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Le Concours de Funalis!

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Le Tout-Puissant
- PNJ -
Messages : 428
Lun 5 Nov - 20:10

Le Concours de Funalis

It's time to get spooky!

Funalis
Autrefois appelé « Funalis » et dédié à l'Ancien Dieu du silence, Dumat. Toutefois, devant l'essor de Dumat pendant le premier Enclin, les thédasiens ferment les yeux sur les anciens liens entre ce jour et le dragon. La fête est maintenant connue à travers Thédas comme le Jour des Morts. Dans certains pays du Nord, les gens se déguisent en esprits et marchent en paradant dans les rues après minuits. La Chantrie utilise ce jour pour rappeler la mort d'Andrasté grâce à des feux publiques qui symbolisent son immolation et joue des pièces représentant sa mort. Elle est célébrée au début de Matrinalis.

Un Concours?
Aujourd’hui sur Dragon Age Resurection le staff est heureux de vous présenter un concours pour combattre la petite déprime de l’arrivée de l’hiver ! Nous vous proposons de rédiger un one shot de type horreur, épouvante, suspens ou thriller pour coller à la fois avec le NaNoWriMo (National Novel Writing Month) et le jour des morts qui vient de passer.

Votre one shot devra :
- Faire un minimum de 1000 mots
- Mettre en scène des personnages de Dragon Age (pour utiliser des OC ou des PNJ ne vous appartenant pas veuillez s’il vous plaît demander l’autorisation à leurs joueurs ou créateurs)
- S’inspirer du thème proposé
- Poster votre écrit dans ce sujet!

Les Univers Alternatifs sont les bienvenus. Vous pouvez également écrire à plusieurs si vous consentez à partager le prix à parts égales entre tous les participants en cas de victoire.

Et ensuite?
À la fin du mois de novembre, les écrits seront proposés au vote de tous les membres du forum et les trois one shots ayant reçu le plus de votes recevront les prix suivants :

1er Prix : 100 pts
2ème Prix : 50 pts
3ème Prix : 20 pts

Bonne chance à tous et à vos plumes !



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Garde-Commandeur d'Orlaïs
- Gardes des ombres -
Messages : 440
Jeu 8 Nov - 23:02

Spooky Scary Skeletons

La nuit venait de tomber sur Térébinthe, et bien que l’air marin adoucisse habituellement l’air ce jour là une bise plus glacée soufflait sur le port. La nuit des Morts, celle que célèbres les anciens dieux et la Chantrie par de nombreux rites et sermons. L’air devenait plus frais, on frissonne et les ombres de la nuit arrivent plus tôt pour annoncer la mort de l’été. Autant de conditions parfaites pour raconter des histoires au coin du feu, pour se faire peur et ne plus dormir pendant des jours entiers. Bien que les Gardes des Ombres aient leur lot d’horreur avec les Engeances, et dernièrement les démons de l’Inébranlable pour la faction d’Orlaïs, il se faisait toujours tradition pendant les patrouilles de nuit et les tours de garde de se raconter différentes histoires. Cette nuit là, j’étais également de garde pour rester en phase avec mes bonnes habitudes nocturnes. Je me rapprochais du groupe de garde de cette nuit, qui faisait cercle autour d’un brasero à l’entrée de notre campement. J’entendis l’un d’entre eux parler, concentré alors que les autres le fixaient et écoutaient avec attention. Je souriais en entendant les quelques mots de fin de ce qui semblait être une histoire de fantôme, et quand je n’étais qu’à un mètre d’eux je me mis à parler d’une voix enjouée pour signaler ma présence. Les voir tous sursauter était vraiment amusant.

" Alors, comme ça les engeances ne vous suffisent pas, le jour des morts il vous faut raconter d’autres histoires sordides ?"

Celui qui venait de raconter l’histoire semblait gêné, comme tous les autres d’ailleurs. Se dandinant un peu d’un pied sur l’autres, ils ne semblaient pas apprécier de s’être fait pris la main dans le sac par leur chef de garnison. Le conteur effectua un début de tentative d’excuse d’une voix peu assurée.

" Garde-Commandeur….?"

" Du calme, je ne vais pas vous manger. C’est amusant de raconter des histoires sur les esprits et les morts, surtout si on les a vécus. Ça m’intéresse d’entendre les vôtres…"

Je leur souriais en m’approchant du feu, me faisant une place pour tendre mes mains vers les braises chaudes et agréables. Je les regardais avec malice, et ils semblaient se rasséréner. Même, poussé par mon encouragement l’un d’entre eux me posa une question avec espoir.

" On dit qu’à Férelden il y a beaucoup d’endroits maudits et hantés. Est-ce vrai ? ?"

" Et bien… C’est vrai qu’ils ont un beau folklore, et la réalité se rapproche assez souvent du mythe. Il ne faut pas rigoler avec la magie après tout, fu fu fu ~…"

Là-dessus on ne pouvait pas dire le contraire, Férelden était un nid à histoires horribles. Malédictions, loup-garou, démon, forêt hantée, esprit maléfique, douairière libidineuse, j’en passe et des meilleures. Souvent causé par une magie du sang déplacée ou la faute à pas de chance. Mon annonce semblait avoir donné du cœur et de l’espoir, car voilà que je me retrouvais mise à contribution pour partager les légendes du pays des chiens bouseux.

" Garde-Commandeur, vous avez déjà visité un de ces endroits ? C’était comment ? ?"

Des regards curieux posés sur moi, brillants d’attente et d’envie de divertissement. Que pouvais-je répondre ? Un petit sourire mutin, et j’étais partie pour raconter une de mes plus belles expériences en la matière.

