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La promesse de l'aube [Tristan]

Anonymous
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Mar 29 Jan - 22:19
Allongée sur son lit, Estrela regardait les ombres danser au plafond. Le sommeil du brave était devenu une denrée rare en ces temps difficiles. La nuit, les doutes l'assaillaient, ses souvenirs la rongeaient. Elle entendait le fracas des vagues sur la rive blanche de Dairsmuid parfois, et le son vermeil des mouettes virevoltant au dessus des étals de pêche. Son devoir voulait qu'elle erre en Orlaïs, bien loin de ses préoccupations, bien loin de ses terres natales. Elle faisait de son mieux bien sûr, mais cela ne suffisait pas. Elle n'avait pas les épaules pour tout ça. Irina aurait su, elle. Elle aurait du y aller à sa place, et sa mentor aurait du se retrouver à sa place, dans ce lit trop beau, trop grand, trop propre.
La course des astres était déjà bien entamée quand elle se tira de sa couche pour aller faire un tour, trouver un endroit rassurant. La Rivani ne prit pas la peine d'enfiler la robe qui allait avec son rang et préféra sortir dans la nuit fraîche comme une personne normale, inconnue à la Lune. L'air était revigorant, le vent léger la faisant frissonner parfois, et le calme qui régnait dans les rues d'ordinaire surpeuplées était un plaisir des plus savoureux. Finalement, elle se hasarda à aller faire un tour à la Grande Cathédrale. Son alcôve de prédilection était vide, et elle y resta un moment, le front appuyé contre le mur de pierre, les pensées tournées vers le Créateur, les prières aux lèvres. C'était un de ces moments où elle pouvait communier librement avec Lui et puiser la force qui lui manquait pour avancer encore, d'un pas, puis d'un autre.
Les sens fatigués, las, l'ancienne templière finit par se retirer, mais une lumière de bougie au loin attira son attention. Une étude à proximité de la bibliothèque. Le refuge d'un apaisé, un mage orlésien du nom de Tristan pour lequel elle s'était prise d'affection, ou, à minima, de compassion. Les apaisés dormaient peu, et le phénomène n'était pas vraiment étonnant.
La Grande-Prêtresse déboula soudainement dans la petite pièce avec un large sourire, et ses yeux cherchèrent un signe de surprise sur le visage de Tristan qu'elle savait pourtant improbable. « Bonsoir Tristan ! Vous allez bien ce soir ? » Beaucoup trop d'enthousiasme. Ça ne lui ressemblait pas. « Vous devriez faire attention à ne pas trop traîner ici la nuit, notre réserve de bougies risque de fondre comme neige au soleil à ce rythme. » Elle brandit une bougie sous son nez comme pour appuyer ses propos avec un air taquin, trop heureuse de trouver quelqu'un avec qui parler sans jugement, sans à priori. Son entrain soudain, mêlé à sa fatigue, lui coûta cependant, car la bougie glissa pour tomber sur un parchemin soigneusement mis de côté. Un crépitement, une flamme prit naissance.

Anonymous
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Mer 30 Jan - 11:48
La nuit à la Chantrie de Val Royeaux est toujours un moment propice à l’étude. Tandis que la journée voit son flot de fidèles et de religieux défiler dans le transept ou se réfugier dans les alcôves, l’obscurité amène un silence où chaque son, de la moindre respiration au plus petit grattement de plume sur un parchemin, paraît incongru. Si le bruit en journée ne me dérange pas, la nuit est cependant le moment où je suis le plus productif. Sans doute parce qu’on n’a pas besoin de moi pour trouver un ouvrage dans les rayons de la bibliothèque.
J’ai ouvert plusieurs livres sur ma table, sorti mes plumes et mes parchemins. Comme toujours lorsqu’on me demande une nouvelle pièce enchantée, je prends le temps d’étudier les différentes possibilités et la meilleure façon de combiner les gravures de lyrium pour obtenir le résultat parfait. Je travaille lentement – certains clients m’en ont fait le reproche – mais le produit final est toujours d’excellente facture. L’ouvrage qu’on m’a commandé doit réunir plusieurs critères : la protection, la guérison et l’apaisement des craintes. La guérisseuse souhaite tranquilliser ses malades tout en favorisant leur cicatrisation. Enchanter un lit me paraît idéal et ce serait la meilleure façon d’obtenir les résultats souhaités. Il y aurait suffisamment de place pour y insuffler le lyrium et l’enchantement pourrait agir sur toutes les parties du corps de celui qui y trouverait place. Néanmoins, la soigneuse ne pourrait pas le transporter au chevet de ses patients incapables de se déplacer. Le tissu d'une couverture ou d’un drap ne peut retenir l’enchantement. Une pièce à glisser sous un oreiller ne suffirait pas, pas plus qu’un bijou à confier au malade. Je dois réfléchir à une autre solution.
Mon attention toute entière se focalise sur ce travail. Mon esprit occulte tout ce qui m’entoure. Il est tard, mais la fatigue ne m’a pas encore gagné.  J’esquisse des croquis, prend des notes, ajoute des commentaires dans les marges, sans jamais me laisser distraire, au point de ne même pas remarquer la lueur qui brille dans la Chantrie, ni d’entendre les pas feutrés sur le dallage glacé. La voix, cependant, finit par me tirer de mes pensées. Redressant la tête, j’aperçois le visage de la Grande-Prêtresse Estrela – ou du moins il me semble, car l’expression de son visage et le ton de sa voix ressemblent bien peu à l’image de sérieux et de dévotion qu’elle renvoie d’ordinaire. Aurait-elle abusé d’un peu trop de vin orlésien ?

