire complice et le laissa capturer sa main. Ah il aurait dû se douter de sa réponse, après tout Siha faisait partie de ces personnes qui avaient un rôle à jouer dans leur société, il devait lui être difficile de sortir de son rôle d’archiviste et de se laisser aller. Ce genre d’interruption n’aidait pas en ce sens non plus. Il prit la main de Siha dans la sienne et la porta  à ses lèvres pour y déposer un baiser.

- « Tes désirs sont des ordres. » il se permit un petit rire à la suggestion qu’il puisse changer d’avis et ronronna d’une voix basse que le bruit de la pluie couvrait à peine « Crois moi Diletto, mon désir pour toi grandit à chaque fois que nous nous voyons… si tu ne prends pas pitié de moi un jour ou l’autre et que tu n’abrèges pas mes souffrances tu vas me réduire à te supplier à genoux.  »

Il hocha la tête à sa proposition. D’un côté il avait envie de rencontrer les autres membres du clan, s’ils étaient tous aussi sympathiques que Rasdir, il y avait moyen de passer un bon moment à se taquiner. Mais manifestement Siha était un peu frustré et cherchait une excuse pour l’attirer à l’écart.Il remit sa botte et prit l’un des bols qui lui était offert et adressa un petit clin d’oeil à Rasdir avant de se lever.

- « Et bien dans ce cas nous allons laisser la « salle à manger » aux autres. Merci pour le repas, Rasdir, à plus tard. »


Il se dirigea vers la porte et s’arrêta à la limite de la toiture, restant le long du mur pour rester au sec mais s’écartant de l’entrée pour laisser sortir Siha. Il se contenta de le suivre jusqu’à sa tente sans renverser son bol. Une fois à nouveau au sec, il posa son repas sur la première surface adaptée qu’il put trouver et leva les bras au dessus de sa tête pour dénouer ses tresses humides de pluie. Il n’avait aucune envie de friser. Ses cheveux avaient poussé avec les années mais il avait gardé l’habitude de se faire deux tresses en partant des tempes pour garder sa chevelure hors de sa vue la plupart du temps.

- « Je suis ravi de pouvoir payer ma dette mais quelle excuse trouverons nous pour continuer à nous voir une fois que tu auras utilisé cette cartouche ? Ah… cruelle destinée… elle va nous obliger à être imaginatifs. »

Il secoua ses cheveux et les rassembla d’un côté avant de reprendre le bol et de s’asseoir.

- «  Avant qu’on entre dans le vif du sujet, merci pour tes soins… Mais peut-être aurais-tu mieux fait de garder tes pouvoirs pour t’occuper de toi ? Tu n’as pas dit que tu avais été blessé…. »

Il désigna d’un signe de tête la poitrine de Siha qui était enserrée dans des bandages, il avait pu les sentir sous ses doigts et les apercevoir brièvement. Il n’aimait pas trop l’idée que l’archiviste se soit occupé de lui plutôt que de sa propre personne, ou bien qu’il se soit fatigué inutilement malgré sa condition… Il aurait dû chercher un guérisseur avant d’arriver au clan, il le savait… Il ne pouvait pas espérer que Siha soit disponible pour s’occuper de lui quand il arrivait comme une fleur, blessé de surcroit… D’autant qu’outre le plaisir évident que lui apportait sa compagnie, Siha attendait de lui l’accomplissement d’un travail…. Un travail qu’il n’aurait pas pu réaliser dans l’état dans lequel il se trouvait en arrivant.





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Archiviste
- Felassan -
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Lun 8 Oct - 17:52
Siha roula des yeux vers le plafond, se sentant un peu coincé entre l'attitude décomplexée de Zevran et l'insouciance de Rasdir. Il était prêt à parier qu'il suffirait d'un rien pour qu'ils se lancent tous deux dans un débat sans fin, sans queue ni tête, juste pour voir qui aurait le dernier mot. Autant dire que relever l'absurdité de la discussion ou intervenir ne ferait que les encourager davantage. Dodelinant de la tête il ne tarda donc pas à se lever dans l'espoir de ne pas encore finir au centre de leur attention.

« Oh, moi j'trouve ça bien qu'il prenne du bon temps d'une façon ou d'une autre, il en a besoin pour se dérider un peu. »

L'intéressé le fusilla du regard en manquant de renverser sa soupe et de lui balancer le premier objet qu'il avait sous la main. Rasdir était un homme ouvert et perspicace, un des rares à franchir la limite de la familiarité sans hésitations, et ce même quand il n'y était pas invité. Cela avait l'avantage de le rendre honnête et compréhensif, de rendre leur relation plus spontanée et sincère, néanmoins c'était accompagné d'un tas d'inconvénients qui remontaient maintenant à la surface. Il parlait vraiment trop et se mêlait de ce qui ne le regardait pas... Mais là encore la vie au sein d'une telle communauté rimait souvent avec l'abandon de la vie intime.
Le baiser sur sa paume mit un semblant de baume sur son humeur hérissée de contrariété, seulement les mots osés le rendirent encore plus embarrassé. Comment Zevran pouvait lui sortir de telles énormités en présence de tiers sans être troublé le moins du monde ? Soit il se payait sa tête et trouvait ça drôle de pouvoir être entendu, soit il faisait exprès d'afficher son libertinage et la nature de ses intentions. Siha déglutit en se mordillant la lèvre inférieure, ayant bien envie de lui répondre mais se trouvant bridé par le fait qu'ils ne soient pas encore seuls. Maudissant l'audace de l'antivan, il marmonna entre dents.

