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Ce que les Archives cachent... (pv Tristan)

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Tullia E. Von Raijer
Garde-Commandeur d'Orlaïs
- Gardes des ombres -
Messages : 588
Lun 4 Fév - 14:36


Ce que les Archives cachent…


Val Royaux n’était pas ma ville préférée, mais elle n’allait pas tarder à le devenir. Ne valant pas Antivan, elle avait cependant de nombreux charmes si on oublie ses habitants masqués aux manières très surannées. Mais en tant que Garde-Commandeur d’Orlaïs, je me devais que d’étudier cette ville qui était le point névralgique et d’influence le plus proche de Térébinthe. Mieux la connaitre, que ce soit dans ses plus beaux apparats ou sous ses jupons, était essentiel et naturel pour toute personne comme moi. Un assassin se doit toujours de repérer les petites ruelles pour se cacher ou se faufiler, les endroits où l’on peut égorger une personne sans se faire repérer et se débarrasser du corps facilement. Un voleur se doit de repérer les endroits où l’argent et le monde grouillent, pour se remplir les poches aux détriment de celles des autres tout en glanant la moindre information sur le marché noir. Venir à Val Royaux était donc important, autant pour repérer les lieux que de nouer des contacts et des relations qui pourraient m’être utiles. Enfin, utiles à la Garde … Ma dernière visite avait été de courte durée et ne m’avait pas vraiment donné l’occasion de marauder dans les ruelles. Mais cette fois, j’avais décidé d’investir du temps dans cette racolante bourgade impériale pour mieux me former et connaitre. Les choses se passaient plutôt bien, j’avais repéré les différents quartiers d’intérêts, les zones d’informations et noué quelques liens pour obtenir des informations potentiellement utiles. Il me manquait juste de quoi assouvir mes besoins en matériaux particulier et difficile à trouver, mais je ne désespérais pas de trouver un bon contrebandier avec le temps. Je ne me promenais pas tout le temps avec mon uniforme de Garde des Ombres, surtout pour les quelques recherches illicites que je pouvais mener. Mais il y a des fois où cet uniforme peut s’avérer utile. Bien que la Gardes n’avaient plus bonne presse depuis ce qu’il s’était passé à l’Inébranlable, il était au moins gageur de tranquillité, les gens n’osant pas m’aborder et parfois évitant mon chemin en me jetant des regards inquiets. Mais il y avait un endroit que je savais plus sensible et de façon positive à cet uniforme. Du moins, c’est ce que je croyais. Dans mes promenades, j’avais oui dire que d’anciens bastions des Gardes se trouvaient non loin de Val Royaux. Maintenant en ruine et abandonnés depuis longtemps, je retenais surtout l’information intéressante que des reliques ou informations sur les Gardes pourraient se trouver à la grande bibliothèque de la Chantrie de Val Royaux. D’un premier abord étonnant, je me rappelais alors l’intérêt pour les habitants de cette région d’accumuler savoir et objets qui avaient plus de sens dans leur symbole de prestige que d’utilité. Que des Chantristes soient venu comme de rapaces récupérer des infos et les garder avec eux, cela ne m’étonnait pas de trop finalement. Curieuse et surtout en manque d’informations sur les Gardes que je gérais, l’Inébranlable avait eu la cruelle conséquence que de nous priver d’un historique sur cette Garde pourtant si important par le passé. Retrouver une partie des archives sur la garnison d’Orlaïs pouvait s’avérer utile, surtout si cela expliquait les relations de la Gardes avec les autres instances civiles ou politiques, ou encore des endroits qui appartenaient avant aux Gardes. Par le droit de Conscription, je pouvais potentiellement les récupérer. Mais c’était beaucoup d’hypothèse et de si entrecoupés de mais.

La piste me conduisit donc à la Chantrie. Vaste édifice mêlant de façon étrange faste et sobriété, je me rappelais avec un petit sourire de la chapelle exigüe de Fort Céleste et combien son intimité valait mieux pour se « recueillir » devant le Créateur. En uniforme de Garde et toute souriante, j’entrais dans l’édifice en toute confiance. L’intérieur était sombre, sentant fort l’encens et la bougie de prière. Cela me piquait un peu les yeux, mais l’obscurité relative me convenait cependant. Il n’y avait pas grand monde, mais je trouvais facilement une Sœur près de l’officine pour l’interroger. Je l’interpellais, et quand elle se retourne elle ne put s’empêcher de pousser un petit cri de surprise tout en faisant bond en arrière. Mon allure étrange et la surprise d’un tel face à face en étaient sans doute la cause, et je ne serais qu’à moitié étonné qu’elle ne veuille me jeter dehors en me criant « démon » juste pour mes cheveux blancs et mes yeux noirs et bleus étranges. Mais elle avait plus d’aplomb que ce que je croyais, et la vue de l’uniforme sembla la remettre un peu de ses émotions et l’obliger à un peu plus de courage. Avec amabilité je lui demandais la direction pour la bibliothèque de la Chantrie, expliquant que c’était pour des recherches pour les Gardes. Elle m’indiqua la direction, sa voix trahissant tout de même son malaise et s’excusant bien rapidement pour me laisser. J’en souriais, toujours amusée par cet effet que je provoquais chez les autres. D’un pas tranquille, je me dirigeais vers l’aile Ouest de la Chantrie, traversant un couloir et prenant comme indiqué la porte à droite. Celle-ci s’ouvrait sur une pièce relativement grande, comportant de nombreuses étagères de livres. Il y avait un silence d’or, simplement dérangé par le bruit du feuillettement des livres ou le toussotement des quelques érudits ou chantristes dans la pièce. La paperasse ce n’était pas mon activité favorite, mais les quelques années passées comme Sénéchale m’avaient au moins obligé à une certaine résignation. Cherchant par mot clé, je me lançais au début dans une quête un peu à l’aveugle. Je regardais les couvertures, passant d’une étagère à une autre, d’un thème à un autre. Il y avait beaucoup d’écrits et de livres sur les dogmes et le cantique de la lumière, des extraits philosophiques ou encore des études sur les plantes et leurs applications médicinales. Je crus trouver un instant mon bonheur en trouvant un ouvrage sur le premier enclin et les Gardes, mais tout était essentiellement tourné sur le fait que c’était une punition du Créateur, et que nous devions nous en repentir bla bla bla… Poubelle. Je poussais un profond soupire de lassitude et d’exaspération tout en remettant l’ouvrage sur son étagère. Ma patiente commençait à tourner court. Je me mettais donc en quête de quelqu’un qui pourrait me renseigner un peu plus. Si cela se trouve, les informations que je souhaitais étaient rangés autre-part, dans un endroit plus privé et mieux protégé. Je marchais entre les étagères pour trouver finalement un homme en habits de chantriste, qui rangeais quelques livres. Sa stature n’était pas impressionnante, son regard avait l’air fatigué et tout portait à croire qu’il allait se transformer en souris s’il continuait à se tenir de façon aussi affaissée. Une faune assez typique des bibliothèques je suppose. Je m’approchais de lui, l’interpellant d’une voix relativement douce et à voix basse pour ne pas l’effrayer. Il serait dommage qu’il sursaute, fasse basculer l’étagère sur lui et se retrouve en dessous le dos fracassé.

" Bien le bonjour ! Je recherche des informations potentielles sur les Gardes des Ombres en Orlaïs, et je n’ai pas trouvé grand-chose ici. Auriez-vous un autre endroit où vous entreprosez des documents ou des archives beaucoup plus vieilles ? Une institution aussi Illustre que celle de Val Royaux doit bien avoir cela, non ? "

Il s’était retourné, me regardant avec une légère surprise mais aucune autre couleur ne venant s’ajouter ou quitter son visage. Il faut dire qu’il était déjà d’apparence assez livide. Je vis qu’il m’examina rapidement, se demandant sans doute si je valais la peine de l’information que je demandais ou non. D’une voix un peu rocailleuse, il me répondit cependant avec beaucoup de politesse et de façon posée.

"Mh… Nous avons bien une salle des Archives, mais l’accès est interdit à toute personne extérieure à la Chantrie, sauf sous autorisation de la Mère Supérieure. "

Les choses devenaient plus intéressantes. Il y avait donc bien quelque chose en plus comme l’avait mentionné mon contact. Le fait de demander l’accès ne me paraissait pas inconsidéré, et malgré mon impatience habituelle et mes manières peu en phase avec les pratiques des gens normaux je me sentais prête à montrer de la patience. Essayant de me montrer aussi civilisée que ce qu’on attend d’un Garde-Commandeur, je l’enjoignais à m’en dire un peu plus.

" Ho… Et où puis je la trouver pour avoir cette autorisation ? "

Le prêtre continua de ranger des livres, et il me répondit de la même voix stoïque et posée que ces administrateurs si zélés et indifférents que nous abhorrons tous.

"Malheureusement, elle est en déplacement et elle ne sera pas de retour avant plusieurs semaines. Mais vous pouvez lui envoyer une missive, peut être répondra elle rapidement à un membre de la Garde des Ombres. "[/color]

Plan B…. J’avais de la patience, mais rester ici pendant plusieurs semaines ou faire des aller-retour n’étaient pas de mon gré. Le problème de la missive, c’est que le temps qu’elle soit envoyée et qu’elle daigne répondre, je serais sans doute passé à autre chose. Je râlais intérieurement, mais passais à une autre méthode de persuasion. Me doutant que face à moi je n’avais pas un homme sensible à mes charmes, j’utilisais un autre diapason qui ferait sans doute plus sens à cet homme de lettre : la hiérarchie. Je me mis à sourire, plantant sur lui mon regard étrange et parlant avec calme mais également avec une légère autorité.

