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Les ex-Corbeaux d'Antiva vous saluent [SMJ-PV Tullia]

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Assassin fugitif
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Sam 6 Oct - 21:32

Les ex-Corbeaux d'Antiva vous saluent


La route depuis Ferelden avec le clan Bellanaris avait été plus qu’agréable. Sans être considéré comme l’un des leurs, il n’avait eut aucune difficulté à se faire accepter. Sûrement était-ce la relation un peu particulière qu’il entretenait avec Siha mais outre quelques figures austères – comme celles de Sehariel et de Jillian. Peu importait, le quotidien au près du clan lui avait fait un bien fou.

Avec les années Zevran s’était rendu compte qu’il avait besoin d’être entouré pour se ressourcer. Sûrement ses années à vivre au milieu d’une maison de passe bondée, puis dans un entrepôt plein de gosses, puis dans des quartiers généraux trop peuplés d’assassins avaient fait naître en lui un besoin de frayer. Quelque part ses missions solitaires à chasser les Corbeaux lui pesaient en ce qu’elles comportaient une solitude qui générait chez lui une angoisse sourde.

Mais la solitude n’était pas sa destination, Térébinthe et le Quartier Général de la garde des ombres, il savait que la garde Orlésienne avait été assez diminuée par les évènements de l’Inébranlable mais il ne doutait pas que l’endroit soit tout de même peuplé.

Il ne s’attendait pas à Fort Bastel mais ce fut tout de même une surprise lorsqu’on lui indiqua la petite route vers le fleuve au dernier croisement de la grande voie. Ce fut encore une plus grande surprise lorsque, du haut de sa monture, il aperçu un petit village de pêcheurs. Il arrêta sa jument pour considérer l’endroit, mais il n’y avait pas de doute, les bannières de la garde des ombres flottaient sur une petite tour de garde. Donnant des talons, il fit reprendre la marche à son alezane vers le petit ensemble de cabanes de bois qui ornait la rive du fleuve.

Qu’est ce que la Garde d’Orlais faisait terrée dans ce patelin paumé au milieu de nul part, sans fortifications et sans infrastructures ? Après avoir vu Fort Bastel et Weisshaupt cela donnait une drôle d’impression. Cela dit, c’était l’endroit parfait pour disparaître et c’était peut-être l’effet recherché.

Le garde de la tour le laissa passer assez facilement, même dix ans après l’enclin son nom était connu des Gardes et certainement Tullia devait l’avoir mentionné, lui et la possibilité qu’il se présente à la porte. Il mit donc pied à terre au milieu du village tandis que quelqu’un allait certainement chercher son commandant. Il entreprit de dessangler sa monture et de lui enlever son mord. Il vérifia qu’elle n’était blessée nul part avant de décharger son paquetage de derrière le selle. Il ne savait pas combien de temps il resterait mais certainement assez longtemps pour permettre à l’alezane de se reposer un peu. Ne sachant s’il y avait des écuries, il se contenta de l’attacher à une rambarde du port, à l’ombre d’une maison en attendant.

Pendant qu’il s’affairait son esprit vagabonda sur la conversation à venir. Il ne savait pas trop jusqu’où il pouvait se confier à Tullia. Elle n’était peut-être plus un corbeau mais il n’en restait pas loin que l’humaine était imprévisible. Aussi insaisissable que le vent, il ne pouvait espérer sa loyauté que le temps de se laisser apprivoiser.  Combien de temps cela prendrait-il avant qu’elle se lasse de lui et qu’elle décide plus avantageux de révéler ses confidences à ceux qui étaient aujourd’hui leur ennemi commun ? De plus il n’était pas certain que la loyauté de Tullia pour Wulf s’étende à se soucier de son sort à lui.

Lorsqu’il tourna la tête à nouveau vers le village, c’était une silhouette bien connue qui s’avançait vers lui. Il se composa un sourire charmeur et ouvrit les bras pour l’accueillir.

- « J’ai bien cru que je m’étais trompé de village ! Qu’est ce que c’est que ce quartier général ? l’anti chambre de ta future forteresse j’espère ? »
Il riait mais sa voix était seulement pleine de taquinerie. Il se fichait pas mal qu’elle préfère un port à un palace, ça faisait partie d’elle.



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Garde-Commandeur d'Orlaïs
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Sam 6 Oct - 22:56

Les ex-Corbeaux d'Antiva vous saluent


La journée avait bien démarré, et tous les préparatifs étaient bientôt terminés. J'avais choisis une certaine équipe, et je leur faisais la surprise de notre mission. Tout ce qu'ils savaient, c'est que nous allions en bateau vers la côte orageuse pour une mission conjointe avec d'autres gardes de férelden. Ce qu'ils ne savent pas encore, c'est que cette mission est un entrainement de chasse à l'Archidémon en trucidant quelques dragons avec un professionnel ! Là dessus, j'étais plutôt fière de mon coup, et j'avais du mal à ne pas vendre la mèche et à ne pas paraitre trop excitée. J'étais dans mon bureau, relisant quelques papiers. Il n'y avait pas grand monde, Alan ayant amené une partie des Gardes en patrouille dans les environs. Les autres étaient soit en quart soit en entrainement avec Emery. J'étais plutôt au calme, Dum-Dum étant allé jouer avec Barkspawn plus loin sur le port. Et soudainement, alors que je pensais aux vivres et à mes poisons à récupérer, un garde vint frapper à la porte. Je le regardais avec surprise, me demandant ce qu'il avait à dire. En général, ils viennent me voir quand ils ont vraiment pas le choix. C'est fou l'effet de fascination et de terreur que je peux leur faire parfois.

"Commandeur, un certain Zevran est entré dans le campement et demande à vous voir."

Je me mis à sourire. Ca pour une surprise, c'est une surprise. Il m'avait bien dit qu'il viendrait me voir suite à nos derniers échanges de courrier, mais je ne m'attendais pas à tant d'impatience et de rapidité de sa part. Je mordais mes lèvres pour ne pas rire, et essayais tant que possible de rester sérieuse. Je congédiais le garde, lui donnant également quelques ordres.

"Haa...Merci Malduin, j'en prends note. Je prends congé quelques heures, j'ai affaires à discuter avec cet homme. Vous pouvez passer le message à la Sénéchale et reprendre votre poste."

Il me salua et disparut aussi rapidement, sans doute heureux de ne pas avoir à faire autre chose avec moi. Je rangeais quelques papiers, pensant à ces missives. Une grande maladresse de ma part, qui dans un autre cas que Zevran aurait sans doute finit par la mort du réceptionnaire de la lettre. Un tel laissé aller montrait à quel point je commençais à fatiguer. Il me faut vraiment des vacances... Cette chasse au dragon sera une superbe opportunité, une bouffée d'air et de sang frais ! Mais c'était Zevran, nous étions de l'ancienne même faction et aujourd'hui dans le même camps : des parias de Corbeaux. A ennemis commun, on finit par s'entendre, et encore plus quand il y a une bonne alchimie au lit. Je sortais du bureau, marchant vers le centre du petit village. Le trouver ne sera pas difficile. Un coup d'oeil au port montrait l'absence de bateau, donc impossible qu'il soit venu par la mer. Et un autre coup d'oeil dans l'allée centrale pour voir la fière allure du blond aux oreilles longues ne manqua pas. Je souriais un peu plus, marchant avec lui d'un bon allant. J'étais contente de le voir, cela faisait un moment depuis fort céleste et voir une personne familière était aussi une bonne façon d'oublier un peu les affres du quotidien. Il m'accueillit avec sa même flegme et son humour sarcastique, auquel je répondis sur le même ton par habitude.