« C'est sans doute tout ce que tu mérites, démon. » Là où ses mots étaient soufflés comme s'il parlait de banalités, son regard avait la cruauté de l'or coulant. « Qui veut jouer avec le danger, cherche des louanges et trouve des douleurs. »

Son imagination fertile le poussa à visualiser l'exécution de sa menace. Un rictus carnassier au bord des lèvres il attendit que Zevran se décide avant de braver le mauvais temps et couvrir la distance entre la cabane et sa tente d'un pas pressé. Ce n'était pas juste à côté bien que la vue soit dégagée vers l'entrée de la grotte, une cavité assez profonde pour accueillir le gros de leurs biens et les deux aravels. L'étendard de l'aigle à deux têtes claquait doucement au vent lorsqu'ils s'approchèrent pour se mettre au sec. Sur la petite table de bois traînaient encore plusieurs livres ouverts, dont le dessin qu'il avait récemment mis de côté. L'encre encore vive y séchait doucement, figeant les ailes et les écailles d'un énorme dragon dominant les falaises des Tombes d'Émeraude.

Faisant de la place pour qu'ils puissent manger, il s'assit sur le tapis de laine en face de son invité et l'observa dé-tresser ses cheveux avec curiosité. Entourant son bol de ses doigts il y chauffa ses mains en le regardant faire, en attendant que son repas soit à la bonne température. Le mage ouvrit alors la bouche pour répondre à Zevran mais fut interrompu par un petite plainte étouffée provenant d'un panier non loin. Finalement une minuscule boule de poils roux lui sauta sur les genoux comme si c'était là son trône princier, se frottant contre ses jambes en miaulant. Fondant en un sourire Siha lui caressa l'échine, sa main recouvrant presque tout le corps du chaton. Lui adressant quelques mots en dalatien il en revint néanmoins vers le blond de l'autre côté de la table. La frustration était toujours présente, mais un peu de tendresse féline et de bonne compagnie semblaient avoir effacé ses infortunes.

« Oh alors je suis contraint de recourir à une excuse pour te voir ? Je ne peux pas simplement en avoir envie ? » Ses yeux ne le quittaient pas, étudiant son expression en dépit du ton léger. « Me voilà déçu, je pensais prolonger le plaisir une fois que j'en aurais fini avec le travail. »

Caressant Jade d'une main distraite, il fut surpris que l'assassin relève la présence de ses bandages de façon aussi frontale. Il ne s'en montra pas particulièrement déconcerté pourtant. Il ne se voyait pas déballer un sujet bien trop complexe au milieu du repas, alors même qu'ils avaient des choses plus pressantes sur les bras, aussi il choisit l'approche par le semi-mensonge.

« La blessure date de mon passage à Val Royeaux. Comme je t'en ai parlé, j'ai pris un coup d'épée de plein fouet en prenant l'apparence de Michel de Chevin. Pour maintenir les apparences il a fallu que je combatte en guerrier alors inutile de dire que ça s'est mal fini. » Sa poitrine se souleva lentement d'une longue expiration, mais il balaya les mauvais souvenirs de son mieux. « Bref tu n'as pas besoin de t'en faire. C'est refermé, le pansement c'est pour protéger les cicatrices et puis bah... parce qu'une trace de lame orlésienne sur une trace de lame d'engeance, c'est pas franchement beau à voir.  »

Siha avait bien envie de jouer cartes sur table et aborder le délicat sujet de son apparence physique, mais les circonstances n'étaient pas les plus opportunes. Ça, ou il se cherchait des excuses pour ne pas risquer de se faire refouler. Les deux, sans doute. Jade se mit à ronronner contre sa dextre, ponctuant le cliquetis pluvieux de son sonore contentement.

« Et puis tant que tu ne mets pas le clan en danger, tu es libre de venir me voir. » Levant son bol vers son visage il y souffla longuement avant d'enfin goûter à la soupe. Toutefois il grimaça malgré lui en constatant que c'était toujours trop chaud et le reposa à nouveau. « Quant aux amis de De Guivre... il se trouve qu'ils sont plus nombreux et mieux équipés qu'on ne l'a cru. Visiblement ils tiennent une affaire florissante ici-même sur la côte orageuse, sur une presqu'île qui leur sert de quartier général. Il paraît aussi qu'ils dirigent une populaire maison de passe sur le port du village le plus proche, et qu'on peut souvent les y trouver en tant que clients. Apparemment on leur a jamais appris qu'il ne faut pas consommer ce que l'on vend. Bref j'ai pensé qu'on pourrait leur rendre une petite visite ? »



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Assassin fugitif
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Mar 9 Oct - 0:07

De Charybde en Scylla


Toujours amusé par les noms qu’on pouvait lui donner, une fois dehors Zevran se fendit d’un petit rire à sa nouvelle appellation démoniaque et le regard acéré de son interlocuteur n’était pas pour lui déplaire.

- « J’attendrai donc mon châtiment avec impatience, je me satisfais aussi bien des louanges que de la douleur. Est ce que mir yeran veut dire ‘démon’ depuis le début ou ai-je hérité d’un nouveau surnom ? »

Une fois ses cheveux détressés et secoués aussi bien qu’il puisse y parvenir, il les laissa pendre sur son épaule. Certaines de ses mèches ondulaient en rangs serrés d’avoir été retenues dans la pression des nattes et contrastaient légèrement avec la souplesse du reste de sa chevelure, mais avec un peu de temps et l’humidité ambiante il n’y paraîtrait bientôt plus rien. Son attention fut attiré par une petite boule poils oranges qui vint s’installer sur Siha. L’expression sur le visage de l’archiviste était fascinante, il en émanait une douceur qu’il n’avait pas encore vu sur ses traits. Pour une raison inconnue il se sentit privilégié de pouvoir observer ce moment.