« Bonsoir, Votre Éminence, réponds-je de ma voix monocorde. La nuit est le moment idéal pour travailler sans être dérangé. Personne ne vient ici à cette heure, d’habitude. Néanmoins, je peux acheter mes propres bougies si vous pensez que j’en utilise trop. »

Le crépitement de la flamme aurait pu interrompre ma phrase, mais la crainte qui aurait dû me saisir m’est étrangère depuis longtemps. Au lieu de paniquer, je regarde le feu qui commence à dévorer mes notes, pensif. Il y a un reste d’eau dans un broc de terre, posé sur la table non loin de moi, mais je risque de noyer mon travail si je le jette dessus. Avec mon éternelle placidité, je retire donc le châle épais qui couvre mes épaules et étouffe l’incendie naissant sous son manteau. Travailler en compagnie de mages m’a appris à toujours avoir à portée de main de quoi rattraper une maladresse magique.
Sous le châle, le parchemin a noirci au coin, mais mes notes ont survécu. Je le place hors de portée de la flamme et lève les yeux vers la Grande-Prêtresse. Le châle, lui, sent le brûlé, comme un atteste un trou en son centre. Cette vision ne m’émeut pas le moins du monde.

« Votre Éminence, si vous avez trop bu, vous devriez sans doute aller vous coucher avant de mettre le feu à la Chantrie toute entière. »

Le tact ne fait pas partie des talents des Apaisés, mais au moins, les choses sont toujours claires. Je réfléchis un bref instant. Je ne souhaite pas quitter mon travail pour le moment, mais le risque de laisser la Grande-Prêtresse rentrer seule dans cet état est trop grand. Qu’elle se tue dans un escalier ou que sa bougie embrase quelque chose m’est indifférent, mais ce ne serait clairement pas bien. Et comme il n’y a personne d’autre pour s’en occuper, la charge m’en incombe.

« Il serait plus prudent que je vous raccompagne, en déduis-je à voix haute. Asseyez-vous, si vous le souhaitez, le temps que je range tout cela. »

Et je me lève, impassible, pour commencer à refermer mes livres.

Anonymous
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Ven 1 Fév - 11:03
Elle ne se considérait pas comme particulièrement maladroite. Bien sûr, elle faisait des gaffes, comme tout le monde, mais d'ordinaire, elle faisait partie de ceux qui ont le geste sûr. Le lyrium et la fatigue n'aidaient probablement pas. La Rivani regarda le parchemin prendre feu sans trop comprendre ce que cela pouvait signifier, et mit plus de temps pour faire une relation ou pour agir que le fit Tristan, étouffant placidement la timide flamme avec un châle. L'odeur de brûlé la fit revenir à elle, et elle dévisagea l'homme, sentant la chaleur lui courir sur les joues, et l’œil devenir timide. « Votre Éminence, si vous avez trop bu, vous devriez sans doute aller vous coucher avant de mettre le feu à la Chantrie toute entière. » Ses yeux se baissèrent pour fixer les pierres au sol, honteuse. Tristan ne mâchait pas ses mots, il ne le pouvait pas, et sa logique était des plus implacables. En était-elle donc réduite à cela, une figure d'autorité titubante, indigne ? « Il serait plus prudent que je vous raccompagne. Asseyez-vous, si vous le souhaitez, le temps que je range tout cela. »
Estrela ne savait plus où se mettre, mais elle savait que ce n'était pas bien de le laisser faire cela, et elle sentait déjà l'humiliation percer en elle. De là à trouver une logique acceptable par un Apaisé pour justifier son acte, il y avait un certain précipice. « Ne rangez rien Tristan. Je n'ai pas envie d'aller me coucher tout de suite, j'avais envie de vous voir. Peut-être ne suis pas totalement en pleine mesure de mes moyens... » elle montra ses mains, bien en évidence « mais je promets de ne plus toucher de source de flamme ce soir. » Elle le sentit hésiter, lisant presque les pensées passer devant ses yeux. « [color:f9c5=6699ff]Soyez raisonnable Tristan. Vous savez que je n'aime pas donner d'ordres, mais je devrais le faire si vous me poussez à la contrainte. » Son ton était doux. Elle s'était prise d'une certaine affection pour Tristan au fil du temps. Ils s'étaient rencontrés lors d'un voyage à Val Royeaux où elle était encore la main droite de la Grande-Prêtresse, et se croisaient régulièrement depuis qu'elle s'était retrouvée 'consignée' en Orlaïs. Elle n'avait jamais vu d'Apaisés avant. Ils vivaient dans des Cercles après tout, et elle n'y avait jamais été vraiment été, sauf pour l'Oblitération du Cercle de Dairsmuid et quelques passages à Hasmal. La templière en elle était mitigée dans ses sentiments. Elle avait beau savoir que de nombreux Apaisements avaient été abusifs ces dernières années, certains étaient des derniers recours, une alternative à la mort, et elle ne connaissait pas le Tristan d'avant. D'un autre côté, elle ne pouvait s'empêcher de se demander ce qu'il serait sans cet état, quels seraient ses rêves et ses idéaux. Et elle se sentait responsable de lui, la protection des mages étant une de ses missions sacrées.
La Rivani alla s'asseoir sur une chaise libre et posa ses mains bien en évidence sur ses jambes. « Comment allez vous Tristan ? » Il ne répondrait pas vraiment à cette question. Elle précisa. « Avez-vous fait des choses aujourd'hui qui sortent de l'ordinaire, qui sont intéressantes ? » Elle prit sur elle pour ne pas se pencher sur les différents écrits qui l'entouraient. Ne pas toucher. Bien. « Oh, et Tristan, que pensez-vous de la place des elfes dans la Chantrie ? » Une question comme ça, l'air de rien. Peut-être aurait il aussi des idées qui puissent éclaircir la brume dans laquelle elle était plongée.

