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Indésirables [PV Katari]

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Tristan de Montfort
Apaisé Orlésien
- Chantrie -
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Emploi/loisirs : Bibliothécaire, expert en enchantements
Jeu 7 Fév - 17:00
Je te promets que je serai toujours là pour toi, aussi longtemps que tu en auras besoin.

Le poing s’abat. Ma lèvre éclate contre mes dents, le sang inonde ma bouche. La douleur est fulgurante.

Si tu t’approches encore d’elle, sale monstre, je te jure qu’on te fera la peau.

Une main saisit mon col, me ramenant soudain à la réalité. Il me semble avoir déjà vécu cette scène. Peut-être pas pour les mêmes raisons, mais je sais ce qu’on me reproche.

Je suis sorti deux heures plus tôt avec une liste de matériel dont j’ai besoin pour mes travaux. D’ordinaire, il y a toujours une personne à la Chantrie prête à me rendre ce service, mais je me suis réveillé ce matin avec une terrible migraine. La douleur pulsait à mes tempes et le moindre éclat de lumière me vrillait le crâne. Sans doute me suis-je couché trop tard hier soir. Un grand verre d’eau n’a pas résolu le problème, pas plus qu’une compresse froide sur le front. J’ai donc opté pour le grand bol d’air frais, et jusqu’à présent, il m’avait plutôt réussi.
Ma liste en main, je me suis rendu au marché. Je sais que la marque sur mon front met les gens mal à l’aise, aussi ai-je appris depuis longtemps à afficher un léger sourire, afin de donner l’illusion de la normalité. La plupart des Orlésiens se contentent de m’éviter. D’autres plus curieux scrutent mon front, avant de discuter derrière l’abri de leurs éventails. Certains, bien que rares, me jugent parfois terriblement exotique. Il m’est déjà arrivé de recevoir des propositions de quelques personnes avides de plaisirs nouveaux, mais ces choses ne m’intéressent plus depuis longtemps. J’ai ignoré aujourd’hui les regards que l’on me portait et me suis dirigé d’un pas tranquille vers les boutiques qui m’intéressaient. L’avantage, lorsqu’on réside dans une grande ville, c’est qu’on peut trouver à peu près de tout. Pas forcément dans les quartiers les plus en vue, mais il suffit de savoir où chercher. C’est ainsi que j’ai pu me procurer des feuilles d’épine de dragon, de la grâce sylvestre, et un magnifique spécimen de pierre d’aurore. La rune que je graverai dessus sera sans aucun doute exceptionnelle.
Dans le paquet que je tenais au creux de mon bras, le parfum doux-amer des feuilles semblait clarifier mon esprit. Il ne faisait pas encore froid, pas assez en tout cas pour se pourvoir d’un épais manteau de laine ni pour redouter de tomber malade. Marcher sans but n’est pas dans les habitudes d’un Apaisé. Nous nous contentons souvent d’aller là où nous le devons, puis de rentrer. Flâner pour le plaisir, nous n’en voyons pas l’intérêt. Pourtant, aujourd’hui, avec ce mal de tête qui pulsait dans mon crâne, je ressentais le besoin de rester dehors. La douleur a quelque chose d’étrange. Bien qu’elle soit désagréable, elle fait se sentir… vivant. À pas mesurés, je me suis dirigé vers le quai pour y inspirer un peu d’air iodé – les médecins vantent souvent les mérites de la mer auprès de leurs malades. Je ne l’avais jamais vue avant d’arriver à Val Royeaux. Sans doute aurais-je aimé le spectacle, autrefois. À présent, l’océan me laisse indifférent. Les mages de Montsimmard, eux, auraient apprécié de pouvoir le contempler à loisir. Je ne pouvais que leur souhaiter de jouir de leur soudaine liberté.
Combien de temps suis-je resté sur le quai, je l’ignore. Le ballet des bateaux m’a peut-être hypnotisé au point de me faire perdre la notion du temps. Mon esprit libéré de toute pensée parasite, je me suis perdu dans le silence qui règne perpétuellement en moi. J’aurais pu rester là des heures, mais des voix m’ont tiré de mes pensées.

« C’est une anomalie. Il ne devrait pas avoir le droit de se promener dans les rues de la cité tout seul.
Je suis bien d’accord. C’est un mage, après tout.
C’était un mage. Ce n’est plus rien qu’un monstre, maintenant. »

Sale monstre.
J’ai relevé la tête, tourné le regard. Ils étaient trois, des hommes, engoncés dans leurs soieries. Les masques qui dissimulaient leurs visages ne parvenaient même pas à cacher leur mépris à mon égard. Sans répondre, je me suis détourné pour quitter le quai. Si ma présence dérange, je préfère m’en aller ; les Apaisés n’aiment pas beaucoup les problèmes. Mais leurs pas m’ont suivi, comme les remarques acerbes. Elles ne me touchaient pas, mais je comprenais le risque que la situation dégénère. La peur a beau m’être étrangère, je préfère regagner le calme de la Chantrie.

« Hé ! Où vas-tu, comme ça ? »

Un des hommes m’est passé devant, me coupant le passage dans la ruelle. Je l’ai observé sans me détourner. Ses yeux, visibles par les fentes du masque, se sont plissés ; ils exprimaient une furieuse envie de s’amuser à mes dépens. Sans doute était-ce de jeunes nobles, désireux de s’encanailler un peu. Quoi de mieux qu’un Apaisé incapable de se défendre pour cela ?

« Tu n’as rien à faire ici, sale monstre », a-t-il lâché, et soudain ses mots ont ramené à ma mémoire des événements lointains, que j’avais presque oubliés. Une femme au visage fermé et triste. Une pâte de fruit offerte. Une promesse. Je serai toujours là pour toi, aussi longtemps que tu en auras besoin. La haine que mes mots avaient déclenché. Si tu t’approches encore d’elle, sale monstre, je te jure qu’on te fera la peau. Les Apaisés n’ont de place nulle part, pour personne. Hormis peut-être pour quelques rares plus ouvertes d’esprit que les autres.
Et la main du noble orlésien se referme sur mon col, me ramenant à la réalité. Le regard fixé vers lui, je reste impassible. Quelle que soit ma réaction, il s’énervera, de toute façon. Il me frappera, les autres aussi, peut-être, puis ils me laisseront partir lorsqu’ils en auront assez. Je n’aurai pas la possibilité de leur rendre leurs coups.

« De quel droit oses-tu te promener seul ? siffle l’Orlésien. Tu n'es qu'une erreur de la nature... Nous allons te faire passer l'envie de nous gâcher la vue. »

Le premier coup s’abat, en plein sur ma joue droite. L’Orlésien pousse un léger cri en agitant sa main, mais il ne m’a pas lâché, et les deux autres l’encouragent d’un ton réjoui. Dans mon visage, la douleur se répand ; aucune exclamation n'a franchi mes lèvres. Voilà qui ne va pas arranger ma migraine.