- « Oh je vois… et moi qui espérais ton attention la plus complète… » Il lâcha un soupir faussement déçu. « Il va falloir que je me fasse une raison, il y aura toujours une paire d’yeux sur nous dans ce clan. »

Il porta son bol à ses lèvres, soulagé de trouver le breuvage presque brûlant. Cela faisait un moment qu’il était revenu d’Antiva et le froid sudiste n’était plus aussi cruel qu’à son arrivé, ou en tout cas il s’y était réadapté quelque peu. Les premières semaines il n’avait pas quitté ses couches de laines et de fourrure mais il voyageait à présent avec un ensemble de la laine et du cuir qui ne criait pas trop que le soleil lui manquait à chaque seconde de sa vie. Mais un repas chaud dans ces contrées barbares étaient toujours réconfortant. Il releva les yeux vers Siha et lui servit un sourire espiègle, mais ses yeux jaugeaient le dalatien. Il n’avait jamais eu réellement besoin d’une raison pour visiter ses amants…. Ou presque-amant dans ce cas précis, et il n’en avait pas besoin avec lui non plus mais il avait imaginé que l’archiviste serait plus soucieux de son image envers son clan.

- « Oh ? Et qu’est ce que les gens vont penser s’ils savent que je passe mon temps à revenir ici sans autre raison que de te voir ? Ah c’est dommage, j’avais déjà cette idée scandaleuse d’accepter ta proposition de me donner des cours de Dalatien…. Imagine la tête de tes protégés si tu leur annonces que je suis là pour prendre des cours de langue. » Il fit la moue puis se remit à rire. « Mais si tu te moques du qu’en dira-t-on alors très bien, nous n’avons pas besoin de nous encombrer avec des mensonges, aussi pieux soient-ils. »

Écoutant le récit de Siha, il ne pouvait s’empêcher de se dire que quelque chose clochait, mais après tout, il n’y avait rien qui invalidait son histoire. Son regard se porta malgré tout sur l’endroit où se trouvait la blessure et il n’allait pas pousser sa chance et se montrer intrusif alors qu’ils se connaissaient si peu. Pour des amis comme Wulf ou Tullia il aurait probablement coupé le bandage lui même pour vérifier l’état de la blessure mais il ne pouvait pas se permettre une telle chose avec le dalatien. Il se contenta d’écouter la suite.

- « Pour ce qui est de la sécurité du clan, je peux te promettre de mettre tout mon savoir faire à cet effet. » Il eut un petit sourire en coin à la grimace de Siha puis reprit. « Oui j’ai entendu parlé de cette maison de passe, je pense savoir où elle est. Elle est peut-être populaire pour les clients mais chez les prostitué.e.s ce n’est pas le cas. Je n’en sais pas grand-chose, j’ai juste entendu les filles en parler à Halamshiral et Mathlilde m’a déconseillé de choisir un contact là bas. »

Il sembla réfléchir quelques secondes, il rassembla ses souvenirs de la conversation, mais de ce qu’il avait pu entendre c’était surtout des histoires de ‘clients fereldiens malpropres’. Il mordilla sa lèvre en se remémorant les propos de Mathilde. Il n’avait pas vraiment prêté attention aux raisons de son avertissement, Mathilde était une valeur sure en terme de rumeurs, si elle lui déconseillait un endroit c’était toujours pour de bonnes raisons. Précieuse Mathilde et son esprit trop vif pour mériter la vie d’une fille de joie.

- « De mémoire je crois que les filles se plaignaient essentiellement de la qualité de la clientèle essentiellement, mais je crois que Mathilde a parlé du fait que les filles n’arrêtaient pas de changer et que c’était louche. Quand tu parles d’amis… on parle de quel type de maillon ? Est ce qu’on est sur du revendeur local avec quelques esclaves qui tournent le temps de trouver un acheteur ? Ou est ce qu’on est sur de l’arrivage en gros avec dispersion des filles et des garçons à Ferelden et Orlais ? »

C’était une opération très différente en fonction de l’importance du trafique, et c’était encore autre chose d’y aller à l’aveuglette. D’autant qu’en étant deux elfes, ils n’allaient pas pouvoir se faire passer pour des acheteurs … à moins que Siha puisse se transformer bien sûr… Un nouveau sourire illumina ses traits.





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Archiviste
- Felassan -
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Mar 9 Oct - 19:41
« Tu n'espérais quand même pas que je te révèle cette information aussi facilement ? Je n'ai peut-être pas ton savoir faire pour faire parler les gens, mais je sais tenir ma langue. »

Une langue pour le moins acérée au passage, bien qu'il n'ait pas souvent à s'en servir pour remettre ses semblables à leur place. Généralement ils finissaient par suivre ses suggestions ou sa volonté avant qu'il n'ait besoin d'en arriver là, que ce soit dû à leur respect ou sa force de persuasion. Néanmoins il semblerait que Zevran soit de ces fortes têtes qui agissaient toujours en solitaire, de préférence à contre-courant. Siha était même prêt à parier que sous ce sourire se cachait un fort esprit de contradiction, capable de pousser à prendre des décisions idiotes ou téméraires par simple obstination...