"Ha ha ha ha ! Ca ne paye pas de mine, mais au moins c'est discret et efficace. Pour la forteresse, c'est quand on sera capable de ne pas se le faire détruire par des engins de sièges et un dragons corrompus? "

Je lui donnais l'accolade, n'allant pas lui sauter dans les bras devant d'autres gardes. Et puis, nous avions sujets à discuter. Je lui donnais une bonne tape sur l'épaule, et lui fis signe de me suivre. Il était préférable vu le sujet de discussion de se retrouver dans un endroit discret, et une promenade ne serait pas de refus. Tout en marchant, je parlais et lui faisais part de sa chance de me trouver ici.

"Tu es donc vraiment venu... Je pensais que tes affaires allaient te retenir un peu plus longtemps. Et tu arrives juste à temps, car dans quelques jours je pars pour la côté orageuse. "

Nous marchions le long du rivages, pour s'éloigner sur ce qui alternait entre digues et chemins de pêcheurs perdus. Il n 'y avait personne à cette heure ci, et les autres gardes s'entrainaient de l'autre côté du village. Je marchais d'un bon pas, mais restais tranquille et parlais comme si de rien n'était. Lui révéler ce que j'avais à lui révéler ne me posais pas de souci. Le temps avait montré que je pouvais lui faire confiance. Une confiance toute relative car c'est un ancien corbeau, mais au moins je savais qu'il n'était pas stupide pour me trahir afin de se retrouver dans leurs bonnes grâces. J'aurais pus lui annoncer la chose plus tôt, mais nos rencontres ont été si éloignées et la plupart du temps passionnées que cela ne m'avait pas traversé l'esprit. Ma maladresse allait permettre de corriger cela, et je savais qu'il serait digne de confiance. Les explications données allaient sans doute justifier mon silence, mais également donner des réponses à ses doutes. Je décidais de brûler d'avance mes vaisseaux, abordant le sujet de façon amusante. Enfin, c'était surtout moi qui m'amusait en le fixant de mon regard malicieux et n'hésitant pas à rire.

"J'aurais bien voulu être là pour voir ta tête quand tu as lu la lettre. Par le Créateur, si je m'étais doutée qu'une telle étourderie allait me donner un si grand fou rire, j'aurais du te l'annoncer plus tôt, ha ha ha ! "

Je continuais de rire, m'attendant à de représailles verbales ou physiques. Mais peu importe... ça en vaut tellement la peine !




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Assassin fugitif
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Mar 9 Oct - 20:45

Les ex-Corbeaux d'Antiva vous saluent


Il lui rendit chaleureusement son accolade et haussa un sourcil à son étonnement face à son arrivée.

- « Aurais-tu douté de ma venue ? Ma lettre date d’il y a plusieurs semaines. Tu adorerais le récit de mes dernières aventures. Des esclavagistes, un archiviste dalatien, des putes, moi qui porte des robes et une fuite effrénée pour se réfugier à Fort Bastel. Mais il va falloir que nous repoussions ce récit à une prochaine fois, nous avons beaucoup de choses à nous dire. »


Il la suivit sur le rivage, toujours incertain de ce qu’il souhaitait partager avec Tullia. Il ne savait pas jusqu’où il lui faisait confiance et à quel point il pouvait lui confier ses plans. Il était au moins sûr d’une chose : il ne tirerait pas d’elle plus qu’un soutient psychologique, Tullia en avait fini avec les Corbeaux, elle ne le rejoindrait pas dans sa lutte. Pas qu’il le veuille particulièrement, son allégeance à Wulf la rendait bien moins dangereuse dans la partie qu’il essayait de jouer contre la guilde.

- « Ah je te mentirais si je niais ne pas avoir été surpris, plus par la façon dont tu m’as annoncé cette nouvelle que par la nouvelle elle-même, comme je te disais, j’avais repéré des signes. Je t’avoue que je penchais plutôt pour la possibilité que tu aies été une apprentie en fuite. Ça aurait expliqué qu’ils cessent de te traquer après ton avertissement, mais là encore ce n’étaient que des suppositions. »

Il s’éloignaient petit à petit du village, les pontons et les chemins changeant sous leurs pieds. Le fleuve était assez large pour faire passer des navires modestes, juste de quoi transporter des marchandises mais assez étroit pour empêcher des bâtiments militaires de rentrer aisément dans les terres. La localité était en effet assez bien choisie.

- « Je comprends les raisons pour lesquelles tu ne t’es pas ouverte à moi…. Enfin en ce qui concerne ton secret en tout cas »
Il ponctua cette précision d’un regard plein de sous entendu et d’un sourire espiègle. « Ne jamais faire confiance à un Corbeau…. c’est une règle qui est aussi vraie dans la guilde qu’en dehors. Me soupçons m’ont conduit à te dissimuler nombres d’informations. J’ai toujours prétendu que je tombais sur nos anciens collègues plus ou moins par hasard, que je les tuais quand j’en croisais… Ou que je leur volais leurs cibles pour m’amuser. La vérité… Disons qu’elle n’est pas si éloignée de ça, mais elle n’est pas complète. »

Il s’arrêta au bord de l’eau dans un endroit suffisamment dégagé pour que les oreilles indiscrètes – s’il y en avait- soient obligées de sortir à découvert pour entendre leur conversation. Avec le bruit de l’onde qui rampait devant eux comme un long serpent paresseux et luisant. Il pouvait commencer par là peut-être. Il y avait des choses que les corbeaux savaient déjà et qu’il n’était pas dangereux de révéler. Son push neuf ans plus tôt était plus ou moins de notoriété publique dans la guilde et ceux qui n’en connaissaient pas les détails avaient au moins l’assurance qu’il avait assassiné bon nombre de membres de la maison Aranaï.

Bien qu’affichant plus de calme qu’il n’en ressentait, son visage perdit un peu de sa jovialité habituelle pour revêtir un certain sérieux. Il ne se sentait pas à l’aise de parler de son combat avec Tullia, son instinct ne lui criait pas qu’il devrait se taire, mais il avait toujours eut du mal à dévoiler certaines parties de son passé, étrangement, malgré la victoire que cet évènement représentait, il était devenu un de ces souvenirs difficiles à évoquer. Peut-être parce que ce n’avait été que le début de la bataille. Il aurait aimé que parler à Tullia soit aussi facile que de parler à Wulf. Lorsqu’il avait raconté à ce dernier une partie de l’histoire de Rinna, cela avait paru presque naturel. Il se sentait proche du garde des ombres, cette confidence avait semblé couler de source. Mais malgré tous leurs moments d’intimité et de complicité, cette proximité il ne la ressentait pas avec elle.

Le visage de Siha fit une brève apparition dans ses pensées et lui arracha un sourire en coin. Mais il la rangea dans un coin de son esprit. Certes il avait l'impression de ressentir cette proximité avec Siha mais c’était sans doute un effet secondaire du désir brûlant qu’il entretenait à son égard.