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Katari
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Ven 8 Fév - 0:54

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S’il était complètement honnête, Orlais… c’était pas son truc. Les gens ici avaient une façon de vivre encore plus tirée par les cheveux que le reste de Thédas… en tout cas de ce qu’il avait pu en voir. Ce qui le perturbait le plus, c’étaient les masques… merde… les masques quoi. Était-il le seul à se rendre compte à quel point c’était angoissant de ne pas voir le visage de son interlocuteur ? Probablement que non mais visiblement personne ici ne semblait déroger à la règle des masques… en tout cas dans les hautes sphères.

L’accent n’était pas terrible non plus, Katari pouvait se vanter d’avoir un accent presque impeccable en langue commune, et dans certains pays on faisait l’effort de s’en approcher au maximum. Certes Antiva roulait les r mais sinon, ils prenaient les intonations et les prononciations avec beaucoup de précision…. Mais les Orlésiens ! Faisaient-il exprès de prononcer chaque mot de la manière la plus éloigné possible de sa sonorité originale ? Il semblait que personne ne fasse l’effort de parler correctement… ou que l’on considère qu’il était important qu’on sache que chacun était Orlésien…

Du coup lorsque l’ancien gladiateur se présentait aux différentes échoppes du marché de la capitale, il était assez mal accueilli pour commencer, il avait l’habitude maintenant, de ce racisme de fond qui faisait que les bas se méfient de lui au premier abord. Son peuple avait une réputation de barbares sauvages, incapable de parler convenablement et ravageant les villages partout où ils passaient. A Antiva et à Rivein, la présence Qunari était suffisamment dense pour que cette première impression se dissipe après quelques mots, aux Marches libres… le souvenir de Kirkwall était encore frais mais il avait sû écarter les craintes des humains et des elfes qui avaient croisé son chemin. Au Nevarra la méfiance c’était estompée en prouvant sa valeur au travail… mais ici les gens le méprisaient ouvertement.

L’un des marchands lui avait signifié qu’il ne vendait pas sa marchandise aux « buffles » car ses produits étaient trop raffinés pour eux. Interloqué par un tel manque de manière, Katari lui avait répondu que le Buffle trouverait sûrement de quoi se fournir en onguents dans une autre boutique et s’en était allé. La plupart des autres commerçants cependant semblaient avoir trop peur de lui pour refuser de lui vendre quoi que ce soit, mais effectuaient les transaction le plus rapidement et avec le moins d’interactions possibles. Certains lui parlaient comme à un enfant un peu débile, en articulant lentement chaque mot… Non… décidément Orlais … ce n’était pas son pays préféré.

Il tourna le coin d’une rue et fût attiré par l’odeur qui s’échappait d’une petite pâtisserie das une ruelle discrète. Il allait probablement essuyer un nouveau refus d’être servi mais depuis qu’il était arrivé à Thédas, il fallait bien le reconnaître, il avait développé un goût pour toutes les sortes de gâteaux. La nourriture en générale, mais surtout les desserts. Il poussa la porte de l’échoppe et la jeune femme derrière le comptoir poussa un petit cri en le voyant entrer.

- « Bonjour, je m’excuse si je vous ai effrayé… J’ai voulu acheter des pâtisseries sur la place principale mais l’homme qui tient le stand ne veut visiblement pas de mon argent. » dit-il avec un sourire un peu penaud. « Si vous êtiez assez aimable pour me conseiller et me vendre les vôtre, je suis de passage dans la région et je voulais découvrir un peu les spécialités Orlésiennes. »

La jeune femme gloussa un peu nerveusement, manifestement elle ne s’était pas attendue à ce que le géant cornu lui parle, elle non plus. Mais elle reprit rapidement ses esprits.

- « Oh oui. » dit-elle avec son accent à couper au couteau. « C’est un homme désagréable, mais vous n’êtes pas le seul à qui il ne vend pas sa marchandise. Il refuse de vendre aux elfes s’ils n’ont pas de commandes de leurs maîtres, il ne vend pas non plus aux gens du peuple d’une façon générale… Un jour il finira par faire faillite. Suivez moi je vais vous montrer quelques petites choses. Vous aimez les fruits ? »

Elle entama le tour de la boutique avec lui et le conseilla selon ses goûts. Elle parvint à le convaincre de prendre quelques spécialités de la ville dont les associations de goûts faisaient froncer les sourcils mais qui étaient apparemment incontournables. Katari quitta la boutique avec objectivement beaucoup trop de marchandise même pour quelqu’un de sa taille. Bah… il trouverait bien des gens avec qui partager… il était généralement doué pour se trouver des compagnons de table.

Il tourna quelques rues avant de se retrouver sur le port. Il fallait bien l’admettre, si on enlevait la noblesse orlésienne, Val Royaux ce n’était pas si mal. Il préférait Minrathie, évidemment, ou Antiva, mais c’était essentiellement parce qu’il en avait saisi les règles de fonctionnement. Il posa ses achats sur un tonneau et s’appuya sur une bite d’amarrage pour regarder la mer un instant. Il rêvassait lorsqu’un peu plus loin une dispute éclata.

- « Hé ! Où vas-tu, comme ça ? »

Trois gars masqués, habillés avec tellement de couleurs et de dentelles que leurs habits devaient peser plus lourd qu’eux avaient entouré un homme en bure, visiblement seul. Hmm… ce n’étaient pas vraiment ses affaires après tout.

- « Tu n’as rien à faire ici, sale monstre. »

- « De quel droit oses-tu te promener seul ? Tu n’es qu’une erreur de la nature… Nous allons te passer l’envie de nous gâcher la vue ! »


Quoi c’était ça le problème de ces trois fardés ? Il tourna à nouveau la tête et vit que l’un des trois hommes tenait à présent leur victime par le col et le premier coup tomba avec violence sans que le gamin réagisse…. Bon aller tant pis si ça finit encore avec les chevaliers sur le dos… Je ne peux pas les laisser tabasser un pauvre gars comme ça. Je laisse mes affaire près du tonneau, je ne suis pas bien loin après tout, et je m’avance vers les trois raclures. Coupant les rires des deux imbéciles qui se trouvent face à moi, je tape sur l’épaule de celui qui me tourne le dos, celui qui tourmente leur bouc-émissaire.

- « Je sais pas où tu as été élevé, gamin, mais chez moi on ne s’en prend pas aux membres du Clergé. »

- « Passe ton chemin, buffle, cette querelle ne te concerne pas ! »

- « Elle me concerne à partir du moment où tu t’en prends à moins fort que toi dans mon champs de vision. Lache-le, ou je te fais goûter à ton remède. »

Et comme les nobles n’ont jamais su quand il fallait arrêter les frais, il obéit, pour mieux se tourner vers le Qunari, et lui administrer un soufflet…. Enfin ce qui devait être un soufflet car du haut de son mètre soixante dix, les gants dont il administra la gifle ne frappèrent que le torse large du Kossith. Quelques mois plus tôt, Katari n’aurait pas su quoi faire de ce geste, mais il avait voyagé avec une caravane Orlésienne et il savait parfaitement que cela était un affront. Bien, s’il voulait la jouer comme ça… Il attrapa le col du nobliau et le passa par dessus la rambarde du quai, directement dans la mer. Puis il se tourna vers les deux autres.

