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Suledin [PV : Siha]

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Maître Espionne
- Felassan -
Messages : 344
Sam 10 Nov - 7:55
L'attaque devait avoir lieu demain. Tout était prévu. Demetri, Siha et les autres devaient organiser la défense du bascloître. Je devais finir de mener à bien ma mission puis les rejoindre. Je devais être là pour aider les miens...

Alors qu'elle arrive aux portes du bascloître, le cœur de Briala se fissure. Elle croise un cadavre, puis un autre. Elle ne comprend pas, elle n'arrive pas à trouver l'élément qui a bousculé leurs plans. Elle inspire, expire, chasse la peine pour retrouver la colère, chasse le flou pour retrouver le concret. Arc en main, une flèche prête à être encochée, sa silhouette se faufile dans les rues à la recherche d'une âme en vie. Elle croise des corps vidés de leur âme, du sang, la dévastation. Mais elle ne voit plus rien, elle ne se laisse plus atteindre. Elle pleurera son peuple plus tard. Elle peut encore faire la différence, sauver une vie.

Un bruit, elle se glisse derrière un coin de mur, encoche. Prête à frapper. Un coup d’œil. Des elfes. Elle détend la corde de son arc, sort de sa cachette. Bien que son armure soit plus sophistiquée que la plupart des elfes, on la reconnait. Les Felassan ont l'habitude de l'apercevoir, discutant avec leurs chefs, avec leurs Flèches. Ils connaissent tous son nom, bien qu'ils ne soient pas sûrs de ce qui relève de la légende ou de la réalité. Elle fait signe à l'un d'eux de s'interrompre tandis que les autres poursuivent leur chemin, les bras chargés par un jeune blessé qui semble encore respirer, pressés par le temps. L'elfe arrêté lui fait un rapport, la voix raillée par la tension. Il lui raconte ce qu'il sait, c'est-à-dire peu. Les Chevaliers. Les blessés. Les morts. La Templière. L'Archiviste Bellanaris. La voix de l'elfe se brise, Briala pose une main sur son épaule pour lui insuffler un peu de force. Elle doit leur offrir une porte de sortie, avant que d'autres Chevaliers arrivent, ou que la Chantrie s'en mêle.


« Fais passer le message aux nôtres et à tous ceux qui chercheraient un refuge. Cherchez les blessés, sauvez ceux  que vous pourrez, puis rendez-vous à l'entrée Est du bascloître. Nous partirons au plus vite. »

Il opine du chef, ne souffle mot et part en courant rejoindre les autres. Avant de rejoindre le point de rendez-vous pour accueillir les siens et les guider vers leur refuge, elle se met en recherche de son vieil ami Archiviste. S'il était sur la scène principale, il saura mieux lui dire ce qu'il s'est passé. Elle s'élance vers la provenance du groupe d'elfes qu'elle a croisé, toujours prête à tirer en cas de danger. Elle se retient cependant de lever son arc à chaque bruit qu'elle entend, car déjà le bascloître s'est remis en marche, à la recherche de survivants. Elle se doute que Siha a dû se mettre à l'abri, alors elle prend les rues traverses, cherche sa silhouette fine et élancée, ses longs cheveux bruns. Après de trop longues minutes à courir, elle l'aperçoit au loin. Il marche plus qu'il court, le dos courbé par la fatigue... Ou par la douleur ? Il est couvert de sang. Briala se presse, le rattrape, rangeant son arc et sa flèche pour le soutenir s'il en a besoin. Elle refoule la panique au fond de sa gorge.

« Siha ! »


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Archiviste
- Felassan -
Messages : 1110
Sam 17 Nov - 14:19
La fumée ocre se leva depuis l'âtre de la cheminée, emportant les traces de sa courte interprétation de Michel dans son nauséabond sillage. Accroupi devant le feu qui crépitait en dévorant les vêtements déchirés qui le rattachaient à une tragédie dont il avait été l'acteur principal, Siha les regardait dans l'espoir de les faire disparaître plus vite. Pourtant ces derniers continuaient de se consumer avec une lenteur insupportable, l'élégant uniforme résistant aux flammes, comme désespérément obstiné à protéger ce qu'il représentait. Mais au final, tout comme les elfes de Val Royeaux en cette aube maudite, tôt ou tard il plierait et finirait par disparaître en cendres, éconduit par une violence aveugle et gratuite.