" Et pour la Garde-Commandeur d’Orlaïs, est ce qu’un petit effort ne peut pas être fait ? Je ne peux me permettre de venir ici si souvent…"

Il semblait un instant confu, regardant de nouveau mon uniforme. Je vis dans son regard le combat intérieur d’un homme qui craignait de déplaire à sa hiérarchie s’il faisait une bévue en n’accédant pas à la requête d’une personne aussi importante. Mais en même temps, s’il acceptait et qu’il n’aurait pas du, il se retrouverait sans doute avec un blâme. Sa gêne soudaine se manifestait par un balbutiement et un regard fuyant. Il ne semblait pas vouloir prendre de décision, l’un et l’autre prenant trop de risques.

"Je… Malheureusement nos ordres sont strictes, nous devons obtenir….."

Je ne pourrais sans doute rien en tirer, aussi, je passais à une autre tactique. Bien plus amusante pour moi et plus naturelle d’ailleurs. Je mettais fin au tourment du prêtre en lui souriant et en le rassurant, faisant mine de capituler.

" Ce n’est pas grave, ne vous tracassez pas. Vous ne faites que votre travail pour le Créateur, je le comprends bien. Après tout, il n’y a rien de plus important, et votre intégrité fait honneur à cette Chantrie ainsi qu’à votre Mère Supérieure… Quel est votre nom déjà ~ ? …"

Avec amabilité, je m’intéressais à cette personne et lui posais de nombreuses questions sur lui et son rôle ici. Le flattant un peu de ci et de là, faisant mine de m’intéresser à ses travaux ou à ce qui semblait lui faire briller le regard, je tenais courageusement ce brossage dans le sens du poils pendant une bonne heure. Mais j’en ressortais relativement victorieuse et déterminée. Quittant la Chantrie, j’allais me préparer pour mon prochain coup. De ce prêtre, j’avais réussi à extirper quelques informations intéressantes, qu’il fallait juste que je creuse un peu plus en faisant des recherches sur place. La salle des Archives était plus loin dans la Chantrie, et conservait de nombreux manuscrits sur divers sujets. Une partie sur les Gardes était répertoriée, car ils étaient considérés comme l’un des piliers de la sécurité en Orlaïs et pour le Créateur, il y a longtemps de cela. Cette salle, en raison de ce qu’elle renfermait, n’était accessible que par certains chercheurs ou prêtres qui avaient une clé spécifique pour y rentrer. Il me fallait donc deux choses : savoir où se trouvait la bonne porte des Archives et trouver la clé pour y accéder. Cette idée d’entrer par effraction dans une Chantrie et de voler des choses m’amusait au plus haut point, me rappelant de vieux souvenirs et le bon vieux temps d’assassin. Repérages, infiltration… Cependant je ne devais pas tuer de personnes, car ça ferait vraiment tâche sur mon historique de Garde-Commandeur. Même si on part du principe de pas-vu pas-pris, je ne devais pas aller dans les extrêmes. Je trouverais forcément un moyen de justifier ma présence dans un endroit interdit à toute personne sans autorisation. Enfin je crois…

La première partie de mon plan était donc le repérage. Trouver l’endroit où se trouvait les Archives, qui y avait accès et qui y allait, quand et à quelle heure. Instinctivement je me portais sur une action de nuit, mais les religieux ayant parfois des offices en plein milieux de la nuit, je devais rester prudente. Le lendemain de ma discussion avec le prêtre, je devenais donc à la Chantrie mais sous un déguisement. Les cheveux cachés sous un fichu, des habits de personnes modeste avec une cape en bure, capuche abaissée et le visage légèrement foncé, je faisais l’effort de baisser quelque peu ma prestance et de garder les yeux baissés pour pas que l’on voit mon regard étrange. J’arrivais dans la Chantrie, comme une pèlerine au dos affaissé et marchant lentement. J’allais sur les différents autels de prières, restant silencieuse mais observant. Je n’étais pas habillée comme une mendiante, mais comme d’autres personnes rentrant dans cette Chantrie assez régulièrement. J’étais là, j’écoutais et je regardais. Je repérais les personnes travaillant ici, ceux qui avaient l’air important et d’autres pour les petites besognes. Je regardais également les potentielles portes d’entrée et de sortie, les allées et venues, ce qui était fermé à clé ou non. Une fois mes repérages dans la grande salle effectuée, je me dirigeais vers l’aile Ouest. Vraisemblablement, les Archives étaient dans la même aile que celle de la bibliothèque, mais je ne savais pas quelle porte. Je faisais donc mine de me perdre, essayant quelques portes. L’une menait à un autre couloir et sur une autre salle de prière, et la dernière menait à des escaliers qui descendaient. Mais je me retrouvais nez à nez avec les cuisines, et avec le cuistot chargé de nourrir les Chantristes. Me faisant rabrouer, d’une voix déformée et bégayante je me portais à confusion et prétendis chercher la bibliothèque, mais que je m’étais perdue. Avec impatience il me donna les bonnes indications, même si je savais où c’était, et me répandis en excuses tout en rebroussant chemin. Bon, ce n’est pas par cette porte, mais c’est toujours intéressant de savoir où se trouve la nourriture. Je retournais à la bibliothèque, et prenais le temps d’observer également. Il y avait toujours le même homme présent, à ranger les livres. Puis trois personnes dont une en bure de chantriste. Celui-ci avait l’air d’étudier des ouvrages. Relativement jeune, concentré, je remarquais sur son front la marque des Apaisés. Ainsi ils en avaient ici aussi… J’en avais entendu parlé, et rarement rencontré. Leur histoire n’était pas enviable et le châtiment qu’ils subissaient me semblaient être démesuré par rapport à la faute. Car l’on dit que c’est pour les empêcher d’abriter des démons, mais la réalité me semble plus proche d’un instrument de peur pour donner le bon exemple dans les Cercles plus qu’autre chose. Enfin, peu importe. Parler avec eux est un vrai casse-tête, car ils ne réagissent pas de la même manière que la plupart des gens. Mais à ce niveau-là, même si nous étions drastiquement opposés, je pouvais les comprendre et avoir une certaine compassion pour eux. Être paria et incompris n’était pas chose facile. Je portais pendant ce temps ma fausse attention sur divers ouvrages, les ouvrant pour les lire en silence. Je remarquais que le vieil homme que j’avais rencontré hier allait souvent voir le jeune apostat pour lui poser des questions, ou s’enquérir de comment les choses allaient. En écoutant leur conversation de loin, je compris alors que cet apostat était le vrai responsable de cette bibliothèque. Le lien se fit assez rapidement dans ma tête. Sans doute qu’il devait avoir les clés des Archives, ou qu’il s’y rendait de temps en temps. Patiente et me prenant au jeu, je pris un livre et allais m’installer sur un pupitre pour le lire à la lumière d’une bougie. C’était un recueil sur les plantes médicinales et ses différentes utilisations dans tout Thédas. Je lisais sans lire, restant l’observatrice silencieuse et attentive de cette salle où peu de chose se passaient. On pouvait même entendre les mouches voler. Les pages se tournaient, lentement. Puis un mouvement, au coin de l’œil… Fausse alerte, c’est le vieux crouton qui sort de la salle. De longues minutes passes, puis un autre mouvement. Cette fois-ci c’est l’Apaisé qui se lève et se dirige vers une porte au fond de la salle. Il s’arrête devant, sort une vieille clé en fer et ouvre la porte pour y entrer. Je ne bouge pas, regardant toujours. La porte se ferme, de longues minutes passent… puis l’Apaisé en ressort avec un ouvrage, d’apparence assez vieille et qu’il manipule avec une certaine délicatesse. Bingo… Ce devait être les archives. Et même si ce ne sont pas les Archives, il y avait des livres dedans et donc peut-être ce dont j’avais besoin. Contente de ma découverte, il ne me restait plus qu’à passer à la deuxième partie de mes « recherches ». Je laissais le temps à l’Apaisé de se remettre à son pupitre, ne bougeant pas du mien. Au bout de longue minutes, je refermais enfin mon livre insipide et me levais, contournant une étagère en faisant mine de chercher un autre livre. Cela m’amenait juste derrière l’Apaisé, qui étudiait le livre. C’est là que le point critique allait arriver. Reposant un autre livre sur l’étal et me tournant pour partir, je fis mine de trébucher contre un recoin de pupitre, m’affalant à moitié par terre en lâchant mon livre mais surtout, en me retenant à moitié sur l’Apaisé. Il y eut du bruit, une certaine attention des autres personnes qui regardaient ce qu’il se passait, mais il était déjà trop tard. Mes mains lestes avaient déjà fait leur travail. Des livres étaient par terre, et faisant mine d’être confuse tout en restant recroquevillée je ramassais les livres, m’excusant et ne levant pas les yeux vers l’homme sur lequel je venais à moitié de m’affaler. Je balbutiais derrière ma voix déguisée, mimant avec soin la gêne d’une personne venant de faire une gaffe.