- « Je serai vous je descendrais l’aider, une fois ses fringues suffisamment détrempées, il va couler. »

Les deux acolytes se précipitèrent vers les escaliers les plus proches pour retrouver leur ami et Katari se tourna vers ce qu’il pensait être un homme d’église. Après tout.. un uniforme de la chantrie, un soleil chantriste sur le front…

- « Tu vas bien ? »



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Tristan de Montfort
Apaisé Orlésien
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Ven 8 Fév - 10:31
Ma joue semble toute engourdie après ce coup. C’était peut-être la première fois que ce jeune Orlésien frappait quelqu’un, mais il y a mis tout son cœur. Je sens quelque chose de tiède couler à la commissure de ma lèvre. Avec un peu de chance, voir du sang les dégoûtera et les incitera à me laisser tranquille. Pourtant non, car sitôt la douleur dans son poing envolée, il le serre à nouveau pour me menacer.
Soudain, une ombre tombe sur lui. Je lève les yeux et contemple, ni surpris ni impressionné, le gigantesque Qunari qui se dresse derrière mon agresseur. Ce dernier se retourne vivement. La main qui tient mon col se met à trembler légèrement. Leur échange est bref. La voix profonde du Qunari contraste avec celle, maniérée, de l’Orlésien. Non loin, les deux autres n’osent pas réagir. Quant à moi, j’attends avec placidité la fin de leur conversation. L’étranger prend ma défense, pour une raison que j’ignore. On m’a toujours décrit les Qunaris comme barbares et violents, n’ayant pour seul langage que la sauvagerie de leurs armes, et pourtant celui-ci parle avec des mots clairs, qu’il pose sans élever le ton. Je n’en avais encore jamais vu de son espèce. S’il me paraît effectivement immense et puissant, l’expression « barbare violent » me paraît un peu exagérée.
L’Orlésien, cependant, ne compte pas laisser ternir son coup d’éclat du jour par un étranger. Plutôt que de sagement battre en retraite, avec la satisfaction d’avoir frappé un Apaisé et, pourquoi pas, une savante menace de représailles si j’osais me présenter à nouveau devant lui, il juge bon d’asséner au géant un coup de gant provocateur. Dans mon esprit, les conséquences de ce geste sont évidentes : le Qunari le surplombe d’au moins deux têtes et ses bras auraient sans doute la puissance nécessaire pour soulever le maître-autel de la Chantrie. En une seconde, l’Orlésien est projeté de l’autre côté du quai. Le « plouf » qui retentit un instant plus tard confirme que le Qunari a bien visé. Il a raison, cependant. Dans une minute, les couches successives de vêtements pèseront si lourd que le noble trop sûr de lui coulera à pic, et s’il n’a pas la bonne idée de retirer le masque qui lui couvre le visage, il ne pourra pas prendre l’inspiration susceptible de lui sauver la vie.
Tandis que ses deux acolytes s’empressent de se porter à son secours, je glisse la main dans une poche de ma robe, en sort mon mouchoir, que j’applique sur le coin de ma bouche. Mes gestes sont lents et précis. Je ne manifeste aucun intérêt pour ce qu’il advient de mon agresseur.

« Tu vas bien ? me demande le Qunari.
Oui. Je vous remercie pour votre intervention. Ils auraient fini par se lasser, mais je préfère ne pas être frappé plus que cela. »

Ma voix monocorde contraste elle aussi avec le timbre de tonnerre de mon sauveur. Je vérifie l’intégrité de mon paquet, que j’ai gardé sous mon bras durant tout le temps de l’altercation. Tout semble en ordre. Sur le mouchoir, une tâche de sang m’indique que j’aurais besoin de soins tout à l’heure. La douleur pulse dans ma mâchoire, occultant presque celle de mon crâne.
Levant les yeux vers le Qunari, je l’observe un instant, pensif. Comme je l’ai noté tout à l’heure, il semble beaucoup moins violent que ce qu’on nous raconte. Fait-il partie de ces envahisseurs que maudissent les Tévintides, ou de ces mercenaires qui vendent parfois leurs services aux armées de Thédas ? Rien sur lui ne permet de le dire.

« Vous ne devriez pas rester ici, lui conseillé-je. Quand ils l’auront sorti de l’eau, ils appelleront sans doute la garde pour se plaindre, et l’on vous prendra pour l’agresseur sans chercher à savoir ce qui s’est passé. »

A moins qu’ils ne se satisfassent de cette aventure, qu’ils pourront raconter dans toutes les soirées mondaines – en l’enjolivant à leur avantage. L’apparence, à Orlaïs, vaut bien plus que la vérité.
Mais ce Qunari est étranger, ils sont Orlésiens : s’ils alertent la garde, ils auront raison quoi qu’il arrive. Qui plus est, même si mon protecteur du jour indiquait avoir voulu me défendre, entre un noble et un Apaisé, le choix des soldats serait vite fait. Je n’ai aucune valeur pour la cité, contrairement à ces trois-là. Bien que je sois à l’évidence beaucoup plus intelligent et capable de réaliser des choses qu’ils ne maîtriseront jamais, les Orlésiens les préféreront toujours à une « erreur de la nature ». Sauf peut-être si je donnais mon véritable nom – un passe-droit que j’ai renié il y a bien longtemps.
J’ai tout de même conscience de lui devoir quelque chose. Je n’ai pas la moindre idée de la façon dont je suis censé remercier un Qunari, mais ce sont normalement des choses qui se font. Le merci lui a-t-il suffi ? Attend-il une récompense ? Que pourrais-je bien lui offrir, puisque je ne possède rien ?

« Je ne peux pas vous payer pour vous dédommager, lui avoué-je sans détour. Si ces individus vous causent des ennuis, dites que je suis le responsable de tout ceci. Je suis Tristan, le bibliothécaire de la Chantrie. Les gardes sauront où chercher et ils vous laisseront tranquille. »


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Katari
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Ven 8 Fév - 11:59

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Drôle de bonhomme celui là… Il semblait bien indifférent au fait de prendre une raclée, donnant même l’impression que le fait de prendre des coups ou non était une histoire de préférence. Peut-être en avait-il tellement reçu que cela le laissait insensible à l’injustice de la situation ? Le Qun enseignait que lorsqu’une situation était inéluctable, lutter pour l’empêcher était une perte de temps et d’énergie. « les cieux tournent autour de nous, lumière puis noirceur. La marée s’élève pour dévorer la terre, puis elle repart. ». Mais cette situation, cette agression gratuite sur un membre de leur propre église… ce n’était pas inéluctable, ça nécessitait juste un bon coup de botte dans le fondement.

- « Ce n’est rien, les gars comme eux méritent de savoir ce que ça fait que de ne pas être en haut de la chaîne alimentaire de temps en temps. »

Il regarda distraitement par dessus la barrière du quai, visiblement l’Orlésien était hors de danger. Katari ne l’aurait pas laissé se noyer quoi qu’il arrive, on ne tue pas quelqu’un parce qu’il joue les durs dans la rue, sinon on n’aurait jamais fini de tuer des gens. Mais visiblement il avait des amis relativement fidèles, qui le tiraient de l’eau avec difficulté.