- « Tu connais déjà le début de mon histoire. Parti en mission pour tuer Wulf, ça ne s’est pas passé comme prévu… la guerre, le sexe…. Les odeurs de pieds et de fromage au campement…. Et puis l’archidémon. Entre temps mon ancien équipier a essayé de me ramener à ma loyauté et est mort de ma main. Qu’est ce qui s’est passé pour toi avec les Corbeaux ? »




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Garde-Commandeur d'Orlaïs
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Mar 9 Oct - 21:43

Les ex-Corbeaux d'Antiva vous saluent


L'attitude de Zevran ne changea pas, même si je sentais toujours cette gêne. Aborder le sujet avait cependant aidé à commencer la conversation, et bien qu'il dise avoir eu ses doutes jamais il n'avait voulu partager des choses avec moi. Ses informations, ses réels buts etc... Mais qui ne le fait pas ? Moi même je conservais mes sources et travaillais encore beaucoup dans l'ombre. J'avais mes propres renseignements sur Zevran, sans doute aussi précis que si je lui avais demandé et qu'il m'avait répondu avec sincérité, mais c'était déjà ça. Il avait l'air de vouloir s'en excuser, mais j'essayais de le rassurer au mieux.

"Bien des choses ont été dites, et je ne doute pas que tes accidents aient été voulus. Je suis dans le même cas, et pas mal de choses se sont passées dans l'ombre à Fort Bastel et à Férelden sans que Wulf ne le sache. Nos réseaux sont à choyer et à cultiver, que nous soyons retraités ou non. Et nous savons tous deux trouver les moyens pour arriver à nos fins. "

Nous étions à présent dans un endroit à découvert, et dont le bruit ambiant et le vent cachaient bien notre conversation. C'était un endroit agréable, différent de Férelden mais étrangement proche. Sans l'odeur du chien mouillé et de l'urine boueuse, grâce soit rendue au Créateur. Zevran me donna une version courte de son histoire, mais c'était suffisant. Contrairement à moi, il n'avait pas caché son passé et autant par mes renseignements que par Wulf j'avais déjà eu un bon aperçu de son historique. A l'inverse, il me demanda quelle était mon histoire. Je souriais, un peu gênée à mon tour car n'ayant pas vraiment l'habitude de raconter ceci. Au contraire, c'était une habitude que de cacher à tout le monde et tout le temps qui j'étais, ce que j'ai fait, d'où je viens. Pour ma sécurité et celle des autres, mais également pour envoyer un message aux Corbeaux pour prouver que j'avais rompu avec leur réseau. J'avais disparu, pour de bon.

"Pour moi... l'histoire est un peu similaire mais différente. Et plus longue. Je te passe les détails, mais déjà comme tu te doutes à présent je ne suis pas réellement amnésique. Par souci de confort, je fais simplement semblant de ne pas me souvenir de mon passé de Corbeaux, soit avant la rencontre avec Wulf. "

Il y avait beaucoup à raconter, et pendant un moment je restais silencieuse pour trouver mes mots. Trouver mes mots et me souvenir. Mon état, le sort que j'avais subis avait modifié mon comportement, mais également ma perception des choses. J'étais très vive pour tout ce qui concerne le présent, mais le passé et le futur deviennent rapidement flou et j'ai des difficultés à me focaliser dessus. Le présent engouffre tout, que ce soit par le bruit du vent dans les arbres, une odeur alléchante, une couleur qui attire mon oeil. Retrouver tous les éléments et les émotions qui allaient avec n'était donc pas simple, et à voir mon expression préoccupée et mon front plissé de concentration ce n'était pas quelque chose de naturel pour moi. Mais j'essayais.

"Disons que... Par où commencer.... J'étais bien chez les Corbeaux, jusqu'à ce qu'un de leur mage fou dont je m'étais entiché ne me prenne pour son cobaye et ne me lance un sort. Il en mouru bien entendu, dévoré par une wyvern compris dans le sort. Comme première expérience amoureuse, on peut dire que c'est un fiasco, cela m'a donné une bonne leçon, fu fu fu fu ~ ! "

J'en riais, sans pour autant ressentir la moindre émotion. Tristesse, colère, indignation, trahison... Tout cela appartenait au passé, et même si cela était tout de même traumatisant je ne ressentais rien. J'en étais incapable, car c'était trop éloigné et embrouillé. Je ne me rappelle même plus du visage de celui qui m'avait fait cela, et les conséquences de son acte étaient ma nature à présent. J'en riais, car il n'y avait que l'ironie de la situation passé qui me touchait. Rien de plus. Je continuais mon récit, assez détachée et racontant tout cela de façon détachée. Comme si cela était arrivé à quelqu'un d'autre et que je racontais une histoire avec un sourire et de l'entrain.

"J'étais instable, prête à me faire dévorer par ce qui me rongeait de l'intérieur, quand j'ai croisé par chance (ou le destin comme elle aime à dire), la Sorcière des Landes Flémeth. Elle m'a aidé à sceller ce qui me rongeait, mais en échange je devais lui rendre une service. Comment dire que je n'allais pas refuser. "

C'est vrai qu'entre vivre et mourir, je n'allais pas choisir la dernière option. De toute manière, ce n'était que supposition, car je n'avais pas de vrais souvenir de ce moment. Mais cette impression de choix m'était resté en tête, et à me connaitre maintenant j'en déduisais que j'avais du ressentir cela. Je ne saurais sans doute jamais la vérité. Mais la suite était plus intéressante, car au coeur même de la question de Zevran.

"Quand vint le temps de rendre ce service, j'en profitais pour trahir les Corbeaux et utilisais l'Enclin qui courrait alors pour m'enfuir et disparaitre. Cela marcha un temps, mais je fus rattrapée un an après et je du m'enfuir dans les Tréfonds pour les éliminer. Ils sont morts, je me suis perdue dans les Tréfonds et ensuite Wulf m'a trouvé. A moitié folle et rongée par l'Enclin dans mon sang, il s'en est fallu de peu. Mais je tuais toutes créature qui passait et il y avait pas mal d'engeance alors. C'est de là que vient mon surnom, le 6e Enclin."

Imaginez une femme couverte de sang, sur un tas de cadavre d'engeance et riant comme une démente, et vous pourrez sans doute vous faire une idée de l'impression que j'avais fait aux gardes quand ils m'ont trouvé. La folie et le goût du sang de l'Enclin, la monstruosité de la scène avait de quoi donner froid dans le dos. Wulf était présent, mais jamais il ne m'avait vraiment dit ce qu'il en avait pensé. Et de toute façon, moi même je ne me souviens de pas grand chose. Cette description, c'est ce que les autres Gardes présents ont rapportés et m'ont décris. Un beau tableau, qui me suit toujours chez les Gardes de Férelden depuis. Je ne nierais pas entretenir moi même le mythe, car être crainte et incarner une figure monstrueuse et inquiétante me convient parfaitement. C'est un outil si utile, la peur... Je souriais légèrement, me détendant un peu plus maintenant que j'avais réussi à faire une description concise de mon passé. J'étais assez fière de moi, et le raconter à Zevran ne m'avait posé aucun soucis. En fait, le raconter à qui que ce soit ne me pose aucun souci, car je n'ai pas de gêne à dire ce que je suis. Cependant, selon les personnes la conséquence n'est pas la même, et ici je vois difficilement comment Zevran pourrait utiliser cette information contre moi. Et puis, pour l'instant nous étions dans le même camps. Mais la partie la plus amusante n'était pas là. Je regardais soudainement mon camarade avec un regard malicieux et un sourire mutin.

"Mais ce n'est pas le fait d'être devenue Garde qui m'a donné une certaine tranquillité. Il a fallut que je travaille pour, et que je montre qu'ils avaient plus à perdre qu'à gagner. Tu veux savoir ce que j'ai fais ?"