Anonymous
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Ven 1 Fév - 13:02
Suspendant mes gestes, j'hésite, le regard fixé sur la Grande-Prêtresse. Soudain, son attitude semble bien moins exubérante et ses paroles beaucoup plus sensées. Elle s'est éloignée de la flamme, réduisant le danger à rien. Bien. Je repose le livre que je viens de saisir. Si elle a envie de rester éveillée à cette heure, après tout, cela ne me concerne pas.
La Grande-Prêtresse s'est toujours montrée courtoise avec moi. Comme beaucoup de sœurs dans la Chantrie, elle me parle avec douceur, ménageant ses gestes et ses mots, comme pour éviter de me brusquer. Elles ont tendance à oublier que je ne peux m'offusquer. À moins que ce ne soit de la commisération… ou de la culpabilité. Si elle m'avait connu plus jeune, sans doute aurait-elle mieux compris mon état actuel.

« Je me porte bien », réponds-je avec calme.

J'ai eu un rhume le mois dernier, mais il a fini par disparaître. Aujourd'hui, mon esprit est clair et ma concentration maximale.
La question suivante me laisse silencieux un instant. Il ne se passe jamais rien d'extraordinaire dans la vie d'un Apaisé. La Chantrie est un endroit calme, à l'abri des turpitudes extérieures – c'est d'ailleurs pour cela que je suis venu y demander asile. Comme tous les miens, j'aspire à la tranquillité. Si je ne ressens pas d'envie particulière, pouvoir travailler sur mes enchantements, apprendre de nouvelles langues et conserver mon intégrité physique me paraissent nécessaires et indispensables.

« Non, rien, réponds-je finalement. Tout est comme d'habitude. La Chantrie est toujours calme. »

De nouveau, l'absence de logique dans les paroles de la Grande-Prêtresse m'apparaît évidente, mais je reste silencieux. Elle est immobile et ne semble pas sur le point de commettre un acte dangereux. Je pourrai toujours la raccompagner un peu plus tard si le besoin s'en fait sentir. Cependant, sa question n'a pas de rapport ni de suite avec le reste. Tient-elle réellement à me parler des elfes ou cherche-t-elle un sujet de conversation pour rester un peu plus longtemps avec moi ?
Il est rare que l'on questionne les Apaisés sur les sujets de sociétés. Pourtant, nous avons tous un avis sur ce qui nous entoure, qu'il s'agisse du conflit entre mages et templiers, des différentes croyances de Thédas ou le goût du porridge servi au réfectoire. Les elfes sont l'un de ces sujets, aussi je n'hésite pas dans mon exposé :

« Toute personne à sa place dans la Chantrie, Votre Éminence. Si un elfe est Andrastien, il doit pouvoir exercer sa foi comme n'importe qui d’autre. La forme de ses oreilles n'a pas d'influence sur ce qu'il pense ou ce en quoi il croit. Bon nombre de personnes confondent foi et humanité. Ils estiment que parce que les elfes viennent des bascloîtres, parce qu'ils sont physiquement différents, moins riches, moins puissants, ils sont indignes de vénérer le Créateur. Je ne pense pas que quiconque, encore moins la Chantrie, ait le droit de s’opposer à ce qu'ils exercent leur foi. »