Un rire le secoua légèrement à la mention des gardes, pour le peu de fois où il avait été confronté aux gardes de quelque part à Thedas, il n’était pas vraiment inquiet. Généralement sa stature et la réputation de sa race faisaient que les gardes réfléchissaient à deux fois avant d’engager un quelconque combat. Quelques fois ça se terminait dans une taverne à rire autour d’une choppe… D’autres fois…. Bref il était toujours libre, non ?

- « Ne t’inquiète pas pour moi » dit-il en rajustant le col de la robe de l’humain. « Au pire je les jetterai aussi à l’eau, j’ai l’impression qu’il y a pas mal de gens qui ont besoin de se rafraîchir les idées dans cette ville. »

La dessus, l’homme d’église commença à parler de dédommagement, Katari passa une main sur sa nuque, ses cheveux noirs tombant sur ses épaules dans le mouvement. Qu’est ce qu’ils avaient ces Orlésiens à tout vouloir monétiser. Il n’était pas venu donner un coup de main pour obtenir une récompense, il ne pouvait juste pas rester planté comme une tulipe pendant qu’il se faisait taper dessus, si ?

En même temps il était visiblement le seul que cette situation avait dérangé, les passants avaient davantage regardé la scène après qu’il soit intervenu. Était-ce si commun d’ennuyer les hommes de bures à Orlais? Il avait cru comprendre que contrairement à Tevinter, la Chantrie était une organisation plutôt matriarcale sur le reste du continent. On élisait une Divine et des mères supérieures alors que les hommes de fois étaient cantonnés à des rôles mineurs. Le Qun aussi avait une définition genrée de certains rôles du Clergé. Les Tamassrans par exemple étaient nécessairement des femmes. Bien sûr il y avait un pourcentage d’Aqun Athlok dans les rangs, mais ils n’étaient pas maltraités dans les rues par les membres des autres castes sociales.

- « Je n’ai pas besoin que tu me dédommages de quoi que ce soit, je suis intervenu parce qu’il fallait que quelqu’un donne une leçon à ces petites brutes. Ne t’occupes pas de ce qui peut arriver ensuite avec ces types, s’ils n’ont pas eut leur compte je m’en occuperai plus tard. Attends-moi là une seconde. »

Il récupéra ses affaires près des tonneaux puis revint vers le chantriste avec ses paquets.

- «Tu peux m’appeler Katari, au fait. » Il réajusta sa hâche dans son dos et lança un coup d’oeil vers les trois Orlésiens, l’homme trempé jusqu’aux os lui lança ce qui devait être un regard noir, mais ses yeux descendirent sur ladite hache et il sembla changer d’avis. Il partit dans la direction opposée. « Il semblerait qu’ils apprennent quand même. » commenta-t-il avec un sourire. «  Tu te rendais quelque part en particulier ? Je te raccompagne, ce sera plus sûr. »

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Tristan de Montfort
Apaisé Orlésien
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Ven 8 Fév - 13:25
En haut de la chaîne alimentaire… L’image s’impose à mon esprit. Je cligne des paupières, pensif. Oui, c’est exactement cela. Les Orlésiens, les nobles surtout, s’imaginent toujours au-dessus de tout le monde, et le reste de la population semble être du menu fretin. Ça ne m’avait jamais frappé, lorsque j’étais enfant – sans doute parce que j’avais bien d’autres choses à penser. C’est un peu comme dans la tour. Les templiers se voyaient au-dessus des mages, les mages au-dessus des serviteurs, et les serviteurs au-dessus des rats. Les Apaisés… Je ne suis pas certain que les Apaisés fassent partie de la « chaîne alimentaire ». Nous sommes à part, un maillon qui n’a pas sa place dans le rang, et qui pourtant existe. Sommes-nous meilleurs ou pire ? Je l’ignore. Cela n’a pas vraiment d’importance, je crois.
Le Qunari ne ressemble décidément pas du tout à l’image que je me faisais d’eux, preuve, s’il m’en fallait une, que l’expérience vaut toujours mieux que la théorie. Il réajuste mon col, dérangé sans doute par l’Orlésien tout à l’heure, et se montre beaucoup plus courtois que je ne l’aurais pensé. Intéressant. Je ne connais pas grand-chose aux Qunaris. Je m’intéresse souvent aux autres cultures et j’ai appris quelques langues pour pouvoir vendre mes enchantements partout en Thédas. Évidemment, il est inconcevable de commercer avec des envahisseurs potentiels, mais apprendre à parler avec eux pourrait s’avérer utile.
Il récupère quelque chose, des paquets, tout en continuant de parler. Non loin, des passants nous jettent des coups d’œil avant de s’éloigner à pas pressés. Un Qunari et un Apaisé discutant comme si c’était tout à fait naturel, voilà qui constituera une source de ragots pour les prochains jours. La rumeur ne tardera pas à remonter jusqu’à la Chantrie. Néanmoins, cette idée me laisse indifférent. L’explication que je donnerai, aussi surprenante puisse-t-elle être pour ceux qui n’auront pas assisté à la scène, sera acceptée comme véridique : les Apaisés ne mentent jamais. Pour ma part, en dépit de sa taille et de sa force évidente, je ne ressens aucune frayeur à le voir. Un avantage certain, dans certaines circonstances. Pas dans toutes.

« Je devais rentrer à la Chantrie, mais je ne voudrais pas vous causer du tort ni vous retarder dans vos propres projets. J’ai l’habitude de ce genre de comportement. »

Sans doute devrais-je ajouter que je n’y attache aucune importance, mais le ton de ma voix et mon air détaché parlent pour moi. Et puis, le symbole sur mon front est assez explicite. À moins qu’il ne sache pas ce qu’est un Apaisé, ce qui est fort possible s’il vient directement de Par Vollen. Immobile au milieu de la rue, je l’observe un instant, le visage dénué d’émotion. Je devrais peut-être sourire pour le rassurer, comme je le fais d’habitude. Mes lèvres se retroussent légèrement ; la douleur me tire une grimace. De nouveau, je porte le mouchoir au coin de ma bouche. Je vais devoir abandonner les sourires pendant un jour ou deux.
Même si je suis habitué et indifférent au mépris des autres, je ne pensais pas qu’on pourrait m’agresser ici, à Val Royeaux. Je sais que mon état effraie les gens – ce que je ne comprendrai sans doute jamais, puisque je suis parfaitement inoffensif – mais j’imaginais que, dans une ville aussi grande, on en voyait plus fréquemment qu’ailleurs et que je passerais inaperçu. Je me suis trompé. Il faudra donc que je m’en tienne aux coursiers pour faire mes achats. Et pour prendre l’air, je me contenterai des jardins de la Chantrie. Au moins, au Cercle, certaines personnes veillaient à ce qu’aucun mal ne soit fait aux Apaisés. Ce n’était pas toujours possible, et certains mages ou templiers trouvaient toujours un moment pour passer leurs nerfs sur nous, mais nous étions presque toujours en sécurité. À Montsimmard, je pouvais compter sur l’influence de Louis et la morgue d’Helene. Ici, il faudra m’en remettre aux murs de la Chantrie… et peut-être à mon protecteur inattendu, au moins pour cette fois.