Là, dans cette histoire, il y avait la véritable raison du calme des Corbeaux à mon égard. Une méthode efficace, mais ô combien cruelle et délicieuse...




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Assassin fugitif
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Jeu 11 Oct - 23:45

Les ex-Corbeaux d'Antiva vous saluent


Il écoutait attentivement et resta parfaitement silencieux durant tout son monologue. Ce n’était pas son habitude, il savait qu’il avait la réputation d’être tellement bavard qu’il fallait se couper les oreilles pour ne plus l’entendre. Mais aujourd’hui il écoutait. Quelque part, il trouvait en Tullia quelque chose qui lui avait manqué depuis sa désertion, quelqu’un qui comprenait d’où il venait. Tous les secrets avec lesquels les Corbeaux les avaient chargé, ceux qu’on ne pouvait pas révéler même après les avoir quitté. Pas par peur des représailles mais parce que les révéler n’aurait aucun sens en dehors de la guilde.

Qui s’intéressait aux symboles des tatouages ? Qui s’intéressait à la composition des poisons ? Qui s’intéressaient aux noms et aux perversions de ceux qui les avaient modelés tels qu’ils étaient ? Qui avait envie d’entendre l’histoire d’enfants stockés dans des entrepôts comme de la marchandise et qui s’entre-tuaient pour devenir un jour des machines à tuer ? Qui avait envie de savoir qu’on leur apprenait à ne pas ressentir ? Qui avait envie de croire qu’on les avait torturé tellement cruellement que personne ne pourrait jamais leur faire avouer quoi que ce soit par la force ? Qui avait envie d’écouter la liste interminable des règles de la guilde ?

Et puis même si quelqu’un s’intéressait à tout cela… Quel bien cela lui ferait-il de l’entendre ? A part leur donner des cauchemars ? Et quand bien même ils n’en dormiraient plus la nuit… Ils ne comprendraient toujours pas, parce qu’ils n’étaient pas là. C’était comme demander à quelqu’un qui n’a jamais vu d’engeances de comprendre ce qu’était la bataille de Denerim. L’imagination n’avait qu’un pouvoir très limité.

L’amnésie de Tullia ne m’avait jamais vraiment convaincue mais je n’avais jamais cherché plus loin. Cela m’était égal qu’elle ait oublié son passé ou qu’elle tente de le mettre derrière elle en prétendant l’avoir oublié. Il n’avait jamais entendu parler de cette histoire de rituel qui aurait mal tourné, il ne voyait d’ailleurs pas trop quel genre de rituel magique ou sortilège pouvait aider la guilde. Il avait autant de mal à imaginer Tullia amoureuse… Mais après tout, on pouvait sans doute dire la même chose de lui et pourtant… Rinna….

Il eut un sourire ironique en entendant le nom de Flemeth, décidément cette sorcière était partout. Il nota cependant qu’elle avait omis de préciser le genre de service qu’elle avait dû rendre à la sorcières des terres sauvages. La dernière partie de l’histoire, il la connaissait. Tout le monde savait qu’elle avait été trouvée dans les tréfonds et sauvée de justesse par Wulf. En tout cas, Wulf le lui avait raconté.

Il savait depuis le début que Tullia devait la vie au Commandant Cousland, c’était l’une des choses qui avait un peu aidé leur rapprochement. Zevran ne se sentait pas souvent lié aux gens mais le sentiment de devoir plus que sa vie à quelqu’un, il pouvait le comprendre. Tullia devait plus que sa propre vie à l’exacte même personne. Le sentiment de respect et de révérence qu’il ressentait pour Wulf trouvait son écho dans la jeune femme. L’ironie du sort avait voulu qu’ils soient tous les deux des parias des Corbeaux…. La destinée était vraiment une petite pute vérolée lorsqu’elle s’y mettait.

Son regard n’avait pas quitté le courant du fleuve pendant toute la tirade de sa compagne, jusqu’à ce qu’elle lui pose une question directe. Il se contenta de hocher la tête pour l’encourager à continuer. Peut-être… peut-être l’histoire complète l’aiderait à poser ses propres cartes sur la table. Il y avait quelque chose d’étrange qui se passait entre eux à ce moment. Leurs deux personnages, chacun chaotique et éclatant d’habitude, semblaient s’être fait la malle. La Tullia imprévisible et incontrôlable était restée au village pour un temps. Le Zevran séducteur et volubile s’était envolé quelque part. Finalement cette conversation, c’était peut-être ce qui restait d’eux quand ils n’étaient pas obligés de prétendre et de dissimuler aux gens autour.

Il tourna à nouveau son regard vers l’onde et se baissa pour saisir un galet, il lança la pierre à la surface de l’eau et elle rebondit jusqu’au milieu du torrent, dérivant dans le sens du courant à chaque rebond. Il en prit une autre et la donna à la garde des ombres sans un mot.





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Garde-Commandeur d'Orlaïs
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Sam 13 Oct - 22:50

Les ex-Corbeaux d'Antiva vous saluent


Le silence qui accueilli mes dernières paroles fut assez surprenant. Je m'attendais à une réplique sarcastique, ou bien une remarque enjouée et blagueuse. A la place, un hochement de tête, son regard posé ailleurs et au loin, une expression songeuse. Qui ne dit mot consent. Après un rapide coup d'oeil sur lui alors qu'il faisait des ricochets, je commençais mon récit.

"C'est arrivé 1 an avant que je ne devienne Sénéchale. Les Corbeaux de mon ancienne maison avaient crû que j'avais divulgué des informations sur eux à Férelden. Ils ont voulu me donner et une leçon et m'éliminer. Ils se sont donc infiltré en douce à Fort Bastel et on tenté de me tuer. Deux ont réussis à s'enfuir, mais un des Gardes des Ombres a été grièvement blessé."

Mes mots étaient prononcés sur ce ton étrange, à la fois enjoué et détaché. Pourtant, mon regard n'était pas aussi pétillant que d'habitude. Plus sombre, plus perdu dans des émotions que je n'aimais pas explorer. Le fait que l'on s'attaque à moi m'importe peu. Mais avoir mis en danger, même de façon indirecte, l'un des hommes sous ma responsabilités ou bien que je considérais comme ma famille... Là c'était comment déclencher ma colère et ma furie. Zevran m'avait tendu un galet, pour faire des ricochets également. Mais je le gardais en main, jouant avec entre mes doigts, caressants les irrégularités ainsi que les faces lisses et froides. Je continuais de parler, racontant ce qui était vraiment intéressant.

"Alors, j'ai décidé de leur donner une leçon, et de leur faire comprendre que c'était la première et la dernière fois. Je me suis donc absentée pendant quelques semaines pour les traquer et les piéger."

Cela n'avait pas été évident, mais j'ai mes ressources. Et contrairement à ce que l'on peu penser, quand je le veux je sais être discrète. J'avais réussi à retrouver leurs traces, à connaitre leur agenda et à soudoyer des serveuses pour obtenir des informations. Cela s'était payé par quelques pièces, mais également par quelques gorges tranchées. Mais passons... Le galet en main, je le posais sur un de mes genoux pour ensuite porter ma main à ma ceinture. Je sortais d'une petite poche une fiole, bien scellée et au contenu très sombre. Je regardais la fiole, sentant toute la corruption qui en émanait.

"L'avantage d'être Gardes des Ombres vois tu, c'es qu'on a l'occasion de récolter le pire poison qu'il puisse exister... Je ne suis vraiment pas une gentille personne..."