" Mh… J’ai peut-être une de mes expériences qui devrait vous intéresser. Et vu que c’est le bon jour pour en parler, ce sera amusant ! Mais je vous préviens, de ce que j’ai raconté personne ne m’a jamais cru vu les détails et pourtant ça ne les a pas empêchés de vouloir éviter d’entrer dans la moindre forêt. Je m’en souviens comme si c’était hier, je venais juste de rentrer à la Garde de Férelden, et je partais en mission avec un groupe dans l’Est…. "

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Chapitre 1 : Greedy for Treasure Hunting

Notre patrouille finissait sa ronde de surveillance de 2 semaines à tout travers l’Est de Férelden. Passant au sud de Dénérim, traversant le pic du Dragon nous avions avec notre petite troupe descendu le fleuve Drakan, exploré les terres australes pour finir par prendre le passage de Bréciliane et arriver à l’océan d’Amaranthine. Eviter la forêt de Bréciliane était le plus important, car encore trop sauvage pour notre équipe de novices. Nous n’étions que 5, avec un vétéran du nom de Bradley pour nous guider. En plus de moi se trouvaient 2 autres Gardes tout frais du nom de Mina et Wallace, et un autre Garde du nom de Franck un peu plus expérimenté. Le parcours était nécessaire mais pas trop difficile, ne rencontrant que rarement des engeances. Sur le retour, nous faisions un détour à l’orée des terres de Korkari, nous arrêtant un soir dans un village en bord de lac. L’auberge était correcte, pas trop de monde et nos uniformes de Gardes des Ombres empêchaient quiconque de venir nous chercher des noises. Des pintes, un repas bien chaud et… juste un mec bizarre qui nous fixait, au loin de sa table. Recroquevillé, se balançant légèrement sur sa chaise et le regard dans le vide, je pouvais voir dans ses yeux lugubres une lueur familière. Il marmonnait, semblant se parler à lui-même. Un autre fou, sans aucun doute. Je n’y prêtais pas grande attention, mais les autres l’avaient remarqué et commençaient à commenter. La chasseresse Mina le trouvait aux abois, la brute de Franck aimerait qu’il se lève et nous interpelle pour se défouler un peu. Le mage Wallace préférait garder ses distances, n’étant pas à l’aise et ne voulant pas utiliser sa magie en ces lieux. Pour ma part, je me proposais juste pour lui faire ses poches s’ils se décident à faire quoi que ce soit. Bradley lui, en tant que bon chef de troupe, ne disait rien sur lui et nous intimait plutôt de nous taire. Ce ne fut pas facile, mais je remarquais que ce n’était pas pour autant qu’il ignorait l’étrange personne. Il gardait un œil sur lui, et quand le tavernier s’approcha de notre table pour nous servir, il l’interpella et lui parla de sa voix grave et mesurée.

" Patron, qu’elle est cette personne assise en coin là bas ? Vous la connaissez ? Devons nous nous… inquiéter ? "

Il parut légèrement surpris, tourna la tête vers l’homme qui continuait à nous fixer et haussa des épaules.

" Nan, z’avez rien à craindre de lui Messere. C’est que l’pauv’ Dan, l’a pus toute sa tête d’puis un moment. Faites pas attention à lui, il fait qu’répéter des choses étranges et qu’on comprend pas d’puis qu’l’est allé dans la forêt d’Banner. Y parle de trésor et de relique, mais faut pas l’écouter Messere. "

" Un trésor, comment ça ? "

Bien sûr, c’était Franck la brute épaisse qui avait relevé, son regard brillant soudainement à cette idée de richesse. Ancien mercenaire, il avait toujours eu ce goût pour l’appât du gain, malgré le fait qu’il doive sa vie à présent aux Gardes. Mon oreille avait également été attirée, mais plus en remarquant au loin la réaction de Dan le Fou. Son regard semblait avoir repris vie, et ses yeux se fixaient sur nous non plus dans la langueur d’un esprit morne mais dans la fièvre de la folie qui se réveille. Je souriais légèrement, pensant que les choses allaient devenir intéressante pendant que Bradley jetait un regard noir à Franck alors que le tavernier lui répondait. Il avait froncé des sourcils, soudainement énervé et ne voulant plus aller plus loin dans cette histoire alors qu’il avait tendu une si belle perche.

" Faut pas en parler Messere…. Ça porte malheur dans l’coin… s’cusez… "

Le tavernier reparti vers son comptoir, et Franck fit la moue de ne pas avoir sa curiosité satisfaite. Cependant, Dan s’était glissé vers nous pendant que le tavernier nous quittait, et aussi soudainement qu’une ombre insidieuse il se retrouvait à notre table. Il fit sursauter Mina et Wallace, mais ne prêta pas attention aux autres. Seul Franck avait son intérêt, du moins quand ses yeux arrivaient à rester posé sur un seul endroit pendant quelques secondes. Il était fébrile, et je pouvais sentir instinctivement l’odeur âcre et putride de la folie en lui. Une folie malsaine. Animé et incohérent, sa voix écorchée se mariait parfaitement avec son aspect chétif et crasseux, quelque peu maladif. Je fus amusée de remarquer du coin de l’œil Wallace essayer autant que possible de rester à distance de lui.

" Trésor… Je sais…. J’ai vu moi… La forêt…. Il était là, si beau… si … étincelant… Mais les ombres, elles ont voulu me le prendre, j’ai du partir ! Monstres…. Mon trésor…. Y’faut aider le vieux Dan…"

C’était étrange… plus ses paroles allaient, plus il y avait quelque chose de malsain dans sa personne. De malsain, de corrompu, et pourtant d’attirant. Mon instinct grondait, sentant un rival. Je remarquais que cet homme avait un effet sur la troupe. Sur Mina et Franck, dont les yeux brillaient à présent d’une envie étrange. Bradley lui restait stoic et ne disait rien, alors que Wallace lui en tant que bon mage avait senti comme moi l’anguille sous roche.

"Lieutenant Bradley, ne l’écoutez pas. Je sens… de la magie sombre émaner de lui."