« A la réflexion, il vaut peut-être mieux que vous me raccompagniez, en effet. Je ne pensais pas que ma présence en ville causerait des désagréments, mais on dirait que les Apaisés n’ont pas beaucoup droit de cité, même ici. Je veillerai à ne plus sortir à l’avenir, mais en attendant, je préfère ne pas être à l’origine d’autres problèmes. Si je peux abuser de votre temps, j’accepte votre aide. »

Il faudra tout de même que je parle de cette altercation avec la Révérende-Mère. Non que je m’inquiète des conséquences, mais elle m’a toujours recommandé de lui parler des problèmes que je pouvais rencontrer.
Tenant toujours mon paquet sous le bras, j’attends que Katari se mette en route. Katari. Ce nom sonne effectivement exotique. Je l’observe sans sourciller, le visage aussi neutre qu’à l’ordinaire. Nous sommes deux indésirables dans cette ville, et ni lui ni moi ne nous en soucions. Les habitants de Val Royeaux pousseront probablement des cris aigus en nous voyant traverser la ville ensemble. Durant un instant, je me demande ce qu’il fait ici, en pleine cité, avant de décider que ce ne sont pas mes affaires. Il m’a sauvé d’un passage à tabac. Je lui accorde ma confiance, au moins jusqu’à ce qu’il me prouve qu’il n’en est pas digne.

« J’ai lu dans un livre que les noms qunaris avaient une signification dans votre langue. Puis-je vous demander ce que signifie le vôtre ? »


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Katari
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Ven 8 Fév - 20:21

Indésirables


- « Ce n’était pas une question de toute façon, ça ne sert à rien de te sauver la peau ici si c’est pour qu’ils te retombent dessus trois rues plus loin. Autant que je te ramène quelque part où tu seras en sécurité pour de bon. »

Ce gars là avait l’air d’avoir un gros soucis d’investissement dans sa propre vie, si dit Katari en écoutant le ton monocorde de la voix de son protégé. Il n’avait pas l’air de faire grand cas de s’être fait prendre à partie par des imbéciles. Il n’avait l’air ni triste, ni honteux, ni en colère, ni même apeuré.

- « Je n’ai pas vraiment de projet en fait, je viens de finir un boulot dans le coin et j’en profite pour découvrir la capitale. »

Oui car en fait sa présence à Val Royaux était presque un hasard. Il s’était fait engagé au Nevarra pour escorter une caravane d’épices et de tissus Tevintides jusqu’à la capitale d’Orlais et ils étaient arrivés ce matin là. Il avait aidé à décharger la marchandise. Le fait qu’il parle leur langue les avait intrigué et après avoir discuté dans un pub, il s’était retrouvé à jouer les gardes du corps. Un évènement plus ou moins courant dans sa vie actuelle, de se faire engager pour jouer les gros bras au détour d’une taverne, mais cela lui apportait ce qu’il recherchait la plupart du temps : il voyageait et découvrait de nouveaux endroits, de nouvelles façon de vivre.

La voix trop calme de son nouveau compagnon le tira de ses réflexions. Un apaisé ? Il comprenant le sens de ce mot de façon littérale, mais il ne comprenait pas son sens dans le contexte. Ses sourcils se froncèrent alors qu’il se mit en marche, une main dans le dos de Tristan pour le pousser un peu devant lui et lui indiquer de lui montrer le chemin.

- « J’ai tout mon temps ne t’inquiète de rien… Pourquoi est ce que ta présence en ville pose problème à qui que ce soit ? Je veux dire, tu fais partie du clergé non ? Les hommes d’église n’ont pas le droit de se promener à Orlais ? » Il fit une pause, il avait l’impression de louper quelque chose… Il fronça à nouveau les sourcils et demanda :« Qu’est ce qu’un apaisé ? »

Ils se mirent en route en direction de la Chantrie, Il avait une vague idée de la direction dans laquelle elle se trouvait -ce n’était pas difficile de trouver une Chantrie à Thedas, c’était le bâtiment le plus voyant de la ville généralement, ou du quartier- mais il préférait suivre Tristan, s’il travaillait là -bas il y avait de grandes chances qu’il connaisse le meilleur chemin pour s’y rendre. Dès qu’ils furent revenu dans les rues fréquentées, on les pointa du doigt, on murmura sur leur passage. Katari s’y était fait, c’était simplement un peu plus voyant à Orlais que dans les autres pays.

Encore une fois, l’humain le surprit, il lui posa un question à laquelle il ne s’attendait pas… ah.. devait-il répondre à ça ? D’un côté il n’avait pas très envie de se lancer dans une explication avancée du Qun, mais de l’autre il pouvait difficilement donner une réponse simple. Il décida de simplifier un peu les concepts de Koslun et d’expliquer à Tristan la réalité des choses à Par Vollen.

- « En fait ça ne fonctionne pas vraiment comme vos noms dans le sud. On nous donne un nom à la naissance, pour le recensement de la population, mais il n’est pas utilisé, généralement les seuls à le connaître son la personne concernée et la Tamassran qui l’a élevé. Lorsque nous avons trouvé notre voie dans le Qun, on nous donne un titre… ou un grade… Le mot que je cherche n’a pas d’équivalent en langue commune. Toutes les personnes qui ont la même fonction ont le même grade, et si nous changeons de fonction, nous changeons de grade. Lorsque j’étais dans l’armée j’étais Sataari. Cela signifie « guerrier à deux mains » mais c’est spécifique à ceux qui utilisent la hache ou la hallebarde, il y a d’autres titres pour ceux qui utilisent des épées ou des marteaux de guerre. »

Il fit une petite pause pour vérifier qu’il n’avait pas perdu son auditoire en cours de route.

- « Mais Katari n’est pas un rang Qunari, c’est … un genre de nom de scène. J’ai été capturé par des Tevintards sur Seheron et j’ai été vendu à un magister qui a fait de moi un gladiateur. Katari signifie « celui qui amène la mort » ce qui était ironique car peu d’entre nous meurent réellement au combat. Mais il fallait un nom en Qunlat pour passer pour un sauvage et une signification violente pour impressionner les spectateurs… Je devrais probablement me trouver un autre nom maintenant que je suis libre et que je n’ai plus vraiment besoin d’impressionner les foules… mais je m’y suis attaché. »

Il haussa les épaules avec détachement. Un nom ou un autre ne faisait pas tellement de différence, mais la véritable raison pour laquelle il n’en changeait pas était un peu différente. Dans cette vie qu’il découvrait et don les règles changeaient continuellement, il avait besoin de quelque chose de stable. Un nom, c’était toujours quelque chose.
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Tristan de Montfort
Apaisé Orlésien
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Sam 9 Fév - 21:33
J’acquiesce, sans poser de question. La vie des autres ne représente pas d’intérêt notable pour moi, sauf en de rares circonstances. Si Katari juge bon de m’en parler, il le fera – mais on m’a déjà dit que la politesse consiste normalement à s’intéresser aux autres, et à le leur montrer. Peut-être devrais-je lui indiquer les meilleurs endroits à voir à Val Royeaux ? Silencieux, je réfléchis un moment à ce que je pourrais conseiller. Le marché ? L’université ? Les jardins du palais impérial ? La porte du Soleil de la Chantrie ?
Mais Katari me pousse en avant, m’incitant à lui indiquer le chemin. Bien sûr, s’il ne connaît pas la ville, il ne peut pas me conduire là où je désire me rendre.