Je m'interromps, réfléchissant un instant. La question est intéressante mais reste incongrue à cette heure de la nuit. Est-ce réellement cela qui tourmente la Grande-Prêtresse au point de l'empêcher de dormir ? Elle a dit vouloir me parler, et cela me suffit pour l'écouter. Néanmoins, je me doute que de plus grandes questions qu'un simple point de vue sociétal occupent son esprit à cet instant. Un tracas que je ne pourrai jamais plus connaître, puisque mes pensées sont toujours claires et paisibles. C'est assurément pour cela qu'elle vient me parler : les Apaisés peuvent réfléchir avec calme aux questions qu'on leur pose. Toujours placides, respectueux de tous, nous nous penchons sans discuter sur les problèmes qu'on nous soumet et tâchons d'y apporter des solutions. Nous n'avons pas à nous soucier de sentiments parasites. Ce qui fait de nous les meilleurs conseils que l'on puisse trouver.
Reprenant place à ma table de travail, je pose les mains sur mes genoux et fixe la Grande-Prêtresse sans me détourner.

« Y a-t-il quelque chose qui vous pose problème, Votre Éminence ? »

Anonymous
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Ven 1 Fév - 17:00
Elle dévisageait Tristan en silence, du fond de sa chaise inconfortable. Il n'était pas capable de déceler les émotions chez elle, mais la raison lui suffisait pour s'en faire une idée. Elle admirait cela, être capable de se détacher de ce qui brouille pour se faire une idée objective et claire... Même si, d'une certaine façon, au delà d'en être capable, il ne pouvait pas faire autrement. Elle était maladroite avec les émotions, n'avait jamais su les gérer. Même aujourd'hui, quand elle prenait la parole en public, elle sentait sa gorge se nouer et l'angoisse lui engourdir les membres, un comble pour une Grande-Prêtresse. Alors oui, naturellement, quelqu'un comme Tristan était un atout des plus précieux, mais elle ne voulait le considérer comme beaucoup, un objet, une enveloppe sans âme, dont on peut donc prendre possession sans avoir à se poser la moindre question. Le Créateur avait eu de l'humour en le plaçant sur sa route, à tel point qu'elle ne pouvait s'empêcher de se demander, en cette heure tardive, s'il n'était pas là pour elle.
« Y a-t-il quelque chose qui vous pose problème, Votre Éminence ? » Elle se secoua la tête pour chasser ses pensées et revenir au vif du sujet. « Il y a bien des choses, Tristan, et pour commencer, je voudrais que vous... que tu m'appelles par mon nom. Estrela. Tutoies moi aussi si tu peux. » Elle se passa les doigts dans les cheveux et hésita un instant, avant de reprendre. « J'apprécie ta réponse claire et concise. C'est juste que je suis un peu perdue depuis... Depuis le Conclave. La mort de notre Divine, d'Irina... Ça n'aurait pas du se produire. Les choses auraient pu être différentes. J'aurais pu être à sa place et y rester, et elle serait là ce soir, accomplissant son devoir avec beaucoup plus de brio que moi. Je ne comprends pas ce qui a poussé le Créateur, qu'Il me pardonne, à laisser faire ça. Et je me retrouve loin de chez moi, à attendre qu'on m'enferme avec des personnes qui ne m'aiment pas pour élire une Divine, qui, dans le meilleur des cas, tolérera simplement que j'ai une vision un peu déviante de la Chantrie. Je ne suis pas à ma place, et je pourrais faire mieux. » Elle essuya du bout de son index une larme pudique et respira profondément.
« La seule chose utile que je puisse faire, c'est m'enrichir de pensées, m'ouvrir aux autres et trouver des pistes solides pour alimenter le débat que nous aurons une fois à huit-clos.  Et je dois bien avouer qu'un de mes plus gros questionnements concerne les elfes. Non que je ne sois pas d'accord avec ton analyse : je la rejoins totalement. Simplement, comment pouvons nous ouvrir les bras aux elfes quand nous sommes largement responsables de leur état aujourd’hui ? Comment les convaincre que notre foi en vaut la peine quand elle les dénigre, comment leur expliquer que l'amour et la bienveillance que nous prônons ne s'appliquera pas à leur vie matérielle ? Nous n'avons plus l'influence qui nous permettrait d'y remédier depuis un moment déjà. Les paroles sont vides sans les actes, et j'ai peur que nous ayons les mains liées. Pourtant, il s'agit de la mission sainte de la Chantrie que de pouvoir répandre le Chant de la Lumière, sans le fondement de notre existence est dépourvue de sens. »

Anonymous
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Ven 1 Fév - 18:22
Je cligne des paupières. Même si je ne ressens pas la surprise, la requête de la Grande-Prêtresse me paraît pour le moins curieuse. On m’a toujours inculqué le respect de mes supérieurs. Une personnalité aussi importante qu’elle doit être vouvoyée et appelée par son titre, et voilà qu’elle me demande de la traiter comme une connaissance proche. Il est vrai que nous nous côtoyons depuis longtemps, maintenant. Elle a toujours manifesté de la bienveillance à mon égard, et son attitude a plus d’une fois laissé à penser qu’elle recherchait ma compagnie. Si cela peut apparaître comme la bonté inhérente au statut de prêtresse de la Chantrie, une marque de familiarité de ma part serait au contraire très mal perçue par les autres religieuses, qui ne manqueraient pas de me tancer ouvertement pour cet outrage.
Néanmoins, la demande émane de la Grande-Prêtresse elle-même. Ce ne semble pas être un ordre, plutôt un souhait, et je peux comprendre qu’elle veuille, par ce symbole, amenuiser la distance qui subsiste entre nous. Peut-être pouvons-nous y trouver un compromis acceptable.