" Le seul truc que tu peux sentir Wallace, c’est l’odeur d’ton bâton quand tu t’le sort du fondement, bwha ha ha ha ha ! "

Le mage devint rouge écarlate, et la vulgarité de notre comparse à part il n’avait pas vraiment tort. Paranoïaque et criant au loup à la moindre occasion, à part les sorts de soin il n’était pas très utile pour détecter les magies noires ou la magie du sang. Son avis comptait donc peu pour ces sujets, mais il était dommage que pour cette fois ci on ne l’ait pas plus écouté. Mais on n’eut pas le temps de poser plus de questions à Dan que le tavernier était revenu à la charge, chassant de notre table d’une voix bourrue l’homme fou. Aussi rapidement qu’une vipère, il s’enfuit vers sa table en poussant de petits cris pas très humain. Je pensais que le choses allaient en rester là, surtout que je devais finir ma bière pour commencer une partie de Grâce Perfide, mais Bradley me surprit. Portant finalement attention à ce qu’avait dit le fou, il interrogea de nouveau le tavernier.

" Tavernier, expliquez-nous. Peut-être que nous pouvons vous aider. "

Je fronçais des sourcils, jetant sur le lieutenant un regard étonné et méfiant. C’était la première fois que je le voyais proposer aussi ouvertement de l’aide pour ce qui ne concernait pas des engeances ou la possibilité de récolter des recrues. Franck et Mina hochaient de la tête, d’un même accord et portés par la même mystérieuse excitation. Le tavernier ronchonna un peu, mais finit par lâcher le morceau.

" C’est… Y’a un endroit, sur la falaise surplombant le lac. Y’a un bois, et ça fait des générations qu’on nous dit d’pas y aller. Quand les gens approchent de cette forêt ils se sentent pas bien. S’ils essayent de rentrer dedans ils finissent toujours par en ressortir par magie, comme s’ils s’étaient perdus. Parfois certains n’en ressortent pas du tout, ou alors ils deviennent fous comme l’pauv’ Dan. Cette forêt est hantée Messere. J’sais qu’les Gardes des Ombres sont des hommes courageux et respectables, vous pouvez essayer d’y aller. Mais personne n’a réussi à savoir ce qui s’y passe."

" Et comment on y va ? "

Il avait encore ramené sa tronche, mais Bradley ne le coupa pas. Au contraire, il semblait intéressé et voulait connaitre la suite.

"….Comme vous voulez. Y’a un chemin vers le nord, qui s’éloigne un peu du lac. A la fourche indiquant le village de Damaïen, prenez à gauche sur le sentier qui remonte la colline. Vous y serez quand vous verrez la vieille chapelle en ruine. C’est là que commence la forêt de Banner."

Suite à cela, comme inquiété par ses propres mots, le tavernier balaya l’air devant son visage comme pour chasser une mouche et s’en alla. Nous n’étions plus que notre tablée, chacun se regardant, mais surtout le lieutenant Bradley. Je ne sais pas ce qu’il se passe, mais je n’aimais pas l’ambiance à ce moment là, je m’en souvenais bien. Comme un malaise, quelque chose qui ne devrait pas être. Une excitation planait dans l’air, similaire à celle que j’éprouvais quand j’avais mes pulsions meurtrières, mais… différente. Et elle ne me concernait pas. La discussion commença activement. Franck, qui était le plus intéressé, poussait à ce qu’on aille y jeter un coup d’œil. Pour vérifier les dires, aider sans doute à éliminer ce qui pouvait être de la magie liée à l’Enclin, et au passage si possible récupérer ce fameux trésor, qui pourrait servir à la Garnison de Férelden. Une avidité un peu étrange mais pas si étonnante sortant de la bouche de cet ancien mercenaire. Je fus plus étonnée par l’attitude de Mina, qui était d’accord avec lui et prônait plus le fait de rendre service. Bradley semblait… étrangement convaincu. Juste pour voir disait il, afin de vérifier les dires et s’assurer par nous même de ce qu’il en était. Si ce n’était pas de notre ressort, nous pourrions toujours alerter la milice de la région. Mais il serait bon que cela soit réglé par les Gardes des Ombres, afin de redorer notre image. Il demanda l’avis de tous. Franck et Mina étaient partants, Wallace hésitant et bredouillant de façon inaudible et non prise en compte son inquiétude sur ce qui se cachait sans doute dans cette forêt, et moi tant que je pouvais tuer et m’emplir les poches, je n’allais pas dire non. De toute manière, je n’avais pas vraiment le choix non ? Il fallait suivre le Lieutenant, Bradley était toujours celui qui avait le dernier mot. C’est donc ainsi que nous partions nous coucher, décidés le lendemain à aller enquêter sur cette affaire.

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Chapitre 2 : Forest of Chaos

Debout aux aurores à notre habitude, nous prenions le chemin dis après un petit déjeuner frugal et une mise au point. La nuit ne semblait pas avoir porté conseil à Bradley et aux autres, car plus fébriles que jamais ils semblaient ne pas vraiment avoir dormi de la nuit. On parlait de stratégie, de vérifier les dires sur cette forêt, et je fus surprise d’entendre Bradley faire entendre qu’il ne serait pas mécontent également de trouver cette relique ou ce quelconque trésor. Une distraction qui était la bienvenue pour moi, je ne me posais pas vraiment de question tant que l’on brisait la routine de ces 2 dernières semaines. Nous prenions donc le chemin sortant du village, allant vers le nord en s’éloignant un peu du lac. La fourche promise apparut, et deux écriteaux se trouvaient là. L’un donnant la direction du village de Damaïen, l’autre qui semblait à moitié rayé par un objet tranchant, ne permettant qu’à peine de discerne le mot « Banner » dessus. Le chemin grimpait et nous dirigeait vers la colline surplombant le lac, nous faisant alternativement passer par de l’herbe balayée par le vent et par des bois que la grisaille hivernale rendaient morne. A mesure que l’on se rapprochait du point culminant, surtout que cela devenait plus plat, je sentais de nouveau un malaise. Une sorte d’alerte, l’instinct primaire qui m’habitait se réveillant avec fébrilité. Ce n’était pas de la peur, pas vraiment. C’était comme s’il s’alertait d’un ennemi à proximité, ou plutôt d’un rival. C’était étrange, mais pas anodin. Le fameux bois dans lequel s’enfonçait le chemin d’ouvrit à nous, et nous fûmes un peu surpris de ne pas trouver la ruine dont le tavernier avait parlé. Il y avait bien une vieille chapelle en pierre, mais elle semblait encore en état et la fumée sortant de la cheminée semblait indiquée qu’elle était même habitée.