" Mes excuses, j’ai trébuché… Je ne vous ais pas fait mal j’espère ? "

Mais cette dernière remarque était vide de sens. Je remettais juste les livres que j’avais fait tomber en place, m’excusais de nouveau platement et retournais mettre le livre de botanique sur son étagère. Dans ma poche, bien au chaud, se trouvait la clé de la porte que je venais de dérober à la ceinture de l’Apaisé. Le livre reposé, je n’avais plus rien à faire ici. Je quittais tranquillement la pièce, et surtout quittait la Chantrie. Je savais par où passer, j’avais la clé, maintenant il ne me restait plus qu’à passer à l’action. Nous étions le début d’après-midi, et j’avais encore bien des choses à faire pour me préparer et me distraire avant cette nuit. Car mon impatience ne me permettait pas d’attendre plusieurs jours avant de passer à l’attaque. C’est tard dans la nuit, ou plutôt très tôt vers 2h du matin que je retournais à la chantrie. Cape sur le dos pour me dissimuler mais armure de Garde des Ombres sur moi, je ne pouvais supporter plus longtemps de mettre cette bure de pèlerin. Surtout, si je me faisais prendre, le fait d’être Garde des Ombres me donnait un léger avantage. J’allais dans les ruelles sombres et vides, rasant parfois les murs pour me dissimuler. A la grande porte de la Chantrie, j’entrais en silence et surtout avec discrétion. Le grand hall de la Chantrie était toujours ouverte pour qui voudrait prier ou chercher asile, mais à cette heure-ci il n’y avait personne. Un coup d’œil rapide au hall, à ses statues et aux bougies rouges… Pas une seule personne. Je fermais la porte, et aussi silencieusement qu’une ombre je me faufilais entre les piliers pour ne pas être à découvert. J’écoutais, à défaut de pouvoir sentir avec tout l’encens qui me perturbait l’odorat. Je m’approchais de l’aile Ouest, faisant attention dans le couloir. Il y avait quelques bougies, mais tout était extrêmement calme. J’approchais de la bibliothèque, restant aux aguets. Je doute qu’il y ait la moindre personne à cette heure, mais on ne sait jamais avec ces érudits. J’écoutais à la porte … je n’entendais rien. La main sur la poignée, j’ouvrais le plus discrètement possible celle-ci en évitant le grincement de la porte. Je me souvenais de l’emplacement des pupitres et des étagères, ainsi que de la porte des supposées Archives. J’ouvrais légèrement la porte donc, jetant un coup d’œil. Personne. Quelques bougies étaient allumées, mais presque fondues. Donc quelqu’un devait encore travailler ici pendant la nuit. Je devais faire vite. Je rentrais, toujours en silence, et me faufilais entre les étagères tout en faisant attention que personne ne soit là. Devant la porte, je sortais la clé et l’utilisais. Le petit déclic de la serrure qui tourne, puis la porte qui s’ouvre. Je ne pouvais empêcher un petit sourire de satisfaction sur mes lèvres. J’ouvrais la porte, dévoilant une pièce plongée dans le noir, mais dont l’odeur forte de poussière et de papier ne donnait aucun doute sur son contenu. Il me fallait cependant de la lumière. Regardant autour, je prenais une des bougies sur son socle pour l’amener avec moi dans la pièce. J’y rentrais, fermant la porte en silence derrière moi. Eclairée par la bougie, je rentrais dans cette pièce qui se trouvait relativement étroite au début, mais qui s’élargissait pour donne place à une bibliothèque de plus belle allure. Je souriais, contente de ce petit triomphe.

" Bello e veloce… maintenant, c’est l’heure de travailler ~…"

Car le temps m’était compté, et je devais me hâter de trouver ce qu’il me fallait. Mais autant trouver une aiguille dans une botte de foin….



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Anonymous
Invité
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Lun 4 Fév - 17:18
Le calme qui règne dans la bibliothèque est presque aussi religieux que celui de la Chantrie. Le silence pèse comme une chape de plomb sur tous ceux qui sont présents, obligeant chaque personne à chuchoter pour ne pas le rompre. Cette ambiance me rappelle le Cercle. Quand nous nous trouvions dans la Tour, à étudier à la lueur des chandeliers, quand je travaillais sous l’égide des mages pour les aider dans leurs travaux… La plupart m’ignoraient, mais certains, rares, aimaient passer du temps avec moi. Même si je ne ressentais rien de particulier pour eux, je crois que je les considérais comme des amis – eux, en tout cas, me voyaient probablement comme plus qu’un Apaisé parmi tant d’autres. Je me souviens de Louis et de ses plaisanteries qui me laissaient de marbre, de nos travaux d’enchantement, d’alchimie. Il avait l’esprit brillant et novateur. Je me souviens d’Helene, qui préférait ma compagnie à celle des autres mages. Elle était solitaire et triste, mais elle trouvait le réconfort dans nos études ; nos échanges, empreints de respect et de courtoisie, déviaient parfois sur des considérations philosophiques qui nous gardaient éveillés jusque tard dans la nuit. Je les avais connus plus jeunes. Nous n’étions pas amis, à l’époque – mon caractère trop emporté leur déplaisait – et seul l’Apaisement les incita à venir vers moi. Et il y avait Rose, aussi, incorrigible enfant dont les farces en auraient exaspéré plus d’un. Pas moi, évidemment, même pas lorsqu’elle bourra mon oreiller d’oignons émincés. Nous nous étions retrouvés enfermés dans le garde-manger, un soir, et je l’avais vue crocheter la serrure avec un talent certain pour nous sortir de là… non sans avoir au préalable dévoré toutes les pâtes de fruit qui y étaient entreposées.
Je me demande où ils se trouvent, à présent, ce qu’ils sont devenus. Ont-ils ralliés les mages rebelles ? Ont-ils été retrouver leurs familles ? Ont-ils rejoint l’Inquisition ? Pour un peu, on pourrait croire qu’ils me manquent. Ce n’est pas le cas, et ce n’est pas non plus tout à fait inexact. Mon manque d’émotion ne m’empêchait pas de reconnaître leurs qualités. Ils étaient brillants, généreux, intéressants. Je suis persuadé que tous ont survécu et qu’ils ont su trouver une nouvelle place dans ce monde. Tant mieux. Ils n’auraient pas mérité de perdre la vie dans ce conflit. Louis a sans doute retrouvé sa famille – il était noble, je le sais. Rose a sûrement rejoint l’Inquisition. Cela lui ressemblerait bien. Quant à Helene… Elle n’aimait ni les mages ni les templiers. Elle n’aimait que la tranquillité mais rêvait de liberté. Peut-être a-t-elle gagné un endroit où elle peut vivre tout en cachant ses pouvoirs.
Un à un, les érudits reposent les livres sur ma table de travail afin que j’aille les ranger. Je leur souhaite à tous une bonne soirée ; ils m’ignorent presque tous, m’adressant un « à vous aussi » du bout des lèvres. Même ici, à la Chantrie de Val Royeaux, les Apaisés n’ont pas bonne presse. Les prêtresses m’octroient toujours des sourires et des paroles aimables, mais les autres, ceux de l’extérieur, me voient comme une anomalie. Je ne m’en soucie pas. Je ne connais pas la vexation et leur attitude me laisse indifférent. Histoire de la Chantrie. L’Ordre des Templiers. Astronomie. Le premier Enclin. Remèdes et cataplasmes : les plantes d’Orlaïs. Les goûts des érudits sont éclectiques. Cela signifie plus de travail, pour moi, mais cela m’importe peu. Les empilant au creux de mon bras, je les range un à un dans les rayonnages. Une légère douleur irradie dans mon pied droit. Je baisse le regard. C’est là qu’un des ouvrages est tombé cet après-midi, quand cette femme a trébuché dans la bibliothèque. J’agite les doigts de pieds dans ma chaussure ; tous répondent sans la moindre difficulté. Bien. C’est juste une contusion.
Histoire de la Chantrie rejoint les autres textes liturgiques, ainsi que L’Ordre des Templiers. Je glisse Astronomie à côté des Constellations, tome 1, puis Le premier Enclin avec la série correspondante, pour terminer avec les Remèdes et cataplasmes, dans la section des livres d’herboristerie. Ne restent que les Chants andrastiens de la deuxième ère, mais cet ouvrage particulier est celui que j’ai moi-même étudié au cours de l’après-midi, à la demande de mère Heldina. J’ai terminé de recopier le psaume qu’elle cherchait, le livre ne m’est donc plus utile. Il n’a cependant pas sa place dans la bibliothèque. D’un âge vénérable, ses pages sèches sont fragiles et délicates ; il se trouve d’ordinaire remisé dans une section spéciale des archives de la Chantrie. Le tenant précautionneusement au creux du coude, je glisse mon autre main dans ma poche pour saisir la clé. Absente. Placide, je change le livre de bras et fouille dans mon autre poche ; le trousseau qui s’y trouve compte la clé de la bibliothèque, celle des archives, de la porte du transept de la Chantrie et celle de mon logement. Mon regard impassible fixe le trousseau. Je garde toujours celui-ci, le plus fréquemment utilisé, dans ma poche droite. L’autre, celui auquel sont accrochées mes autres clés, est toujours dans ma poche gauche. Nouveau changement de bras, et j’entreprends une nouvelle fouille, sans résultat. Il n’y a pas de trou dans ma poche. Je n’ai pas pu les oublier ce matin, puisque j’ai retiré ce livre de la réserve. Sur la serrure ? Je vérifie par acquît de conscience, mais la clé ne s’y trouve pas non plus. Étrange. Il faudra que j’en parle demain matin à un serrurier.
À présent que la bibliothèque est vide, je peux m’adonner à mes travaux personnels. Chants andrastiens de la deuxième ère trouve un refuge temporaire sur une table à l’écart. Sur une autre, dans une alcôve fermée par un rideau, j’étends mes outils, mes notes, quelques fioles de lyrium, et la pièce de cuir que je veux enchanter. Mon travail va prendre plusieurs heures. Manches retroussées, cheveux noués sur la nuque, dans le silence profond de la Chantrie, je grave les runes qui confèreront le pouvoir désiré à mon ouvrage. Le lyrium brille de sa lueur bleutée, presque autant que la bougie qui jette une pâle lumière sur mon antre. C’est un travail rigoureux, qui exige précision et concentration. J’y excelle depuis qu’on m’y a initié.
En dépit de mon application, pourtant, un léger bruit me fait me redresser. Quelqu’un se trouve dans la bibliothèque. Serait-ce à nouveau Estrela, qui cherche à discuter avec moi en pleine nuit ? Posant mes outils bien alignés sur la table, je referme la fiole de lyrium, puis écarte le rideau. La bibliothèque est plongée dans la pénombre, mais un rai de lumière sous une porte attire mon regard. Celle dont il me manque justement la clé. Quelqu’un l’aurait-il trouvée ? Je doute qu’un voleur puisse avoir envie de se rendre dans cette réserve-ci, mais on ne sait jamais. Je saisis mon bougeoir et me glisse en direction de cette porte ; elle s’ouvre sans difficulté. Une autre lumière que la mienne dissipe les ténèbres un peu plus loin. Je m’avance, dépourvu de crainte et de méfiance, jusqu’à apercevoir la silhouette qui fouille déjà parmi les rayonnages.