« Il ne me semble pas judicieux que je me montre si familier envers vous devant les autres membres de la Chantrie, Votre Éminence, dis-je lentement. Les autres prêtresses risqueraient de s’en offenser. Je ne souhaite pas que vous ou moi ayons des ennuis à cause d’un manquement au protocole. Toutefois, si c’est votre désir, je puis peut-être y accéder lorsque nous discutons en privé. »

Les tourments qui agitent Estrela vont bien au-delà de la simple considération des elfes, comme je le pressentais. Ils sont l’arbre qui cache la forêt, l’un des multiples problèmes qui hantent les pensées de la Grande-Prêtresse. Je ne suis hélas pas capable de lui apporter une réponse globale. Mon esprit se limite à ce qu’on lui présente immédiatement, et s’il s’agit d’apaiser une émotion, d’apporter un réconfort, de dispenser une parole réparatrice, c’est hors de ma portée. Je ne comprends pas les tracas qui peuvent naître d’un « et si » qui ne se produira jamais. Seul compte ce qui est, à mes yeux. Ce qui aurait pu doit être ignoré.
Durant un instant, j’observe Estrela, alors que mes propres idées se mettent en place. Je ne suis pas certain qu’un Apaisé réussira à lui ouvrir de nouvelles perspectives, mais si c’est vers moi qu’elle s’est tournée, c’est que mon opinion l’intéresse. Je me dois donc de lui faire part de mes propres analyses, dénuées de toute sentimentalité.

« Il est trop tard pour revenir sur le passé. Même si les Marches Exaltées étaient une erreur et ont conduit à la déchéance des elfes, tu ne peux pas les défaire. Personne ne le peut. Ce qu’attendent les elfes, ce n’est pas que quelqu’un remonte le temps pour empêcher ce qui s’est produit. La Chantrie pourrait peut-être simplement reconnaître ses torts envers eux. Présenter des excuses. Et peut-être ne s’agit-il pas de convaincre les elfes de notre contrition, mais d’éduquer les autres. Si le regard des humains sur eux changeait, s’ils comprenaient que les elfes ont leur place dans notre monde et que nous devons les considérer comme n’importe quelle autre personne, les choses évolueraient peut-être. La Chantrie ne peut pas promettre sa bienveillance d’un côté et de l’autre fermer les yeux sur les inégalités dont est victime une partie de la population. Tu ne peux pas changer le passé, et tu l’as dit toi-même, les paroles ne sont rien sans les actes. Par conséquent, il te faut agir sur le présent pour modifier l’avenir. Et si les autres Grandes-Prêtresses ne veulent pas l’entendre, alors peut-être faudrait-il juste que quelqu’un leur montre comment faire. »

Mes paroles pourraient effrayer plus d’un Chantriste, je le sais. Elles ne sont pourtant que la conclusion logique d’un raisonnement dépourvu d’émotions parasites. Je ne prône pas la rébellion et aspire à vivre en paix. Je respecte l’ordre établi parce qu’il émane de la plus haute autorité que j’ai acceptée. Néanmoins, si Estrela veut aller au bout de ses convictions, elle doit en accepter l’implacable réalité : il n’y aura pas de changement profond dans la condition des elfes si personne ne consent à changer d’abord cette autorité.

Anonymous
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Ven 1 Fév - 20:08
Tristan énonça son vision des choses, ou du moins son raisonnement avec son habituel ton dénué d'émotions. Étonnement, c'était exactement ce dont elle avait besoin. C'était une réponse évidente une fois énoncée, à laquelle elle n'aurait probablement pas pensé par elle même. Ces propos sonnaient juste, et c'était un sentiment étrange car tous deux savaient ce que cela impliquait. Cela voulait ni plus ni moins dire face face à un discours prôné par la Chantrie depuis des centaines d'années, à une mentalité largement ancrée dans presque toutes les sociétés de Thédas. C'était dangereux, car cela signifiait trouver des oppositions au sein de la Chantrie, mais surtout en dehors au sein de la noblesse. Elle était un peu interloquée qu'un Apaisé la mène vers cette voie. Elle aurait pensé qu'il se limite d'avantage au dogme bien pensant de la Chantrie en général.
Estrela lui adressa un sourire, un peu plus tendu qu'elle ne l'avait imaginé. « Je pense que tu es dans le vrai, et je pense qu'avec un discours aussi éclairé, tu es pleinement conscient des conséquences potentielles que cela implique. Merci pour ce conseil. » Elle se sentait plus légère, comme si, à défaut d'avoir pu résoudre le problème, pointer une solution du doigt était une victoire en soit. Elle se tut un moment, pensive. « Je te demanderais bien de m'accompagner plus souvent dans mes déplacements si cela ne te forçait pas à quitter ton antre. A la limite, je m'arrangerai pour passer par ici avec certaines personnes. » Elle se leva finalement, comme pour annoncer son départ. « Je ne souhaite pas te déranger trop longtemps, tu as probablement à faire. Une dernière question pour la route alors, Tristan, si tu veux bien. Tu sembles très conscient de la condition des elfes alors que tu es Apaisé et que tu as rarement été à l'extérieur. Que penses-tu de ta condition, et de celle des autres Apaisés ? »