" Venez, on va se renseigner. Restez sur vos gardes, mais ne soyons pas hâtifs. Essayons de comprendre ce dont il s’agit. "

Bradley avait pris les devant, marchant d’un pas décidé vers la chapelle. Nous montions les marches, et ouvrions les portes en bois. Elles grinçaient, et un étrange air froid en sortis, me faisant frissonner. De nouveau, une alerte et un malaise. Je jetais un regard aux autres, mais ils rentraient tous dans la bâtisse sans sourciller. Seul Wallace semblait inquiet et mal à l’aise, mais c’était plus ou moins tout le temps le cas avec lui quand il n’était pas en un lieu remplit de livre ou de mages. L’intérieur de la chapelle était petit, éclairé par quelques cierges blancs. Il y avait une demi-douzaine de bancs, les vitraux étaient sales et permettaient à peine à la lumière de rentrer. Un autel trônait au fond de la salle

" Bienvenu, voyageurs. Je suis Asmoden, le prêtre qui régit cet endroit et s’occupe de cette chapelle. Gardien du lieu et des âmes de ceux qui souhaitent se repentir. Que venez vous faire en ce lieux ? "

Le prêtre s’était retourné vers nous, avec une lenteur cérémonieuse mais également une sorte de lassitude. Face à nous se trouvait un homme de taille moyenne, qui semblait un peu recroquevillé sur lui-même. Sa visage était à moitié caché par la capuche de son étole sombre de prêtre. Sa peau semblait grise et ridées, ses yeux sombres brillant légèrement à la lueur des cierges. Et mon dieu, ses cernes ! Il pourrait facilement remporter le concours des poches et cernes de douairières, haut la main. Il souriait légèrement, dévoilant des dents jaunies par le temps. Ce qui m’étonnais le plus chez lui, c’était son odeur. Elle était… étrange, masquée par les effluves d’encens qui émanaient des pots de brûlis posé de ça et de là dans la chapelle. Et puis, je ne trouvais aucun symbole religieux sur sa bure, ou même sur les autres éléments de cette chapelle. Etait il vraiment prêtre ? Je n’eus pas vraiment l’occasion de lui poser des questions, et puis je n’avais pas vraiment envie non plus de recevoir son haleine fétide s’il s’aventurait à me parler. Le lieutenant Bradley pris le relai, fort heureusement.

" Pardonnez notre intrusion, prêtre. Nous sommes de passage dans le village du lac, et nous avons entendu de bien étranges choses concernant cette forêt. En tant que Garde des Ombres, nous voudrions enquêter pour être certain que cela n’a pas un lien avec une quelconque engeance. Pourriez-vous nous en dire plus ? "

Le prêtre resta quelques secondes silencieux, ses yeux scrutant ceux de Bradley, puis se portant sur le reste du groupe. Il eut un rictus, ou peut être un sourire je ne sais pas, et de sa voix éraillée et fatiguée répondit au lieutenant.

"Haaa… La forêt de Banner raconte bien des histoires… Mais il y a bien des choses qui se cachent en ces lieux. Avant, il y a des générations de cela, ce fief était la propriété d’un seigneur du nom de Banner, et son manoir se situe au cœur de la forêt. On raconte qu’une tragédie mêlant jalousie et héritage avait fait sombrer la famille dans le chaos. L’un des fils se retourna contre l’ainé, qui était héritier et mage, ainsi que contre son père. Il empoisonna le iarl, l’obligeant à s’aliter, et obligea le frère ainé à pactiser avec un démon. Il y eut un massacre, tous les habitants du manoir furent tués. On raconte que le démon a jeté une malédiction contre cette forêt et le manoir, gardant précieusement les trésors de famille et notamment une relique des premiers Gardes des Ombres, les Banner en ayant fait partie. Les gens de ces terres craignent cette forêt et ce manoir, avec raison. L’appât du gain est intéressant, et parfois des fous viennent tenter leur chance. Moi, j’aide ceux qui veulent affronter le démon comme je le peux, car il n’est pas bon de laisser ainsi un tel lieu dépérir. Mais la forêt ne s’ouvre qu’à certains. Je crois… cependant… qu’en tant que Garde des Ombres vous pourriez-bien y arriver. Qu’en pensez-vous ?"

Il avait beaucoup à dire, c’était certain. Et il semblait savoir beaucoup de choses sur ce lieu. Tout en parlant, il continuait de s’occuper de l’autel, allumant quelques cierges de ses mains parcheminées et nous tournant parfois le dos. Les faits étaient intéressants, sans doute mêlé à des légendes mais clairement cela ne mettait pas à l’aise. Une histoire de démon, de relique et de trésor, comme l’avait dit le tavernier. Sauf qu’il n’avait pas mentionné de démon, et que la relique avait un lien avec les Gardes des Ombres. C’était très fortuit, et malheureusement cela suffit à motiver encore plus le groupe. J’étais sceptique, nous mouiller et affronter un démon juste pour une babiole des Gardes. Mais je savais Bradley très fier et un peu arrogant de notre ordre, sans doute qu’il voulait ramener ce trophée pour ne pas rentrer les mains vides à Fort Bastel. Franck regardait Bradley avec insistance, son regard pétillant. Il voulait en découdre, mais aussi avoir le trésor et la relique. Mina, en tant que bonne chasseresse, était intéressée par le fait de se mesurer à un démon. Wallace et moi nous étions plus dubitatifs. Le vieil homme souriait un peu plus, s’étant cette fois bien décidé à ne donner son attention qu’à Bradley. Le lieutenant eut un moment d’hésitation en plongeant son regard dans celui du prêtre, et de nouveau j’eus cette sensation de malaise. Mais je n’avais pas mon mot à dire.