« Excusez-moi, mais vous n’avez rien à faire ici. Ces archives ne sont pas ouvertes au public. »

D’où cette personne tient-elle la clé ? Je lève ma bougie, qui éclaire un visage pâle encadré de cheveux clairs. Il me semble avoir déjà aperçu ces traits un peu plus tôt, mais j’ignore où. Sans doute à la Chantrie, parmi les fidèles : cette personne a subtilisé ma clé, selon toute vraisemblance. Elle se trouvait donc à la bibliothèque cet après-midi. Mais pourquoi vouloir venir ici ? L’idée qu’on puisse vouloir dérober un recueil de poésie religieuse ne m’effleure même pas. Même si la valeur historique de ces textes est inestimable, ils n’ont rien d’exceptionnel, surtout pour un voleur.

« Si vous souhaitez un ouvrage sur les poèmes et les chants andrastiens, il vous suffit de me les demander quand la bibliothèque est ouverte, reprends-je avec ma tranquillité habituelle. Ces archives sont interdites au public, mais les livres peuvent être consultés sur demande. Revenez demain matin et je vous trouverai celui que vous cherchez. En attendant, s’il vous plaît, je vous prie de sortir. Ces documents sont extrêmement fragiles. Et veuillez me rendre ma clé. J’en ai besoin. »

Tullia E. Von Raijer
Garde-Commandeur d'Orlaïs
- Gardes des ombres -
Messages : 588
Lun 4 Fév - 22:15


Ce que les Archives cachent…


La salle au début prometteuse se révéla une des plus grande déception. J'avais posé la bougie sur un support fait pour cet effet, regardant les inscriptions sur les étagères avec un certains dépit. Poésie, dramaturgie... que des inepties encore plus ennuyeuses que la pièce précédente. Il n'y avait nul doute que cet endroit était des archives, vu le nombre incroyable de papiers vieux et de couvertures écornées. Mais je ne trouvais pas ce que je voulais. Je prenais un livre, l'ouvrant délicatement pour en observer l'intérieur vu que la reliure et la couverture avaient un titre peu lisible. Mais une langue étrangère était là, indéchiffrable à mes yeux. Je tiquais, reposant le livre. Quand soudain la porte derrière moi s'ouvrit, laissant passer plus de lumière. Une personne me faisait face, mais dos à la lumière il m'était difficile de pouvoir distinguer son visage. Il parla, d'un voix intelligible mais extrêmement calme. Un administrateur dans toute sa splendeur. Mes yeux étrange se posèrent sur lui, alors qu'un sourire de prédateur s'étira sur mon visage. Ma voix charmante et antivane s'éleva, mais dans une discrétion toute nouvelle et inhabituelle quand on me connaissait. Le côté ironique et sarcastique était toujours là cependant.

" Et bien ~.... Un rat de bibliothèque a fait son apparition je vois..."

En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, j'avais bondis sur ma proie, le faisant tomber en le tirant par l'épaule et lui faisant un croche patte. Je tombais avec lui, le plaquant au sol et surtout plaquant l'une de mes mains sur sa bouche pour pas qu'il ne parle. Mon visage était tout près du sien, mes yeux noir et bleu braqués sur lui et mon sourire narquois toujours présent. Je me mis à chuchoter, roucoulant toujours à ma façon.

"Première règle dans une bibliothèque... ne pas.... faire de bruit.... Shhhh ~....."

Maintenant que j'étais sur le chantriste et qu'il ne pouvait s'échapper, je l'observais un peu plus. Plutôt jeune, beau gosse en plus, son symbole sur le front ainsi que sa physionomie me rappelèrent sa rencontre plus tôt dans la journée. C'est donc pour ça qu'il m'a demandé les clés, c'était à lui que je les avais volé. Je l'observais avec curiosité, ne m'étant jamais retrouvée dans ce genre de situation avec un apaisé. Je pensais à voix haute, ou plutôt à voix basse, riant légèrement tout en posant sur lui un regard malicieux.

"Mh... tu es l'Apaisé qui s'occupe de cette Bibliothèque... De près, tu es plus mignon que ce dont je me souviens, fu fu fu ~ ! Chance pour moi, et chance pour toi sans aucun doute."

Je riais légèrement, me disant que s'il n'était pas physiquement à mon goût ni même un apaisé je ne me serais pas laissé à tant de compassion pour lui. Je veux dire, en temps normal il serait déjà lacéré avec l'une de mes lames paralysantes pour qu'il reste tranquille et tombe inconscient, me laissant chercher ma besogne tranquille. Mais il y avait des choses dans ce qu'il avait dit précédemment qui m'avaient mis la puce à l'oreille. Ne restait plus qu'à moi d'en tirer parti de façon intelligente. Je devais l'attirer dans mon camps, mais c'était un apaisé et les menaces habituelles ne marcheraient pas. Sans émotion, ni peur ni désir, fléchir un homme est des plus difficiles. Me restait alors la logique des scolaires, mais cette pratique était plus périlleuse pour moi qu'autre chose. Je tentais cependant l'impossible, en entamant un "dialogue" sensé et logique avec lui. Enfin, j'essayais.

"Je ne vais pas te faire de mal. Ni à toi ni à ta bibliothèque. Je te lâche, mais tu parles doucement et tu n'essayes pas de t'enfuir... D'accord ?"

Je souriais, enlevant doucement ma main pour ensuite m'asseoir. Je restais assise, mais ne lui laissais pas pour autant l'occasion de s'échapper. Toujours à bloquer ses jambes en étant assise dessus, je tentais de raisonner mon charmant prisonnier à ma manière. Pour peu que nos logiques puissent se croiser.

"Je n'ai rien à faire ici, je le sais, mais je suis là quand même. Et ce n'est pas la peine de rouspéter, ça n'y changera rien. La seule manière de me faire partir, c'est que je trouve ce que je cherche."

Je lui souriais avec malice, et essayais de créer un lien d'une autre manière. Déjà, je ne me montrais pas (ou plus) agressive, et tentais à présent de voir jusqu'à quel point il était loyal envers ses employeurs, et donc potentiellement influençable à ma cause. Et rien de mieux pour créer des liens que de savoir qui est qui. Parlant toujours à voix basse, je tentais d'en savoir plus sur lui.

"Quel est ton nom, Apaisé ? Je ne vais pas t'appeler l'Apaisé tout le temps quand même, c'est d'un triste..."

Je levais les yeux vers le ciel, pensant sincèrement que ce n'était pas juste. Il était sans émotion et pour beaucoup de personnes sans doute une coquille vide et donc non humain. Mais à l'inverse j'étais une boule d'émotions violentes exacerbées, et ce n'était pas pour autant que l'on m'appelait tout le temps la Bête ou le Monstre. Souvent, mais pas tout le temps...