Anonymous
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Ven 1 Fév - 21:19
Les conséquences ? Je regarde Estrala de mon œil impavide, la respiration lente et profonde. Bien sûr que je les conçois. Mon discours est un appel à la scission, ni plus ni moins. Ce n’est pas ce que je désire – et pas non plus ce que je ne désire pas – mais la seule et évidente conclusion à ma réflexion. Je sais que d’autres chantristes pourraient y voir une forme de révolte. Cette pensée ne m’émeut pas le moins du monde. Si chacun pouvait penser de la même façon que moi, avec autant de clarté d’esprit, tout serait tellement plus simple, et le monde plus tranquille.
Ma réponse, cependant, semble provoquer un nouveau trouble chez la Grande-Prêtresse. Je ne saisis pas ce que je perçois dans son regard et son sourire crispé. N’attendait-elle pas une réponse de ma part ? Ce que je lui ai confié l’effraie-t-elle ? Est-ce au contraire ce qu’elle escomptait, et redoute-t-elle sa mise en œuvre ?

« Je suis en charge de la bibliothèque lorsque je ne travaille pas à mes enchantements, mais les prêtresses de la Chantrie me laissent du temps quand je le leur demande. Je sors parfois chercher le matériel dont j’ai besoin pour mes travaux. Si tu as besoin de mes services, il te suffit de leur en parler. Je suppose qu’elles ne s’opposeraient pas à ce que je t’accompagne si tu le leur ordonnes. »

Non que cela me réjouisse, mais ça ne me gêne pas non plus. La vie dans la Chantrie me convient. Le calme, le silence, la quantité de livres à ma disposition, tout ceci constitue un cadre idéal pour un Apaisé. Néanmoins, je comprends qu’Estrela a besoin de conseils. Je ne ressens pas de gratitude particulière à son attitude envers moi, mais ses questionnements m’intéressent et leur conclusion rejoignent les miennes. Rien ne s’oppose donc à ce que je l’aide si elle en éprouve la nécessité.
Elle se lève. Je l’imite avec la précision d’un miroir. Sa remarque attire mon attention sur mon travail, resté à l’état de brouillon sur ma table. Un tablier de cuir. Je me penche pour l’ajouter à mes notes, avant de me redresser.
On m’a souvent posé la question de mon cas, de mon état. Les gens normaux me regardent avec pitié, dégoût, colère, sans vraiment savoir comment s’adresser à moi, puis cette interrogation finit toujours par franchir la barrière de leurs lèvres. La réponse m’apparaît toujours évidente. J’ai du mal à comprendre que les autres ne l’envisagent pas immédiatement.

« L’Apaisement était nécessaire pour moi. J’étais dangereux, colérique, avide de vengeance. Je n’aurais jamais réussi ma Confrontation, admets-je sans détourner mon regard de la jeune femme. Aujourd’hui, je suis libre de me consacrer à mes études. Je ne serai jamais possédé par un démon. Personne n’a à me craindre. »

Et pourtant, c’est le cas. Je ne peux éprouver aucune émotion, mais je sais reconnaître un sentiment aussi évident que l’effroi quand je le lis sur un visage. Les Apaisés font toujours peur, même dépourvus de toute magie.

« J’ai choisi librement de m’installer ici, à Orlaïs. Dans la Chantrie, les prêtresses ont l’habitude des Apaisés et elles ne sont pas troublées par mon état. On m’a donné un travail et des responsabilités. Cette nouvelle vie me convient parfaitement. Mais je sais que d’autres Apaisés n’ont pas eu cette opportunité. À l’extérieur, les gens nous redoutent. Nous n’avons toujours pas de place. La Chantrie nous a façonnés tels que nous sommes, mais lorsque la guerre a éclaté, nombre des miens se sont retrouvés démunis. Je pense qu’il n’est pas juste de nous avoir abandonnés. »

Je ne déplore pas de trahison, ne regrette pas ma vie d’avant, ne ressent aucune crainte pour les autres Apaisés qui n’ont pas eu la même idée que moi. C’est un simple constat, prononcé d’un ton égal et sans aucune émotion. La Chantrie nous a créés ainsi et nous a tout simplement oubliés. En toute logique, cela n’a rien de juste. Je ne reproche rien à personne, mais notre situation n’aurait pas dû être occultée ainsi.