" Je… Nous pourrions en effet… La relique m’a l’air d’importance, on ne peut la laisser aux mains d’un démon. Prêtre, aidez-nous et dites-nous ce que nous pouvons faire. "

Encore, le rictus du prêtre, son sourire devenant malsain s’étirant un peu plus sur son visage.

" Parfait… Il existe un passage à travers la forêt qui vous conduira au manoir. Attention cependant, il est hanté par des esprits qui tenteront sans doute de vous empêcher d’arriver jusque là-bas. Mais si vous ne vous arrêtez pas, vous devriez pouvoir arriver jusqu’aux grilles…"

Il s’éloigna de nous, pour aller vers un pupitre à gauche du chœur de la chapelle, contre un mur. Il tira un tiroir, fouilla dans quelques papiers et finit par sortir une feuille fine et jaunie, avec des tâches d’encres dessus. Mais il y avait également des dessins, ou plutôt des indications. Il revint vers nous, la tendant de sa main décharnée vers Bradley.

" Ceci est un ancien plan du manoir, à l’époque où il voulaient faire des reconstructions avant le drame. Selon la légende, une crypte spéciale a été conçue pour contenir le démon. Mais l’entrée n’est pas directe. Elle est cachée à l’arrière de la maison, dans la grande serre. Pour y arriver il vous faudra rentrer dans le manoir, passer par le hall et les grandes chambres. Une fois dans la serre, il y a un mécanisme qu’il faut activer pour ouvrir la porte cachée. Normalement c’est une petite statue de mabari qu’il faut basculer, mais je ne sais pas exactement où elle est. Il faudra vous débrouiller seul après ça, car je n’en sais pas plus que vous sur ce qu’il y a dans la crypte."

Bradley prit le papier, hochant simplement la tête en signe d’approbation et se concentrant sur les écritures. C’était ancien, les annotations étaient pour la plupart illisibles mais la carte du manoir était assez précise. Des croix et des ronds dans une encre rougeâtre indiquaient les passages à prendre et à ne pas prendre, ainsi qu’un dessin un peu éludé de la statuette. Il fallait espérer que nous n’aurions pas trop de surprise dans cet endroit. Des maisons abandonnées où il y a eu des massacres et régit par un démon, j’ai vu mieux. Bradley plia la feuille et la mit dans une de ses poches, saluant le prêtre.

" Nous vous remercions. Nous allons nous mettre en route. Priez pour que nous puissions vaincre ce démon. "

"Soyez bénis, enfants du Créateur… Soyez bénis…"

Le prêtre souriait, levant sa main comme pour nous bénir. Le Lieutenant nous fit signe de partir, et nous le suivions sans un mot. Une fois dehors, la sensation de respirer de nouveau était très soulageante. Le vent qui soufflait sur nos visages me revigorais, et j’avais l’impression de sortir de cet empâtement et que mes mauvaises impressions disparaissaient. Nous marchions vers la forêt, à l’endroit que le prêtre avait indiqué. Wallace, qui s’était enfin réveillé, marcha plus vite pour se retrouver à côté de Bradley et lui faire part de ses doutes. Il n’avait pas l’air bien, et l’inquiétude était plus que visible sur son visage.

"Vous ne trouviez pas qu’il faisait étrangement froid là dedans ? Et ce prêtre, il ne m’inspire…"

"Arrête de pleurnicher pour un rien Wallace ! Tu t’attendais à quoi ? T’es un Garde bon sang, comporte toi comme tel. "

Comme d’habitude, Franck raillait le pauvre mage Wallace. Mais il n’était pas seul, et je profitais de la grande gueule de Franck pour le remettre avec amusement à sa place.

"Dit le brutos de service qui sait pas quand se taire. C’est tellement plus Garde des Ombres, c’est sûr ! Fu fu fu ~…."

Il y eut des regards noirs et des langues tirées, Franck et moi nous adonnant souvent à des joutes orales. Il me traitait de folle, et moi de brute ignorante. Les deux étaient vrais, mais je préférais largement être dans mon cas. Bradley lui nous laissait faire, ayant autre chose en tête. L’inquiétude de Wallace semblait enfin avoir trouvé un acquéreur auprès de Mina, qui semblait aussi s’être réveillée et appuyait les dires du mage.

"Wallace a raison, je ne fais pas confiance à ce prêtre. Il était étrange. Et comment eput il avoir une telle carte sur lui et savoir tant de choses ? Si un démon se trouvait ici, les gens seraient au courant non ? "

"Tu as vu où on se trouve, Mina ? Dans le trou du cul de Thédas, à droite des nausées de Korkari et à gauche de la mer de la déprime. Que cela ne se sache pas ne m’étonnes pas. Tu as vu comment les locaux ont peur et ne veulent pas en parler ? Et puis y’a personne et aucune institution à des centaines de kilomètres à la ronde. "

Je lui avais rappelé l’essentiel d’un trou perdu comme celui-ci, et que ce n’était pas si étonnant que cela. J’étais pourtant d’accord avec elle, je n’étais pas à l’aise et je n’aimais pas ce prêtre. Mais ce qu’il disait corroborait les dires du tavernier et la carte avait semblé authentique. Bradley ne disait toujours rien, nous faisant nous arrêter devant le chemin de la forêt de Banner. Il se tourna vers nous, parlant enfin d’une voix autoritaire et lasse, nous remettant à notre place. Même Franck.