Siha se ratatina un peu sur le sol de terre battue, se faisant tout petit de sorte à ne toucher aucun des cadavres qui l'entouraient. La vieille dame dormait éternellement dans son lit avec un sourire figé, ses rêves étant aussi muets que ses lèvres closes. Sa fille était désormais allongée les bras croisés sur le ventre, sortie de sa condition de poupée désarticulée par l'archiviste n'ayant pas eu le courage de la laisser abandonnée à son sort, pas sans au moins prononcer quelques prières rituelles. Leurs paupières à jamais fermées ne pouvaient plus voir ce qui se passait en leur humble demeure à la porte à moitié défoncée, et pourtant plus que jamais le dalatien se sentait épié et... sale.
Enfilant à nouveau sa chemise crasseuse en serrant les dents, il fronça les sourcils et inspira profondément, certain que la douleur n'était rien qu'une conséquence méritée de ses crimes. Le sang coula à nouveau de ses blessures mal refermées, se diluant dans le tissu déjà intensément rougi à plusieurs endroits. D'une main insouciante il pressa la plaie sans trop y réfléchir, ne retrouvant ses esprits qu'à la vue du sang sur ses doigts fins. Pris d'un vertige il chercha à se relever et buta contre le mur le plus proche, funambule ivre incapable de danser sur la corde raide plus longtemps. Des visions assaillirent son esprit confus, son corps manquant de s'écrouler à l'entrée de la masure.

Le jugement. Une paire d'yeux gris aussi froids que de l'argent, l'expression d'un joli minois uniquement sensible à son propre deuil. L'indifférence. Le sourire désolé de celle qui s'excuse sans en penser un seul mot, telle l'amante qui a finit par se lasser d'un amoureux trop insistant. L'abandon. La trahison. Le sacrifice d'une existence entière au service d'autrui, le poids de nombreux lourds secrets, l'humiliation générée par la condescendance de ses pairs et leur suspicion constante et enfin... toutes ces vies perdues.
L'échec. La Rage.
Une conversation de sourds, deux personnes prisonnières de mondes incompatibles, deux hahls tirant l'Aravel en des directions opposées. Un corps plié et immobile entre ses bras, la gorge minutieusement tranchée pour l'empêcher de crier. Le cœur transpercé d'une lame qui semblait y avoir si aisément trouvé sa place, comme une épée légendaire ayant enfin trouvé son socle de pierre. La traîtresse avait péri un peu trop vite à son goût, dénuée de remords ou de honte, bien plus proprement que ceux à qui elle n'avait pas hésité à tourner le dos. La douleur aurait dû être son seul châtiment, mais là encore ce serait une libération bien trop douce. Le temps lui avait manqué plus que la sauvagerie et finalement c'est le pied lourd qu'il avait abandonné l'opportuniste dans un caniveau immonde, là d'où elle n'aurait jamais dû sortir en quête d'admiration.

Une inspiration, puis une autre. L'odeur de tissu brûlé et de sang le ramenèrent à la raison mais animèrent sa poitrine d'un violent haut le cœur. Se précipitant vers la sortie d'un pas chancelant, Siha plissa les yeux fasse à la lueur brillante de midi, puis s'engouffra dans la ruelle la plus proche. Navire sans boussole, il serpenta dans les allées désormais désertes à la recherche d'un visage connu, d'un appel qui puisse enfin briser ce silence pesant. S'arrêtant pour ne pas rendre le contenu de son estomac sur les pavés, il lui fallut quelques instants pour voir clair entre la réalité et le délire suscité par sa fièvre.
Dans la précipitation il se rattrapa sur des débris de tonneau et de nombreuses échardes se plantèrent dans sa main droite, mais à ce stade plus rien n'a d'importance... Son corps entier brûlait. Des voix. Il lui semblait entendre des voix. Si seulement il pouvait continuer encore un peu, si seulement ses jambes acceptaient de le porter plus loin...

Le mage ferma les yeux un instant en se sentant tomber. Intérieurement il était déjà résigné à encaisser l'impact avec le trottoir, mais finalement il sembla amorti par quelque chose de chaud et doux. Ses cheveux tombèrent sur son visage blême en un rideau chaotique, l'empêchant de voir ce qui -ou plutôt qui- l'étreignait si gentiment. Il se débattit faiblement comme un naufragé qui boit la tasse, néanmoins la douleur traversant son thorax le rappela vite à l'ordre et lui arracha une plainte. Il cessa enfin de bouger lorsque la voix familière de son amie parvint à percer à travers le délire. Balbutiant la seule chose qui avait vraiment de l'importance à ses yeux, il fit un effort pour articuler distinctement.

« Je suis désolé Bria... Tout ça est de ma faute. »



Dialogue en #ffffcc

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Suledin [PV : Siha]
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