« Étrange, je n'aurais pas cru qu'avoir des spectateurs serait suffisant à te perturber... » Ne put-il s'empêcher de riposter en souriant derrière son bol, sourcil haussé.

Bien sûr c'était toujours possible qu'il soit très doué pour cacher son jeu, comme cela avait été le cas un peu plus tôt dans la cabane. Toutefois l'insouciance et le culot dont il avait alors fait preuve lui indiquaient qu'il avait joué la comédie sans même chercher à être convaincant. Mais là encore, quoi de plus normal quand on avait pour habitude de suivre ses pulsions sans vraiment se soucier des conséquences ?

Déroulant un parchemin à côté d'eux, Siha dévoila une esquisse de carte de la région, ce qui comprenait une retranscription fidèle des différents reliefs et un placement estimatif des divers villages pêcheurs. On pouvait deviner que si niveau géographie le tout était étonnamment précis, comme patiemment amélioré à de nombreuses reprises, les détails des populations humaines était bien plus limité par les conditions d'étude limitées. À moitié penché sur la carte, Siha commença à poser diverses petites figurines de bois sur certains points stratégiques, absorbé dans ses pensées. Assez pour émerger difficilement en levant le nez une fois que Zevran continua de le taquiner, mélangeant les registres sérieux et provocateurs.

« Je n'irais pas jusqu'à dire que je me fiche des qu'en dira-t-on, ce serait mentir... mais j'essaie de ne pas les laisser contrôler ce qui reste de ma vie. » Tempéra-t-il prudemment, se montrant aussi honnête que possible.

C'était une bataille de tous les instants et ce n'était pas évident d'avoir l'énergie de la mener au quotidien, surtout lorsqu'il lui fallait jongler entre les casquettes d'Archiviste et de membre actif recruteur des Felassan. D'autre part il était nécessaire pour Siha de tenir bon et défendre son espace sous peine de se faire dévorer par un devoir accapareur, même s'il avait encore des progrès à faire en la matière.
En vérité combien de temps pourrait-il fermer les yeux sur les risques qu'amenait une telle fréquentation, autant sur sa réputation que sur les dangers d'avoir un ancien Corbeau pour... ami, complice, compagnon de voyage ? Comment devait-il le qualifier au juste ? Soudainement confus et sourcils froncés, Siha donnait l'impression d'être en train de considérer nombre de facteurs stratégiques même ses réflexions étaient toutes autres. Cela dit il se reprit enfin quand ils commencèrent à parler du réseau qu'ils avaient pour cible.

« Le Lanterne Rouge est effectivement du genre à voir circuler plus de gens que la normale pour un village. Certes je veux bien croire que les marins soient une clientèle habituée, mais ça n'explique pas les allées et venues ou leur prospérité. »

Lui-même avait encore beaucoup de questions sans réponse sur cette affaire, et n'appréciait pas de devoir se lancer sans plus d'éléments concrets. Par contre ses éclaireurs ne pouvaient pas vraiment se permettre d'approcher les lieux fatidiques sans attirer l'attention des autochtones car des elfes libres, dalatiens de surcroît, ce n'était pas courant dans les environs. De plus en se faisant repérer ils risquaient de compromettre leur enquête ou pire, de passer dans le camp des victimes. Autant dire que comme Siha avait été retenu à Orlais pendant des semaines sans pouvoir les superviser, il leur avait interdit de creuser plus loin en son absence.

« Pour être honnête je n'en suis pas certain à ce stade, mais je ne crois pas que les gros poissons du réseau seraient assez bêtes pour se montrer dans un lieu pareil. Milieu trop vulgaire, l'endroit trop isolé. Seulement c'est l'occasion parfaite pour non seulement remonter la trace des filles et leurs acheteurs, mais aussi en apprendre plus sur ceux qui organisent ce genre d’événement. Si on joue nos atouts correctement, on pourra rencontrer l'intermédiaire avant que la piste ne refroidisse... Un contact régulier de De Guivre, qui se fait appeler 'le Mécène'. »

Il but enfin une longe gorgée de sa soupe en regardant son interlocuteur sous cape, anticipant le scepticisme qu'il manifesterait bientôt. Siha ne se faisait pas d'illusions, il avait bien conscience qu'aux yeux d'un professionnel cette ébauche de plan devait paraître bancale. Néanmoins d'une façon ou d'une autre il fallait qu'il intervienne avant que davantage d'elfes ne soient vendus comme esclaves sexuels. Son visage se tendit d'appréhension.

« En tout cas ce dont je suis sûr c'est que l'un des miens a réussi à subtiliser une lettre d'invitation unique en son genre. » Retirant la dite missive d'entre les pages d'un de ses livres, Siha le glissa en direction de Zevran pour le laisser lire. « Une fête un peu spéciale aura lieu dans quelques jours, une espèce d'exhibition de leurs 'marchandises' sous couvert d'une soirée pour de nouveaux clients triés sur le volet. Seuls ceux munis de lettres comme celle-ci y seront autorisés. »

Il soupira, avant de poursuivre. Il avait bien un tas d'autres détails pour faciliter l'infiltration, mais ce n'était pas là la question première, avant tout il était question de savoir si Zevran acceptait d'être de la partie.