" Je comprends, mais nous devons tirer cette affaire au clair. Je ne fais pas non plus totalement confiance à ce prêtre, mais il est de notre devoir de vérifier. Si ce qu’il dit est vrai, nous ne pouvons laisser une relique des Gardes des Ombres à ce démon. Nous pourrions en avoir besoin pour le Garde-Commandeur. Et allons, un peu de courage ! Ce n’est sans doute rien comparé à des engeances et à des ogres. Nous avons tout ce qu’il faut dans notre groupe, nous pouvons le faire. Voyez cela comme faisant partie de votre formation. "

"Oué ben je m’en passerais bien de cette formation…"

J’avais un peu pesté, levant les yeux vers le ciel. J’avais eu mon lot de démon et de magie du sang pour toute une vie déjà, me cantonner uniquement aux engeances ça me va bien. Non pas que je refuse de me battre, c’est dans ma nature de vouloir faire couler le sang, mais les esprits et les démons, c’est vraiment… fatiguant. Mais la messe était dite et Bradley n’écouterait pas. Face à la forêt, nous regardions le sentier. Et sincèrement, il ne donnait pas envie d’y aller. Les arbres étaient hauts et serrés, et bien que le feuillage soit parti l’obscurité semblait régner dans cette forêt. Une sorte de froid, de silence malaisant se dégageait de ces bois. Le chemin n’était pas mieux, car resserré et de terre battue, sombre et tracés de sillons. Mina fronça des sourcils, s’approchant du sol pour regarder de plus près. Je n’étais pas loin derrière elle, ayant également une petite expérience

"On dirait… que la terre a été griffée. Et c’est…. Froid, très froid…"

Elle eut un mouvement de recul, regardant soudainement la forêt avec frayeur. Elle était pâle, et jeta un regard inquiet à Bradley. Il fronça des sourcils, regarda le chemin tout en serrant le pommeau de son épée. Il eut un soupire et marcha d’un bon pas dans le chemin.

" Allons y. Restez sur vos gardes et ayez l’œil ouvert."

Nous ne pouvions que lui emboîter le pas. Nous pénétrions dans la forêt, qui semblait se refermer sur nous. Littéralement. Il ne se passait rien, nous avancions d’un bon pas chacun à sa place dans la formation défensive. Il faisait étrangement sombre dans cette forêt, comme si des nuages épais avaient recouvert le ciel. Mon ouïe me gêna d’un coup, comme si les sons étaient absorbés par les arbres. Je fronçais des sourcils, me sentant quelque peu désorienté. Mais nous avancions, encore et toujours sur ce chemin en terre. Le terrain montait un peu, mais nous étions tous concentré sur ce qui nous entourait. Il y avait un peu de vent, du moins la sensation qu’il souffle. Car ce qui était bizarre, c’est que les branches des arbres ne bougeaient pas. J’eus un frisson, le genre qu’on éprouve quand on se fait observer. Je regardais autour, ayant envie de gronder. Je n’étais pas la seule à me sentir agitée, car Franck était sur le qui-vive, se retournant soudainement et parlant avec frénésie.

"Vous entendez ? "

Tout le monde se taisait, écoutant le son de… du vide.

"Quoi, y’a rien. "

"Le vent… On aurait dit… des voix. Et là plus rien. "

J’écoutais aussi, essayant de me concentrer sur ce que l’on pouvait entendre. Il y eut de nouveau du vent, et quelque part, comme si au loin… des chuchotements. Mon sang se glaça un peu. Je n’aimais pas ça. Mais notre attention se porta sur autre chose, car Mina s’était arrêté à côté d’un des arbres.

"Lieutenant…"

Elle regardait Bradley, son regard sérieux et sa main montrant l’écorce de l’arbre. Des griffures, de profondes griffures sur les écorces. Mais cela ne ressemblait pas à des pattes d’animaux, mais faites par une main d’homme. Réalisant les choses, nous regardions autour de nous pour voir que les marques n’étaient pas que sur un seul arbre, mais également sur tous les autres. A taille d’homme, mais également plus haut, presque au niveau de la tête d’un ogre. Le vent se mit à souffler plus fort, et tout le monde se regardait avec inquiétude. Nous n’étions pas seuls dans cette forêt. Bradley prit les devants en dégainant son épée et en accélérant le pas.

"On se dépêche, il ne faut pas rester ici plus…"

"Arrrgh ! "

Franck venait de crier, tombant lourdement au sol. Derrière lui se trouvait une silhouette de fumée, qui semblait s’être agrippée à son armure et le trainait en arrière. Il se débattait, mais l’esprit avait une bonne emprise sur lui. Etant la plus proche, je me jetais sur lui pour l’aider, essayant de taillader ce qui semblait être un esprit avec mes lames purificatrices. Pendant ce temps, Bradley interpelait d’une voix forte le mage, pour qu’il se bouge les fesses.

"Wallace ! "

Il était déjà en train d’agiter son bâton, qui s’était illuminé d’une lueur bleutée avant de projeter un jet de magie sur l’esprit. Et fort heureusement, car mes lames ne servaient pas à grand-chose et ne frappaient que le vide. L’esprit hurla en étant touché, et vola rapidement derrière les arbres, disparaissant de notre vue. Franck s’était rapidement relevé, fébrile et sa masse à la main, prêt à frapper tout en regardant de ses yeux révulsés les alentours.

"Bordel de… des Esprits, manquait plus que ça. Ca se tue comment ces trucs déjà ? "

Mais il n’eut pas le temps de donner une réponse, que le vent se leva et que les chuchotements n’en devinrent plus. Provenant de l’entrée de la forêt, un vent puissant porteur de cris aigües et déchirants nous balaya, emportant avec lui une nuée d’êtres éthérés qui se ruaient sur nous. Des contours embrumés, parfois des visages tordu de douleur et nous vrillant les tympans qui apparaissaient. Le réflexe fut immédiat, et l’ordre très facile à suivre.