J'esquissais un léger sourire, mais qui disparut bien vite. Le sang d'engeance. Une abomination qu'en général on ne souhaite pas à son ennemi. Sauf que je ne suis pas la généralité, et que c'était la meilleure et la plus savoureuse de mes vengeances.

"J'ai empoisonné leur repas avec du sang d'engeance, alors qu'ils avaient rejoint leur nid à Dénérim. Il n'en faut pas beaucoup pour provoquer la maladie. Juste quelques gouttes et un peu de patience, la maladie se déclare en quelques heures au plus. Quand ils sont tombés malade, qu'ils ont commencé à souffrir et à devenir fou, c'est là que j'ai attaqué. "

Le souvenir était étrangement vif, mais j'avais plus le souvenir du soulagement d'avoir atteint mon but que de la violence de mes faits et gestes. J'étais cruelle, mais satisfaite et heureuse de cela, car à mes yeux ce n'était que justice mêlé au plaisir du meurtre.

"Je ne les ais pas tué. Cela aurait été trop facile. Je les ai juste blessés, attachés à piliers et laissés agoniser. Quand on est dévoré par l'Enclin, la douleur est insurmontable, et leur QG se trouvait dans une zone plutôt désertique des docks. Peu de chances qu'on entende leur cris, seul l'odeur finira par attirer les charognards."

Tout dans l'efficacité, bien préparé, comme tout Corbeau se respecte. J'étais plutôt fière de moi à vrai dire, surtout pour la suite.

"Il n'y a qu'une personne que je n'ai pas attaché. C'était une femme. L'Enclin leur réserve un sort différent, et pas plus enviable. Elle souffrait et commençait à devenir folle, mais je lui ai dis qu'il y avait un antidote. Je l'avais envoyé au campement à Antiva, et qu'elle l'aurait si elle délivrait un message. C'était un parchemin qui expliquait simplement mes exigences."

J'avais rangé la fiole et de nouveau le galet était entre mes mains. Par le Créateur, que j'avais été cruelle. Je me souviens de la douleur et de la lueur d'espoir dans les yeux de cette femme, alors qu'elle m'appelait "soeur" pour attiser ma pitié ou "putain" pour que je l'achève. Quelle douce naïveté... Mais elle avait fait son oeuvre, c'est tout ce qui comptait à mes yeux. D'un geste rapide et précis, je jetais le galet sur l'onde pour le voir ricochet avant de sombrer et ne laisser que quelques rides rapidement effacées par le vent.

"Elle est partie, et depuis je n'ai plus jamais eu d'ennuis. Bien entendu il n'y avait pas d'antidote, et elle avait assez de temps pour arriver là bas avant de se changer en broodmother. C'était mon petit cadeau, pour eux. Dans le message, je leur avais intimé de ne plus jamais m'importuner vu que je ne me mêlais pas de leurs affaires. Sinon, le "Fantôme de l'Enclin" viendrait frapper à leur porte de nouveau, et pas que pour éliminer un petit nid."

Après cela, j'eus un petit silence, réfléchissant un peu. Mon esprit tortueux et assez encombrés ne me permettait en général pas beaucoup ce genre d'occasion. Je poussais un léger soupire, celui d'une personne lasse mais résignée.

"Tu sais, en y repensant... Je n'en veux pas vraiment aux Corbeaux de ce que je suis devenue. Ils ont créé une arme, mais ce n'est pas de leur fait que je sois un monstre. Ils m'ont permis d'être valorisée et d'avoir une certaine place dans ce monde. Je leur en veux juste de s'attaquer à ce qui m'appartient, et au peu qui m'estime c'est tout..."

Je baissais la tête, regardant un moment mes pieds et tapant dans un cailloux. J'étais une créature bien étrange, prise la plupart du temps pour une fille et le reste du temps pour un monstre. Le peu de personnes qui m'avaient acceptés ou vu au delà de l'apparence, et ils se comptent sur les doigts d'une main, je les chérissais et les couvais. Une denrée aussi rare, mes seuls moyens de ne pas totalement me séparer de la société et de ce qui fait que l'on est partie intégrante d'un groupe... Les perdre seraient terribles et sans doute que je finirais par ne plus vraiment savoir ce que c'est que d'être une personne, ou alors une humaine. Le monstre se cachait là, patient et ayant tout son temps. D'un coup, je me tournais vers Zevran, me rendant compte que j'avais été un peu trop romantique et déprimante dans mes paroles. Je lui souriais avec malice, sortant une petite boutade tout en feignant mon entrain habituel.

"Mais je suis un monstre libre pour l'instant, c'est ce qui compte non ? Fu fu fu fu !"

Je riais un peu, mais déjà mon regard s'était posé au loin. Combien de temps me restait il vraiment, au final ?





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Assassin fugitif
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Mar 16 Oct - 0:04

Les ex-Corbeaux d'Antiva vous saluent


Le silence était la seule réponse dont il était capable pour l’instant, il y avait une forme de soulagement dans le fait de ne pas parler pour une fois, dans celui de ne pas avoir besoin de remplir les vides en urgence comme il le faisait si souvent. Pas de plaisanterie graveleuse, pas de diversion, pas de mensonges, pas d’histoires sans intérêts juste… Tullia qui parlait inlassablement et rien à répondre car au final, il n’y avait rien à dire. Elle avait fait ce qu’elle pensait juste pour se protéger elle et les siens.

Si Zevran avait été immunisé à la souillure comme Tullia l’était en étant devenu Garde des Ombres il aurait probablement fait preuve de la même cruauté en certaines circonstances. La vérité c’était qu’il avait peur de devoir devenir un garde des ombres lui même, il n’avait jamais été doué avec les responsabilités, et il n’avait jamais été un bon suiveur non plus.

Il avait grandit dans une maison close, les putes avaient jugé qu’il n’avait ni l’étoffe d’un prostitué ni d’un tenancier de bordel (encore qu’il puisse comprendre, les hommes tenant des bordels étaient en fait assez rare à Antiva. D’après Jezabel, il avait toujours eut le cœur beaucoup trop tendre pour faire payer ses services et pour ne pas céder aux caprices des filles.

Pendant longtemps Zevran avait rit à cette idée, lui ? Un cœur tendre ? Et la vérité c’était qu’elle avait raison. Il suffisait de voir comment s’était déroulé sa vie. Tombé amoureux d’une femme qu’il ne pouvait pas avoir, pendant une de ses premières missions il avait faillit laissé filer sa cible après qu’elle l’ait charmé, il avait finit dans le lit de Wulf et avait continué à travailler pour lui gratuitement après l’enclin, et il refaisait exactement la même chose avec Siha.

Ensuite les Corbeaux lui avaient répété qu’il était simplement un bien remplaçable, que n’importe qui pouvait faire le même travail que lui, qu’il ne comptait pas. Alors il avait tenté d’exister en faisant le plus de bruit possible, on ne lui avait jamais confié de responsabilités car il était jugé immature et en même temps il ne montrait aucun respect pour les règlements sans qu’on ne lui inflige des punitions cuisantes.

L’exception à cette règle avait été Wulf évidemment. Avoir un homme aussi bon et compétent à suivre était peut-être une occasion qui ne se présente qu’une fois dans une vie. Mais la perspective de risquer de mourir pour être à ses côtés le terrifiait. Il ne se sentait pas l’étoffe d’un garde des ombres.