« Je peux me faire passer pour un acheteur potentiel en remplaçant le destinataire de cette lettre à la soirée. Néanmoins je n'y connais rien au fonctionnement des maisons de passe et le temps joue contre moi. J'ai beau être bon acteur, quelques jours ce n'est pas suffisant à apprendre comment s'y comporter. Pourtant c'est maintenant ou jamais : soit je saisis l'occasion, soit l'oiseau s'envole avant que je ne puisse l'attraper. »



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Assassin fugitif
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Mar 9 Oct - 21:40

De Charybde en Scylla


- « AHAHAH Qui ne tente rien n’a rien, n’est ce pas ? Ça valait le coup d’essayer. »

Mais Siha avait raison, il aurait été déçu d’avoir la réponse. Il était un assassin après tout, un bon assassin. Et tout bon assassin savait que la partie la plus intéressante d’un contrat ce n’est pas le coup de grâce qui sonne le glas de la mission et de la cible. Ce qui compte c’est la chasse, les frissons des étapes pour atteindre son but. Les tentatives avortées, la frustration des obstacles. On ne racontait pas un assassinat réglé en une heure dans une maison sans garde et ponctuée par la mort d’une victime endormie. De même il ne tenait pas particulièrement à obtenir sa réponse, mais il allait très certainement tester Siha de toutes les manières possibles pour voir comment il allait pouvoir obtenir cette information. Plus longtemps il résisterait et plus la chasse serait amusante.

- « Oh je n’ai rien contre un peu de publique de temps en temps mais j’avais cette impression – corrige moi si je me trompe – que ce n’était pas ton cas. En tout cas à en juger par le bond que tu as fait en entendant Rasdir entrer dans la cabane. »


Il n’y avait pas de reproche dans sa voix, seulement un amusement très évident. Il regarda l’archiviste dérouler sa carte sur la table et y placer ses pions avec curiosité, le greffier toujours logé sur ses genoux. Il profita de la chaleur de la soupe. Il acquiesça lentement à son affirmation sur les rumeurs, pensif. Il ne savait pas encore quelles étaient les limites avec Siha. Il allait falloir qu’il comprenne quelle dose de scandale le dalatien était prêt à accepter dans sa vie, dessiner cette ligne et ne la dépasser que de quelques centimètres de temps en temps pour le divertir suffisamment et garder son intérêt intact. Il se garda de répondre à cette affirmation cependant. Siha organisait sa vie comme il le voulait, Zevran n’était pas là pour lui donner plus de problèmes que de plaisirs.

- « Et puis ce n’est pas rentable pour un établissement de changer de filles trop souvent, ils les achètent un certain prix et peu d’entre elles trouveront un homme prêt à payer leurs dettes pour les sortir de la prostitution. Si les filles changent souvent c’est probablement parce qu’ils savent que des gens vont venir les prendre. »

Il analysa la carte mais son esprit fonctionnait déjà à plein régime pour trouver un moyen de s’infiltrer dans cette maison de passe. Il étouffa un petit rire en entendant le surnom du contact de leur précédente victime.

- « Ahah les gens qui opèrent dans l’illégalité aiment leurs petits alias. » Il remonta des yeux rieurs vers Siha, il était parfaitement conscient que sa pique le concernait de près. Après tout il affectionnait particulièrement le sien. Après quelques secondes sont visage prit un sérieux plus professionnel. « Il est certain que les personnes vraiment importantes ne seront pas dans cet établissement. Les cellules d’esclavagistes sont plutôt bien hiérarchisées, elles font le moins de déplacements possibles pour éviter les soupçons… Mais arrivés là bas il faudra qu’on détermine si c’est un tout petit commerce ou si cela vaut le coup de le faire tomber. Le problème si c’est endroit n’est pas très important c’est qu’on risque de perdre la trace de la chaîne alimentaire. Le fermer ne fera qu’en ouvrir un autre ailleurs et nous n’aurons aucune info sur la provenance des filles… »

Il mordilla sa lèvre en réfléchissant… il ne pouvait pas cacher qu’il était un elfe s’il se montrait en publique. Le problème de cette opération c’était qu’elle nécessitait d’être sur le terrain à découvert. Jouer les assassins ne leur apporterait aucune information valable et ne leur permettrait pas de rencontrer leur homme. Il fallait donc qu’il se fasse passer pour un esclave ou un prostitué… Mais arriver quelques jours avant une probable vente aux esclaves serait trop louche, il fallait qu’il ait une raison d’être là. Il releva à nouveau les yeux vers Siha.

- « Je pense que profiter de l’invitation en te transformant en humain est en effet la meilleure solution. Je pense que le complément de ça serait que tu me présentes comme ton esclave sexuel. Tu pourrais prétendre que tu te lasses de moi et que tu cherches de la variété. Quand aux mœurs des maisons de passes je peux t’apprendre le principal et t’expliquer la conduite à tenir en fonction de ce que tu es prêt à faire ou non. »

Il n’avait même pas remarqué que Siha attendait de savoir s’il allait venir avec lui, sa tête était déjà en plein cœur de la mission. Il n’avait pas promis son aide pour ensuite chipoter sur les conditions dans lesquelles on faisait appel à lui . De plus si l’archiviste voulait un partenaire pour infiltrer une maison de passe, il avait choisi le bon. L’ambiance des bordels était sûrement celle qui était la plus familière à l’assassin, et de toute façon l’occasion était trop belle pour la laisser filer. Il attendit la réaction du brun à l’évocation de son plan. Qui avait l’avantage de leur faire couvrir tous les champs d’investigations. Pendant que Siha parlerait avec les bourreaux, Zevran fouinerait chez les Victimes