"COUREZ !! "

Dans l’impossibilité de combattre de telles choses avec nos moyens, la meilleure solution était la fuite. Il nous fallait trouver refuge, un abri qui empêcherait ce vent porteur de malheur de nous engloutir. Nous courions, mais la nuée frénétique ne semblait pas de cet avis. Parfois nous nous faisions percuté par un de ces fantômes, qui comme le précédent tentait de nous trainer en arrière. Wallace utilisait alors sa magie pour le disperser, mais cela ne les repoussait qu’un cours moment. Agrippés, bousculés, nous nous faisions malmenés et des écorchures apparaissaient sur nos visages. Mais le pire de cette folie, c’est que la plupart du temps ce qui nous libérait de l’emprise des fantômes, c’était un autre fantôme. Dans le vacarme de leurs cris stridents, ils avaient l’air de se bousculer, voir même de se battre. Dans la tourmente, certaines silhouettes vaporeuses percutaient les arbres de façon violentes, et leurs semblant de bras et de griffes apparents lacéraient alors les arbres, tentant de se retenir. C’était un chaos sans nom, mais nous étions étrangement épargnés. Les grilles du manoir apparaissaient au loin sur le chemin, nous redonnant un semblant de courage. Je ne sais pas comment nous avions fait pour y arriver, tout ce dont je me souviens c’est que nous nous sommes rués sur les grilles, avons traversé la cour en friche du manoir pour ouvrir les portes et rentrer dans la bâtisse. Quand les lourds battants se refermèrent, nous n’entendions plus que nos souffles saccadés, nos pauvres poumons tentant de reprendre l’air avec difficulté. Je crois que nous étions tous un peu sonné, autant par la frayeur que nous venions d’avoir que par les cris incessants de ces êtres qui nous arrachaient la cervelle. Le calme un peu revenu, je remarquais enfin que les fantômes ne nous avaient pas suivis, et que les cris semblaient lointain. Ils ne pouvaient pas rentrer dans le manoir ? Tant mieux, c’est pas moi qui vais m’en plaindre. Mais le vacarme continuait toujours, les esprits ne semblaient pas se rasséréner. Bien qu’ayant du mal à respirer et à parler tant ma gorge me brûlait, je ne pus m’empêcher de faire une réflexion sur ce qu’il venait de se passer.

"Cette forêt… Ha… C’est moi ou… C’était vraiment… ha… le bordel ?! "

Personne ne me répondit. Sans doute parce que personne n’en avait quoi que ce soit à faire. Me laissant glisser au sol, je préférais aller de moi-même vers le sol plutôt que de le rencontrer brutalement si mon corps décidait de me lâcher d’un coup. Que j’avais mal à la tête, ça bourdonnait de partout. J’entendis à peine Bradley qui se mettait dans son rôle de chef de troupe.

"Tout le monde est là…. Tout le monde va bien ? "

Quelques grognements en guise de réponse, mais c’était suffisant. Je regardais autour, voyant que nous étions bien dans le manoir. Un grand hall, tout poussiéreux et silencieux. Ce silence… je pense que je vais apprendre à l’apprécier à l’avenir…

Au dehors, la nuée se calmait peu à peu. Les esprits retournaient à leur place dans la forêt, non sans pester les uns sur les autres. - Pourquoi vous nous avez arrêté ! Il fallait les aider, les sauver ! Mais les esprits les plus faibles et valeureux étaient en minorité, et bien vite ils se faisaient projeté et lacéré dans des cris. – Ce n’est pas à nous de décider, nous avons notre rôle ! Gardons la forêt, obéissons au Patriarch ! S’il décide de les laisser entrer, alors il ne faut pas intervenir... Un cri plus faible et las, une tristesse infinie qui s’étiolait dans le vent de la forêt… - Je ne veux pas… je ne veux plus… Je suis si las d’essayer… A quand cessera donc cette tourmente sans fin ?


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Chapitre 3 : à venir...





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Garde-Commandeur d'Orlaïs
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chapitre 3 et chapitre 4


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J
e pars, Maman. Un dernier voyage, un aller simple. Non, mon Destin m'appelle, et je ne reviendrai pas. La sentence est tombée hier, dans le bureau de mon Commandeur, au plus haut de la plus haute tour de notre forteresse. Il pleuvait, Maman, et un instant, j'ai cru que le Créateur pleurait pour moi. Les yeux rivés sur les vitres  froides, les dernières lueurs de lumière disparaissant derrière les murs d'Ansburg, c'était un peu comme si je n'étais pas là. Les Gardes des Ombres sont tous condamnés à un moment où un autre : il en va de notre initiation et c'est là notre sacrifice le plus grand. C'est drôle : nous nous dressons contre la corruption, et un jour elle nous ronge.
Karlan ne comprenait pas, et je me suis plongé dans le doute et la tristesse de son regard pour y trouver du réconfort, pour me dire que ce n'était pas ma faute, mais que c'était arrivé, il fallait que je l'admette. J'entends l'Appel Maman. Je n'y ai pas vraiment prêté attention les premiers jours, mais ce n'est pas quelque chose qu'on peut nier bien longtemps. Des voix me parlent, tout le temps. Des murmures inaudibles souvent, des souffles rocailleux, des râles, et je sens mon corps vibrer par moment, comme si un part bestiale se réveillait en moi, comme si je me perdais peu à peu. Je change, je commence à devenir les ténèbres. Je ne suis pas vieux pourtant, tu le sais, et je n'ai passé l'Union qu'il y a quinze ans. Normalement, il nous en faut vingt-cinq ou trente pour arriver à ce non-retour, mais je dois être plus faible que la moyenne. Mon corps était ainsi. Ce n'est pas ta faute.
Aussi, je prends la route pour Orzammar, et j'irai expirer dans les Tréfonds, emportant avec moi un maximum de ces saletés d'engeances. Je vais me battre, je te le jure, je lèverai mon épée une dernière fois pour faire le bien. J'aurais aimé te le dire avec des mots plus doux, j'aurais aimé t'éviter cette peine, cette perte qui restera, je le sais, dans ta chair. Nous nous retrouverons un jour Maman, mais n'oublie pas de vivre. Pour moi. Pour celles et ceux qui, comme moi, s'effacent dans les ténèbres pour faire perdurer la lumière. Je t'aime,