Aujourd’hui il regardait ses amis devenir des noms de livres d’histoire, Leliana la main de la Divine, Wulf le Héro de Ferelden, Sten l’Arishok, Alistair roi de Ferelden, Tullia Commandant Garde d’Orlaïs… quand à lui, sa nature d’assassin le poussait à rester dans l’ombre. Son nom ne serait plus cité dans l’histoire du cinquième enclin d’ici quelques dizaines d’années et ce serait là sa trace dans le monde.

Lorsque Tullia se tourna vers lui en prenant la peine de feindre l’amusement, il lui jeta un regard qui signifiait qu’elle ne le trompait pas. Il lança un dernier galet, qui ne fit pas plus de deux rebonds. C’était son tour à présent ? Étrangement le fait de connaître l’histoire de Tullia presque en entier ne l’aidait pas à s’ouvrir. Il prit une inspiration profonde et se remit à parler. Sa voix était un peu rauque, comme si son silence avait duré plusieurs jours.

- « Je suis resté au près de Wulf et d’Alistair pendant quelques mois… J’ai fait en sorte que les gardes de Denerim et les recrues de la garde soient aussi bien formés que possible à contrer un assassin. Je me suis leurré en me disant que parce que je ne me mêlais plus des affaires des Corbeaux et que j’avais tué nombre de leurs recrues, ils avaient fini par laisser tomber. Que le fait que j’ai participé à sauver le monde allait faire une différence. Mais ce n’était pas le cas. Un jour je revenais de Denerim et je suis tombé dans une embuscade. J’en suis sorti vivant par un miracle assez scandaleux. Quand je suis arrivé à Fort Bastel j’ai dit à Wulf qu’il fallait que je règle mes comptes avec les Corbeaux alors je suis rentré à Antiva. »

Il y eut une petite pause, puis un soupire.

- « Je n’étais pas naïf au point de croire qu’on m’accueillerait à bras ouverts mais toujours bouffi d’orgueil je pensais que la Serre des Aranaï allait tout de même accepter de me recevoir. J’étais un héro de l’enclin tout de même, pas un vulgaire renégat venant pleurer à sa porte. » Il émit un petit rire sans joie. « Je n’avais pas mis un pied à Antiva City que c’était le parcours du combattant pour rester en vie. Je n’avais pas le choix, si je voulais parler avec la Serre il fallait que je l’atteigne par la force. J’ai éliminé les trois quarts de la maison Aranaï à moi tout seul ou presque. Je suis arrivé à lui, je l’ai tué… et j’ai épinglé son cadavre sur la porte du quartier général... Sa concubine a voulu le venger, le combat a duré trois jours et a mis le feu à plusieurs entrepots des docks… Quand j’ai enfin réussi à l’avoir je l’ai épinglée au même endroit que son amant…. Et les Serres des autres maisons ont accepté de négocier. »





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Garde-Commandeur d'Orlaïs
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Dim 21 Oct - 20:30

Les ex-Corbeaux d'Antiva vous saluent


La fin de mon histoire ne semblait pas l'avoir plus émoustillé que ça. J'étais assez étonnée. Je m'attendais à ce qu'il soit plus éloquent ou donne son avis, mais il restait cloitré dans son mutisme. Pire, il n'avait pas cet air malicieux habituel. Il semblait... gêné. Est ce que mon histoire lui paraissait si horrible que cela ? J'en doutais quelque peu. Ayant lui même été Corbeau, il avait sans doute vu et fait bien des choses. Mais il n'y avait pas dans son regard cette espèce de peur ou de dégoût. Il était juste ailleurs. Je restais silencieuse, un peu déçue de ne pas avoir eu l'effet escompté à mon récit. Wulf avait montré un peu plus d'intérêt, posé des questions et tout. Enfin, sauf sur cette partie de donner du sang de l'enclin, çà il n'était pas au courant.

Je regardais l'onde, poussant un léger soupire. A lui de raconter à son tour son histoire, mais à le voir je craignais qu'il ne soit avare en mots. Quelques mouettes qui passent, le son d'une profonde inspiration et Zevran s'élança enfin. Sa voix était un peu éraillée, comme si les mots avaient du mal à franchir sa gorge. Son histoire semblait dont commencer à la fin de l'enclin, et prenait en compte Wulf. Je l'écoutais avec attention, donnant simplement de petits coup de pied de temps en temps sur un cailloux ou un autre. Sa situation n'avait pas été aussi simple que pour moi. La peur de l'Enclin que je pouvais injecter avait sans doute suffit à les dissuader à quoi que ce soit, car il n'y a rien de pire qu'un poison qui n'a aucun remède. Mais selon mes souvenirs, ma famille était moins rancunière et plus prudente que celle des Aranaï. Je n'avais pas eu besoin de tous les anéantir, ce qui ne semblait pas avoir été le cas de Zevran. Qu'il ait réussi à tous les tuer était véritablement impressionnant en soi. Réussir à leur échapper était déjà un bel exploit pour tout Corbeau, mais une annihilation était de l'ordre de l'exploit. Cela confirmait qu'il n'était pas à sous estimer, et qu'il était bien plus dangereux qu'il en avait l'air. Forcer les autres Serres à négocier était des plus intéressant, et je me demandais comment il avait réussi à développer les choses ensuite. Car cela ne semblait pas être le fin mot de l'histoire...





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Assassin fugitif
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Mer 24 Oct - 23:32

Les ex-Corbeaux d'Antiva vous saluent


Qu’y avait-il à dire en vérité sur l’histoire de Tullia. Après les années passées à se fréquenter, il connaissait son intelligence, sa ruse, sa cruauté. Mais la véritable raison de son manque de réaction étaient dus à l’effort qu’il mettait pour surmonter l’idée même de confier une partie de son histoire à quelqu’un. Il n’avais jamais regretté d’en avoir raconté des morceaux à Wulf, mais même lui n’avait pas tous les morceaux du puzzle. Quelque part, il était facile de parler avec quelqu’un qui ne connaissait rien aux Corbeaux, il y avait moins de chances qu’il comprenne les enjeux et qu’il s’en mêle ou qu’il utilise cela contre lui… pour une raison qui lui échappait, il continua de parler … en Antivan

- « Je me suis retrouvé dans une salle secrète du QG avec les sept Serres restantes… L’ambiance était vraiment étrange. J’ai réalisé qu’ils avaient peur de moi, ils ont mis à point d’honneur à me rappeler qu’ils m’avaient donné la chance de devenir quelqu’un, que je n’avais été gardé dans la famille parce que Rinna Taleisin et moi nous faisons un trio intéressant, mais qu’individuellement nous ne valions rien. Ils m’ont rabâché que je suis un traître, que j’étais toujours un moins que rien, que je n’avais probablement pas servi à grand-chose pendant l’enclin et que me cacher derrière Wulf serait toujours la seule chose qui me garderait en vie… Et tu sais quoi ? Pendant quelques minutes, j’ai pensé qu’ils avaient raison…. »

Le sentiment d’impuissance face à ces hommes tellement imposants, tellement intimidants… Ils étaient des légendes, Zevran avait grandi avec l’idée qu’un jour il deviendrait une Serre et personne ne pourrait plus lui dire qu’il était remplaçable. Bien sûr il avait ensuite fait le deuil de cette idée, mais cette fascination mêlée de crainte… avait comme engourdi son cerveau et il s’était laissé convaincre pendant un court moment qu’ils avaient raison.