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Mer 10 Oct - 10:27
Un soupir fendit imperceptiblement l'air alors que Siha souriait en coin, réprimant un frisson d'horreur en imaginant qu'un autre que Rasdir les ait surpris en pleine action. Il osait à peine à se projeter dans le malaise que lui aurait valu cette situation si Jillian, Nethari ou pire, Sehariel venaient à témoigner d'un épisode intime. Certes cela aurait toujours pu être pire et interrompre une chaude étreinte ce n'était pas plus grave que d'interrompre les passionnés ébats qui auraient pu en découler, mais...
Siha toussota pour remettre son esprit sur le droit chemin, ses pensées prenant une direction dangereuse et malvenue en pleine planification de leur enquête. Ses doigts pianotèrent sur le bois de la table, comme s'il combattait avec lui-même. Quoi qu'il en soit après quelques secondes de brouillard mental, l'archiviste parvint à plus ou moins s'ancrer les pieds sur terre, bien qu'il soit toujours aussi tentant de penser à des activités récréatives autrement plus agréables que d'aller s'exposer en filant un réseau esclavagiste.

« Je pense que la base sur la presqu'île leur sert de port d'exportation, un endroit où mener leurs magouilles et faire un triage pour leur affaire sans attirer l'attention. Ici on est loin des yeux du Roi, hors de portée des milices des bann. Dans un milieu aussi reculé personne n'a vraiment les moyens de leur poser des problèmes et encore moins de les arrêter. D'un autre côté ça veut aussi dire qu'ils sont moins méfiants, ce qui peut jouer en notre faveur. »

Siha était surpris de la facilité avec laquelle Zevran se laissait embarquer, après tout la faveur qu'il lui devait n'avait été mentionnée à aucun moment. Pendant une paire de longues minutes, le brun étudia la carte en se demandant quel intérêt un homme dont les services pouvaient valoir tant d'argent pouvait avoir à se mêler des histoires d'une cause qu'il ne rejoignait pas. Il y avait certainement une part d'amusement et d'envie de relever un challenge le sortant de l'ennui, néanmoins il y avait forcément plus que ça. Malheureusement en dépit de ses dispositions à une certaine forme d'empathie, le tout n'était pas encore assez limpide pour qu'il puisse cerner son code moral. Zevran avait méprisé De Guivre pour ses crimes atroces, mais il avait également tué de sang-froid dans la foulée... Siha ne pouvait oublier cette profonde contradiction.

« Je ne crois pas qu'on puisse le faire fermer à nous tous seuls, pas sans faire couler le sang. Le but est d'épier l'établissement, repérer les lieux et leur lien avec la base portuaire, dresser une liste de noms de clients et de fournisseurs, même si je doute qu'on soit assez chanceux pour trouver quoi que ce soit sur ces derniers. »

Telle que l'avait prouvée son intervention méthodique à Halamshiral, Siha n'était pas assez naïf pour totalement écarter l'utilisation de violence lorsque nécessaire, mais c'était un recours qu'il espérait éviter pour l'instant. Par ailleurs c'était un peu du gâchis d'employer les talents de quelqu'un comme Zevran pour du 'simple' espionnage, seulement il était le meilleur professionnel qu'il connaisse et quelqu'un dont les origines le rendaient parfait pour le rôle. Il pouvait intégrer les milieux citadins mieux que n'importe quel Felassan de la région et en plus connaissait le fonctionnement des maisons de passe comme sa poche... Un savoir précieux en de telles circonstances, en plus d'un point de vue extérieur objectif.

Écoutant attentivement les observations de l'antivan, Siha jouait avec une figurine en forme d'aigle qu'il faisait danser entre ses doigts fins. Cette opération pouvait bien sûr bénéficier de l'intervention d'autres dalatiens, mais ce n'était pas forcément le plus avisé. De plus leur infiltration devrait se passer de manière plus calculée que leur petit jeu au manoir du baron s'ils ne voulaient pas échouer. Cette fois-ci ce n'était plus une course à qui trouverait des preuves le premier, cette fois ils faisaient équipe.
Néanmoins la suggestion risquée de Zevran, quoiqu'une approche logique, lui suscitait autant de curiosité que d'appréhension. Ce n'était pas qu'il doute de ses talents bien sûr, mais exposer ainsi son partenaire ne l'enchantait pas du tout. Mythal seule sait quel sort pouvait l'attendre si leur plan rencontrait le moindre accroc... Un frisson d'horreur lui parcourut l'échine en imaginant que la couverture de ce dernier soit subitement compromise, ou qu'il doive subir un mauvais traitement pour la préserver.

« Je me doute que tu ne proposes pas ça sans y avoir d'abord réfléchi, mais... tu es sûr ? »

Il était probable que l'idée le dérange plus qu'elle ne dérangeait l'ancien corbeau, néanmoins il voulait jouer franc jeu autant que possible, par respect et inquiétude pour lui. Et puis franchement, enjeux et manigances mis à part, l'archiviste serait-il capable de jouer la comédie dans un milieu inconnu et aussi... diamétralement opposé à son quotidien ?

« Tu l'as sûrement constaté quand je me suis présenté à Mathilde, mais je ne suis pas du tout familier de ce genre d'endroits. J'ignore ce qui est acceptable ou normal de la part d'un visiteur, et j'ai bien peur que même l'excentricité d'un homme fortuné en mal de sensations fortes ne soit pas suffisant à couvrir mes erreurs. Je peux me faire passer pour un humain sans lever les soupçons, mais j'aurais besoin d'un cours accéléré... que tu m’apprennes ce que je peux ou ne peux pas faire, et comment se comporte une personne qui juge que d'autres lui appartiennent et existent pour satisfaire le moindre de ses désirs. »  

Son ton était sérieux malgré le dégoût apparent que lui suscitaient ce genre de déviances. Son regard avait retrouvé la détermination métallique qui le rendait en apparence si différent du Siha de tous les jours, cette même implacabilité qui lui faisait ignorer la teneur presque suggestive de sa demande.