« Je ne suis pas membre de la Chantrie, mais je travaille pour elle, réponds-je en m’éloignant du port, le Qunari sur mes talons. Je suis en charge de la bibliothèque et des archives. J’étais un mage autrefois, et je vivais dans un Cercle. Mais on m’a jugé trop dangereux et on a préféré m’apaiser. »

Je m’interromps un bref instant. Il est vrai qu’il ne connaît pas cela non plus.

« Les Apaisés sont des mages dont on a rompu le lien avec l’Immatériel. Nous ne pouvons plus pratiquer la magie, mais cela nous prive aussi de nos émotions. Je suis resté vivre au Cercle après cela, mais quand la guerre a éclaté, on m’a conseillé de me mettre à l’abri ici, à Val Royeaux. Je suis venu à la Chantrie et on m’a donné du travail. Mais les gens n’aiment pas beaucoup les Apaisés. Nous sommes différents et cela les effraie. »

Comme toujours, j’expose les faits avec une raison dénuée de sentiment. Nous avançons dans les rues de Val Royeaux et, bien sûr, les passants ne manquent pas d’observer notre improbable duo. Je les laisse s’étonner sans m’en émouvoir. Des rumeurs ne tarderont pas à se répandre et parviendront très vite aux oreilles des sœurs de la Chantrie. Cela m’importe peu. Néanmoins, la bienséance voudrait que je ne cause pas de problème à mon sauveur. Même s’il semble tout à fait apte à se défendre en cas d’agression, il ne serait pas juste qu’il subisse le contrecoup d’une vengeance ou du racisme. Mais il a lui-même choisi de me raccompagner. Il se sent donc apte à endurer, si cela venait à arriver.
À mesure que Katari m’explique les subtilités de la langue qunari – le Qunlat, comme il l’appelle –, je devine un dialecte complexe et une société plus attachée à la communauté qu’à l’individu. Mon protecteur n’a pas de nom propre, juste un titre, comme si on me nommait « Apaisé » sans autre marque distinctive. Cette notion m’intrigue. Si l’on ne distingue pas un Sataari d’un autre par un nom qui lui est unique, comment peut-on savoir de qui l’on parle ?

« Pourquoi être resté à Thédas puisque vous êtes libre ? m'enquiers-je. N’aviez-vous pas envie de rentrer chez vous et de retrouver votre place parmi les Qunaris ? »

Peut-être pas, après tout. Quand on apprend à vivre quelque part, d’une certaine façon, il est compliqué de revenir à ce qu’on faisait avant. J’en sais quelque chose. Même si ma situation est un peu différente de la sienne, n’ai-je pas connu un destin similaire ? Je vivais au Cercle car je n’avais pas d’autre endroit où aller. Quand Montsimmard est tombé, j’aurais pu retourner chez moi, à Montfort, pour retrouver la demeure familiale. Je ne l’ai pourtant pas fait. Vas à Val Royeaux, mets-toi à l’abri. La Chantrie te protégera. J’ai pesé le pour et le contre, et la logique m’a conduit ici. Il n’y avait plus rien pour moi à Montfort. Ma famille n’aurait jamais accepté ce que je suis devenu et je n’aurais pas eu la protection recherchée. Sans doute est-ce la même chose, pour Katari.
L’immense édifice de pierre blanche se dresse au bout de l’avenue, en travers de laquelle sont tendues des tentures rouges et bleues. Ici, les dévots se pressent. Il n’y a pas d’office à cette heure, mais il y a toujours quelqu’un pour chanter le Cantique de la Lumière ou pour promettre le pardon du Créateur.
Ma destination est proche, mais je m’immobilise pourtant. Puisque Katari s’est proposé de m’accompagner, peut-être pourrais-je lui demander de prolonger son assistance encore un peu. Il est un objet que je n’ai jamais pu me procurer jusqu’à maintenant, mais avec un garde du corps tel que lui, un Apaisé pourrait se rendre n’importe où à Val Royeaux sans être ennuyé par quiconque. Ne pas demander m’empêchera d’obtenir ce que je souhaite, et de toute façon, je ne connais pas l’embarras. Je lève donc les yeux vers l’immense Qunari et questionne :

« J’abuse de votre patience, mais auriez-vous un peu de temps à perdre ? J’ai besoin de me rendre dans un quartier où je serai bien moins reçu encore qu’au port, et personne n’a jamais voulu y aller à ma place. Si vous acceptiez de m’accompagner, je pourrai trouver un objet dont j’ai besoin depuis longtemps. Mais il est mal fréquenté et il se peut que nous y soyions agressés, aussi je comprendrais votre refus. »


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Katari
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- Qun -
Messages : 76
Dim 10 Fév - 11:50

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Pas d’émotions… la simple idée déclencha un frisson d’effroi à Katari, mais du coup l’attitude de Tristan faisait soudainement beaucoup plus de sens. Le fait qu’il ne semble pas affecté par l’agression, la voix monocorde, le peu de considération qu’il accordait à son intégrité physique. Il comprenait mieux la dynamique de la scène dont il avait été témoin également. Un membre du clergé maltraité en pleine rue, en plein jour par des nobles lui avait paru étrange. Mais si Tristan avait été un mage à l’origine, cela s’expliquait un peu mieux. Katari avait constaté que la magie n’était pas tellement mieux perçue dans certains pays de Thedas qu’à Par Vollen.

Bien sûr ici personne ne cousait la bouche des mages mais leur sort n’était pas tellement plus enviable. Ils étaient enfermés dans des tours, gardés chaque seconde de leur vie par des soldats en armes entraînés à les neutraliser. Il n’y connaissait rien, mais pour le peu qu’il en savait il n’était pas tellement surpris de la guerre entre les Mages et les Templiers qui faisait rage depuis un an environ.

Mais l’homme devant lui était encore plus problématique qu’un simple mage. C’était un mage qui avait échoué et qu’on avait puni en lui retirant ce qu’il était et tout ce qu’il ressentait. Katari avait du mal à digérer l’information. Sa seconde réaction aurait probablement été de tenter de réconforter Tristan mais il réalisait que cela ne servait à rien. Car son frisson d’horreur n’était pas destiné à Tristan, mais au supplice auquel il avait été soumis. Les implications de châtiment l’horrifiait.