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Mar 5 Fév - 9:12
Il suffit d’un instant, et voilà que les rayonnages vacillent autour de moi. La poigne de l'intruse est assez puissante pour me faire chuter à terre. Je tombe sans un cri et elle me surplombe, faisant étalage de son entraînement sans paraître remarquer que je ne peux me débattre. Elle n’est pourtant pas si grande, moins que moi en tout cas, mais elle est forte ; de toute évidence, ce n’est pas une femme ordinaire. Son apparence elle-même est étrange. Cela vient-il de la couleur de ses cheveux, de celle de ses yeux, ou de ce sourire qu’elle arbore ? Sans doute aurait-il de quoi glacer le sang des personnes qu’elle rencontre. Le mien continue tranquillement son chemin dans mes veines. Je l’observe sans sourciller. L’avantage d’être Apaisé, c’est que je ne peux jamais paniquer. Des armes, elle en possède assurément, mais elle ne les a pas sorties pour m’attaquer. Elle pense donc être en mesure de me terrasser sans employer de lame – ce qui est vrai, mais elle n’en a pas douté avant même de me reconnaître en tant qu’Apaisé. Elle est sûre de ses talents. Au vu de cette démonstration, j’en suis moi aussi convaincu. Ou bien elle ne compte pas réellement me faire de mal, mais je ne parierai pas là-dessus.
Incapable de parler, jugeant préférable de ne pas bouger, je me contente de l’écouter. J’ignore ce qu’elle me veut, mais je pressens qu’il vaut mieux attendre qu’elle l’évoque elle-même. Quoi qu’il en soit, je suis seul avec elle dans la Chantrie ce soir. Il n’y a pas de templier pour protéger les alentours et personne ne viendra à mon secours si je parviens à crier. Cela ne servirait donc à rien, à part peut-être énerver cette femme… et ma raison me dit que je n’y trouverai aucun intérêt.
Elle finit par relâcher la pression de sa main, promettant de garder la bibliothèque intacte si je reste silencieux. Parfait. Je n’avais de toute façon pas l’intention d’appeler à l’aide puisque c’est inutile. Son attitude change brusquement. Toujours assise à califourchon sur moi, elle se montre moins doucereuse et plus directe. Comme si elle s’était enfin rendue compte que mon état ne m’autorisait pas le moindre sentiment, elle semble avoir abandonné l’idée de me charmer avec des compliments qui ne m’atteignent pas. Les renseignements qu’elle cherche ne se trouvent pas dans la bibliothèque, puisqu’elle s’aventure ici. Quels ouvrages peut-elle bien désirer à ce point ? Mon regard quitte son visage et s’égare plus bas. Sous la cape qui la dissimule, je perçois le brillant d’une armure. Un griffon. Je relève les yeux pour retrouver les siens. Une Garde des Ombres ?
De nouveau, son expression a changé. Je l’observe avec intérêt. Tant d’émotions se manifestent en elle que j’ai peine à les suivre. Je ne peux être troublé, mais je ne parviens pas à comprendre ce qu’elle est ni ce qu’elle espère exactement, et cela enraye mes capacités de raisonnement.

« Je m’appelle Tristan, finis-je par répondre de ma voix monocorde. Vous pouvez utiliser ce nom. Et moi, comment dois-je vous appeler ? Garde des Ombres ? »

En temps normal, je n’aurais probablement pas posé la question, mais je veux savoir qui elle est. Son identité me renseignera peut-être, à moins que je ne puisse, plus tard, la donner comme information quand je parlerai de ce qui s’est passé cette nuit.
Je continue de la fixer, essayant de comprendre les sentiments qui l’animent. C’est sans conteste une femme séduisante. L’attirance, le désir, l’amour me sont étrangers depuis des années, mais je peux reconnaître la beauté lorsque je la rencontre. Nul doute qu’elle sait se servir de ses charmes, d’ordinaire. Elle a probablement changé de tactique à cause du symbole sur mon front et de ce qu’il signifie. Ses atouts ne lui seront d’aucune utilité avec moi.
Je n’esquisse toujours aucun geste pour me libérer. Je suis à sa merci, mais je ne la crains pas, pas plus que je ne ressens la moindre honte à être ainsi étendu sur le sol, une femme à califourchon sur moi, dans la pénombre d’une salle isolée. Une seule chose m’intéresse : je veux savoir. Cette femme s’est introduite ici avec beaucoup de subtilité. Bien sûr, la poésie chantriste n’est pas sa tasse de thé, mais qu’espérait-elle trouver ? Quels documents assez vieux visait-elle ? Dans mon esprit parfaitement ordonné, je repasse l’organisation des archives que je gère depuis la fin des Cercles. Des ouvrages sur la Garde des Ombres ? Peut-être, oui. Peut-être aussi sur la magie, les démons, les engeances, les anciens Dieux. Quoi d’autre ?

« Je ne comprends pas. Pourquoi une Garde des Ombres pénètre-t-elle dans les locaux de la Chantrie en pleine nuit, au lieu de venir simplement demander au bibliothécaire de l’aider à trouver ce qu’elle cherche ? »

Il n’y a pas de raillerie dans ma question, mais la volonté d’obtenir une explication. Si cette femme s'était présentée en plein jour afin de se renseigner auprès de moi, je l’aurais aiguillée, si les documents n’étaient pas confidentiels. Et il lui aurait suffi de s’adresser à l’une des mères de la Chantrie pour gagner l’autorisation de les consulter malgré tout. À moins que les erreurs des Gardes n’aient entaché leur réputation au point de leur retirer leurs anciennes prérogatives.

« Pourriez-vous me laisser me relever ? Avec votre vitesse et votre force, vous auriez tôt fait de me rattraper si je m’enfuyais. Il serait donc inutile que je le tente. De plus, votre jambe gauche comprime mon bras droit et ma main s’engourdit. Cela me soulagerait que vous bougiez au moins un peu. »

Tullia E. Von Raijer
Garde-Commandeur d'Orlaïs
- Gardes des ombres -
Messages : 588
Sam 9 Fév - 19:56


Ce que les Archives cachent…


Aucune résistance, c'était comme si je m'en prenais à une poupée de chiffon. Son regard était placide, ne montrant ni surprise ni peur. Aussi proche de lui, je pouvais sentir son souffle toujours aussi régulier, son odeur n'émettait aucun fragment de peur, son pouls sous mes doigts était d'un calme exemplaire. C'est donc ça, la sensation de s'en prendre à un Apaisé. Cette surprise mêlée de déception. Pour un prédateur comme moi, c'était une sensation bien étrange. Docile, mais son regard n'était pas vide pour autant. Il y avait cette petite étincelle, cet éveil qui montrait que je n'avais pas qu'une coquille vide devant moi. Quand je relâchais ma main il n'essaya pas de crier. Quand je lui demandais son nom, il me répondit de cette voix monotone propre à son espèce, mais me demanda également mon nom, mettant en évidence mon appartenance aux Garde. Curieux et observateur... Je l'aimais bien. Mes yeux pétillèrent de nouveau, curieuse également devant cet individu si différent. Je lui répondis par un sourire amusé, chuchotant toujours.

"Perspicace, je vois... Je suis bien Garde des Ombres. Tu peux m'appeler Tullia."

J'aurais pu lui donner un autre nom, mais personne ne me connaissait ici. Et qu'il aille répéter ce qu'il avait vu... J'avais un autre atout dans ma manche, mais je ne tenais pas à l'utiliser pour le moment. Toujours sur lui, l'empêchant de bouger, je fus de nouveau surprise par cet Apaisé. Sans vraiment savoir pourquoi, et toujours avec ce calme légendaire, il se mit à me poser des questions sur la raison de ma venue ici, mettant comme une évidence que j'aurais pu demander au bibliothécaire. Ben voyons, comme si je n'y avais pas pensé plus tôt ! Et il était assez culotté de me demander ainsi mes raisons de venir. Culot ou curiosité, il m'amusait beaucoup. J'avais énormément de mal à cacher mon sourire et à retenir un rire. C'était comme avoir un enfant qui n'avait aucune conscience du danger dans lequel il était. Mais les paroles qui s'en suivirent, comme quoi j'étais lourde en fait, montraient qu'il était loin d'être stupide. Conscient de mes capacités à pouvoir le mettre hors d'état de nuire avec rapidité et efficacité, cela ne l'empêchait pas pour autant de me demander de façon naturelle et monocorde de me pousser. Un enfant conscient du danger, mais qui clairement en avait strictement rien à faire. sincèrement, je ne sais pas si c'est l'apanage de tout Apaisé, mais j'apprécie beaucoup ce Tristan. Un tel culot, c'est presque dommage qu'il soit gâché au fin fond d'une Chantrie. S'il venait à se retrouver entre mes mains... Mes yeux étranges montraient ce questionnement interne, toujours posés sur cet homme avec curiosité et beaucoup de considération. Mais ce sourire prédateur était toujours là, et ma voix inquiétante n'avait pas perdu de son côté à la fois charmeur et autoritaire. Je me bougeais quelque peu, en douceur, sans quitter des yeux ma proie.

"Ha, bien sûr... Mais restons assis un moment. C'est mieux. Votre bon sens et votre perspicacité doivent bien comprendre pourquoi ~ ..."

La malice se lisait dans mes yeux. Je restais assise, mais dans le genre de position qui me permet de bondir sur lui à tout moment. Rester ainsi près du sol permettait d'être moins visible, mais également de disparaitre plus facilement entre les étagères. Les mouvements vers le sol sont instinctivement moins visible pour la plupart des gens, et là où j'étais je voyais distinctement la porte juste derrière Tristan. Si une autre personne venait, je ne serais plus surprise. Et l'Apaisé lui ne pouvait pas facilement s'échapper. Face à lui, je me demandais comment je pourrais l'utiliser à mon avantage. Mais également, je souhaitais récompenser son culot en lui donnant quelques informations. Qui sait, en retour sa logique débordante me donnera peut être satisfaction. Parlant toujours à voix basse, mais non sans raconter les évènements avec animation, je lui expliquais le pourquoi du comment.

"J'ai demandé de l'aide pour trouver ce que je cherche, à l'autre vieux bonhomme qui traine dans la bibliothèque. Mais il m'a dit qu'il me fallait un laisser-passer de la Révérende-Mère, et je n'ai pas le temps d'attendre."

Déjà que j'avais eu la générosité de poser la question plutôt que d'aller directement chaparder les éléments, je me trouvais d'une gracieuse disposition envers cette Chantrie. Mais il ne faut pas non plus pousser. Voleuse et assassin un jour... on ne se refait pas avec le temps malheureusement.  

"J'aurais pu forcer le pas en utilisant mes prérogatives de Garde-Commandeur, mais je me suis dis que c'était plus amusant de venir en catimini ici. Et je n'avais pas tord, c'est bien plus drôle fu fu fu ~ ...."