Trystan










J
e n'ai pas pu me résoudre à ne plus t'écrire, Maman. C'est un peu comme si tu étais là à côté de moi quand je te couche sur papier, et l'encre amère me fait dériver vers des rivages plus doux. Je suis arrivé à Orzammar hier, accompagné de Karlan et d'autres Gardes dont tu n'as pas besoin de connaître le nom. Ils tenaient à m'accompagner sur ma dernière route, et s'ils me laisseront à l'entrée des Tréfonds, je leur en suis reconnaissant. J'ai peur. J'ai encore trop de choses à faire, trop d'envies pour vouloir y renoncer maintenant. Si j'avais été seul, j'aurais probablement trouvé un moyen de rejoindre Combrelande pour t'y retrouver, et renoncer à mon devoir. Il y a tant de choses que je veux te dire, mais je ne sais les écrire. Les mots y restent creux, vidés de leur substance et de leur sens. Dans une autre vie, peut-être que le Créateur m'épargnera la Garde, et je pourrais reprendre le comptoir comme tu l'as toujours voulu, et moi aussi, même si je ne le comprenais pas à l'époque. Je pourrais être un homme honnête et travailler dur au labeur, et peut-être avoir une femme aussi et des enfants. Je fais avec ce qu'on m'a donné, et ce que j'ai voulu prendre, en attendant ce futur incertain. Ça aurait pu être pire, tu sais ? J'aurais pu naître mage, j'aurais pu mourir quinze fois pendant mon enfance, j'aurais pu mourir en passant l'Union. J'aurais pu connaître une vie d'esclave. J'ai bien vécu quand même.
Une grande fête va être organisée dans le Cornal Adamant ici pour mon départ. Les nains ont souffert plus que tout autre du fléau des engeances, et en cela, ils sont reconnaissants de notre sacrifice. Étrange de célébrer un sacrifice, non ? Mais soit, je veux bien mourir pour eux. Ils méritent de vivre en paix comme tout le monde, et autant donner ce sens à ma mort. Je te laisse, on requiert ma présence. Sois fière de moi, Maman.
Avec tout mon amour,

Trystan










K
arlan,
Tu dors à présent, et dans quelques heures, nous nous dirons adieu. Au retour, dans ta besace, tu trouveras ma lettre à côté de celle pour ma mère. Je n'ose plus lui écrire, mais j'ai besoin de poser mes mots quelque part, de les extirper de ma tête malade. Alors cette lettre est pour toi, mon mentor, mon guide, mon ami. Je sais que tu as les épaules pour l'endurer. Je connais la douleur qu'elle te fera, mais je sais aussi que tu respecteras ma volonté, et tu sauras qu'aucun mot n'est sorti de mes lèvres tremblantes lors de notre dernière étreinte pour cette raison. Je suis à bout, Karlan. Ils sont là, partout, je les vois dans mes gestes, leurs ombres planent sans cesse à côté de moi. Ils veulent que je vienne à eux, ils veulent que je renonce à mon humanité. Ils m'offrent des pulsions sanguinaires, une soif de sang, une envie de violence. J'ai les échos de leur rire au coin de la tête, partout, tout le temps. Je les hais, plus que tout ce que j'ai jamais pu haïr. Je les hais parce que je sais qu'ils ont raison. Je suis une bête qui aspire à revenir à un état sauvage, je suis le mal qui ronge notre monde. Nous sommes tous des engeances en sommeil. Et jamais, nous ne saurons vaincre cela. Je vais crever pour rien, pour une lueur d'espoir qui s'éteindra bientôt. Je vais crever seul et comme un chien, abandonné de tous. Les plus belles paroles des Gardes ne signifient plus rien quand on en arrive là. Débrouille-toi pour passer sous une lame avant Karlan. Une mort propre et sans douleur avec une tête saine et des idéaux encore vivaces c'est une belle mort.
J'ai aiguisé mon épée, poli mon bouclier. S'occuper les mains, ça ne vire pas les pensées de la tête non, ça ne les fait pas taire, mais au moins, ça m'évite de me faire du mal. Du silence, par le Créateur, du silence ! Qu'on en finisse ! Les souvenirs se brouillent. Je n'arrive plus à m'imaginer les ruelles du port de Combrelande. J'arrive plus à me souvenir de mon Union. Et le visage d'une jolie fille, bordel, qu'est-ce que je donnerais pour en emporter un avec moi là-bas ! J'ai pas les images, mais j'ai les odeurs. La terre chaude et humide, la brise saline, les viscères de poisson qui pourrissent au soleil dans un coin. Et la fumée d'un feu de camp. J'espère que j'aurais encore au moins celle là en mémoire demain, ouais.
Je t'abandonne à ces mots, mon ami. Ne renonce pas.

Trystan










K
arlan,
Rurik, de la Légion des Morts, te transmettra cette note à ton prochain passage par ici, il m'a donné sa parole. J'avais jamais senti ça dans les Tréfonds, cette énergie qui circule partout. Je suis déjà fou et perdu, je sais. Les saloperies sont coriaces, mais elles arrivent pas à me tuer. On a perdu quelques bons gars déjà, et je les envie, ces petits corps paisibles. Ils retournent à la Pierre en plus ces cons (pardonne moi, je respecte tes croyances), quand moi je vais retourner à la fiente et à la décomposition. Tu crois qu'elles vont me bouffer, hein ? J'ai été salement touché au bras, je ne peux plus me servir du bouclier. Tant pis, tant mieux. J'ai revu la silhouette d'Ailis tout à l'heure. Rends lui mes hommages aussi. Et ouvre toi à elle Karlan, ça ne peut pas te faire de mal. Au pire, tu te sentiras plus vivant, et c'est pas un mal, crois moi. C'est l'heure de mon dernier mot je crois, je te l'offre,
Que la Pierre t'honore, Salroka.








Extrait du journal de Karlan, Commandeur-Garde d'Ansburg, Marches Libres 9:41 :

Trystan : parti pour son Appel, 34 ans. Ailis. [Frimnaire 9:41] : Corypheus, tu paieras pour son âme.





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