- « Et votre Chantrie ose dire que le Qun maltraite ses mages… tss. Il n’y a aucun moyen de faire revenir tout ça ? Un rite pour te rendre ta magie et tes sentiments ? Qu’est ce que tu as fait de si dangereux pour mériter ça ? »


Ce fût tout ce qu’il se sentit capable d’ajouter sur le sujet il y eut un temps de silence avant que Tristan ne lui pose une nouvelle question. Décidément, ce petit bonhomme était bien curieux. Il esquissa un demi sourire en pensant que d’ordinaire, les questions qu’on lui posaient étaient plus déplacées que ça. Il comprenait la fascination pour les Qunari en général et l’idée que s’en faisait presque tout Thedas était tellement ridicule que sa présence et sa nature engageante poussait souvent les gens à exprimer cette fascination. Pas toujours de façon très respectueuse. Mais Tristan, lui, se posait des questions presque académiques. C’était un changement assez bienvenu.

- « Je ne sais pas encore si je vais rentrer à Par Vollen ou non. J’ai vécu quinze ans à Tevinter, ma façon de voir certains aspects de la vie a … dévié…. De la vision que le Qun souhaiterait que j’ai du monde qui m’entoure. Si je devais rentrer je ferai sûrement face aux rééducateurs et…. Je ne sais pas jusqu’où ils auraient besoin d’aller pour me faire rentrer à nouveau dans le moule. » Il se passa une main sur la nuque. « Au mieux ils verront du potentiel dans ce que je suis devenu, m’obligeront à fréquenter le clergé assez longtemps pour que je puisse réciter le tome de Koslun en entier de mémoire avant de me remettre au travail…. Le problème c’est que s’ils jugent que je suis irrécupérable ils peuvent avoir recours au Qamek…. Et je finirai à labourer un champs quelque part en rase campagne et quelqu’un devra tenir ma cuillère pendant que je mange pour le restant de mes jours. »

Il haussa les épaules. Il y avait assez peu de chance que les Qunari gâche la bonne volonté d’un homme fidèle à sa foi et à sa culture … mais que savait-il des dommages qu’avait fait Tevinter sur son esprit pendant quinze ans. La simple idée du Qamek l’avait convaincu d’au moins essayer de vivre dans le sud avant de prendre le risque de rentrer.

- « En fait le Qamek, c’est un peu comme l’Apaisement… à part que ça t’enlève tes capacités mentales au lieu de tes sentiments. Généralement on s’en sert plutôt sur les prisonniers de guerre, les criminels dangereux, ce genre de personnes… Mais il y a quelques cas plus… effrayants parfois. » Il haussa les épaules. « Dans l’idéal j’aimerais rentrer à Par Vollen…. Mais cette perspective de finir comme un légume m’a fait considérer l’idée que peut-être je pouvais trouver ma place à Thédas… comme Tal-Vashoth. Alors pour le moment je cherche à comprendre comment vous vivez, dans le sud. Je prendrais sûrement une décision à un moment donné. »

Il regarda dans le vide quelques secondes, l’idée de rentrer à Par Vollen était tentante, très tentante. La sécurité de la rigidité du Qun, le sentiment d’avoir un but à servir, de faire partie de quelque chose de plus grand. Et surtout… surtout… le confort de ne pas avoir de décision à prendre pour moi-même.

Soudain le bibliothécaire s’immobilisa. Il souhaitait que Katari l’escorte dans un quartier malfamé. Le Qunari avait un peu envie de le déposer à la chantrie et d’en rester là, mais il était intrigué par ce petit personnage et puis il se sentait coupable de le laisser se promener sans défense, il hocha la tête.

- « On va faire un crochet par mon auberge d’abord. Je ne vais pas trimbaler de la nourriture avec moi si je risque d’avoir besoin de casser des gueules. »

Il emmena Tristan avec lui jusqu’à une auberge sans prétention, mais qui était bien tenue par des gens très aimables. Il leur laissa son compagnon le temps de monter mettre ses paquets dans sa chambre et redescendit en ayant les mains libres.

- « Aller Ashkaari. Je te suis. »


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Tristan de Montfort
Apaisé Orlésien
- Chantrie -
Messages : 87
Emploi/loisirs : Bibliothécaire, expert en enchantements
Dim 17 Fév - 11:07
Ce que j’ai fait de dangereux ? Provoquer des désastres en série dans la Tour, hurler mon désir de partir, cracher sur les représentations d’Andrasté, menacer la vie des mages et des templiers, m’enfuir… Mon adolescence fut un long calvaire, pour ceux qui m’entouraient comme pour moi. Combien de fois fus-je puni pour mon insolence, pour avoir mis les autres en danger, pour avoir blasphémé ? Les templiers de Montsimmard étaient pourtant tolérants, mais je ne supportais pas leur autorité. J’étais un rebelle, et un mage d’une telle folie était un risque qu’on ne pouvait laisser en liberté. Quant à faire revenir ce que j’étais… Autrefois, sans doute aurais-je dit que c’était un trop grand risque. À présent que les mages sont libres d’aller et venir, ou en tout cas ont l’opportunité de choisir leur destin, qui sait ce que j’aurais pu accomplir ?

« J’étais incapable de maîtriser ma colère, ce qui me rendait extrêmement vulnérable à la possession. Si j’avais passé ma Confrontation comme les autres mages, j’aurais échoué face au démon. Mais non, il n’y a pas de retour en arrière possible. Aucun connu, du moins. Et s’il y en avait un, serait-ce vraiment une bonne idée de me laisser redevenir le mage instable que j’étais autrefois ? »

Bien sûr que non, j’en ai bien conscience, et la pensée de ne jamais pouvoir redevenir « moi-même » ne m’attriste pas, bien au contraire. Je sais quel danger je représentais. Aucun désir de liberté et de justice pour les mages ne justifierait d’ouvrir à nouveau la porte à un démon de la colère ou de la vengeance.
Je constate néanmoins que les Qunaris eux aussi ont développé une technique pour apaiser les leurs – à la différence près qu’ils ne semblent pas l’employer uniquement pour leurs mages. J’ai entendu parler du contrôle qu’ils opèrent sur ces derniers, cependant. Dans tout Thédas, même dans les nations que nous connaissons le moins, les mages représentent un danger potentiel. Les Cercles ou les techniques qunaris ne sont finalement pas si éloignées les uns des autres. Et pourtant… les Tévintides et les Dalatiens savent comment maîtriser les leurs, et Thédas n’a pas sombré dans le chaos pour autant. Peut-être existe-t-il un juste milieu ?
Perdu dans mes pensées, l’expression qui passe sur le visage du Qunari m’échappe, mais il consent à m’accompagner là où je souhaite aller, et cela me suffit. Docile, je le suis à l’auberge qui l’accueille – un lieu modeste, mais de correcte tenue. Dans la salle principale, j’attends qu’il dépose ses affaires à l’étage. Les propriétaires de l’établissement, des gens simples aux visages ouverts, me regardent d’un œil où inquiétude et curiosité se mêlent ; j’esquisse un léger sourire pour les rassurer. Ils se détournent d’un air troublé, mais ne me laissent pourtant pas seul une seule minute, comme si je pouvais avoir l’idée de les dévaliser ou de mettre le feu à leur auberge. Quand Katari revient, je n’ai pas bougé de l’endroit où il m’a laissé. Mon paquet sous le bras, je lève les yeux vers lui et apprécie une nouvelle fois la stature de mon garde du corps inattendu.