Je me mis à rire, pensant que mine de rien il n'aurait pas pu faire grand chose, mais que l'idée de rentrer en douce dans une Chantrie avait beaucoup plus d'attrait que de jouer les gros durs autoritaires. Jusqu'à présent je ne regrettais rien, d'autant plus que cela m'avait permis de faire une rencontre des plus intéressantes. Mon regard était toujours posé sur Tristan, mais cette fois-ci la bougie laissa se refléter sur mon visage une pointe de malice. Celle qui n'est jamais de bon augure. Je continuais de parler, de façon plus posée et doucereuse, comme un serpent qui essaye tranquillement de s'enrouler autour de sa proie, sans brusquer.

"Mais toi, Tristan, tu peux sans doute m'aider ici et maintenant. Je recherche d'anciens documents sur les Gardes des Ombres d'Orlaïs. Est ce qu'ils existent dans les Archives ? Il faut que je les trouve."

De ce que l'on dit les Apostats savent rarement mentir ou tromper les gens, à moins qu'ils aient une bonne raison. La logique, l'ordre et les lois sont ce qu'ils respectent. Je n'étais pas du tout de cette espèce là, mais j'avais l'avantage de savoir manier les mots de façon à faire entendre ce que les autres souhaitent. Une façon de persuader si l'on peut dire, mais dans ce cas où seule la logique pure faisait loi, le défi s'avérait de taille. Et des plus excitant !

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Invité
Sam 9 Fév - 22:37
Tullia. Son regard bleu et noir pétille tandis qu’elle m’observe. Son sourire en coin ne m’échappe pas, mais je ne comprends pas ce qu’il signifie. Cette femme est décidément difficile à suivre. Avec ses manières caressantes et sa voix melliflue, elle semble douce et conciliante, mais je sens la menace qui pèse dans son timbre et la façon dont elle me fixe. Ses yeux sont comme ceux d’un serpent qui chercherait à m’hypnotiser pour mieux me dévorer. Hélas pour elle, je n’éprouve aucune peur face à un tel comportement. L’Apaisement m’a rendu insensible à ces menaces à peine voilées.
Elle s’écarte pour s’asseoir non loin, le corps tendu à la manière d’une lionne prête à bondir sur sa proie. Je me redresse sans chercher à m’enfuir. De toute façon, elle me rattraperait sans la moindre difficulté. Assis devant elle, pliant et dépliant mes doigts engourdis, je pose mon regard impavide sur la Garde des Ombres. Et maintenant ? Vais-je savoir pourquoi elle s’est introduite ici en douce, et ce qui l’intéresse tant dans les archives de la Chantrie ?

« Moriset n’est pas le responsable des archives. Si vous m’aviez demandé directement, j’aurais pu vous aider. Néanmoins, il a raison sur un point : il vous aurait fallu une recommandation de la Révérende-Mère pour accéder à ces documents. Cela aurait pris deux ou trois jours. »

J’ai beau ne pas comprendre la lenteur de l’administration, le temps ne m’a jamais paru long. J’imagine que cela doit être différent pour les personnes qui cherchent un livre en particulier et qui en ont un besoin immédiat. Cela dit, tout vient à point à qui sait attendre, et si l’on peut obtenir quelque chose sans avoir besoin de le voler, pourquoi faire preuve d’irresponsabilité en se montrant trop empressé ?
Tullia trouve la situation drôle ; je suppose qu’elle aime le danger. Après tout, on dit que la Garde compte bon nombre de repris de justice. Sans doute en fait-elle partie. À moins que ce ne soit ma présence qui l’amuse à ce point. Beaucoup de personnes aiment à badiner quand un Apaisé est dans les parages. La plupart se contentent de plaisanteries et de jeux de mots, tandis que d’autres préfèrent venir nous ennuyer pour s’amuser à nos dépens. Je présume que Tullia est de ce genre-là. Mais peu m’importe ce qu’elle pense de moi, ou comment elle me voit. Je suis Apaisé, pas idiot. Je vois qu’elle se moque de moi – et autre chose, que je ne parviens pas à définir tant ses sourires et sa voix cachent ses véritables intentions.

« Je ne suis pas censé ouvrir la porte des archives en pleine nuit, encore moins sans l’autorisation de la Révérende-Mère. Pourquoi ces documents sont-ils si importants ? La Garde des Ombres ne dispose-t-elle pas déjà de tout ce qui pourrait lui être utile ? »

Elle ne consentira peut-être pas à répondre à ma question, mais j’ai besoin de savoir. L’autorisation de la Révérende-Mère est une formalité administrative que tout le monde finit par obtenir, sauf en de rares cas. Je ne vois pas pourquoi elle s’opposerait à ce qu’une Garde des Ombres, Garde-Commandeur de surcroît, puisse avoir accès à des documents qui concerne son ordre.
Dans la pénombre de la bibliothèque, la bougie jette des ombres étranges sur le visage de Tullia, qui paraît aussi pâle qu’un spectre. Ses cheveux blancs donnent l’illusion d’un halo autour de son visage, sur lequel un sourire continue de flotter. La situation semble l’amuser au plus haut point. Ou peut-être envisage-t-elle les tourments qu’elle pourrait me faire subir si je ne me pliais pas à ses exigences. Ce qu’elle ignore, comme presque tout le monde, c’est que les Apaisés ne sont pas des pantins que la Chantrie manipule à sa guise. Nous respectons les règles et aspirons à la tranquillité, mais nous sommes capables de penser par nous-mêmes et de prendre des décisions seuls – parfois même à l’encontre des règlements établis.

« Je ne vous ouvrirai pas la porte des archives sans que vous ne m’ayez expliqué pourquoi vous souhaitez tant consulter ces documents. Avant que vous ne me menaciez des pires tortures, sachez que je ne peux pas avoir peur. Je ne crains ni d’avoir mal ni de mourir. Et si vous me torturiez, je ne pourrais pas craindre de connaître des douleurs encore pires. »

C’est la vérité, même si je préférerais ne subir ni blessure ni trépas prématuré. Ma vie a autant de valeur que celle de n’importe qui, et mes talents sont trop grands pour être gaspillés. Néanmoins, pour Tullia, je ne suis sans doute qu’un fonctionnaire sans le moindre intérêt. Qu’elle me pense indifférent à ma propre mort, et cela suffira à garantir ma sécurité. Et si elle emploie une autre tactique, je saurai probablement y faire face avec autant de stoïcisme.
En attendant, je plonge mon regard dans celui de la Garde des Ombres et attends, sans un mot de plus, qu’elle daigne m’expliquer ce que ces documents ont de si importants qu’ils ne puissent attendre un laisser-passer.

Tullia E. Von Raijer
Garde-Commandeur d'Orlaïs
- Gardes des ombres -
Messages : 588
Dim 10 Fév - 13:10


Ce que les Archives cachent…


Placide, fidèle à lui même sans doute, il me répondit de son implacable logique que j'étais bien stupide de m'être adressé au vieil homme, vu qu'il était le bibliothécaire... Comme si je pouvais le savoir en arrivant ici... Mais il confirma le besoin du laisser-passer par la révérende-Mère, ce sur quoi je soupirais.

"Plus même, il semble qu'elle soit partie en voyage et ne revienne avant plusieurs quinzaines. Je n'ai pas tout ce temps d'oisiveté à Val Royeaux."

Ma patience avait de nombreuses limites, surtout quand il s'agissait de quelque chose qui n'allait pas m'amener le moindre divertissement. Me demander d'attendre aussi longtemps était impossible, car il m'était impossible de savoir si j'allais rester aussi longtemps au même endroit. Ma perception du passé et du futur étaient bien différent de la plupart des gens, diffus et souvent incompréhensible à mes yeux. Seul le présent me paraissait avec une clarté et un déluge d'émotions que je savais maitriser. Tristan lui avait sans doute sa propre vision des choses en tant qu'Apaisé, et tenter de comprendre à fond ce que l'un ou l'autre voulait dire était une perte de temps à mes yeux. J'essayais de rester un maximum factuelle et logique, mais en tant qu'Antivane c'était un exercice des plus compliqué. L'Apaisé me demanda pourquoi j'avais besoin de ces documents, et qu'il ne me dirait rien sans cela. Egalement, pas la peine d'essayer de le torturer il ne répondra rien. Sa manière si monocorde et sérieuse de le dire m'arrachait un pouffement de rire. Je tournais la tête sur le côté, essayant de me retenir. Le pauvre, s'il savait... Je revenais au sujet, le regard brillant de malice mais essayant malgré tout de répondre factuellement à sa question. Après tout, ce n'était pas comme si c'était un secret d'état, et le fait qu'il ne se doute pas de mon intérêt pour les archives montrait sans doute qu'il n'avait pas beaucoup de contact avec l'extérieur et ce qu'il se passait en ce moment.

"Suite à l'Inébranlable, presque tout a été perdu sur les Gardes d'Orlaïs. Je ne suis pas de leur garnison, et pourtant je dois être à leur tête. J'ai entendu dire que la Chantrie pouvait avoir gardé des archives sur les Gardes d'Orlaïs. Conserver l'histoire est important, mais savoir où d'anciens bastions ou places fortes se trouvent, de potentiels traités... tout est important pour nous permettre de nous remettre sur pied."

Je lui souriais, me balançant légèrement alors que j'étais assise en tailleur. Avec une voix un peu plus enjouée et nonchalante, je le rassurais sur mes intentions envers ses écrits.