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Mer 10 Oct - 13:43

De Charybde en Scylla


Pendant qu’il écoutait Siha, Zevran avait commencé à laisser un de ses doigts courir sur le bord de la table pour attirer l’attention du chaton. Cette petite boule de poils avait l’air bien trop confortablement installée, il avait envie de l’enquiquiner un peu, sa main sous la table, de montrant que le bout de son dois au dessus de la surface de bois, il faisait des allers retours sans vraiment le regarder. De toute façon la petite boule orange allait sûrement monter sur la table et tout renverser pour l’attraper, il était si petit que la coordination ne devait pas encore être à son paroxysme.

- « C’est très probable que ce soit juste un lieu de livraison des commandes oui, nous pourrions le faire fermer sans un ‘bain’ de sang, il suffirait de s’infiltrer dans les lieux sur les heures de fermeture et de tuer les deux ou trois personnes qui tiennent l’endroit, faire sortir tout le monde et faire brûler le bâtiment. Le problème c’est qu’on ne remontra pas la chaîne de cette façon. Ce qui m’inquiète c’est de savoir si tu te sens capable de voir les abus que ces personnes subissent et les laisser là où elles sont. Au moins jusqu’au moment où on démantèlera leur branche. »

Cette infiltration allait être particulièrement difficile, réalisa Zevran. Siha ne savait pas comment se comporter dans une maison close mais il ne savait probablement pas non plus comment se comporter avec des esclavagistes. Etait-il seulement capable de prétendre être le propriétaire d’une autre être pensant ? Zevran s’était suffisamment infiltré dans le milieu de la prostitution et occasionnellement de l’esclavagisme (c’est fou ce que ces gens là s’assassinent entre eux par le biais des corbeaux à la frontière Antivane) pour avoir une idée très claire du rôle qu’il avait à jouer. Son seul regret c’était que si la soirée dégénérait orgie Siha allait probablement paniquer… et il était hors de question de le laisser tout seul dans la maison de passes pour aller prendre son pied avec tout le monde.

- « Sûr de quoi ? De vouloir me faire passer pour un esclave sexuel ? Je ne vois pas le problème. La seule chose que je trouve scandaleuse c’est l’idée que tu te sois soit-disant lassé de moi… Révoltant ! La question serait plutôt est ce que toi tu es prêt à te faire passer pour un esclavagiste ? Avec tout le mépris que cela implique pour la vie des autres ? Tu n’es pas obligé de jouer les ‘’méchants’’ maîtres…. À moins que cela te plaise que je prétende avoir peur de toi... » Il lui lança un clin d’œil évocateur. « Mais même si tu es un maître attentionné je reste…. Et tous les esclaves qui seront présents également…. Un objet. Tu m’as obtenu comme on achète une tunique ou un meuble, je suis tien et je suis là pour te permettre d’épancher tes travers sans que tu aies à te soucier de me séduire ou de considérer mes envie ou mes besoins. Plus encore que les mœurs des maisons de passe, c’est ça qui risque d’éveiller les soupçons. Que tu ne sois jamais allé dans une maison de passes peut suffire à détourner l’attention, mais un faux acheteur se repère vite. »

Il vida son bol de la soupe qui y restait et commença machinalement à jouer avec une figurine, la faisant tourner entre ses doigts avec habilité.

- « Et il faut que tu puisses répondre aux questions qu’on te posera. Où tu m’as acheté ? Antiva, soyons réalistes je suis bon acteur mais mon accent ne passera jamais pour autre chose. A qui ? Au prince marchand Esteban Rossi. Il est connu à Antiva pour acheter régulièrement des esclaves jeunes qu’il dresse à sa convenance avant de les revendre pour recommencer avec un autre quand ils sont trop bien réglés. Personne ne te demandera directement combien tu m’as payer mais jouer la fausse modestie sera bien vu. C’était une affaire que tu as saisis, un coup de chance d’avoir été de passage à Antiva à ce moment là ….peu importe. Depuis combien de temps m’as tu acquis ? Qu’est ce que je sais faire ? Quels sont tes critères de recherche pour ton deuxième esclave ? »

Il se tut un instant, laissant les informations imprégner Siha et attendant sa réaction.Il pouvait voir à la fois le dégoût et la détermination dans le regard de l’archiviste et il ne savait pas encore laquelle de ces émotions allait gagner. Il le regarda intensément, Il savait que le dalatien avait de multiples facettes, toutes plus surprenantes les unes que les autres, mais se rabaisser au niveau de quelqu’un capable de mépriser assez la vie pour croire autorisé à posséder une autre personne n’était pas donné à tout le monde.





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Mer 10 Oct - 17:38
Jade regardait Zevran de ses yeux inquisiteurs, aussi dorés et félins que ceux de son maître. Ne tardant pas à mordre à l'hameçon il sauta lestement sur la table, serpentant entre les bols vides pour chasser et mordre le bout de doigt qui se promenait joueusement sous ses moustaches. Siha eut tout juste le temps de dégager le chemin d'une main alerte et un soupir résigné, avant que les figurines ne volent dans tous les sens ou que la carte ne soit endommagée. C'est que malheureusement ce genre d'incidents n'était pas à écarter avec un chat dans la fougue de la jeunesse, surtout que ce dernier n'avait été adopté que récemment, après avoir été abandonné à son sort par une caravane marchande de la porte du Ponant.