Anonymous
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Mer 13 Fév - 15:29
Un voile sombre passa sur le regard d'Estrela. Elle comprenait avec beaucoup de clarté ce que Tristan disait, mais elle sentait sur elle revenir la chape étouffante des responsabilités, le poids des actes passés. Ses mains étaient pleines de sang, contrairement à celles de l'Apaisé, qui avait été... changé de nature avant que des risques se fassent sentir. Il n'y avait pas d'autres choix pour lui, c'était ainsi. Cela ne rendait pas les choses plus agréables, cela ne l'empêchait pas de se demander ce qu'il serait, à cet instant, si elle était en mesure de rompre son état d'Apaisé. Aurait-il acquit de la sagesse, de la mesure ? Ou l'Apaisement changeait-il les gens sans aucune chance de les faire évoluer ? Et puis il y avait ces mots, froids, durs, envers l'Ordre des Templiers, envers la Chantrie aussi. Pas de rancœur, pas de haine non, mais un constat glaçant. Un échec plus global dont elle se savait partiellement responsable, comme chaque composante de son ancien Ordre. « Nous avons manqué à notre mission, c'est vrai. Nous avons tourné le dos à tout ceux que nous avions juré de protéger, et en faisant ce constat, nous oublions souvent de parler des Apaisés. Quand l'Ordre s'est fractionné, les quelques templiers restés fidèles à la Chantrie n'étaient pas en mesure de prodiguer la protection dont nous étions chargé, et nous avons eu le plus grand mal à sauver des vies. » Elle ravala sa salive, douloureuse. « Je pense que la Divine Justinia avait un dilemme qu'elle ne savait résoudre face aux Apaisés. Notre Ordre a apaisé de nombreux mages innocents, et c'était là une grande injustice, un abus clair de pouvoir. Vous êtes devenu le symbole de l'asservissement des mages. Comment alors s'entourer d'Apaisés, quand la Divine tentait de calmer les deux partis dans cette guerre ? Ne nous aurions nous pas accusé de continuer de profiter de votre condition ? De continuer de faire abattre sur vous un joug qui était à la source de la guerre ? A vrai dire, je n'ai moi-même pas de réponse claire à cela. Mettre les tiens en sécurité, je suis d'accord, et sans hésitation. Mais dans quelles conditions ? Comment garantir qu'avec la meilleure des volontés du monde, nous ne cherchions pas à vous instrumentaliser, à finir de vous déshumaniser, quand nous sommes tellement en difficulté ? Nous n'avons pas entre nos mains le processus qui permettrait d'inverser le processus pour celles et ceux qui pourraient le souhaiter, ou sur qui nous pourrions penser que la démarche a été de trop. Nous ne l'aurons peut-être jamais. C'est bien ces questions qui me font dire que je ne sais pas si je devrais te demander de m'accompagner dans mes déplacements. Tu dis par toi-même que tu es satisfait de ta condition ici, que ton travail te satisfait. Qui suis-je pour tenter de t'en extirper ? Si je le fais, au fil du temps, ne serais-je pas tentée de te considérer comme un outil plutôt que comme un ami ? »
Elle baissa les yeux, ne sachant pas comment Tristan allait réagir à cela. Elle savait au fond d'elle que ce n'était ni une réponse, ni une véritable excuse pour les siens qui étaient encore en danger, à l'extérieur de ces murs. La Chantrie aurait du assumer sa position et les protéger, faisant fi des rumeurs. C'était leur responsabilité.

Anonymous
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Dim 17 Fév - 15:49
Estrela est troublée par ma réponse, je le vois bien. Mon intention n’était pas de la mettre mal à l’aise, mais elle m’a posé une question et j’y ai apporté mon point de vue, sans le fard que les personnes normales savent y adjoindre. Je ne peux pas m’excuser pour cela. Je ne vois aucun mal dans ce que j’ai dit. Mais la Grande-Prêtresse finit par surmonter son malaise pour poursuivre, et je l’écoute avec intérêt.
En somme, elle m’avoue que la Chantrie a préféré oublier volontairement les Apaisés plutôt que les protéger, pour des questions morales. Je ne peux concevoir ni colère ni frustration face à ses déclarations, mais je ne suis pourtant pas d’accord avec la logique – probablement parce que je ne saisis pas quelles émotions ont pu conduire à ce renoncement. Pour moi, seule la raison importe, et la raison voudrait que la Chantrie ait protégé les Apaisés qu’elle a créés, non qu’elle les abandonne dans la nature. La peur d’avoir l’air de se servir de nous, je ne peux pas comprendre ce sentiment. Cela ne m’évoque qu’une excuse pour se débarrasser d’un problème évident : comment traiter avec les mages libres, quand on prend sous son aile des mages qu’on a mutilés autrefois ? Les Apaisés sont la preuve qu’il y a eu échec, et que certains Cercles n’ont pas pu les aider. Pour autant, la Chantrie devait-elle considérer que c’était sa faute ?