- « Et puis je ne sais pas trop ce qui c’est passé, d’un coup quelque chose a fait clic dans ma tête… Ce martelage qu’on nous fait depuis le jour où on nous achète, c’est pour ce genre de situation qu’il existe. Si on peut convaincre toutes les personnes sous ses ordres qu’elles sont faibles alors il y a peu de chances qu’elles se croient capables de se rebeller. Je suis entré dans une colère noire, j’ai énuméré tous les contrats délicats que j’avais exécuté pour eux, puis tout ce que j’ai accompli aux côtés de Wulf. Vaincre un démon dans l’immatériel, au milieu d’une tour des mages ravagée par les Maléficiens. Mettre en place le roi d’Orzammar, vaincre la mère couveuse dans les tréfonds, retrouver la forge des Golems, les cendres d’Andraste, le Conclave, la bataille de Dénérim. J’ai sorti la dague avec laquelle j’avais tué la Serre Aranaï et sa concubine…. Je l’ai planté sur la table et je leur ai dit que si les Corbeaux ne se mettaient pas en dehors de mon chemin, il n’y aurait bientôt plus de Corbeaux. J’avais détruit la maison des Aranaï, les survivants n’allaient pas rester en vie bien longtemps, et qu’ensuite je détruirai les autres maisons une par une. »

Il prit une inspiration et ferma les yeux pour se concentrer sur son récit. Parler sa langue natale était plus naturel, il trouvait les mots plus facilement. Peut-être parce que tout ce qui s’était passé là bas s’était dit en Antivan, ou peut-être parce qu’il y a des choses qu’on ne peut pas exprimer dans une langue qui ne nous appartient pas.

- « J’ai eu plus de mal à tuer la concubine que la Serre elle-même. Je l’ai compris à ce moment là, ils avaient peur de moi, pas parce que j’étais particulièrement puissant ou adroit ou rusé, mais parce qu’eux ne le sont plus. Depuis qu’ils sont Serres, ils ne prennent plus de contrats, ou très peu, ils ne sont plus aussi bien entraînés qu’avant, ils passent leur journées à regarder des budgets, à gérer la politique, à donner des ordres. Ce ne sont plus des assassins. Ils savaient aussi bien que moi que j’allais probablement me faire tuer si j’essayais de d’assassiner toute la guilde, mais j’aurais dû mourir en m’attaquant aux Aranaï et ils n’ont probablement pas voulu prendre le risque. »

Il se tourna vers Tullia avec un sourire qui ne lui montait pas jusqu’aux yeux.

- « J’ai obtenu l’immunité. Aucun Corbeau n’a le droit d’accepter un contrat sur ma tête. Cela n’empêche pas les vendetta personnelles bien sûr, mais ma tête est une des rares de Thedas qui ne peut pas être mise à prix. Ce qui doit les faire rager à chaque fois que je me mets volontairement en travers de leur route. »

Il émit un petit rire qui ressemblait lui déjà plus. Il aimait se mettre en travers des plans des autres, et quand il pouvait le faire plus ou moins impunément, c’était encore plus doux. Il soupira lentement et se remit à faire des ricoché. Si Tullia souhaitait plus d’informations sur ses derniers agissements peut-être qu’il lui en donnerait… Mais il se laissa une chance de ne pas en dire plus en arrêtant son récit. C’était un peu lâche, il ne lui expliquait pas vraiment ce qu’il faisait à se faufiler entre les jambes des corbeaux et à leur faire des croche-pieds… Mais si elle acceptait comme explication qu’il était immature et qu’il les narguait, il n’allait pas la démentir.





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Garde-Commandeur d'Orlaïs
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Jeu 25 Oct - 13:22


Les ex-Corbeaux d’Antiva vous saluent


La suite de l’histoire se trouva plus intéressante, mais également plus riche en détails. Détails sur ce qu’il avait fait, mais sur ce qu’il avait pensé et ressentis également. Je fus un peu surprise de le voir passer en Antivan, mais sommes toute cela montrait que la chose était importante. Qu’il ait l’air si peu à l’aise et à chercher ses mots, il y avait réellement d’autres choses à percevoir dans son récit. Je l’écoutais toujours en silence, mes yeux se posant parfois sur son visage concentré, parfois sur l’eau où une mouette venait se poser. Ce qu’il m’apprenait sur les Serres était intéressant, et dévoilait une partie des choses que j’avais supputé. Le comportement de ma maison quand je les avais menacé et qu’ils n’ont pas poursuivis avec acharnement… Je m’étais dis à l’époque que la peur de l’enclin avait été suffisant ou bien qu’ils avaient peur de perdre trop d’hommes, mais l’idée que ce soient les Serres qui pensent à eux même en premier était assez ironique. Les Corbeaux, où l’individu ne compte pas, se retrouvait contraints parce que les Serres avaient peur. Peur de mourir trop rapidement, ou bien de montrer qu’ils ne sont plus les puissances d’autrefois. Ce que Zevran avait accompli n’était pas rien, surtout pour obliger les Serres à se dévoiler. Et cela me donnait également des idées s’il y avait besoin de nouveau de me défendre contre eux. Les savoir faibles était crucial pour viser là où ça fait mal, et gripper un mécanisme qui jusqu’à présent avait fait ses preuves. Je n’étais pas mécontente de cette discussion, car une telle information peut se revendre cher sur le marché noir. Enfin, là n’était la priorité pour le moment… Zevran avait fini de raconter, mais il n’était toujours pas à l’aise. Il n’encourageait pas vraiment la conversation pour que je lui pose des questions, et ne se montrait pas ouvert à son habitude. Cette impression qu’il cachait quelque chose me donnait à la fois envie de le titiller et par sympathie de le laisser tranquille. Je ne commençais pas par là pour mes remarques, mais sans aucun doute que cela allait être de l’entre-deux. Je faisais donc premièrement référence à ce que son « traité » ait pu aider indirectement ma propre demande de « foutez moi la paix bande de tocard ».    



" Je comprends mieux maintenant pourquoi ils ont été si laxistes sur mon cas… Vu que tu étais passé avant et ce que je leur avais passé comme message, ils n’ont sans doute pas voulu prendre de risques pour perdre une autre Serre. Rien de tacite n’a été conclu, mais ma tranquillité est la preuve qu’ils ne vont rien tenter. Je suppose que je dois te remercier pour cela, fu fu fu ~ ! "



Je le regardais avec malice, riant doucement. C’est assez ironique de se dire que si j’avais réussi à me débarrasser aussi « facilement » d’eux, c’était parce qu’un autre ancien Corbeaux les avaient assez menacés pour qu’ils mettent un peu d’eau dans leur vin. J’avais une arme qui était la corruption de l’Enclin, et la nouvelle réalisation de leur vulnérabilité les avaient sûrement fait remettre en question leur capacité à se protéger d’un tel fléau porté par une ancienne Corbeau qui avait survécu à plusieurs assassins et à des engeances. Ce qui m’allait parfaitement, car s’ils avaient persévéré je n’aurais pas hésité une seconde à décimer mon ancienne maison. La protection de mes Gardes en dépendait à l’époque, et j’avais tiré un trait sur le fait de me mêler des affaires des Corbeaux. Mais Zevran, lui… il y avait quelque chose d’anormal, qui me titillait. Surtout ses dernières paroles qui étaient un paradoxe à ce qu’il avait obtenu. Je posais sur lui mes yeux étranges, perçants et froids.