Par ailleurs Siha ne prêta que vaguement attention aux péripéties félines, son visage songeusement logé dans sa paume. Pensif, il prenait sérieusement en compte les remarques de Zevran, ne pouvant nier leur part de vérité. Lucide sur ses limitations, le mage réalisait qu'il avait tout à gagner à se poser les bonnes questions avant qu'il ne soit trop tard pour faire machine arrière. Néanmoins malgré la semi-réussite d'Halamshiral et l'échec consternant de Val Royeaux, sa résolution à prendre les armes n'en était pas amoindrie, au contraire. En vérité il hésitait beaucoup sur son approche et la façon de procéder, mais pas sur le choix d'agir ou non. Au milieu de tout le reste, l'urgence d'intervenir était une de ses rares certitudes restantes, au-delà des blessures et des trahisons.

« Je suis un bon acteur quand il le faut. » Il haussa un sourcil, plaisantant à moitié. « Si je peux me faire passer pour l'ancien Champion de l'Impératrice auprès de ses compères aspirants chevaliers quitte à devoir m'écorcher la bouche avec des préceptes chantristes, je devrais pouvoir garder mes émotions sous contrôle. »

Ce n'est pas comme s'il avait le luxe d'un autre choix. De plus au vu de ce qu'il avait découvert sur le trafic humain et ses ramifications à travers Thédas, c'était son rôle de faire tout ce qui était en son pouvoir pour y mettre fin, peu importe combien de temps cela prendrait. Si ceux qui étaient au courant ne faisaient rien et choisissaient de fermer les yeux, qui interviendrait pour défendre les minorités ? La sainte Chantrie et ses toqués hypocrites ? Les autorités de la Couronne, si enclines à recevoir des pots de vin sous la table ? L'Inquisition et ses agents aux gros sabots, avides de pouvoir et de ragots politiques ? Non, il fallait être réaliste. Le peuple elfique ne pouvait compter que sur lui-même, et ce n'était pas en restant murés dans la passivité des derniers siècles que les choses allaient s'arranger par miracle.

« Si j'ai des consignes claires, les lignes directrices d'un personnage, je ferai en sorte de les respecter le moment venu. »
Se frottant le menton il réfléchit à voix haute, pondérant les extrémités auxquelles ils seraient sans doute assujettis. « Je peux confortablement maintenir ma forme pendant environs deux heures. Un peu plus si je puise dans mes réserves, mais j'aime autant éviter par mesure de sécurité. Par contre il est important que j'arrive à te traiter avec familiarité, comme si ta proximité était naturelle. »

Ce n'était pas vraiment qu'il soit mal à l'aise en présence de Zevran en temps normal, cependant il craignait qu'il soit nécessaire de manifester une possessivité qu'il ne se serait pas permis en dehors de ce cadre. Siha se consola en se disant que c'était là la meilleure manière de le protéger et s'assurer qu'aucun autre invité peu scrupuleux ne l'approche. Enfin... au moins à ce niveau-là il n'aurait pas à simuler le déplaisir de voir un autre le toucher.

« Je serai sûrement plus perturbé par une potentielle indifférence ou non consentement de ta part que par la comédie que j'aurai à jouer. Pour ce qui d'être confiant et cruel... C'est dans mes cordes. »

S'humidifiant les lèvres, Siha tint tête à Zevran sans ciller, se lançant dans l'exercice comme une improvisation de saltimbanque. Au fond de son regard il y avait toujours un je ne sais quoi de séducteur, comme s'il tissait secrètement un charme entre ces mots dépourvus de sens ou de contexte. S'inspirant de ce qu'il avait pu lire dans les livres et observer dans les cercles fortunés, il murmura distinctement, jouant avec les quelques cartes à sa disposition.

« Je suis Alcyon Yannis, seul héritier d'une riche famille de Nevarra, peintre talentueux et décadent de mon état. Cela fait trois ans que je t'ai acheté à Rossi, pendant une vente aux enchères à Treviso. J'avais envie d'égayer mes nuits d'un peu d'exotique, de m'offrir un modèle artistique et une muse, alors j'ai saisi l'occasion sur conseil d'un ami. Je t'ai alors renommé Remero et t'ai gracieusement offert une nouvelle vie à mes côtés. Tu es un servant parmi tant d'autres au domaine familial, une paire d'oreilles attentives me rapportant toutes rumeurs intéressantes.
Officieusement tu es mon jouet favori, récemment presque écarté par pur ennui. Je cherche à compléter ma collection par un, voire deux autres elfes. Je n'ai pas de préférence pour les hommes ou les femmes, pour peu que leur physique satisfasse l'harmonie des proportions et la géométrie, et qu'ils ne soient pas totalement stupides. En outre j'ai un faible pour les individus possédant encore cette étincelle de vie et de défiance que je pourrai briser à mon bon vouloir. »


Il sourit de cette façon abstraite et vide qui n'avait plus rien de Siha, et pencha la tête sur le côté comme pour demander si sa prestation était suffisamment convaincante.

« Il est important que la marchandise soit disposée à satisfaire toutes mes envies, même les plus inhabituelles, sans poser de questions. Si elle est prête à me fournir un spectacle suffisamment intéressant en ta compagnie, ce sera un plus. »



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