« Ashkaari ? »

Je me demande ce que ce mot signifie, mais je ne pose pas la question. Les Qunaris ont sans doute des termes particuliers pour désigner toute sorte de choses. Hélas, ils n’offrent aucune perspective pour le commerçant que je suis, et l’érudition pour l’érudition ne m’apporte pas de satisfaction. Pourtant, je n’ai pu m’empêcher de le répéter, comme pour essayer d’y trouver un sens moi-même. Apaisé, peut-être. À moins que ce ne soit simplement « homme ». Ou « humain ». Ou un autre mot bien moins raffiné, mais à la façon dont Katari se comporte avec moi, je doute qu’il ait proféré une obscénité à mon encontre.

« Est-ce le terme par lequel vous désignez les personnes qui ont subi le Qamek ? » m’enquiers-je alors que nous sortons de l’établissement.

Je le guide à travers les rues d’Orlaïs. Je ne me suis jamais rendu là où je veux aller, mais je connais le chemin. Peu à peu, le faste et le luxe s’estompent, disparaissent. Le blanc des marbres et le jaune des dorures laissent place au gris du bois. Les regards que l’on nous jette n’en sont pas moins curieux – et peut-être un peu hostiles, mais j’avance sans m’en inquiéter. Les elfes du bascloîtres n’aiment pas quand les humains pénètrent dans leur territoire. La robe que je porte aura peut-être un effet apaisant sur eux, à moins que mon gigantesque garde du corps ne les dissuade de s’en prendre à un « ashkaari » à la bourse bien remplie.
Les maisons sont en piteux état et les rues encombrées d’objets en tous genres. Les ruelles ressemblent à un empilement de baraques où se presse une population si nombreuse qu’elle semble grouiller dans un espace cloisonné. La pauvreté, ici, est partout. La charité si chère à la Chantrie ne s’étend pas jusque là. Non, finalement, je doute que le symbole sur ma robe et sur mon front me sauvera de la colère de ces gens. On nous adresse des regards noirs. C’est une chance que Katari ait accepté de m’accompagner ici.

« La boutique que je cherche n’a pas pignon sur rue, expliqué-je à Katari. Il nous faut prendre une ruelle de ce côté. »

Je bifurque. L’étal qu’on m’a recommandé se trouve effectivement un peu plus loin. Mais à peine nous sommes-nous engouffrés dans le passage que des pas résonnent derrière nous. Je continue d’avancer sans m’en soucier.


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Katari
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- Qun -
Messages : 76
Dim 17 Fév - 18:24

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Merde, si tous les gens qui se mettaient en colère subissaient un tel sort, on passerait notre vie à coller des soleils sur le front de nos voisins. Il comprenait bien sûr que la magie était intimement lié aux émotions et que perdre le contrôle de ces dernières devait mener à des accidents. Mais là où sa compréhension s’arrêtait, c’était sur la ligne du pourquoi n’avait-on pas fait en sorte d’apaiser cette colère ? Sous le Qun, si votre place vous rendait malheureux, on vous en trouvait une autre ou l’on vous apprenait à l’endosser si ce n’était pas possible. Les Saarebas ne pouvaient pas être autre chose que des Saarebas quelque soit la force avec laquelle ils le souhaitaient, mais on les aidait à accepter leur destin. On les accompagnait dans leur lutte et dans leur formation. Enfin c’était en tout cas ce qu’on lui avait expliqué, vingt ans au par avant quand il avait été désigné pour l’Antaam.

- « Et pourquoi étais-tu toujours en colère, Ashkaari ? »

Il semblait à Katari que le fait d’être retenu prisonnier toute sa vie, de ne jamais rien voir du monde et – si on en croyait les quelques mages qu’il avait croisé- les abus des templiers, n’importe qui aurait eut le droit d’être en colère. Les Saarebas n’étaient peut-être pas libre, mais leur Arvaraad ne les gardaient pas enfermés dans un enclos comme du bétail.

Une fois passé dans sa chambre et redescendu dans la pièce principale, l’humain lui posa une question à demi mot. Répétant le terme dans un accent incorrect et sur un ton interrogatif mais sans lui en demander la signification. Haussant les épaules, il répondit d’un ton dégagé :

- « C’est … Je pense que le mot le plus proche en langue commune serait ‘’savant’’ mais ce n’est pas tout à fait cela… C’est plus générique, ça englobe toutes les personnes dont le travail consiste à étudier… Les philosophes, les scientifiques, les érudits… Le mot pour les personnes ayant reçu le saar-qamek est Viddath-bas »

Il n’aimait pas traduire les mots Qunlat en langue commune, souvent le sens perdait beaucoup, la poésie disparaissait. Ce n’était pas vraiment qu’il trouvait la langue commune disgracieuse, c’était simplement qu’ell était trop littérale et trop précise. Là où le Qun parvenait à englober d’un seul mot toute une partie de la population, la langue commune en avait huit, qui se déclinaient et ne pouvaient pas être utilisés de façon interchangeable…. L’apprentissage avait été pour le moins compliqué les premiers mois où il avait dû s’exercer à la parler.

Ils parcoururent les rues de Val Royaux calmement après avoir quitté l’auberge, s’éloignant peu à peu du centre ville. Il me vient à l’esprit que cela pourrait être un piège mais cela me paraît peu probable, trop élaboré. D’autant que personne n’aurait pu prévoir que je m’interposerai, donc si c’était un piège il ne lui était pas destiné personnellement. Il verrait bien ce qu’il en découlerait de toute façon. Le décor change et des dorures, des étoffes, il ne reste bientôt plus grand-chose.

- « Quel est cet objet qui mérite que tu viennes dans ce coin malfâmé ? Tu ne pouvais pas le commander ? Il doit bien y avoir des coursiers qui viennent ici ? »

Il y avait de ces quartiers partout à Thédas. Il n’y avait pas encore assez d’elfes dans le coin pour soupçonner d’être arrivé dans un bascloitre, mais le niveau de pauvreté n’en était pas loin. Katari détacha sa hache de son dos et la fixa nonchalamment à sa ceinture, pour qu’elle soit à porté de main et à la vue de tous, qu’ils viennent de devant eux ou par derrière. Il n’avait pas envie de se battre contre de pauvres gens et il espérait n’avoir qu’à distribuer quelques baffes si on ne lui en laissait pas le choix, mais cette tactique c’était révélée efficacement dissuasive dans le passé.

Il suivit le petit Ashkaari dans une ruelle lorsque les bruits de pas sonnèrent autour deux comme des cloches. Il attrapa l’apaisé par le col de sa robe et le ramena près de lui avant de se retourner pour regarder.

- « Tu restes près de moi sinon ça ne sert à rien de me demander de jouer les gardes du corps. »

Non mais sérieusement, il n’était pas sourd, il s’était bien rendu compte qu’ils étaient suivis, non ? Où est ce qu’il pensait aller comme ça ? Décidément cette histoire d’absence de sentiment avait également une incidence sur les instincts de survie !
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