« Certains d’entre nous étaient peut-être un symbole, c’est vrai, concédé-je lentement. On raconte qu’au Cercle de Kirkwall, des Apaisements ont été perpétrés sur des mages pour les contrôler. C’était plus un acte politique que sécuritaire, et c’était injuste, je suis parfaitement d’accord. Néanmoins, peut-on dire la même chose de tous les Apaisés ? Je ne suis pas la preuve d’un asservissement quelconque. J’étais dangereux. Beaucoup d’Apaisés étaient des mages dangereux. Le risque de possession démoniaque était réel, et tu sais qu’un mage possédé n’est pas un problème à prendre à la légère. Je ne crois pas qu’on aurait pu m’aider. Hors du Cercle, peut-être, mais ce n’était alors pas possible. Je le conçois très bien. »

Je marque une pause, mon regard éteint fixé sur Estrela. Peut-être ne me croira-t-elle pas – il est tard, elle est troublée, et probablement ivre – mais c’est pourtant la vérité. La décision des Apaisements était prise par le Grand Enchanteur, certes avec l’aval de la Chantrie et des templiers, mais c’était, dans la plupart des cas, pour le bien de tous. Sans cela, je serais probablement mort depuis longtemps.

« Les Apaisés existent et sont une réalité. Nous ne demandons pas à redevenir ce que nous étions autrefois. Nous demandons la possibilité de vivre quelque part, en sécurité, et qu’on nous donne quelque chose à faire. Les Cercles nous offraient cette protection. Lorsque la guerre a éclaté, les mages n’ont pas voulu de nous parce que nous leur rappelions ce qu’ils pouvaient devenir. Les templiers n’ont pas voulu de nous parce qu’ils avaient plus urgent à traiter, et que nous ne représentons plus de danger pour personne. La Chantrie n’a pas voulu de nous, dis-tu, parce que nous étions un symbole politique. Et en définitive, nous qui ne pouvons pas vivre sans protection nous sommes retrouvés seuls, sans que personne, parmi ceux qui auraient dû prendre cette responsabilité, ne s’en sente le devoir. »

L’impact de mes mots est fort, je le sais, mais ce n’est que la vérité.

« Nous ne demandons pas à être contrôlés. Nous sommes capables de prendre des décisions par nous-mêmes, mais nous n’avons pas d’aspirations particulières. Je suis venu à Val Royeaux parce que quelqu’un m’a dit que c’était la meilleure chose à faire. Seul, je n’aurais sans doute pas su où aller, et peut-être serais-je mort dans les affrontements. Mages et templiers étaient au cœur d’une guerre et les Apaisés n’étaient pas leur priorité, je le conçois. Mais quelqu’un devait tout de même en prendre la responsabilité, et ce devait être la Chantrie. Sinon à qui est destinée la compassion dont tu me parlais tout à l’heure, si ça n’est pas aux faibles ? »

Notre discussion, à cette heure si tardive, me rappelle celles que j’avais autrefois avec Helene, lorsque nous nous trouvions à Montsimmard. Jusqu’au plus sombre de la nuit, nous discutions des sujets les plus variés ; elle trouvait dans ma logique froide et exempte de sentiments quelque chose qui, je crois, la rassurait. Vas à Val Royeaux, mets-toi à l’abri. La Chantrie te protégera. Les derniers mots qu’elle a prononcés me reviennent parfois en mémoire. La Chantrie m’a protégé, oui, parce que je l’ai demandé. Nombre d’Apaisés n’ont pas eu la même idée. Nombre d’Apaisés n’avaient personne pour leur suggérer une telle option.
Pour autant, je n’en veux pas à Estrela, ni à personne d’autre, d’ailleurs. Même s’il n’était pas juste de nous abandonner ainsi à notre sort, aucun Apaisé ne peut éprouver de colère à l’égard de ce qu’il s’est passé. Je ne peux cependant pas être d’accord avec la Grande Prêtresse, mais je sais que le ton de ma voix et la froideur de mes mots peuvent la blesser. J’esquisse donc un léger sourire pour la rassurer.

« Je t’accompagnerai si tu le juges utile. Il ne s’agit pas d’un abus de pouvoir : je suis encore capable de choisir, et je n’y vois pas d’inconvénient. Quant à la façon dont tu me considères, c’est à toi de le décider. Au Cercle, la plupart me voyait comme une anormalité. Mais d’autres, je le sais, me considéraient comme un ami. Je pense que je les appellerais moi-même ainsi si je devais les qualifier. Ce n’est pas parce que je n’éprouve pas de sentiments que je ne peux pas apprécier les actions ou les paroles de quelqu’un – que cette appréciation soit bonne ou mauvaise. Et je pense que les questionnements qui te troublent font de toi quelqu’un de juste. Je ne sais pas ce que tu feras à l’avenir, comment tu me traiteras ou quels choix seront les tiens, mais je crois qu’ils seront intéressants. »

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La promesse de l'aube [Tristan]
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