"Mais il ne faut pas avoir peur, je ne compte que regarder. Mieux vaut laisser les écrits en sûreté ici. Les prendre serait stupide et du gâchis."

Emporter les archives, au grand risque de les perdre ou de les abîmer, serait une bêtise sans nom. Par le passé, et je ne l'avais que trop bien compris en discutant avec Wulf ou en allant moi-même fouiner des ruines pour retirer quelques artefacts, les Archives des Gardes n'ont jamais été en sécurité. La perte de nombreux documents importants, d'enseignements, de traités... tout cela fragilisait encore plus les Gardes, et sapait leur pertinence et leur lieu d'être en dehors des Enclins. La garnison d'Orlaïs avait bien failli disparaitre, et retrouver ces documents allaient donner une aide précieuse et non négligeable. Un moyen de se protéger et peut être d'obtenir de nouveau le soutien des gens importants et influents d'Orlaïs. En attendant, la seule chose qui pouvait m'empêcher ou m'aider à obtenir ces informations, c'était ce petite Apaisé devant moi. Il ne tenait qu'à moi d'en faire un allié. Il ne craignait pas la torture, hein ? Qu'à cela ne tienne, j'ai d'autres arguments pour le faire coopérer. Avec un certain amusement et ma malice habituelle, je revenais tranquillement sur le sujet.

"Pour ce qui est de la torture... Fu fu fu fu ~ ! Il est vrai que j'apprécie ce sport, mais il ne procure aucun plaisir si la victime est incapable d'avoir peur. Ce serait contre-productif et frustrant. Si besoin, j'ai d'autres moyens de convaincre, fu fu fu ~ !"

Je riais légèrement, mais mon regard devint de nouveau perçant et posé comme une lame sur Tristan. Mon ton devint plus froid et sérieux, alors qu'un sourire carnassier étirait toujours mes lèvres.

"Alors... Vas tu m'aider à trouver ce que je cherche, ou bien rester sur ta position de protecteur des Archives ? Je n'aimerais pas en venir à mon dernier atout, pour rien au monde. Mais s'il me faut en arriver là... Pour le bien des Gardes d'Orlaïs, je n'hésiterais pas une seule seconde..."

C'était une vérité, alors autant qu'il soit au courant. A voir comment il allait prendre mes paroles : comme un fait, ou une menace ?

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Anonymous
Invité
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Dim 17 Fév - 12:30
Je reste impassible tandis que Tullia m’explique les raisons de sa présence ici. Bien sûr. J’aurais dû me douter que ces documents sur la Garde des Ombres pouvaient éveiller l’intérêt de l’ordre. Je ne comprends toujours pas pourquoi la jeune femme n’a pas souhaité utiliser de la voie habituelle pour les obtenir, cependant. Même si la Révérende-Mère est absente, j’aurais pu solliciter l’autorisation de quelqu’un d’autre et lui laisser consulter ces textes. J’aurais peut-être même pu prendre cette décision moi-même. Après tout, les Gardes des Ombres restent indispensables à la sauvegarde de Thédas, même après tout ce qui s’est produit. Au prochain Enclin, Inébranlable ou non, tout le monde sera heureux de les voir se dresser entre les Engeances et le reste du monde. Bien qu’ils soient à l’origine de la mort de Justinia et de tout ce qui s’est produit par la suite, nous ne pouvons pas nous passer d’eux et de leur savoir. Tullia devrait plutôt utiliser cet argument, plutôt que s’amuser à forcer les portes de la Chantrie en pleine nuit.
Mais l’amusement, justement, semble l’intéresser plus encore que ces fameux documents. Cet aspect de sa personnalité est celui que je comprends le moins, sans doute parce qu’il est irrationnel et que la rationalité me définit tout entier. Elle est exactement ce que je ne suis pas – peut-être commencé-je un peu à la comprendre, en définitive. Pourtant, bien qu’elle se joue de moi et de mon impossibilité à réagir à ses propos, il y a quelque chose d’autre dans ses paroles, que je perçois comme une promesse plus que sérieuse. Si je ne cède pas, elle usera d’un pouvoir bien plus grand que celui de la torture pour obtenir ce qu’elle souhaite. Quel pouvoir les Gardes détiennent-ils, supérieur à toute autre menace ?

« La Conscription. »

Le terme, prononcé à voix haute, ne m’a pas fait frémir. Je la fixe toujours sans me détourner.

« Je suis un Apaisé : je ne peux pas utiliser la magie et je ne sais pas me battre. Je ne serai d’aucune aide à la Garde des Ombres. Me conscrire pour obtenir un document serait gaspiller beaucoup de pouvoir pour peu de chose. »

Et pourtant, bien que je la connaisse depuis seulement quelques minutes, je sais qu’elle n’hésitera pas un instant à user de son droit de conscription. Dans mon esprit logique, les différents éléments de l’équation se mettent en place : la valeur des documents, l’autorisation nécessaire, le risque d’être conscrit. Je ne redoute pas de me retrouver dans les rangs des Gardes, mais je sais que j’y serai bien moins utile qu’ici. Sauf si l’on considère mon talent pour l’enchantement, mais je suis persuadé que les Gardes des Ombres ont déjà des personnes compétentes dans ce domaine. Les Nains, notamment, sont des graveurs hors pair, et ils aiment se distinguer sur les champs de bataille.
Pour beaucoup, intégrer les rangs de l’ordre est un honneur. Pour moi, cela ne représente rien. J’aspire à la tranquillité, et ce n’est pas en combattant les Engeances que je la trouverai. De plus, je ne suis pas certain que la Révérende-Mère apprécierait de perdre son bibliothécaire et de le voir rejoindre les rangs de la Garde.

« Très bien, je vais vous conduire dans la salle des archives. La vraie. »

Je me relève sans attendre qu’elle m’en donne l’autorisation, mais je suppose que, cette fois, elle y consentira sans me retenir. Bien qu’elle ait eu l’air d’apprécier la position assise, il nous faut changer d’endroit pour consulter les pièces qu’elle désire.

« La plupart des documents et livres qui s’y trouvent sont extrêmement fragiles, lui rappelé-je tout de même. Je vous demanderai donc de ne toucher à rien. Vous pourrez consulter les traités concernant la Garde, mais rien d’autre, et uniquement sur place. Sommes-nous d’accord ? »

Ces demandes sont les seules sur lesquelles je ne transigerai pas. Je sais qu’il lui suffit de peu pour me contraindre à faire beaucoup plus, mais je prends mon travail de bibliothécaire au sérieux. Sans doute comprendra-t-elle que la sécurité des documents dépend de l’attention qu’on leur porte, et que si elle peut consulter les traités ce soir, c’est probablement grâce à la tenue rigoureuse des archives.
Avant de me détourner, je tends cependant la main, attendant que Tullia me rende la clé. Les livres qui sont ici ne l’intéressent probablement pas, mais ils ont une certaine valeur pour ceux qui aiment la poésie andrastienne. Je ne souhaite pas qu’ils soient détériorés alors que je suis censé en assurer la surveillance.
Une question me vient cependant à l’esprit :

« Puisque je consens à vous les laisser consulter sans l’autorisation de la Révérende-Mère, pourquoi ne pas revenir demain matin ? Ils seront toujours là et nous aurons tous les deux dormi un peu avant de les étudier. »

Et j’aurais eu le temps de prévenir les gardes de la présence de cette femme étrange, au cas où les choses tourneraient mal. Je ne m’oppose pas à ce qu’elle lise ce qu’elle souhaite, mais il vaudrait sans doute mieux que quelqu’un la tienne à l’œil durant le temps passé à la bibliothèque. Et je ne suis certainement pas le meilleur candidat pour jouer le rôle de cerbère, surtout face à une personne aussi imprévisible.

Tullia E. Von Raijer
Garde-Commandeur d'Orlaïs
- Gardes des ombres -
Messages : 588
Dim 17 Fév - 17:20


Ce que les Archives cachent…


Le jeune apaisé ne se laissait en rien impressionné, comme un mur de glace immuable, une montagne immobile qui garde ses secrets. Et il n'était pas bête, cogitant rapidement. A ma menace voilée, il trouva de suite ce dont je parlais. Il l'énonça à voix haute comme une évidence, sans une once de crainte ou la moindre émotion qui puisse trahir un potentiel désaccord. Le poker face parfait. A sa bonne réponse, j'esquissais un sourire, posant sur lui un regard malicieux approbateur.

"Bien pensé..."

Il était conscient de cette menace, du moins ce que je pouvais l'obliger à faire. Si je devais en arriver là, je ne comptais pas vraiment le conscrire. Théoriquement, une recrue conscrite peut encore être libérée par le Garde-Commandeur ou son lieutenant d'unité, tant que le rituel n'a pas été effectué. Après de toute manière, il est soit trop tard, soit mort. Pour ma part je n'aime pas obliger les gens, et dans son cas je ne le conscrirais que le temps de lire les archives, pour ensuite le relâcher. Je n'ai pas besoin de forcer un apaisé à venir. Malgré cela, je prétendais le contraire pour asseoir ma position de force. Car bien que devant le fait accomplis, il sortit de multiples arguments en faveur de son inutilité chez les Gardes. Cependant, ce n'était pas à lui de décider s'il serait utile ou non, mais bien à moi. Et avec un certain amusement, je le lui rappelais en énumérant de potentielle utilité dans ma garnison.