" Mais… je suis curieuse. Je ne comprends pas pourquoi tu continues à te mettre sur leur chemin. Tu as obtenu un prix rare, et pourtant tu le mets à risque. Qu’as-tu à gagner à faire cela ? Une vendetta encore impayée, ou bien… Tu n’arrives pas à faire ton deuil et à vraiment te séparer d’eux ? "



Je réfléchissais à voix haute, jouant avec une pierre entre mes doigts avant de la jeter dans l’eau. Le deuil, un double sens assez utile en cette circonstance. Car se séparer des Corbeaux c’est comme se séparer d’une part de soi, du moins c’est ce que j’avais ressenti. Il avait obtenu Grâce, alors pourquoi retourner au casse pipe au risque de briser ce qu’il avait durement acquis ? Le voulait il vraiment, ce traité de paix à la noix ? Je ne pouvais que penser à ce que notre nature déformée par ces assassins pouvaient rendre difficile la séparation à notre guilde, même si notre survie en dépend.



"Nous avons vécu presque toute notre vie chez les Corbeaux, nous avons été formatés par eux, cela ne s’efface pas aussi facilement. Un attachement vicieux et corrompu, même quand nous les détestons nous ne pouvons pas vraiment nous en détacher complètement, n’est-ce pas ? Assassin un jour, assassin toujours… "



Je souriais légèrement, mais pourtant il n’y avait pas de quoi rire. Être Corbeau n’était pas une chose simple, et il y a également une raison pour laquelle il est si difficile de s’en séparer et de rester vivant. L’endoctrinement était si intense, que je pouvais comprendre ce que Zevran avait ressenti face aux Serres. Être remplaçable et qu’un pion parmi tant d’autres, le groupe avant l’individu et l’assurance qu’ils pourront toujours nous écraser. Depuis notre enfance notre vie s’est résumée à cette idéologie, et l’art de l’assassinat est pour nous ce que respirer est pour le reste du monde. On ne quitte jamais vraiment cette sphère, soit parce que l’on retombe dans nos vieux démons, soit parce que les Corbeaux nous prennent en chasse. L’empreinte, autant physique et psychologique, est si forte qu’il n’y a pas de façon de s’en débarrasser à part la Mort, ou l’amnésie peut être. Deux méthodes qui pour moi avaient montré leurs limites. Pour Zevran, les choses étaient différentes. Enfin, c’est ce que je sentais. Nous ne pensions pas de la même manière malgré nos similitudes de comportement, et nos destins nous avaient tournés vers des chemins différents. De ce que je voyais, il y avait autre chose qui obligeait Zevran à continuer à titiller les Corbeaux. Un jeu plaisant certes, mais à très gros risques. Je posais sur lui un regard curieux mais légèrement distant, comme si j’essayais de voir à travers lui et de comprendre ce qu’il pouvait bien se passer dans cette caboche.



"De ce que je vois, ou bien tu as une très bonne raison de vouloir les anéantir malgré le sauf-conduit qui t’a été donné, ou alors tu n’as pas encore trouvé ta nouvelle raison de vivre pour combler ce vide."



Chercher un sauf conduit pour pouvoir les éliminer plus tranquillement est vicieux et pas trop du style de Zevran. Cela aurait pu être le mien, mais trop d’énergie à dépenser diplomatiquement pour un résultat sommes toute décevant. Non, je ne pensais pas qu’il faisait consciemment cette non-rupture avec eux. Bien entendu qu’il fait exprès de se mettre sur leur chemin, comme il l’avait si bien dit, mais s’acharner alors qu’il n’a pas de raison me parait étrange. Il y avait ici un raisonnement que je ne comprenais pas. Soit tu veux les éliminer alors tu le fais, soit tu veux être tranquille alors tu ne te mets plus dans leurs pattes. La seule chose que je pouvais voir ici, c’est que n’ayant connu que les Corbeaux et n’ayant rien trouvé d’autre pour palier à ce qui a forgé toute notre vie, il était sans cessé attiré à eux, comme un papillon revenant inlassablement vers une petite flamme pour s’y brûler. Notre nature et notre formation nous attiraient vers cette flamme, mais à trop s’y approcher on finit par y laisser nos ailes et tout le reste. Bien que je sois à moitié folle, j’avais conscience de cela. Mais j’avais sans doute eu plus de chance dans mon malheur que Zevran. Je regardais mes mains, portant toujours ces sempiternels gants en cuir de cochard bardé de plaques de métal aux phalanges. Ce n’était pas les mêmes depuis mon arrivée chez les Gardes, mais c’était le premier type de paire que Wulf m’avait donné. Je ne sais pas pourquoi, depuis j’ai toujours repris le même genre.



"Si je n’avais pas été Garde, et si Wulf ne m’avait pas fait sentir qu’il était possible malgré mon handicap de me sentir utile et intégrée… sans doute que je serais en train d’errer et de revenir vers eux pour les tuer ou leur voler des contrats. Mais j’ai une famille maintenant, une famille à guider et à protéger. Ca me pompe toute mon énergie de les relever et de leur en faire voir de toutes les couleurs, alors tu penses bien que j’ai autre chose à faire que de penser à torcher le cul des Corbeaux ha ha ha !"



J’en riais, mais c’était tellement vrai. Incorporer les Gardes avait été une chose, mais m’occuper d’une garnison entière amenait la chose à un tout autre niveau. Ils ne m’avaient pas choisi comme Garde-Commandeur, mais je faisais au mieux pour les aider à surmonter la crise. Mes méthodes peu orthodoxes commençaient à porter leurs fruits, et pas une seule fois je ne pensais aux Corbeaux. La seule chose que je faisais, c’était utiliser ce que j’avais appris avec eux pour renforcer l’entrainement des Gardes ou rétablir un réseau d’information dans Orlaïs. J’avais trouvé un certain équilibre, ne reniant pas mon passé mais l’utilisant pour un autre but pour lequel je me sentais investie et intégrée. Mais Zevran lui était encore sur la route, et bien qu’il m’ait parlé quand j’étais à fort Céleste de sa mission pour Wulf, je ne le sentais pas autant animé par celle-ci et qu’il restait toujours en roue libre. Il savait sans doute ce qu’il faisait, cependant je ne pouvais que voir un dénouement compliqué et à forte probabilité de dramatique pour lui s’il continuait à se frotter aux Corbeaux. Dans ma sagesse infinie de folle à lier et dans un rare moment de lucidité, me voilà que je me mettais à conseiller un ancien corbeau de plus de 10 ans mon ainé. C’est le monde à l’envers, mais à croire que devoir gérer une bande de bras cassés H24 ça finit par forger le caractère, non ? Je secouais donc la tête, soupirant légèrement.



"Tu n’as pas à me donner tes raisons. Mais penses quand même à ce qui pourrait te faire penser à autre chose sur le long terme, car tu marches sur un fil à jouer à ce jeu. Et tu n’es plus tout jeune hé hé hé…."



Il fallait bien sûr que je finisse par le moquer. Je riais avec malice, m’attendant à devoir esquiver une frappe potentielle pour porter atteinte à sa jeunesse. Mais mon inquiétude était sincère tout comme j’étais sérieuse sur mon conseil. L’humour avait toujours été notre méthode pour faire passer les pilules dures à avaler, cependant vu comment était Zevran pendant cette conversation je doute qu’il ne soit disposé à apprécier mes paroles nonchalantes. De plus, bien qu’il sache reconnaitre ma ruse et mon intelligence combative, il n’avait pas été habitué comme Wulf à mon côté protecteur et plus vulnérable. Comment peut on s’y attendre quand on connait la bête par son imprévisibilité et sa propension à répandre le chaos ?






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