"Vous savez enchanter des objets. Vous avez un savoir conséquent, vous apprenez vite... Pas tout chez les Gardes des Ombres se résume à se battre sur le front. Nous avons également des Archivistes et des Sénéchaux qui sont plus portés sur l'intendance, le savoir et la logistique."

Tout était fondé et plausible. Il est vrai que ce serait un atout par rapport à la nouvelle installation de Térébinthe, mais j'estimais que pour le moment nous n'étions pas assez nombreux pour nécessiter une personne en intendance à temps complet. En revanche, le fait qu'il sache graver des runes était extrêmement intéressant, et une denrée rare. Je devais garder ça dans un coin de ma tête, si un autre jour il me vient à l'idée de l'employer à mes services. Et cette fois, avec son total consentement, sans aucune menaces. Ou presque. Tristan s'était relevé, énonçant de son ton monotone habituel les informations que je voulais. Il allait donc m'aider, préférant capituler plutôt que d'être forcé à le faire. Je souriais un peu plus, me levant également et saluant son bon sens.

"haaa... Voilà qui est sage et qui me convient bien."

Mais il n'était pas rassuré pour autant. Enfin, autant qu'un apaisé puisse l'être. il énuméra des conditions, à savoir la sécurité de ses précieux documents. Là dessus, j'hochais de la tête pour confirmer que c'était entendu.

"Comme je l'ai dis, je ne compte pas emporter quoi que ce soit avec moi, et il serait stupide de détruire ce qui pourrait être utile à de futures générations de Gardes d'Orlaïs. vous pouvez avoir confiance, même si je suis une catastrophe ambulante habituellement fu fu fu ~ ..."

Egalement, en voyant sa main tendue en avant, je faisais glisser entre mes doigts avec dextérité la fameuse clé. Je souriais de malice, lui rendant son précieux bien. Je me demande combien de temps il l'avait cherché, et s'il s'était douté qu'on l'avait volé. Mais elle devait revenir à son propriétaire, et il est vrai que j'aurais été triste pour lui qu'il se fasse engueuler par ma faute, alors que finalement c'est un bon garçon. De plus, les apaisés ont tendance à être des bouc-émissaires, et je ne souhaitais pas rajouter cela à son fardeau. Cependant, sous estimer l'intelligence et la ruse de cet apaisé serait une erreur. Comme si de rien n'était, il me demanda de revenir le lendemain matin, professant de pouvoir dormir un peu avant. Il me prenait pour une cruche ? Maintenant que j'avais enfin mis les griffes sur ce que je voulais, le relâcher pour ensuite courir le risque qu'on m'empêche d'y retourner était une erreur. Et je n'étais pas patiente. Je le regardais un moment avec surprise, me demandant s'il était sérieux. Puis je me rappelais que j'étais face à un apaisé et je me mis à rire.

"Ha ha ha ! Bien essayé petit, mais la réponse est non. De plus je suis un animal nocturne, c'est la nuit que mon esprit est le plus... productif. Allons y, et restons discrets voulez-vous."

Je ne saurais négocier là dessus, et mon ton bien qu'un peu amusé était de nouveau empli de cette froideur autoritaire qui ne laisserait aucune autre option. Je voulais en finir maintenant, pour pouvoir partir de Val Royeaux pendant la nuit et ne plus revenir avant un long moment. J'avais des choses à faire, à préparer... Que Tristan ne soit pas un nocturne, je m'en fichais. Il avait juste à me mener aux archives, et le reste je mémorise. Je suivais donc Tristan, espérant que nous ne croiserons personne en route. Je ne savais où nous allions, mais pour ne pas m'ennuyer je posais par curiosité une question à Tristan.

"Sur quel type d'enchantement vous étiez en train de travailler dans la journée ?"

J'avais entendu dire que bien que les apaisés n'ont pas d'émotions, ils peuvent étrangement se prendre de passion pour certaines pratiques, des études ou un métier. Leur capacité de concentration les rends particulièrement efficaces. Je l'avais vu manipuler des runes, et savoir si c'était quelque chose qu'il appréciait ou une simple demande de la Chantrie était... une donnée intéressante à avoir.


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Anonymous
Invité
Invité
Dim 17 Fév - 21:28
Tullia comprend vite, même si mon intention nʼétait pas uniquement de la faire surveiller. Dormir un peu nous aurait fait du bien. Mais puisquʼelle veut y aller maintenant, soit. Je lui fais signe de sortir la première afin de fermer la porte derrière elle. Les archives principales sont situées sous la bibliothèque ; on y accède via une autre porte, qui semble, de lʼintérieur, mener au-dehors. Tullia sortie du local des poésies et chants andrastiens, je saisis la bougie laissée là et referme derrière nous, puis glisse la clé dans ma poche. La Garde des Ombres mʼemboîte le pas et je la conduis à travers la Chantrie déserte. À cette heure de la nuit, les chandelles jettent de hautes ombres sur les murs, et les vitraux renvoient des images ternies par lʼobscurité extérieure.

« Je ne travaille pas aux enchantements dans la journée, seulement le soir, quand la bibliothèque est fermée. Une guérisseuse mʼa demandé un quelque chose pour soulager ses patients et favoriser leur guérison, réponds-je, manifestant presque un intérêt presque perceptible à présent que lʼon évoque mon passe-temps. Je ne savais pas comment faire, au début. Jʼai pensé à enchanter le lit, mais ça nʼaurait pas été pratique à transporter pour elle. Enchanter une pièce de tissu, ce nʼest pas possible non plus. Il fallait quelque chose de pratique mais sur laquelle je pouvais graver des runes. Jʼai donc opté pour une pièce de cuir, à glisser sous la personne à soigner. Elle sera facile à rouler et à transporter et le cuir sʼenchante très bien. »

Je doute que Tullia soit férue de la matière, mais je ne peux percevoir son ennui. Qui plus est, étrangement, cʼest souvent en discutant que jʼai mes meilleures idées pour mes futurs enchantements – sans doute parce que les gens normaux ont une vraie imagination, contrairement aux Apaisés. Quoi quʼil en soit, lʼintérêt quʼelle manifeste pour mes travaux est appréciable. Cʼest au moins une marque de respect, qui tranche avec lʼironie et lʼimprévisibilité qui la caractérisent dʼordinaire.
Nous finissons cependant par arriver à la porte des archives. Je prends mon autre trousseau, celui des clés les plus utiles, et insère la bonne dans la serrure. Un escalier sʼouvre à nos pieds, plongeant vers les profondeurs de la Chantrie. Lʼair aspiré entraîne avec lui une odeur de poussière. Sans hésiter, je descends les marches jusquʼà parvenir au sous-sol. Le palier sʼouvre sur un minuscule hall, qui contient une unique table et une lampe à huile. La flamme de la bougie a tôt fait dʼembraser la mèche de la lampe ; je souffle sur la chandelle pour lʼéteindre. De lʼautre côté, une flamme nue est un danger immense pour les livres et les parchemins conservés à lʼabri.
Une seconde porte, non verrouillée, mène à lʼendroit que cherchait Tullia. Dans le cœur de la bibliothèque, des rayonnages sʼalignent, couverts dʼouvrages reliés de cuir ou de tubes à parchemins. Je guide la Garde des Ombres à lʼintérieur, jusquʼau centre de la pièce. Une table de travail occupe lʼespace ; jʼy pose la lanterne, avant de me mettre en quête des documents demandés par Tullia.
Les papiers n’ont  pas été beaucoup consultés au cours de ces dernières années. J’ignore si les Gardes se préoccupaient véritablement de la Chantrie autrefois. C’est un ensemble hétéroclite de personnes aux origines et aux fois différentes : les humains et Andrasté, les elfes et les Faiseurs, les nains et la Pierre… Je trouve trois rouleaux de parchemins et deux volumes consacrés à ceux d’Orlaïs. Je note la présence d’autres papiers liés à la Garde des Ombres, mais Tullia m’a demandé des informations sur les bastions de l’empire, pas ceux des autres royaumes alentours. Je dépose le tout sur la table et reste debout à côté d’elle, les bras le long du corps.

« Veuillez les manipuler avec délicatesse, ils sont fragiles, préviens-je. Il y a d’autres parchemins, si ceux-ci ne vous conviennent pas. Je ne crois pas qu’ils parlent d’Orlaïs, cependant. Mais qu’espérez-vous trouver dans ces archives, exactement ? »

Dans la lampe, la flamme se dresse, haute et droite. Le verre poli offre une lumière douce, qui n'abîme pas les ouvrages anciens contenus ici. Mon regard sans éclat se pose sur Tullia. Une chose qu’elle a dite me revient à l’esprit. Elle sera à la tête des Gardes des Ombres d’Orlaïs. Si j’avais eu à mettre quelqu’un aux commandes d’une organisation en pleine reconstruction, je n’aurais sans doute pas choisi une femme comme elle, ou bien elle possède des compétences invisibles de prime abord. À moins qu’il n’y ait vraiment plus personne au sein des Gardes après tout ce qui est arrivé.

« Cela ne me concerne pas, mais la nouvelle Garde des Ombres ne devrait-elle pas aspirer à renouer des liens plus sains avec la Chantrie, après tout ce qui est arrivé ? questionné-je tout à coup. Je ne crois pas que pénétrer dans les archives en pleine nuit, sans autorisation officielle, aide à renouer la confiance perdue entre les Gardes et la Chantrie. Ne pensez-vous pas que vous devriez essayer d’arranger les choses et de lier de bonnes relations avec les autorités orlésiennes, pour repartir sur de meilleures bases ? »

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